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 Madness {pv.}

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↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement
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The Devil's own feat 5FDP • Animal feat Disturbed • My name is Stain feat Shaka Ponk • Do or Die - Night of the Hunter feat 30 STM • On my Own - Play Dead feat Killing Bono OST • Madness feat MUSE • Hustler feat JOSEF SALVAT •

↳ Citation : There's a battle between two wolves inside us all. One is Evil. It is anger, envy, jealousy, and ego. The other is Good. It is joy, love, hope, and faith. Which wolf wins? The One you feed
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MessageSujet: Madness {pv.}   Mar 25 Juin - 21:21


Madness
our dreams aren't made
I can’t get these memories  out of my mind. And some kind of madness. Is starting to evolve. I tried so hard to let you go. But some kind of madness. Is swallowing me whole. I have finally seen the light. And I have finally realised. What you mean. Now, I need to know is this real love. Or is it just madness. Keeping us afloat. When I look back, at all the crazy fights we had. It’s like some kind of madness. Was taking control.And I’m not expecting you to care. I need your love. Come to me. Just in a dream. Come on and rescue me. I can't be wrong. Our love is madness© WILD HEART

« - Tu pers ton temps, si tu penses que ça changera quelque chose » Ses premiers mots. Elle n’avait rien dit depuis leur arrivée, gardant ses dents fermement serrées malgré ce qu’elle subissait. Il l’avait séduite, flirtant avec elle sans la moindre retenue pour mieux l’attirer dans ses filets. Chez toi ou chez moi ? La question ne fut qu’un murmure qui le mena directement dans le repaire de la belle. Il n’avait jamais été question de l’emmener chez lui, loup solitaire refusant de faire entrer qui que ce soit dans son antre. L’ambiance régnant dans les rues du Vieux Carré ne se prêtait pas à ce qu’il avait prévu. Et maintenant, ils étaient là, au beau milieu de cet appartement désert, les éléments se déchaînant contre les fenêtres, plongeant le lieu dans une pénombre lugubre. L’ambiance et le décor étaient posés, il n’avait rien eu à faire. Juste à lui faire comprendre qu’il n’était pas venu ici pour prendre du bon temps. Ou du moins pas dans le sens dans lequel elle l’entendait. Métisse féline des plus attirante, il ne nourrissait à son égard qu’une profonde indifférence. Un dégoût corrosif s’agrippait à ses traits. Deux heures étaient passées. Il s’échinait à la briser depuis près de deux heures. Admirant sa résistance, il se surprit à la respecter pour ça. A la détester aussi, pour avoir été contraint d’utiliser ce qui avait un jour fait la fierté de son père. Torture invisible s’insinuant dans les méandres de l’esprit de sa victime. Écartelant ses pensées, fer rouge s’apposant sur ses regrets pour les rendre brûlants. Insupportables. Malgré tous ses efforts, il commençait à perdre patience. Elle allait bientôt perdre pied, craquer. Il le lisait sur son visage. La singularité de ses traits s’était fanée, rongée par la fatigue et la souffrance. L’éclat de ses prunelles envoûtantes se faisait plus ternes, pupilles vacillantes continuant de le fusiller du regard malgré le poison qui la rongeait. Elle tremblait, de rage ou de faiblesse il n’en savait rien.

« - Ca ne changera rien pour toi, effectivement. Et j’ai tout mon temps tu sais » Il caressa ses cheveux, glissa ses doigts autour de son menton pour l’emprisonner dans un étau de fer qui fit claquer ses dents. Un échange de regard, froides et impénétrables, ses prunelles écrasèrent les siennes avant qu’il ne la relâche sans la moindre douceur.

Il essuya avec précaution la lame souillée de sang. Imbibant le tissu ayant servi de haut à sa victime de sa propre hémoglobine pour effacer les traces des méfaits qu’il venait de lui faire subir. Entêtée refusant d’abandonner la lutte, il avait été contraint de passer à autre niveau. D’accélérer le processus pour ne pas passer toute sa nuit ici. Bien que fort agréable, l’appartement le dérangeait. Il ne savait pas réellement pourquoi, mais plus les heures passaient, plus il avait envie de s’en aller. L’ordre quasi obsessionnel, chirurgical qui régnait dans la pièce lui donnait l’impression de s’être glissé dans un musée. Le repère d’un maniaque un brin frigide. Il lui tardait de retourner à la civilisation, d’abandonner ces forêts un brin sinistres et retrouver le désordre organisé de son propre logement, de se laisser enivrer par les notes de musique montant de la rue et des bars en contrebas. Et de se bercer dans sa propre solitude. Il posa délicatement son arme sur la table, s’asseyant sur un siège dans la pénombre, le pied reposant sur son genou. Il se perdit dans ses pensées, ses doigts grattant l’arrière de l’oreille de la boule de poils venue se jeter sur ses genoux, le museau collé contre son torse. Obnubilé par sa tâche, par l’écarlate luisant sur sa peau. Impassible, hermétique à ses plaintes, il tira avec calme sur sa cigarette, tapotant dessus pour laisser les cendres se poser délicatement sur le sol. « - Pitié… » Sa voix était larmoyante. Brisée, dans tous les sens du terme, elle n’en pouvait plus. Elle avait laissé quelques aveux s’échapper de ses lèvres ensanglantés. Rien de bien intéressant pour lui, des remords futiles venus se glisser dans son esprit dans l’espoir de voir son bourreau abandonner. Il ne ferait preuve d’aucune clémence. Plus maintenant. Pas en sachant qu’elle avait eu l’impudence de La toucher. De La connaître, là où lui ne pouvait que L’imaginer. Il n’arrivait pas à savoir ce qui le révulsait le plus. La créature qu’elle était et les meurtres qu’elle avait commis. Ou cet élan de luxure immonde qui lui donnait la nausée et le hantait à chaque fois qu’il fermait les yeux. Il avait donné des ordres pour les autres, envoyant ses collègues faire le sale travail. Pourquoi elle et pas une autre ? C’était tombé sur elle, un choix morbide qui relevait du pur hasard. Un exutoire pour le libérer de toutes ses frustrations. Et même s’il prétendait faire son travail par pure obligation, il jubilait. Il avait senti son ventre se tordre dès l’instant où elle était devenue véritablement sa victime. Un plaisir inavouable qui lui faisait affreusement honte. Il serait tellement fier de toi s’il te voyait. Il secoua la tête pour chasser ces mauvaises pensées, tira à nouveau sur sa cigarette. Un infime sourire commençait à naître sur ses lèvres. Assassines, tout comme son regard.

« - Je t’ai tout dit … Stain… Je t’en pries…»
Entendre son prénom le fit sursauter, titilla ses nerfs. Il lui adressa un regard des plus sombres. Glacial comme l’était toute sa physionomie. Prédateur sans scrupules attendant que sa proie rende son dernier soupir avant de pouvoir se repaître de sa carcasse. Ca ne saurait tarder maintenant, elle avait perdu beaucoup de sang, et était au bord de l’épuisement. Il reporta son attention sur le chiot, toujours pelotonné contre lui, reniflant sa peau pour ensuite la lécher avec une telle naïveté qu’il en esquissa un sourire. Depuis son arrivée ici, la boule de poils ne l’avait pas lâché. Elle devait avoir senti qu’il n’était pas totalement humain. Repérer l’animal sommeillant en lui, pour finalement le voir comme un membre de sa meute. Animal encombrant qui l’agaça au plus haut point tant il l’empêchait d’agir correctement. Attachant maintenant qu’il avait fini son œuvre. Ses caresses se faisaient presque tendres, en parfait contraste avec la brutalité de ses gestes.

Dans le silence pesant régnant dans l’appartement, les bruits du dehors lui paraissaient assourdissants. Il tendit l’oreille, croyant discerner au milieu du raffut des bruits de pas. De légers frissons, gagnant en force à mesure qu’ils se rapprochaient. Il se raidit, s’installant un peu mieux dans son siège pour retenir son souffle. Ses doigts se firent plus pressants dans la fourrure de la peluche qui, elle, n’avait pas bougé. Il jeta un regard noir en direction de sa victime, froideur lui intimant de se taire. Dans son état, il doutait qu’elle tente quoi que ce soit pour se faire remarquer. Il savait aussi que les plus faibles restaient les plus redoutables. S’accrochant à leur dernier force avec une hargne qui forçait au respect et les poussaient parfois à commettre des folies. Il glissa sa cigarette entre ses lèvres, libérant sa main pour qu’elle sorte de sous son t-shirt son arme de service. Prêt à accueillir le visiteur comme il se devait si jamais les pas venaient à passer la porte qu’il ne quittait pas du regard.

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↳ Citation : « L'enfer c'est moi. Ce sang qui inonde mes veines, cette chair qui harnache mon squelette, cette cervelle qui s'embrouille. Ces pulsions, désirs impérieux, douloureux, qui commandent mes actes. »
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MessageSujet: Re: Madness {pv.}   Mer 26 Juin - 14:33

Toutes mortes. Elle n’avait rien pu faire. Incompétente. Incapable de les protéger. La nouvelle lui avait fait l’effet d’un coup de massue, imprévisible et impitoyable. Elle s’en voulait. Affreusement. Elle n’avait rien vu venir, alors que les préserver était de son devoir. Massacrées sans le moindre scrupule par les sbires enragés de la dictature en place. Elle avait beau se persuader qu’elles ne représentaient rien, qu’elles n’étaient que de simples employées, elle se sentait responsable de ce carnage. Les neurones en vrac, elle avait tout de l’automate. Une carcasse aux mécanismes rouillés, fatigués, fonctionnant encore par pur miracle. Presque anesthésiée, tant l’état de choc était imposant. Si elle avait pris l’habitude de ne rentrer qu’au petit matin, de gérer le club jusqu’à l’aube, cette fois-ci l’établissement n’avait même pas ouvert au public. Cette fois-ci le parfum du scandale lui semblait nauséabond. Impression morbide d’être remplie de cendres, de les avoir dans la bouche, dans tout le corps. Sans doute car au fond d’elle, elle savait déjà. Qui avait donné les ordres. Qui aurait pu savoir qu’au milieu de ses danseuses, certaines n’avaient plus d’humain que l’enveloppe. L’idée se contentait de dévorer ses entrailles, sans percuter réellement son cerveau en veille. Dernier garde-fou empêchant la lave en fusion de se déverser dans les profondeurs de sa cage thoracique.

A l’extérieur, la tempête faisait rage. Battant furieusement contre les vitres du taxi la ramenant chez elle. Elle n’avait pas décroché un mot, en apparence indifférente à ce qui pouvait se passer autour d’elle. Se contentant de payer et de claquer la portière une fois arrivée à destination. Les bras serrés autour de son buste, pour se préserver du vent, comme si elle craignait que ses membres ne s’éparpillent contre la mousse de la sinistre forêt. Chalet perdu au milieu de nulle part lui offrant une tranquillité dont elle avait besoin après des heures exposée sous le feu des projecteurs tamisés. Lui permettant de s’adonner à la sorcellerie sans craindre d’être interrompue. Mais cette solitude avait un prix, à double tranchant. Personne ne viendrait à son secours s’il lui arrivait quoi que ce soit dans ces étendues généralement désertes. Un profond soupir s’extirpa de ses lèvres scellées, alors qu’elle appuyait furtivement son front contre la porte d’entrée en la refermant. Une main de fer enserrait son palpitant, le broyant avec une telle force que respirer en devenait douloureux. Boule de chagrin coincée en travers de sa gorge, l’empêchant d’évacuer la tension des dernières heures. Menaçantes, les larmes ne roulaient pourtant pas le long de ses joues. Craquer n'était pas permis. Un silence lugubre régnait dans la maison, et s’il était d’ordinaire reposant, elle le trouva terriblement pesant sans parvenir à s’expliquer pourquoi. Elle finit par entendre les pas feutrés de son animal de compagnie, charmante boule de poils longue à la détente mais dotée d’une énergie fatigante lorsque les piles étaient rechargées. Un sourire sincère se glissa sur ses traits de fer en le voyant débouler dans le couloir, le premier de la soirée.

« - Eh bien alors, où t’étais toi ? » Demanda-t-elle à la peluche en la prenant dans les bras, avec une douceur et une tendresse qu’elle avait tendance à ne réserver qu’aux animaux. Du moins, certains. Elle le garda contre elle, se rassérénant de sa chaleur réconfortante avant de remarquer les taches de sang sous ses pattes. Petites empreintes maculant le plancher auparavant impeccable, menant jusqu’au salon. Marques écarlates ne provenant pas du cruor du chien. Elle resta interdite, son esprit se vidant à toute vitesse pour se remplir de panique. Sans oser appeler sa ‘colocataire’, pressentant le vil danger avant d’en connaitre les tenants et les aboutissants. Ensorceleuse exotique travaillant pour elle, recueillie pour lui éviter la rue. Une solution provisoire supposée ne pas s’éterniser plus de quelques semaines. Cora s’était habituée à sa présence, comblant les failles de sa solitude comme elle le pouvait. Qu’il lui arrive malheur la peinerait, c’était évident. Elle crut défaillir en voyant l’intrus confortablement installé dans le moelleux de son sofa, sursautant en Le reconnaissant. Son cœur s’accéléra aussitôt, battant à tout rompre dans sa poitrine, décidé à en faire éclater les cavités. Le souffle coupé, elle oublia un instant de laisser entrer l’oxygène dans ses poumons consumés par l’effroi.

« - Ezio ? » Questionna-t-elle fébrilement, plissant les yeux pour mieux définir la silhouette de son cousin dans la pénombre tandis qu'elle reposait le husky par terre. « Qu’est ce que tu fais chez moi ? Comment t’es… » Elle ne termina pas sa phrase, ses prunelles grises tombant sur la métisse attachée à sa chaise. Saignée comme un vulgaire morceau de viande. La scène était insoutenable. D’une barbarie inqualifiable. Elle n’était plus qu’un pantin. Un pantin avec lequel Il avait joué, s’amusant à le disloquer avec un sadisme inouï. Sans réfléchir, elle se précipita vers la dépouille, ses genoux mourant contre le sol. Ses doigts tremblants s’imprégnèrent ses ignobles blessures, se tâchant à l’encre de Ses méfaits. Son pouls n’était plus qu’un murmure, qui ne la tenait même plus éveillée. Brûlant de fièvre, elle savait que son visage ne tarderait pas à devenir aussi glacial que le marbre. Dur comme de la pierre. Il était trop tard pour la sauver, essayer reviendrait à prolonger son supplice inutilement. Son bourreau s’était occupé de mutiler ses organes vitaux, de les amocher pour les rendre complètement inutilisables. Irréparables. La vision d’horreur lui arracha un sanglot, qu’elle étouffa avec son poing serré. Elle refusait de flancher. De se muer en éponge seulement bonne à être essorée. Pas comme ça. Pas devant Lui. Elle aurait voulu dire à Sa victime qu’elle était désolée, se répandre en excuses jusqu’à en perdre la voix. Mais elle ne pouvait pas, les mots restaient bloqués. Plus aucun son ne parvenait à franchir la barrière de ses dents, serrées à se les fracturer. Dépassée par un spectacle si macabre, par l’ampleur de Son crime abominable.

« - Mais qu’est ce qui t’as pris ? Pourquoi ?! » Parce qu’il n’est qu’un monstre… Ta sœur n’a cessé de te mettre en garde, et toi pauvre sotte tu as préféré faire la sourde oreille. Voilà ta récompense. Ses phalanges délaissèrent la chair maltraitée de Sa proie, ses sphères d’acier poignardant les lunes ténébreuses qui n’en perdaient pas une miette depuis son arrivée. Elle dut faire un effort démesuré pour s’extirper de sa léthargie, se remettre sur ses pieds. Se rapprochant du séduisant meurtrier sans prendre de précautions, quitte à rallonger Sa liste funeste. La gifle claqua contre Sa joue satinée avec une violence extrême, comme si elle avait entendu Lui décrocher la mâchoire.  

« - Espèce de pauvre taré… » Elle ne parvint pas à prononcer d’autres insultes, tant une foule de noms d’oiseaux se pressaient contre ses lippes. Tout venait de voler en éclats. La rage bouillonnait au creux de ses veines, déchaînant un flot tumultueux d’hémoglobine. Cognant contre ses tempes, martelant son crâne jusqu’à annihiler sa faculté de penser. Rêvant de L’envoyer se fracasser contre l’asphalte pour Le rouer de coups.

« - Tu m’attendais sagement je présume ? Tu comptes me faire exploser la cervelle avec ton arme de service ? Ou bien je vais avoir le droit à une mise en scène digne d’un tueur en série frustré et psychorigide moi aussi ? » La passion maladive qui l’enchainait à Lui depuis des siècles lui avait rarement parue si malsaine, si putride. Filets poisseux lui collant à la peau, si ancrés à son épiderme que chercher à les retirer ne servirait qu’à l’écorcher vive. Suicidaire uniquement à moitié, elle attrapa la lame abandonnée sur la table, serrant le manche à s’en broyer les articulations. Frissonnant de colère et d’aversion sans réussir à se calmer. S’Il avait l’intention de se débarrasser d’elle, il était clair qu’Il ne s’en tirerait pas sans égratignures.

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Between Iron And Silver
Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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MessageSujet: Re: Madness {pv.}   Jeu 27 Juin - 20:20


La peluche se leva d’un bond, délaissant ses jambes pour se précipiter hors de sa vue. Il esquissa un faible sourire, ses doigts se remettant correctement en place autour du manche de son arme. Il n’avait pas prévu ça. Que quelqu’un vienne les déranger, et abrège un peu trop rapidement son œuvre. Tableau sanglant qu’il avait tenté de faire durer le plus longtemps possible. S’abreuvant de son propre sadisme, en transe, il avait eu l’impression d’assister au massacre d’un autre. Un assassin entraîné à ne laisser aucuns détails au hasard. Un virtuose de la violence, forgé dans ses entrailles les plus profondes. Le sang des autres lui faisait oublier ses propres traumatismes. Ses angoisses qui revenaient le prendre à la gorge à chaque fois qu’il fermait les yeux. Ses propres cris qui résonnaient dans son crâne et qui l’empêchaient de trouver le sommeil tant ils pouvaient être intense et criant de réalisme. Il ferma les yeux et appuya ses doigts libres contre sa tempe, espérant chasser le mal de crâne venu se glisser derrière son front. Son sang battait à tout rompre sous sa peau. Vacarme jurant avec le silence lugubre régnant entre ses côtes. La jouissance morbide avait délaissé son organisme, comme une mauvaise drogue dont les effets s’apaisent trop vite pour ne rien laisser de plus qu’un arrière-goût amer, un vide dans le cœur et une trace dans le creux du bras. Il n’y a pas de vices cachés, tous les méfaits d’un homme peuvent se lire sur son visage. Il se demandait parfois si ses propres vices se voyaient tant que cela. Si c’était à cause de ça qu’il s’était retrouvé là, à contempler ses propres horreurs sans sourciller. A se demander si les Shadowhunters n’avaient pas été créé pour tous les ramassis dans son genre. Pour tous ceux dépourvus d’une moralité sans faille. La sienne n’existait plus depuis tellement longtemps qu’il doutait en avoir un jour été doté.

Flegmatique au possible, il sentit son sang se figer quand les notes d’une voix trop familière pour ne pas la reconnaître se glissèrent jusqu’à ses oreilles. Question posée à la peluche qui le glaça jusqu’à la moelle. Il décocha un infime regard vers sa victime, se rappelant alors qu’il n’obtiendrait plus rien d’elle. En entendant la porte, il s’était attendu à voir entrer en scène le compagnon jaloux à en crever de la jolie métisse. En somme, c’était lui le type possédé par sa jalousie. Etouffant sous la force de sa possessivité maladive, malsaine tant elle était virulente et impossible à laisser dans un coin poussiéreux. Il soupira, s’affala un peu plus dans son siège, décroisant ses jambes devenues aussi lourdes que du plomb. Il comprit alors pourquoi il avait eu tant envie de quitter cette maison au plus vite. Derrière les relents sanglants et ceux du parfum suave de sa victime se cachaient les notes entêtantes de Sa propre odeur. Comment il avait pu passer à côté, il n’en savait rien. Il ne pouvait plus faire machine arrière, s’éclipser avant qu’Elle n’entre dans la pièce. Laisser pour seule signature le cadavre d’une pauvre fille n’ayant rien fait de plus qu’obéir aux ordres et à ses pulsions les plus primaires. Stain, Ezio, il ne savait plus trop lequel des deux il était réellement. Un savant mélange de ces deux êtres radicalement différents, cocktail encore plus dangereux que de les laisser vivre séparément. Il ne bougea pas, garda le silence tout en la suivant du regard. L’agacement le menaça, irrité par Ses questions ridicules et puériles. Elle savait.

« - Tu poses des questions alors que tu en connais la réponse. Tes employées devenaient trop gourmandes, il fallait bien calmer leur appétit. » Lâcha-t-il, plus glacial qu’il ne l’aurait cru. Il avait forgé sa voix pendant toute la soirée, la triturant jusqu’à la rendre aussi sombre que son regard. Son arme la plus fiable, il pensait ne pas pouvoir retrouver aussi facilement ce timbre détestable, apte à glacer les sangs et briser la volonté. S’en défaire ne serait pas si simple maintenant qu’il avait été contraint d’enclencher à nouveau la machine. Il se racla la gorge, tira sur sa cigarette pour laisser la nicotine lui titiller le gosier. Il se fit violence, se mordit la langue jusqu’à sentir le sang imbiber sa bouche pour ne pas répliquer lorsque la gifle claque dans l’air et contre sa joue. La douleur incendia sa chair, le coup si fort l’obligea à tourner la tête. Des gifles, il en avait eu à en revendre. Des biens plus violentes que celle-ci mais venant d’Elle, elle prenait un tout autre sens. Il inspira profondément, se redressa dans le sofa pour retrouver un semblant d’aplomb et finit par lentement tourner la tête vers Elle.

« - Pourquoi tout tournerait toujours autour de toi ? C’est pour elle que je suis là. » Un brin insolent et moqueur, il lui adressa un sourire qui l’était tout autant, désignant d’un signe de tête la pauvre métisse. Il jouait la carte de la fausse légèreté pour éviter que Ses prunelles assassines ne devinent la déchirure que venait de causer la gifle et Son entrée en scène. Ses blessures étaient profondes, et même si elles avaient commencés à se refermer, sans être capables de totalement cicatriser, elles ne cessaient de s’ouvrir à chaque menace, chaque mauvais souvenir revenant le heurter avec force.  « - Non, je risquerai de te rater, et ce serait trop salissant. Et connaissant ton impatience, une mise en scène de frustré psychorigide t’agacerait. » Il lui adressa un nouveau sourire avant de se lever, contournant le meuble dans lequel il s’était sagement installé pour admirer son propre spectacle. Et l’entrée en scène d’un nouveau personnage contrecarrant ses plans. Ils s’étaient revus depuis leur dernière rencontre. Evitant soigneusement de remettre l’incident sur le tapis. Même à en faire allusion. Il ne s’était pas expliqué, rependu en excuses, ne s’en sentait tout simplement pas le courage. De cousins incestueux, ils étaient devenus de bonnes connaissances. Des amis proches avec leurs secrets, incapables de se confier et de faire confiance à l’autre. Ces rencontres le tuaient, un peu plus à chaque fois. La voir et feindre l’indifférence lui étaient insupportable. Tout comme se retrouver face à Elle dans un moment pareil. Sans le vouloir il venait de donner raison à Sa sœur. Lui prouvant qu’au fond, il était comme tous les autres.

« - Tu devrais dresser un peu mieux ta peluche. Elle n’est pas très intimidante. » Lâcha-t-il, moqueur tout en se baissant pour flatter l’animal revenu se coller contre ses jambes. Loup miniature.. Il faillit La charrier à ce propos, se mordit la langue pour l’empêcher de se délier. Il frôla l’épaule dénudée de sa victime, posa ses doigts contre sa gorge pour ne sentir qu’un faible battement. Ignoble jusqu’au bout. Et il n’en éprouvait que d’infimes regrets. Une piqure de moustique sur sa peau, un tressaillement dans ses entrailles qui attirait son attention pour disparaître aussitôt.

« - Si vous aviez su vous montrer plus discrètes, elles continueraient à te chatouiller les cuisses. » Il cracha sa bile sans même réfléchir, sans chercher à se montrer poli ou à enjoliver les choses. Lui balançant des reproches à la figure en prenant soin de les masquer derrière de l’ironie douteuse. Il rangea son arme, la dissimulant contre sa hanche sous son t-shirt, avant de Lui faire face. « - Rends-la moi tu vas faire une bêtise. » Il accompagna ses mots d’un geste de la main dans sa direction, attendant qu’Elle se décide à lui rendre ses affaires sans jouer les fortes têtes. Il savait pourtant que cela ne servirait à rien, qu’Elle ne se laisserait pas faire et continuerait de croire à des fantaisies ridicules. Il lui avait tant de fois donné l’occasion de le considérer comme un assassin, de penser qu’au fond, il ne tenait pas à Elle, qu’il était peut être trop tard pour lui faire comprendre autre chose. Effacer cette image morbide qu’Elle pouvait avoir de lui, pour ne pas donner totalement raison à cette autre cousine décidément trop envahissante.

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MessageSujet: Re: Madness {pv.}   Dim 30 Juin - 21:00

D’une froideur à glacer le sang. Il n’affichait pas l’ombre d’un remord, parfait petit soldat satisfait de sa mission. Elle retrouvait le tueur sans scrupules de l’arène, capable de tout décimer sur son passage pour sauver sa misérable peau. Apte à commettre les pires atrocités. Sauf que l’instinct de survie n’entrait pas en compte dans ce massacre-ci, n’excusait rien. En cet instant, elle avait la sensation qu’Il n’était finalement qu’un frigide psychopathe feignant des émotions qu’Il ne connaissait plus depuis longtemps. Plus givré qu’un iceberg, dans tous les sens du terme. Une lueur malsaine vrillant l'ébène de Ses rétines. Flamme incandescente grandissant à mesure que son adversaire trépassait, se consumait. Satisfaction morbide engluant Son hémoglobine avariée, pour mieux se répandre dans Son organisme et en griller toutes les connexions. La perversité en remplacement du précieux oxygène. S’incrustant sans qu’il n’ait d’autre possibilité que d’en avaler le poison, et de laisser ses veines se flétrir, se pourrir, sous les assauts de ce redoutable arsenic. Il avait toujours eu une gueule d’ange. Un ange aux ailes arrachées, qui avait souffert le martyre avant de faire endurer le même calvaire à d’autres. Tiraillée entre l’amour inconditionnel qu’elle pouvait lui porter et sa soif de vengeance, elle se faisait violence pour ne pas défigurer à mains nues Son si charmant minois. Détruire Ses traits narquois, les tordre, les tailler au couteau pour qu’Il n’affiche plus cet insupportable air de suffisance. Qu’Il termine la chair écarlate et les traits déformés par une laideur immonde. Aussi corrompu et saccagé d’intérieur que d’extérieur. Et en ressentir pleinement la satisfaction, admirer ce tableau macabre avec toute la rage bouillonnant dans ses viscères. La gifle n’apaisa pas ses nerfs, en dessous de la punition qu’Il méritait pour Son crime. Il aurait fallu enchainer jusqu’à L’assommer pour en recueillir ne serait-ce qu’une once de soulagement.

« - C’est le cannibale en puissance qui se permet de rendre justice ? Elles avaient de la marge avant d’atteindre ton quota de victimes… » Siffla t’elle entre ses dents serrées, cherchant à retenir la bile qui se déversait à toute vitesse dans son palais. « - Tu t’es régalé hein ? C’était nécessaire tu trouve ? De la briser à ce point-là… » La torture poussée à une telle extrémité le différenciait des pions habituels du Gouvernement, qu’Il le veuille ou non. De ceux qui exécutaient froidement les ordres, sans faire de zèle. Elle avait commis toutes les erreurs à éviter, comme une triste débutante. Se rapprochant de l’ennemi au lieu de le mépriser, de s’en éloigner à tout prix. Il aurait été logique qu’elle le fasse, après l’humiliation infligée. Après l’avoir repoussée, là où tant d’autres auraient crevé d’envie d’être à Sa place. Et pourtant. Elle n’avait pas pu s’y résoudre. Le besoin d’être près de Lui, sous quelque forme que ce soit, l’avait emporté sur son légendaire amour propre. La douleur d’avoir été si idiote, si naïve, lui broyait les entrailles. La frappait à chaque battement de cœur, lancinante à souhait. Ses yeux métalliques s’agrafèrent dans les sombres prunelles de son cousin. Cherchant vainement à y déceler une vérité qui s’esquivait.

« - Bien sûr, et c’est un hasard que tu aies justement choisi celle que j’héberge pour t’adonner à tes saloperies… » Cracha t’elle avec véhémence, alors qu’elle attrapait la lame à portée. Il ignorait peut être où elle vivait, mais elle était certaine que Son acte odieux n’avait pas seulement été dicté par Son sens du devoir. Sa rancune envers elle transparaissait dans la profondeur des blessures de Sa proie, dans l’acidité de Ses répliques. Les semaines de trêve lui paraissaient désormais irréelles, issues d’un autre espace temps ou de son imagination débordante. Lui donnaient l’impression qu’Il n’avait fait que ruminer d’animosité tout ce temps, en attendant de lui faire payer l’addition salée. Oscillant entre l’amère frustration et la haine dévastatrice. Elle commençait presque à enfin croire les théories sataniques fantaisistes de son ainée, persuadée qu’elles avaient côtoyé la réincarnation du Diable dès leur plus tendre enfance. Qu’Il était foncièrement mauvais, et qu’Il avait entrepris de faire de son existence un Enfer sur terre. D’abord en se débarrassant sciemment de son double, sa jumelle, sa moitié. Avant de donner de grands coups dans le château de cartes vacillant. En dépit de ses reproches et de sa colère, une part d’elle s’était toujours refusée à croire ces balivernes. Mais Il avait le don de meurtrir ses illusions fragiles, jusqu’à la gangrène.

« - Trop salissant ? Quand je vois tout ce merdier j’ai un mal fou à croire que ça puisse importer à un tel sagouin… Quitte à faire de cette pièce un champ de bataille, t’aurais au moins pu faire ça proprement. » Nouveau sourire acerbe de Sa part, nouvelle envie de Lui arracher les tripes avant de les donner à manger à son chien. L’état de son salon avait beau être futile en comparaison de celui de la pauvre métisse, elle ne supportait pas ce désordre. Ces éclaboussures vermeilles, ces mégots abandonnés, les cendres et les meubles bousculés… Tout lui éclatait à la figure, lui prouvait qu’elle avait perdu le contrôle, n’avait pas su faire ce qu’il fallait pour empêcher les irréparables dégâts. A cran, elle faillit gronder l’animal lorsqu’Il retourna se plaquer contre le meurtrier, discernant seulement en Lui un congénère susceptible de lui dispenser un peu d’affection. Trop petit pour cerner le danger.

« - Comme tu le sais, je n’ai jamais été très douée avec les dressages. Mais il le deviendra tout seul, lorsqu’il aura atteint sa taille adulte et appris à flairer correctement les sales traitres. Éloigne-toi de lui, je ne veux pas qu’une charogne comme toi lui refile ses puces et ses mauvaises manières. » Ses pupilles acérées fixèrent de manière réprobatrice le husky, espérant inutilement qu’il comprendrait le message sans qu’elle ait besoin de hausser le ton. Un frisson de répulsion glissa le long de son échine lorsqu’Il effleura sa ‘colocataire’ avec désinvolture, vérifiant son pouls. Elle grimaça de dégout, réprimant une vague de nausée. Sa réplique lui fit l’effet d’un coup de poing dans le sternum, coupant sa respiration l’espace de quelques secondes. Il n’avait pas cherché à déguiser son allusion perfide derrière un brin de délicatesse, frôlant même la vulgarité. Déformant une réalité qui n’était pas si perverse. Un rictus prit place sur ses lèvres abimées, alors qu’elle Le fusillait du regard.

« - Ce n’est pas le problème, les candidates ne manquent pas pour ça. » Même toi tu n’as pas rechigné à la tâche… « - Je vois que tu es toujours à l’affut des ragots, une vraie pipelette ! » Ricana-t-elle, sans essayer non plus de masquer le sous-entendu derrière sa remarque. Ses penchants douteux lui restaient en travers, tant elle souffrait à en crever. Elle s’était leurrée, avait tenté de croire que leur ‘amitié’ d’antan lui suffisait, mais il n’y avait rien de plus faux. La possessivité maladive était de famille, sans doute en rapport avec leurs origines italiennes. Elle se désagrégeait lentement mais sûrement depuis qu’elle était consciente qu’Il ne la désirerait jamais. Son palpitant se réduisait à un fruit desséché qu’Il pouvait émietter à Sa guise, mordre avec hargne.

« - Une bêtise ? Moi je crois que je nous rendrais un fier service, au reste de l’humanité et à moi-même en particulier, en éliminant une ordure pareille. Tu mériterais de macérer dans ton propre jus… » Souffla t’elle, la gorge tellement serrée que sa voix déraillait, trahissant son affliction. Elle fit mourir la distance qui les séparait, ses ongles agrippant aussitôt Son cou gracile. Les griffes ripèrent, traçant un sillon pourpre avant de s’introduire avec plus de vigueur au creux de l’épiderme affable. Le poignard titilla Son ventre, appuyant contre le tissu sans vraiment le traverser.

« - Mais je t’en prie, donne-moi donc une seule bonne raison qui me prouverait le contraire... » A sa connaissance, il n’en existait pas. Si ce n’est que Le tuer, reviendrait à signer sa perte, à elle. Elle avait désespérément besoin de Lui pour continuer à respirer. Irrémédiablement.

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MessageSujet: Re: Madness {pv.}   Mar 2 Juil - 20:40


Les mots glissaient sur sa peau. L’incendiait jusqu’à n’en laisser qu’un tas de cendre, des cloques écarlates menaçant d’éclater tant son courroux devenait violent. Une rage sourde le faisait frissonner. Le mettait au supplice tant y résister devenait ardu. Il s’était enivré de Sa présence, essayant au mieux de La voir comme une amie plus proche que les autres. De remplacer l’abysse dans son cœur pour une matière peut être moins solide mais qui durerait plus longtemps. Ce ne fut qu’un leurre supplémentaire à ajouter à la liste de tous ceux avec lesquels ils s’étaient bercés pendant toute leur existence. Il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire, amer et révélant une faible portion du malaise qui pouvait se ruer en lui. Un savant mélange de déception, celle de l’assassin frustré d’avoir été interrompu dans sa tâche. Celle du gamin, honteux de sa conduite mais qui n’ose pas se l’avouer. Il en avait honte, quelque part au fin fond de sa folie, de se laisser dominer par des pulsions, des désirs dépassant sa propre volonté. Il s’était échiné à lutter pendant toute sa première existence, exécrant la douleur et les pleurs. Passer sept cent longues années dans la peau d’un animal l’avait rongé de l’intérieur, désagrégeant sa volonté déjà bien gangréné par les méfaits de son enfance dissolue. Seconde vie marquée au fer rouge sur sa peau, teintée d’une écarlate qu’il ne cessait de faire couler sans pouvoir s’en empêcher. Allant jusqu’à éprouver une profonde satisfaction dans des choses qui le révulsait plus que tout. Il était fatigué, de se cacher derrière de faux semblants. De se coller cet éternel sourire sur ses lèvres, à tel point qu’il en devenait mécanique. Dénué de tout sentiment, aussi vide que la coquille qu’il était devenu. Une belle façade qui ne révélait plus rien si ce n’est les plus sombres recoins de son âme. Les autres, ceux qui pouvaient encore le différencier de ces meurtriers en puissance, se faisant étouffer par le reste. Il ne chercherait pas à se justifier, à se cacher derrière des excuses toutes trouvées qu’Elle connaissait par cœur tant il ne savait pas se renouveler.

« - Le hasard fait bien les choses pas vrai ? Honnêtement si j’avais su que tu risquais de débarquer, on serait allés chez moi. » On aurait dû le faire… Lui qui s’était renseigné, qui avait mené son enquête de son côté avant de choisir sa proie et d’envoyer les autres loups de son espèce s’attaquer aux autres. Dans son rapport, il avait omis ce détail. Infime certes, mais fâcheux pour lui tant il le mettait dans une affreuse situation. Chasseur frôlant sa proie, il écrasa avec nonchalance son mégot contre les liens entravant les poignets de la malheureuse. Il la détacha ensuite, ne s’inquiétant plus trop de son sort, certain qu’elle finirait par succomber avant qu’ils ne commencent à vraiment s’envoyer toute leur rancœur à la figure comme ils savaient si bien le faire. Humaine ou monstre, elle restait mortelle. Et ce qu’il lui avait infligé était difficilement repérable. Chirurgien morbide connaissant ses opérations sur le bout de ses doigts, capables de les refaire les yeux fermés tout en étant certain de réussir. De détruire tout en faisant preuve d’une minutie à la limite de la maniaquerie. Un peu comme celle qui suinta de Sa remarque et qui lui arracha un rire jaune. Coincé au fond de sa gorge asséchée par la nicotine et la frustration.

« - Un parfait petit loup miniature, pour un peu je trouverais ça attendrissant. Ne t’inquiètes pas, des puces il en attrapera tout seul, quand il essayera de fuir cette prison. » Il avait fait preuve de légèreté en débutant sa moquerie. Enfonçant un clou déjà profondément planté, continuant sur la lancée des illusions grotesques et aussi évidentes que le nez au milieu de la figure. Achevant la mauvaise blague sur un air de reproche. En parfait égoïste, il avait arrêté de se jeter sur le dos toutes leurs fautes, de se considérer comme le seul responsable de leur déchéance. Prêt à faire preuve de mauvaise foi et de L’accabler de maux dont Elle n’était pas responsable. Pour te donner bonne conscience ? Il en était dépourvu. Ou quand bien même il avait cessé de l’écouter, cette foutue voix résonnant dans sa tête. Elle l’avait trop souvent mené dans des pièges sordides. C’était peut-être pour cette raison qu’il s’était autant attaché à son loup. Pour cette absence totale de remords, pour ce silence qui régnait entre ses deux oreilles. Il se mordit la lèvre, se fit violence pour ne pas répliquer et lui cracher toute sa possessivité malsaine à la figure. Ce n’est pas un problème… Il était mal placé pour jouer les possessifs, il le savait. Ce qu’il avait pu entendre à Son sujet, ce qu’il s’était si stupidement imaginé ensuite, n’égalait en rien ce qu’il pouvait faire de son temps libre. Lui qui se vautrait dans les méandres d’une luxure sans limite.

« - J’ai toujours aimé fourrer mon nez dans les affaires des autres, et je dois dire qu’en ce qui te concerne, il y a de quoi jouer la commère chez le coiffeur. » Il haussa les épaules, désinvolte. Continuant de s’entourer de cette ambivalence qu’il lui couterait cher s’il continuait à s’enfermer dans cette cage aux folles qu’il avait lui-même dressé entre eux. Ambiguïté qu’il appréciait malgré tout, charmé par la possibilité de pouvoir jouer sur deux tableaux. Il resta immobile, ne chercha pas à esquisser le moindre geste de recul. Il ne fit que La toiser un peu plus, imposant un certain écart en se redressant suffisamment pour La contraindre à lever les yeux vers lui. Des frissons détalèrent sur sa peau, fuyant de Sa prise pour venir mourir contre ses épaules. Il ne jeta qu’un infime regard à la lame qu’Elle tenait entre ses doigts, reportant presque immédiatement son attention sur Elle. Prunelles abyssales s’amarrant aux Siennes, les pénétrant avec une intensité à peine contenue.

« - Tu me supplies de freiner mes envies suicidaires et maintenant tu comptes te débarrasser de moi. Je te savais indécise mais à ce point-là » Murmura-t-il, poussant le vice jusqu’à se rapprocher d’Elle, et laisser sa main gantée frôler Son bras, remonter jusqu’à Son épaule pour s’y poser. Ses doigts se firent caressants, enivrants. Serpents affables jouant avec les sens de leur victime avant de resserrer la prise. De L’étreindre douloureusement. Sans crier garde, sa main libre s’enroula autour de Son poignet. Poigne de fer L’empêchant d’agir de Son propre chef, obligeant Sa main à s’avancer. « - Allez… Fais-le. Tu la rumines depuis si longtemps ta vengeance, laisse-la parler. » Le ton était sans appel, le défi brûlant dans ses prunelles qui ne lâchaient pas les Siennes une seule seconde. Le choc entre la clarté et la noirceur lui avait manqué. Prétendue amitié se teintant la plupart du temps de regards faux, fuyants parfois. Ses entrailles se crispèrent, son souffle se fit plus infime. Ventre en feu ravagé par la menace de l’acier. Notes de son hémoglobine déjà présentes, auxquelles vinrent s’ajouter celle de la tâche écarlate qui apparaissait sur le blanc du tissu se déchirant sous la menace qu’il exerçait à l’aide de Sa main.

« - Cora…Il… » La voix vacillante et faiblarde de Nélia, le surprit, l’obligea à fuir la glace de Son regard pour se heurter à celui de la métisse. Carcasse détruite profitant d’un sursaut de conscience pour appeler à l’aide, et tendre une main tremblante vers Sa colocataire tout en essayant de se remettre sur ses pieds. Il soupira, l’agacement pointant à nouveau le bout de son nez. Il crispa ses doigts contre Son épaule, serra les dents pour laisser revenir sur ses traits cette froideur lugubre. « - C’était plus que nécessaire. Visiblement j’ai été trop gentil. Les italiens ont le sang chaud c’est bien connu, et j’ai toujours eu du mal à partager les choses auxquelles je tiens. » Lâcha-t-il dans un souffle, les dents toujours fermement collées les unes aux autres. Il remonta ses doigts autour de Son poignet, frôlant Sa main, Ses phalanges. Masochiste profitant de Son inattention pour L’aider à mettre Ses menaces à exécution. La lame se fraya un chemin dans sa chair, lui arracha un râle de douleur mourant contre ses lèvres, qu’il mordit jusqu’au sang.

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MessageSujet: Re: Madness {pv.}   Dim 7 Juil - 21:16

Depuis qu’elle était entrée dans cette pièce macabre, elle se répétait qu’elle n'allait pas tarder à se réveiller. Que toute cette mise en scène infecte n’était que le fruit d’un cauchemar plus sanglant qu’à l’accoutumée. Qu’une nouvelle journée ne tarderait pas à débuter, en lui épargnant de telles visions d’horreur. Elle avait mis du temps, avant de chasser ses vieux démons. Avant de parvenir à ne plus être ballotée comme une poupée de chiffon dans les courants tortueux de sa mémoire, chaque fois que ses paupières embrassaient l'obscurité. Elle avait essayé, encore et encore, d’enterrer les calvaires endurés dans le cimetière de sa conscience. D’effacer la douleur des interminables séances de torture, la laissant au seuil de la mort, sans la délivrer. De stopper la gangrène avant qu’elle ne finisse par dévorer tout ce qu’il restait d’elle, par la ronger jusqu’à la muer en une coquille affreusement vide. Elle avait lutté, aussi fort qu’elle l’avait pu, pour préserver une étincelle bienveillante dans cet océan de rancœur et d’amertume. Juste pour sa sœur, juste pour qu’Elle ne la déteste jamais complètement, et se dise qu’après tout, l’erreur était humaine. Mais Il venait de ruiner tous ses efforts. Ramenant à la surface tout ce qu’elle avait désespérément entrepris à noyer. La boule de chagrin obstruant sa gorge menaçait de se muer en un rire fou, nerveux, hystérique, alors que ses tympans se faisaient écorcher par Ses répliques. Alors qu’Il lui expliquait le plus naturellement du monde qu’Il aurait choisi un autre repère s’Il avait su qu’elle les surprendrait.

« - Ah mais alors ça change tout ! Et ensuite quoi ? T’aurais continué de me prendre pour la pire des imbéciles, à faire semblant de n’y être pour rien ? C’est ton truc ça, pas vrai ? Feindre l’entente pour mieux poignarder dans le dos ? »
Une abominable trahison. Voilà comment elle prenait les choses. Méfiante comme personne, elle n’avait daigné Lui accorder qu’une infime part de sa confiance. Un bout minuscule, presque ridicule tant il s’avérait négligeable. Et Il avait trouvé le moyen de réduire à néant cette portion dérisoire, et néanmoins si précieuse, au lieu de la préserver à tout prix. Bradée au profit de Ses ambitions meurtrières. Les frissons martelaient sa piètre enveloppe. Vagues gelées s’abattant contre ses membres avec violence, les meurtrissant aussi profondément que des coups de fouet. Ils ne firent que redoubler lorsqu’Il se rapprocha de sa victime, détachant ses liens avec une nonchalance insupportable. Elle devait se retenir de s’avancer pour Le secouer comme un prunier, jusqu’à ce que les engrenages se replacent enfin dans le bon sens.

« - Je voulais voir si les loups passaient leur temps à couiner en tendant la papatte pour qu’on leur gratte le ventre. Apparemment tu es un cas particulier… Même un chiot a plus de panache que toi, c’est triste. »
Susurra-t-elle avant de poursuivre avec une fausse innocence : « - Oh et tu as changé d’avis ? Car tu avais l’air de regretter cette ‘prison’ la dernière fois… Et je n’ai pas l’impression qu’il trouve sa maitresse si déplaisante… » Quiconque la connaissait un peu pouvait s’étonner qu’elle ait adopté un animal de compagnie. Elle qui peinait déjà à s’occupait d’elle-même, n’avait pas le profil pour en garder un et s’en occuper correctement. Trop égoïste et égocentrique pour parvenir à lui dispenser l’affection et l’attention nécessaires. Mais sa solitude lui pesait, plus qu’elle ne voulait l’admettre. Elle refusait de reconnaitre qu’il y avait un peu de Lui dans le choix de la race, mais l’évidence persistait. Flagrante même quand elle la camouflait sous un masque d’arrogance. Vive et éclatante, plus repérable encore qu’une pancarte aux lettres dorées clignotantes. Et il n’y avait rien de plus pathétique. Elle avait souvent songé à la mort, à la Sienne. Au bénéfice qu’elle en retirerait, au soulagement qui pourrait l’étreindre s’Il n’était plus là pour lui en faire voir de toutes les couleurs. Elle avait joué et rejouée la scène un million de fois au moins dans sa tête. Avec quelques variantes concernant le décor, les armes, les situations. Rancune hurlante qui avait toutefois le don de devenir muette lorsque les occasions se présentaient en dehors de ses songes. Elle y croyait pourtant en cet instant, concentrée sur la haine pulsant dans ses veines. S’acharnant à l’empêcher de se diluer dans les sentiments écrasants qu’elle pouvait Lui porter. Qu’elle reste pure, vivace, capable de frapper. Qu’elle continue de dicter ses paroles et ses gestes. Essayer de Le visualiser comme un irrécupérable psychopathe, qui maltraite, tue, dépèce puis grignote ses proies. Et non comme ce cousin qu’elle aimait et chérissait à avoir envie de disparaitre six pieds sous terre.

« - C’était avant que tu séduise ma colocataire, avant que tu la ramène chez moi pour l’éviscérer vivante. C’était quoi l’étape suivante ? La dévorer crue avec tes propres crocs ? »
Souffla t’elle avant de murmurer ce qui finissait par ressembler à une litanie sempiternelle. « - Tu me répugne Stain… » L’écho de ses mots restait accroché à sa langue, à son palais. Amertume solidement amarrée à sa trachée. Si desséchée, si rêche, qu’elle redoutait de se fossiliser sur place à l’issue de la soirée. Une grimace de dégout restait ancrée à son visage de porcelaine, alors que l’acier de ses prunelles se fondait dans Ses immensités ténébreuses. Il n’affichait pas une once de crainte, amusé par la tournure des évènements. Elle sentait son cœur se fendre à mesure qu’une lueur de défi s’allumait dans Ses rétines acérées. Quasiment apte à prédire qu’Il choisirait de renforcer son emprise sur la lame, plutôt que de l’en détourner. Les notes délicieuses de Son hémoglobine s’éparpillèrent, s’insinuant au creux de ses narines. Elle resta silencieuse, captant la folie dans Son regard de braise. Le contact du cuir contre son épiderme dénudé lui arracha d’imperceptibles frémissements, qu’elle réprima laborieusement. Les entrailles tordues et déchiquetées par un mal grandissant. Hypnotisée par la noirceur néfaste de Ses pupilles, elle fut brusquement ramenée à la réalité par la voix fluette de la métisse. Elle voulut se dégager pour lui porter secours, mais Sa tirade ne lui en laissa pas le temps. Parfait candidat pour la camisole, l’aliéné actionna un mouvement suicidaire. Appuyant sur ses phalanges meurtries jusqu’à ce que le poignard traverse Son ventre. Jusqu’à ce qu’il pénètre la chair affable. Elle recula aussitôt, se libérant de Sa poigne de fer pour analyser l’ampleur des dégâts. Horrifiée par la tâche de sang se formant sur le tissu blanc, s’agrandissant à mesure que les secondes s’égrenaient. Elle resta interdite, la bouche entrouverte comme une carpe qui vient de se faire attraper par un dangereux hameçon. Esquissant un pas vers Lui lorsqu’Il manqua de sombrer dans les limbes de l’inconscience, et de s’écrouler comme une masse sur le plancher putride. Son bras s’enroula autour de Sa taille, Le rattrapant comme elle le pouvait. Titubant comme deux ivrognes après une soirée particulièrement arrosée.

« - Je te comprends, à ta place moi aussi je voudrais me suicider. Mais tu pourrais au moins avoir la décence de ne pas tenter de me faire porter le chapeau. »
Ironisa t’elle, avant de faire basculer Sa carcasse sévèrement amochée dans le divan. Un véritable gamin, prêt à n’importe quoi pour rester le centre de l’attention. D’ores et déjà convaincue que Son impulsivité insensée avait été encouragée par le sursaut de la danseuse exotique. Elle avait beau être offusquée, irritée par Sa conduite d’enfant pourri gâté, Sa possessivité corrosive s’avérait aussi rassurante qu’incompréhensible.

« - D’ailleurs tu assumes tes origines italiennes maintenant ? C’est nouveau. »
Elle abattait la carte de la désinvolture et de la moquerie, simplement pour ne pas céder à l’angoisse menaçant de s’abattre sur elle comme une chape de plomb. Assise sur le morceau de sofa disponible, contre le blessé, elle s’avança près de Son oreille. Ses boucles brunes caressant Son épaule. « Pour me partager, il faudrait d’abord que je t’appartienne… Et tu m’as rejetée. » Ce ne fut qu’un vulgaire soupir, énoncé juste assez haut pour s’immiscer dans Son esprit détraqué. Au moment où elle terminait sa phrase, elle retira d’un coup sec le couteau. Utilisant ensuite les lambeaux de ce qui s’apparentait anciennement à une chemise pour faire compresse sur l’entaille. Affairée à éponger la plaie ouverte, elle en avait oublié la présence de Nélia. Dans un état pourtant bien plus préoccupant et critique que celui de son tortionnaire. Prise en faute, ses doigts se crispèrent sur la blessure. Sans qu’elle puisse néanmoins se résigner totalement à L’abandonner pour elle. Quelle piètre amie tu fais…

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MessageSujet: Re: Madness {pv.}   Mer 10 Juil - 19:52


Les doigts glacés d’un sourire frôlèrent ses lèvres. Rendu amer par Ses mots. Ses attaques répondant aux siennes avec perfection. La machine était parfaitement rodée, depuis le temps. Il n’en attendait pas moins d’Elle à vrai dire. Plus maintenant en tout cas. Il s’enfermait dans un tissu de mensonges qui lui permettait d’affronter ces éternelles luttes sans trop en pâtir. Un mensonge de plus, malgré la carapace de glace dans laquelle il s’était glissé en franchissant le seuil de cette maudite forêt.  Et malgré son odieux carnage et la satisfaction encore plus détestable qu’il en avait retiré, quelque chose n’allait pas. Le vide en lui ne cessait de s’agrandir. De menacer de tout engloutir tant il devenait gigantesque. Son cœur ne jouait plus qu’une morne symphonie. Détestable tant le rythme restait identique et lugubre. A peine un tressautement venait l’agiter, accélérer sa danse pour lui prouver qu’il était encore en vie. Il réalisait alors à quel point il était devenu monstrueux. Combien le reflet dans son miroir lui était étranger. Les traits restaient les mêmes, se retrouvaient juste emplis d’une séduisante noirceur. Celle qu’il s’était échiné à repousser tout au long de sa misérable existence.

« - C’est ce qu’on m’a appris à faire. Ca simplifie beaucoup les choses. Et je n’ai pas l’intention de faire semblant, je ne fais que mon boulot. » Les mots sortirent tous seuls. Sans qu’il ne prenne réellement le temps d’y réfléchir. D’atténuer la quantité de venin venue se glisser au milieu de ses paroles. Ce fut plus fort que lui, la tension qui menaçait de briser ses nerfs se répercuterait inlassablement contre son crâne. Envenimant ses pensées pour les rendre plus brouillonnes qu’elles ne pouvaient déjà l’être. Le laisser seul dans le brouillard sombre de sa déchéance et embrumer encore un peu plus ses prunelles. Avant de quitter son appartement, une vague de froid l’avait traversé, glissant le long de son échine pour le faire hésiter, la main sur la poignée. Il avait failli rebrousser chemin, s’enfermer dans son antre pour ne pas la quitter avant le lendemain. Oublier ses desseins assassins, les reporter à plus tard. Ou ne jamais les mettre à exécution. Oublier la malheureuse qui partageait Son existence. Pour continuer ensuite à se perdre dans la démence de ses divagations les plus obscènes. Continuer de les entendre, ces autres, cracher leur mesquinerie et tous ces ragots qui le brisaient avec encore plus de puissance que toutes les plaies qu’il pourrait s’infliger. Il n’avait pas pu résister, à la tentation d’en finir avec ses démons. De mettre un terme aux machinations de la gérante si mystérieuse du Little Darlings.

« - Les loups apprivoisés jouent les peluches. Il faut croire que je n’ai pas passé suffisamment d’années dans la peau d’un animal pour avoir plus de panache que ta boule de poils. » L’amertume à nouveau, soufflée comme la fumée d’une mauvaise cigarette. Celle qui reste en travers de la gorge, l’irrite et s’accroche jusqu’à ce qu’on l’oublie. L’amertume d’avoir passé autant de temps dans la peau d’un animal, au point d’en oublier tout le reste. De tout se reprendre dans la figure quand la malédiction fut levée. Et de perdre toute la dextérité qu’il avait pu obtenir par la suite pour dominer son double. « - La lune me fait défaut ce soir, ça ne faisait pas partit de mon plan. » Les choses auraient été plus simples s’il avait pu mettre la faute sur le loup. Le laisser déchiqueter sa proie jusqu’à n’en laisser que des os immaculés. Les ronger peut être, pour ne laisser aucune trace de son méfait. Sa dernière tentative de mutation l’avait détruit. La douleur l’avait découragé de tenter à nouveau l’expérience. Et il gardait encore en mémoire les stigmates de sa dernière lune. Trop récente pour que l’épuisement ne se soit totalement dissipé. Il était resté prostré chez lui le lendemain, incapable de quitter la chaleur de son lit tant il avait l’impression que ses os n’étaient rien de plus que la bouillie blanchâtre, hideuse. Il fut incapable de répliquer, une boule venait de se former dans sa gorge. Figé par l’amertume suintant de cette sentence qu’il aurait dû avoir l’habitude d’entendre. Mais venant d’Elle, même le plus répétitif des dictons prenait des proportions gigantesques. Et ce nom, si délicieux quand il était prononcé par les autres, dans Sa bouche lui semblait odieux.

La tempête avait beau hurler au dehors, il n’entendait plus que celle qui régnait en son sein. La folie de son sang battant dans ses veines, tordues sous la force des vagues écarlates. Son cœur, qui venait de s’emballer pour distiller toute la folie dont il était doté dans le moindre recoin de son corps. L’enfiévrer au point de le rendre encore plus fou qu’il ne pouvait déjà l’être. Encore possédé par le plaisir honteux l’ayant traversé durant toute sa séance de torture, il n’hésita pas un instant. Prêt à passer pour un gamin capricieux et égoïste, reprendre une vieille technique qu’il avait parfois utilisée quand il était encore en âge de le faire. La douleur lui coupa le souffle, le temps d’un éclair alors que ses doigts agrippèrent tout aussi brièvement Son épaule. Etau de fer qui disparut presque aussitôt, La libérant de toutes entraves.

« - A moitié seulement, certaines tares me répugnent toujours. Tu utilises mon nouveau prénom maintenant ? C’est nouveau.» Il avait fait de son mieux pour conserver son aplomb. Ne pas vaciller malgré le sang sur ses doigts et les frissons dévorant son échine. Malgré tout son acharnement, il sentit le coton envahir ses jambes. Se dérober sous sa carcasse alors que la faiblesse le gagnait à mesure que l’écarlate s’échappait de sa plaie. Il lutta contre la fatigue et l’inconscience qui le menaçait. Sentit le poids de toute ses nuits d’insomnie, et de tout ce qu’il avait accumulé ces derniers temps peser sur ses épaules jusqu’à les faire craquer. Son soupir le fit frissonner plus fortement. Il ferma les yeux, et se mordit la lèvre pour retenir son râle de douleur. Il chercha Son bras à tâtons pour le frôler. A peine, avant de crisper ses phalanges contre son flanc, sur les Siennes.

« - Tu ne m’as pas simplifié la tâche avec tes questions. Il y a mieux que les zombies pour attiser les désirs d’un homme. » Lâcha-t-il dans un souffle, un sourire crispé sur les lèvres. « - Je ne t’ai pas rejeté… » Il laissa sa phrase en suspens et évita soigneusement Son regard. Il brûlait de Lui donner les explications qu’il lui devait. Il avait tenté de le faire, durant leur période de prétendue amitié. Il avait eu beau tourner la chose dans tous les sens, il ne se sentait pas capable de Lui dire. Fatigué de lutter, il céda à la tentation, ferma à nouveau les paupières pour ne plus les ouvrir.

[…]


L’air lui manquait. Il avait l’affreuse impression de suffoquer. Sommeil de plomb qui perdait de sa force, le plongeant dans une léthargie trop fragile pour ne pas disparaître à la moindre gêne. Il inspira, chercha à reprendre son souffle. Effort vain, soldé par un lourd échec et qui lui fit prendre conscience de l’étau emprisonnant sa gorge. Les notes capiteuses du parfum de Nélia se glissèrent dans ses narines et le retour à la réalité fut brutal.

« - Quand je pense que j’ai laissé un bâtard de ton espèce me toucher. J’aurais dû te tuer tout de suite… » Elle resserra sa prise autour de sa gorge, continuant de le vider de son énergie et fit peser un plus son genou contre son flanc meurtri. Il serra les dents, ravala son affliction et sentit la colère l’envahir. Vague de haine démesurée accompagné par des relents de honte. Elle venait de toucher un point sensible, de lui cracher, sans le vouloir, une vérité qu’il ne supportait pas à la figure. Il se redressa d’un seul coup, se fit violence pour ignorer la douleur. Elle le repoussa, plaquant son autre main sur sa poitrine pour le garder à sa merci. La seconde tentative fut saluée par un craquement lugubre et sourd. Vif malgré la poigne de la métisse, il lui brisa la nuque et l’envoya valser à terre d’un coup de bassin. Carcasse sans vie qui se fracassa sur le plancher, lui se laissa retomber sur le sofa. Il frôla du bout des doigts sa blessure pour constater qu’elle avait tout juste commencé à cicatriser. L’autre main contre son cœur, il tentait de contrôler sa respiration. De les calmer, elle et les martèlements effrénés de l’organe prisonnier entre ses côtes. Il en profita alors pour se maudire, à chaque pulsation.

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MessageSujet: Re: Madness {pv.}   Mer 17 Juil - 13:31

Des heures gaspillées à panser leurs blessures. A les soigner, l’un après l’autre, avec un soin qu’elle ne réservait qu’aux plus privilégiés. Aux rares qui parvenaient à percer la glace lui servant d’armure de fortune. A les couver affectueusement, jusqu’à l’épuisement. Elle savait bien que ces garrots rudimentaires ne tiendraient pas, que tous les remèdes de sorcière qu’elle connaissait n’étaient que de la poudre aux yeux. Ne pouvaient servir qu’à gagner du temps. Un temps néanmoins précieux. Mais elle s’y était accrochée comme si tous ses efforts pouvaient suffire et les sauver tous les deux. Le mauvais flic et l’irrésistible fugitive. Elle ne daigna interrompre ses efforts qu’au crépuscule, lorsqu’elle sombra dans les bras de Morphée après avoir transféré toute son énergie aux mutilés. Elle tomba comme une masse sur le matelas et ses paupières eurent beau papillonner quelques instants pour garder ses azurs ouverts, elles abdiquèrent à leur tour. Ses doigts s’agrippèrent au bras doré de Nélia, maigre tentative pour la maintenir à ses côtés et la dissuader de rendre visite à l’intrus étendu sur le canapé.

[…]

Ce fut le bruit sourd d’un corps envoyé mourir contre le plancher qui la réveilla en sursaut. Craquement indicible plus sinistre que toutes les insanités qu’Il avait pu lui lancer sans sourciller. Son sang ne fit qu’un tour, alors qu’elle se redressait sur ses paumes. Elle guetta un bruit de lutte, un quelconque éclat de voix. Mais rien. Plus rien. Seulement ce silence pesant, envahissant, qui aspirait jusqu’à sa faculté à respirer correctement. Elle resta ainsi une poignée de secondes, l’oreille tendue. Avant de se décider à ouvrir le tiroir de la commode pour récupérer l’arme à feu qui y nichait. A rejoindre le salon à pas feutrés, pour y découvrir la carcasse inerte de la danseuse. Elle s’en rapprocha doucement, posa ses doigts libres contre sa gorge pour vérifier son pouls. Pour constater qu’elle ne tarderait pas à se muer en statue de pierre, froide comme le marbre. Ses rétines mortifiées glissèrent du cadavre à Sa silhouette fébrile, et elle dut se faire violence pour rester stoïque. Se contentant de se demander à quelle sauce elle pourrait le manger. Tu n’auras pas la force de le tuer de toute manière, ne dépense pas ton énergie inutilement… Prisonnière de ses regrets de ne pas pouvoir L’anéantir.

La lassitude l’étranglait, quand elle repensait aux stratagèmes douteux de son cousin. Prêt à user et abuser de méthodes arriérées ayant déjà fait leurs preuves maintes fois par le passé. Né pour lui mettre des battons dans les roues et la faire tourner en bourrique. Déjà enfant, elle le trouvait insupportable. Irrécupérable. Sans cesse en train d’inventer de nouveaux moyens pour la faire sortir de ses gonds. Inlassablement sauvé par Son charme prononcé, le faible honteux qu’elle pouvait avoir pour lui et qui parvenait à faire fondre sa colère comme neige au soleil. Reléguée au rang de vulgaire pantin, qui se complait à être manipulé par un marionnettiste de cette envergure. Sauf que Ses fourberies n’avaient plus rien d’innocent. Plus rien de plaisant. Et elle réalisait combien elle était fatiguée de tout ce cirque. Elle avait tenté de faire l'impasse. De se répéter encore et encore, jusqu’à ce que les paroles s’incrustent profondément dans son cerveau, que tout ça n’était effectivement que Son travail, comme Il l’affirmait. Qu’il n’y avait rien de personnel et qu’elle n’avait de toute manière aucun droit de s’en mêler et de poser des objections. Il n’était ni son mari, ni même un ami ou ne serait-ce qu’un amant. Seulement son métamorphe, dont elle n’avait pas su s’accaparer l’éducation correctement. Trop capricieuse et instable pour avoir la patience et la dextérité d’une maitresse digne de ce nom. Elle n’avait rien d’une rebelle non plus, prête à sacrifier ce qu’elle avait de plus cher au nom de ses idéaux. Elle ne possédait plus aucun droit, si ce n’est celui de voir le disciple dépasser la créatrice et tout décimer sur son passage sans une once de pitié. Sans un mot, elle prit la peine de s’avancer pour venir tâter et inspecter la plaie s’étendant contre Ses flancs. Sans un regard, elle s’installa sur la table basse. Posa son pistolet à côté d’elle une fois assise sans craindre qu’Il s’en empare à sa place, pour s’allumer une cigarette. Elle dut s’y reprendre à plusieurs reprises, insister. Seule sa maladresse à faire jaillir une flamme d’un maudit briquet trahissait son anxiété sous-jacente tant tout dans sa posture transpirait l’assurance et la sensualité. Elle ne se pressa pas, tira sur le cylindre incandescent jusqu’à ce qu’il n’en reste que d’inutiles escarbilles. Tentant de la sorte de calmer ses nerfs taillés au couteau, déchiquetés par Ses griffes acérées. Vainement. Elle attendit toutefois de l’avoir terminée avant de se lever d’un bond, et d’écraser le mégot encore ardent en travers de la déchirure écarlate de Sa hanche. Elle appuya avec vigueur, jusqu’à ce qu’une odeur de chair brûlée s’immisce au creux de ses narines.

« - Mieux que les zombies pour attiser les désirs d’un homme hein ? C’est un peu facile comme excuse tu ne crois pas ? Peut être qu’il me manquait quelque chose d’essentiel entre les jambes aussi non ? »
Gronda t’elle, soudain d’humeur féroce. « - Un muscle dont tu sembles dépourvu, pour sans arrêt t’attaquer aux femmes plus frêles que toi… » Elle aurait pu lui cracher dessus, qu’elle n’aurait pas été plus méprisante envers Lui. Ils avaient passé des semaines entières à éviter soigneusement le sujet. A prendre des pincettes, à surtout ne pas froisser l’autre avec des allusions déplacées. Ils avaient ruminé leurs états d’âme et leur rancœur, avaient mastiqués leurs reproches avec acharnement. Et tout venait de leur exploser à la figure, à la façon d’une bombe qui réduit tout ce qui traine dans les parages en poussière. Causant des dégâts incroyablement plus dévastateurs que ceux qui auraient été causés par une dispute dans le vif du sujet. Elle avait laissé ses critiques mariner, pourrir, au lieu de les évacuer immédiatement avec la franchise désarmante qui la caractérisait. Et ils en payaient les redoutables conséquences. Ecopaient de réelles lésions là où n’auraient pu les meurtrir que de légères égratignures. Condamnés à rejouer en boucle les mêmes scènes dégradantes.

« - Arrête de me prendre pour une bonne poire. Ou pour un de tes jouets. T’es juste un enfant pourri gâté, qui préfère me donner de faux espoirs et qui aimerait me voir me morfondre de ses déboires continuellement alors qu’il… »
Ne me désire même pas… Trop durs à prononcer, les mots restèrent coincés en travers de sa trachée. Elle se mordit la langue pour en avoir trop dit, pour avoir reconnu implicitement qu’Il lui avait brisé le cœur en la repoussant. « - Je t’interdis de faire semblant avec moi.  T’as pas le droit de faire le ménage prétextant que tu tiens à moi, c’est juste quand ça t’arrange. » Elle aurait voulu croire à Son aveu, d’accéder de la sorte à une forme de réconfort, mais elle n’y parvenait plus. Sa jalousie compulsive lui paraissait factice, ou du moins guidée par de mauvaises raisons. Telles que Sa fierté maladive, ou au nom d’un souvenir infantile heureux balayé par des abominations. Mais pas par dévotion. Sans s’encombrer de délicatesse, elle Le releva par la peau du cou, laissa leurs souffles suaves se mélanger. Sa prise se fit ensuite plus douce, se muant en une légère caresse avant de se ressaisir et de le pousser vers Son ancienne proie.

« - Tu vas la porter dehors. »
Ordonna-t-elle, son colt pointé sur lui. Elle se moquait des éléments qui se déchainaient dehors avec une frénésie meurtrière. Ils allaient affronter la tempête, et qu’importe s’ils y attrapaient la mort. Une fois à l’extérieur, elle le mena devant le petit établi et attrapa une pelle qu’elle lança à Ses pieds.

« - T’as plus qu’à creuser Stain. Deux mètres de long, un de large et un mètre cinquante de profondeur. » Elle haussa les épaules avec désinvolture avant de préciser, la voix cassée. « - Ezio est mort, à quoi bon me borner à l’utiliser hein ? Ou il n’a jamais existé, j’en sais plus rien… » Pas plus qu’un quelconque ‘Nous’. Voyant qu’il se n’exécutait pas immédiatement, elle cria par-dessus les rugissements du vent, par-dessus les larmes qui menaçaient la barrière de ses cils : « - Allez. Je ne suis pas capable de te tuer, c’est surement mon secret le plus mal gardé, mais je peux encore te tirer dans le genou. On va pas y passer la nuit bordel ! »

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MessageSujet: Re: Madness {pv.}   Ven 19 Juil - 11:07


Flétrit comme une pauvre poire laissée trop longtemps au soleil. Elle l’aurait achevé s’il n’avait pas été capable de réagir au bon moment. Il avait encore l’impression de suffoquer, de la sentir. Là. Maintenant, encore en train d’aspirer sa vie comme un soda avec une paille. Il en frissonna, profondément meurtri par ce qu’il venait de vivre. Ce qu’il venait de faire. Par sa blessure, et celle invisible traversant sa poitrine jusque dans son cœur. La fatigue n’avait jamais été aussi violente. Virulente, tel une tumeur qui se raccroche. Il n’était plus qu’un assemblage plutôt bien pensé de chair, remplit de coton pour donner à l’ensemble un semblant d’apparence humaine. Il crispa ses doigts contre ses flancs, et s’en voulu encore plus d’avoir été aussi stupide .Tu guériras, c’est pas ça qui va t’achever. C’était vrai et pourtant, c’était totalement stupide de s’épuiser de la sorte. Et de rester planter là dans cette cabane perdue au fin fond des bois, une métisse faisant office de tapis. Il L’entendit se lever, s’approcher et ne chercha même pas à rouvrir les yeux. Pas tout de suite du moins. Il ne le fit que lorsqu’il La sentit à ses côtés, que Ses doigts le touchèrent avant de disparaître. Le silence était trop pesant pour être supportable. Le moindre souffle devenait assourdissant. Le crépitement du briquet avant que la flamme ne jaillisse, terrifiant. Il se surprit à frémir. Phobie malsaine contrôlable lorsqu’il s’agissait de lui, pétrifiante dès qu’elle émanait de quelqu’un d’autre. Sa crainte se mua en une terreur sourde, les notes d’une odeur ancrée à jamais dans sa mémoire venant le heurter de plein fouet. Plus encore que la douleur qui filtra sous sa peau jusque dans ses entrailles, ce fut ces relents morbides qui le clouèrent sur place. De coton, ses membres de firent d’acier. Emprisonné dans un carcan de mauvais souvenir revenus se fracasser contre son crâne et son cœur, pour faire monter les larmes à ses yeux. Qu’il ferma aussitôt pour les retenir, ravaler le venin ankylosant menaçant de le faire replonger dans un sommeil de plomb, duquel il n’aurait pas voulu sortir cette fois. Frapper où ça fait mal, ils se surpassaient pour le faire. L’un comme l’autre, touchant les points sensibles sans vraiment s’en rendre compte. Par d’heureux hasards.

« - C’est trop facile de juger sans savoir. Tu ne te t’embêtes pas non plus.» Siffla-t-il entre ses dents. Serrées pour éviter que sa voix ne tremble. Qu’elle le trahisse encore plus que les tremblements dévorant sa carcasse et ses doigts revenus agripper sa hanche. L’attaque le laissa sans voix. S’il avait été jusqu’à lors occupé à observer ses doigts et leurs articulations qui ne cessaient de blanchir, il La fusilla du regard sans la moindre douceur. Touché au plus profond de son amour propre, blessé comme jamais il n’avait pu l’être, il ouvrit la bouche pour la refermer aussitôt et se mordre la langue. Il tenta de faire le tri dans tout ce qui venait se mélanger dans sa tête. D’éloigner ses plus dangereuses répliques, ravaler son venin et refermer la blessure avant que le sang ne l’engloutisse et l’empêche de conserver un semblant de raison et de contenance.

« - Alors qu’il ? Vas y continues. Tu l’as bien laissé macérer ton venin cette fois. Tu n’aurais pas pu me cracher tout ça à la figure plus tôt au lieu de jouer les gentilles copines? » Le défi, à nouveau présent dans son regard qui ne lâchait pas le Sien. Et l’envie sourde de savoir ce qu’Elle avait voulu dire. Ce qu’Elle avait voulu rajouter à la liste, déjà longue, de ses torts et ses tares. Relevé comme un mal propre, il tituba sur ses jambes frêles, La frôla tout en s’obligeant à rester de marbre face au manège enjôleur de Son souffle contre sa peau. Il brûlait de l’intérieur, tenté par Sa proximité. Blessé par tout ce qu’Elle venait de lui balancer.

« De faux espoirs, on en donne tous les deux. Dépourvu ? Ce n’est pas parce que je n’ai jamais pu le faire que j’en suis dénué. » Sa fureur resta contenue, sagement entourée par l’embarras et l’ironie acerbe. En un seul souffle, il venait de Lui offrir une confession qui, d’ordinaire, ne lui donnait pas autant l’impression d’être aussi ridicule. « - Et si tu crois encore qu’il n’y a que les hommes qui m’intéressent et que tu me laisses indifférent, c’est que tu ne me connais vraiment plus. » Il avait joué trop longtemps avec le feu. S’amusant d’une ambiguïté sans cesse alimentée par son comportement désinvolte. Son cœur rata un battement, il sentit sa gorge s’assécher sous la menace. Un infime sourire déchira ses lèvres, et malgré la glace cristallisant ses prunelles, ses traits avaient troqué leur finesse contre la grossièreté de l’inconfort.

« - Arrête tes conneries… » Lâcha-t-il dans un soupir rauque, sa voix se brisant sur les derniers mots alors qu’il leva la main, en un geste de défense ou de rémission. Il finit par s’exécuter, déjà suffisamment amoché pour prendre le risque de jouer les suicidaires et se retrouver avec de l’argent dans la carcasse. Il était redevenu trop sensible à ce métal pour se le permettre. Faiblesse qui lui irritait les nerfs, qui l’avait contraint à se défaire de son bien le plus précieux quand ce dernier lui avait incendié le torse. Incapable d’attendre que le temps fasse son œuvre comme la première fois, il avait pris l’habitude de s’en injecter une faible dose, tous les jours. S’y contraignant malgré le mal atroce qui le rongeait ensuite. Quitte à s’affaiblir plus que nécessaire. Il déposa la métisse à terre avec précaution, et ramassa la pelle à ses pieds. Peu enclin à jouer à jouer au limier bien dressé, il ne bougea pas de suite. La laisser cracher Ses ordres et Ses menaces pour finalement lui lancer un regard assassin.

« - Tu préfères les tripoter, c’est vrai, et ce serait dommage d’abîmer ta si jolie manucure. Si tu me démolis, ça risque de prendre beaucoup plus de temps tu sais. » Glacial, comme le vent mordant sa peau. S’il La révulsait, en cet instant, Elle le blessait plus que jamais. Il ne lui adressa plus un seul regard, s’attelant à sa sombre tâche sans broncher pour totalement L’oublier. Et s’enfermer dans un silence des plus lugubres. Il faillit abandonner à plusieurs reprises, se brisant les côtes et les reins à chaque nouveau coup. Et s’enliser dans la terre détrempée avec une facilité qui le rebutait. Faire le ménage après la tempête, il en avait toujours eu horreur. Il avait laissé les autres le faire du temps où il était Inquisiteur. Et maintenant il s’arrangeait toujours pour qu’un autre s’en charge à sa place. L’affreuse contrepartie de ses pulsions assassines, qu’il n’assumait absolument pas. L’effort le fatigua plus vite qu’il ne l’aurait cru. Le flanc en feu, il se fit violence pour ne pas L’accabler de tous les reproches qui se pressaient contre ses dents. Figé au-dessus de sa tête, le temps semblait s’être arrêté.  Traître préférant suspendre sa course pour lui donner l’impression de s’échiner contre le néant. De refaire encore et encore le même geste, sous le regard éteint de sa victime. La pire torture, se retrouver là, avec pour spectateur les restants de sa folie. Et son malaise de devoir le faire devant Elle. Il la mit en terre, se brisa encore un peu plus le corps et le cœur. Il se surprit à esquisser un infime geste de croix, du bout des doigts il marqua l’air au-dessus de la fosse avant de recommencer sa tâche en sens inverse. Un vieux réflexe dont il n’arrivait pas à se défaire, qui lui collait à la peau et revenait parfois le hanter, même s’il avait perdu une grande partie de son sens.

« - Et maintenant ? Je dois creuser la mienne aussi peut être ? Tondre ta pelouse ? » Il planta la pelle dans le sol, rageur, et s’y appuya. Posant pour la première fois depuis un bon moment son regard sur Elle. Prunelles prêtes à La clouer sur place au moindre faux pas. Il tremblait, possédé par un mélange dangereux de rancœur, de honte et d’accablement. Hésitant entre l'envie de continuer la lutte, et celle d'abandonner. De tout jeter à Ses pieds pour qu'Elle le piétine sans le moindre mal.

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MessageSujet: Re: Madness {pv.}   Dim 21 Juil - 10:08

Elle ne s’était rendue compte qu’elle avait si mal pris Son comportement qu’une fois sa bile répandue. Pendant des semaines, elle s’était persuadée du contraire. Elle s’était répété qu’elle pouvait se contenter de restes. Que Sa présence amicale, aussi fragile soit-elle, valait mieux que le néant. Espérant naïvement retrouver ses huit ans, quand être Sa cousine lui suffisait. Quand elle n’avait besoin que de Ses sourires pour sentir une vague de réconfort emporter au loin toute sa tristesse. Et la déception constante de ne lire dans les prunelles de son père qu’un profond mépris, cédant de temps à autre sa place à une douloureuse indifférence. Leurs chamailleries enfantines lui faisaient l’effet d’un baume réparateur, apte à apaiser les brûlures laissées par le patriarche. Chercher à retrouver les rares bienfaits de cette époque révolue était incroyablement vain et stupide, elle le réalisait. L’inceste les avait gangrénés jusqu’à la moelle, rongeant jusqu’à la plus infime parcelle d’innocence subsistant au milieu des herbes folles. Détraqués et malsains, ils n’aspiraient qu’à s’aimer en se déchirant. Quelque part, ils n’avaient jamais réussi à grandir. Ils étaient restés coincés au moment fatidique où leur misérable existence avait basculé dans les ténèbres, rejetant aux affres de l’enfer un avenir idyllique tout tracé. Et leur impossibilité à tirer un trait, à aller de l’avant, les rendait aigris, frustrés, et teintait leurs rétines acérées d’une lueur insalubre impossible à éteindre. La fougue les harcelait, imprimait toujours à leurs traits un air de défi, un même besoin irrationnel de provocation. Handicapés des sentiments, ils ne pouvaient que se cogner et s’entrechoquer dans les dédales du labyrinthe de leur démence.

« - Laisse tomber. » Marmonna-t-elle en haussant les épaules. Elle n’avait pas l’intention de terminer son accusation, regrettant déjà suffisamment de l’avoir entamée. Elle sentait le ridicule s’épanouir pleinement sur sa peau satinée. Lascivement, vicieusement, menaçant de la transformer en une créature hystérique des plus pathétiques. Un profond soupir s’extirpa de ses dents serrées, avant qu’elle ne réplique avec franchise : « - Je voulais seulement que les choses s’arrangent. Faire des efforts. Toi qui me reproche sans cesse de rabâcher en boucle des insultes délavées, il faudrait savoir ce que tu veux. » Elle avait insisté sur les dernières syllabes, comme si elles étaient porteuses d’un message implicite. Elle avait essayé, réellement essayé, de recoller les morceaux. De ne pas L’humilier arbitrairement, sous prétexte qu’Il l’avait repoussée alors qu’elle venait de s’offrir à Lui. Mais chassez le naturel, il revient au galop.

« - Mais j’oubliais que tu m’étais si supérieur, que t’as été tellement moins hypocrite. Tu t’es bien gardé de me prévenir ou de me critiquer en face avant d’agir. T’as rien à m’envier. » Ils semblaient à égalité en terme de fourberie et de faux-semblants. Deux traitres qui s’observaient en chiens de faïence, des boiteux qui léchaient leurs blessures en grognant pour tenir l’ennemi à distance et ne pas agrandir les plaies déjà formées. Ils venaient de manger le bitume, mais même la gueule en sang, ils restaient trop fiers pour abdiquer. Elle resta interdite lorsque Son aveu surprenant se glissa contre ses oreilles. Les océans de glace prêts à L’engloutir s’agrandirent davantage, alors qu’elle ouvrait et refermait la bouche. Séductrice et sensuelle, l’italienne estimait pourtant être une petite joueuse à côté de Lui, le dépravé notoire ayant choisi débauche et luxure comme compagnes de vie. Apprendre qu’Il cultivait un élevage de MST ne l’aurait pas étonnée. Alors qu’Il soit vierge… Elle se demanda s’Il ne se moquait pas d’elle, faillit remettre en doute Ses paroles pour finalement se raviser face à Son air gêné et atterré. La révélation ne parvint toutefois pas à l’adoucir tant la fureur continuait à la parcourir tel un courant électrique. Le contrôle de la situation lui échappait, et plutôt que de battre en retraite, elle préféra bêtement Le menacer et Lui asséner un ordre. Une lame invisible remontant le long de sa cage thoracique pour la cisailler de part en part. A l’extérieur, les sphères grises ne se détachèrent pas de la scène, fixant le bourreau s’échiner à enterrer sa pauvre victime sans rechigner. Soulagée qu’Il ne s’obstine pas à faire la mule, malgré Ses virulents sarcasmes.

« - Un conseil. Arrête de te torturer avec des ragots puérils et ne gaspille pas ta salive, tu pourrais en avoir besoin pour aller lécher la pomme de mes autres employés. Qui te dit que je ne tripote que les danseuses après tout ? Ton imagination n’est peut être pas assez fertile... » Persifla-t-elle, quitte à s’attirer davantage Ses foudres. Elle se voulait imperturbable, intouchable, alors qu’elle redoutait de se fracasser en morceaux éparses sur l’herbe trempée. Tremblante et ankylosée. Le vent battait contre ses tempes, dans un vacarme assourdissant. La pluie transperçait ses os pour la muer en une éponge boueuse, trouée, qui à force de tout essorer ne pouvait plus rien absorber. Incapable de retenir un ricanement lorsqu’elle surprit Son geste dévot avant de refermer le trou.

« - Le signe de croix ? C’est une plaisanterie ?!  Récite donc une prière tant que tu y es. Crois-moi il vaut mieux pour toi que ton bon Dieu n’existe pas, car je ne donnerais pas cher de ton âme… » Elle haïssait la religion, quelque soit sa forme ou son messager. L’Inquisition l’avait rendue hérétique, désireuse de brûler tous les autels avant de danser autour d’un feu de joie. Elle ne voyait dans son utilisation que des prétextes et de fausses excuses pour commettre les pires atrocités. Un rictus amer s’imprima à ses traits lorsque Sa voix grave trancha avec ironie l’atmosphère lugubre qui planait entre leurs carcasses fébriles.

« - Pourquoi pas, proposé si gentiment. Mais on verra ça demain, pour l’heure Cendrillon va rentrer avec moi et nettoyer son bordel dans le salon. Vu ? » Elle agita l’arme à feu dans Sa direction, Lui signifiant par ce simple mouvement que les avertissements tenaient toujours. Lorsqu’Il obtempéra enfin, elle Lui emboita le pas. Décidée à fermer la marche avant d’être prise des remords et d’accélérer pour se retrouver face à Lui. Elle lui barra le passage dans l’entrée, puis posa son pistolet sur l’un des meubles. Elle hésita, en plongeant Son regard métallique dans le Sien. Ses iris abyssales la tourmentaient, se plantaient dans le clair-obscur de ses pupilles comme des poignards tranchants. Deux fentes sombres qui avaient la capacité d’annihiler ou d’accélérer les battements de l’organe prisonnier entre ses côtes. Tu n’as plus rien à perdre de toute façon… Ses doigts gelés se glissèrent alors contre la chaleur de Ses joues, les prenant en coupe avant que ses lèvres esseulées ne se heurtent avec une violence difficilement contenue à leurs jumelles. Tout son corps se pressa avec hargne contre le Sien, comme pour l’empêcher de s’évanouir en fumée. L’agressant avec toute la passion infecte qui empoisonnait ses veines, sans Lui laisser la possibilité de s’écarter. Pas tant qu’elle n’avait pas fini de mordiller Ses lippes, d’y insuffler désir et colère avec un brin de sauvagerie. Comme pour mémoriser le goût des assassines, leurs nuances délicieuses. Elle ne se faisait plus d’illusions, avait dépassé ce stade. Mais la convoitise incendiait ses entrailles nouées, lui creusait le ventre avec un acharnement démesuré.

« - Je ne vais pas prétendre que je suis désolée. Tu l’as mérité. » Souffla t’elle dans un soupir lorsqu’elle daigna défaire partiellement son emprise. « - Et si je ne te connais pas, c’est de ta faute aussi, même si j’ai sans aucun doute une part majeure de responsabilité là-dedans. » Elle scella à nouveau sa bouche enjôleuse à la Sienne furtivement, avec douceur néanmoins avant de caresser Sa mâchoire du pouce et de Le relâcher. Elle se retourna, tangua légèrement en s’avançant dans le couloir. Fit quelques pas à proximité des mares de sang avant de refaire un tour sur elle-même pour L’affronter. Sans franchir cependant la distance de fortune qui les séparait, sur la défensive.

« - Si c’est vrai… alors pourquoi t’as rien dit ? Tu préférais me voir partir que de t’asseoir deux minutes sur ton putain d’orgueil ? Ou ça te plaisait de me faire mariner ? » La réponse était évidente, les faits sans équivoque. Mais l’entendre lui était viscéral. Qu’Il se paye sa tête ou entretienne une estime d’elle des plus déplorables, elle ignorait ce qui serait le plus pénible. Une fillette intimidée ne L’aurait pas interrogé avec plus d’appréhension. « - Tu ne m’as jamais fait confiance, hein ? T’as même jamais essayé. Même quand on était gosses… » Déplora-t-elle d’un ton blessé, chargé de regrets. Elle laissa sa phrase en suspens, n’osa pas la terminer de peur qu’Il se ferme comme une huitre. Elle n’avait pas totalement avalé qu’Il ne lui ai jamais confié que Son géniteur le battait, qu’Il ait supplié sa sœur de garder Son secret. Comme si je ne pouvais pas comprendre... Et Il n’avait pas changé d’optique, Il entretenait inutilement un mystère qui la rendait folle. Elle se situait là, la véritable honte. ‘Je ne t’ai pas rejetée…’ Cela prenait effectivement une autre tournure, sous cet angle.

« - Pour quel genre de trainée superficielle est-ce que tu me prends ? Qu’est ce que tu croyais ? Que j’allais te rire au nez ? Avoir pitié ? Tu me trouve du genre à m’apitoyer sur ton sort, sérieusement ? » Elle était maladroite, avec ses cris et ses reproches à l’écho effroyable. Avec ses déclarations teintées d’amertume parce qu’elle n’arrivait pas à tendre la main pour implorer une trêve, une vraie. Elle se réservait toujours un filet de sécurité. Par peur qu’Il la jette comme une vieille chaussette usagée. Par peur d’un refus définitif. Par peur du vide.  

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MessageSujet: Re: Madness {pv.}   Mar 23 Juil - 10:56


Il aurait pu répliquer. Il en crevait d’envie mais les mots restaient figés sur sa langue. Gorge sèche, serrée jusqu’à l’en étouffer, à tel point qu’il préféra garder le silence. Faire profil bas devant Ses répliques aussi acerbes que les siennes. Il n’avait pas fait grand-chose pour arranger la situation. Ruminant la honte de ce qu’il avait pu Lui faire. Préférant s’enfermer dans le déni le plus total plutôt que de faire face à une explication qui aurait pu éviter bien des désastres. « - Je suis un éternel indécis que veux-tu. »
Il ne croyait plus en rien. Ni en ce Dieu qu’il venait d’invoquer de manière si dérisoire et fébrile, qu’il se demandait si cela avait vraiment un sens. Ni en ce Gouvernement abjecte qu’il avait choisi de servir pour s’offrir une condition de vie plus qu’acceptable. Se tenir à l’abris de la prochaine crise tout en se voyant offrir des occasions de satisfaire ses besoins assassins sans en avoir honte ensuite. Il s’en était persuadé, que tout ce qu’il faisait, il le faisait pour eux. Et pas uniquement pour lui, et pour cette noirceur envahissant son être comme de l’encre sur une feuille de papier. Que les fils qui engluaient son cœur n’étaient que le fruit de la tyrannie au pouvoir. Et non de la sienne. Il ne croyait plus en rien. Pas même en Eux. Il s’y était accroché pourtant, à cette folie. Ce rêve datant d’un autre temps qu’il pensait pouvoir retrouver aujourd’hui. Dans ce monde tortueux dans lequel ils n’avaient plus leur place. Il avait fini par se dire qu’ils ne le retrouveraient jamais, cet éclat dans leurs sombres prunelles. Cet assemblage de tant de choses qui lui était si précieux. Une part de lui continuait de s’y raccrocher, d’espérer une trêve. Pour de bon cette fois, plus longue que les précédentes. Et pas seulement une promesse soufflée sous le coup de la faiblesse et de la fatigue. Malgré tout ce qu’il pouvait penser ou désirer, à chaque coup de pelle, son esprit torturé s’enfermait un peu plus dans la rancœur. Lâchait une médisance pour la remplacer immédiatement par une autre. La pluie lui glaçait les sangs. Le faisait frissonner d’un délice assassin tant il n’en pouvait plus de la chaleur. Averse de fraîcheur calmant le feu dévorant sa peau.

« - Je ne les connais plus par cœur, je l’aurais fait sinon, pour faire les choses correctement. Il faudrait que j’en ai une, et ça j’en doute » Lâcha-t-il en lui adressant un infime sourire des plus sarcastiques. Chargé d’un brin de moquerie totalement déplacée. Il se doutait de Son aversion, qui devait dépasser la sienne. Il baissa légèrement la tête, leva les mains dans Sa direction pour finalement contourner la tas de terre et passer à côté d’Elle.

« - Ai-je le choix ? Et demandé gentiment, je ne peux que te suivre. » Souffla-t-il entre ses dents une fois qu’il fut assez proche, parcourant la distance en sens inverse pour se retrouver à nouveau à l’intérieur. Et contempler du coin de l’œil l’étendue de sa folie. Je suis pas une femme de ménage, j’ai pas que ça à faire. Peluche s’en chargera. Il fut surpris par Son geste. Par ce rapprochement soudain qui lui brûla l’échine et la langue. Il se sentit frémir sous Ses doigts glacés. Son cœur s’affola, poussé dans son élan de folie par la proximité qu’Elle instaura entre eux. La surprise le laissa de marbre le temps d’une pulsation du prisonnier entre ses côtes. D’un battement de cil avant qu’il ne ferme les yeux pour pleinement s’abandonner. Savourer cet instant dans les moindres détails. S’il se montra impassible, il finit par lui rendre Sa sauvagerie. A La provoquer.  Il l’enlaça et L’emprisonna dans une étreinte passionnée jusqu’à La faire suffoquer. Un léger râle de frustration frôla ses lèvres quand Elle les délaissa. Sa faute… Il la fixa avec une certaine surprise, indécis avant qu’Elle ne revienne le tenter. Pour mieux s’éloigner. Il en serra les doigts, se mordit la lèvre et se fit violence pour ne pas revenir se heurter contre Sa délicieuse chaleur. L’amitié n’existait plus pour eux, viciée jusque dans ses moindres recoins. Ils s’étaient laissé pervertir depuis trop longtemps pour en connaître à nouveau le sens et oublier ce qui pouvait les ronger avec tant d’impudeur.

« - A ton avis. » Lança-t-il sans la quitter des yeux. Il se fichait de son orgueil, l’avait trop bafoué pour seulement tenter de le préserver. Il le cherchait, à le malmener sans cesse. Le tordre pour mieux le voir renaître, et le rendre plus virulent encore.  « - Je préférais peut être te voir partir plutôt que te décevoir. » Murmura-t-il, fuyant alors la glace de Son regard pour se perdre dans la contemplation du décor. La voir partir pour ne pas lire dans Son regard des choses qu’il n’aurait pas supporté. Elle ne le jugerait peut être pas, mais ça, il n’en avait pas la certitude. Depuis son plus jeune âge, il s’était caché derrière de faux semblants. Préférant se créer une coquille de mensonge plutôt que de voir de la pitié sur les visages.

« - Je te faisais confiance. Si tu crois que tout est facile à dire. » Avec toi ça aurait dû l’être. Ca le fut pendant quelques années, avant que sa vie ne devienne qu’un torrent de mal et de noirceur. Il lui faisait toujours confiance, aussi stupide que cela puisse paraître, il n’arrivait pas à La considérer comme une ennemie. Et cela, même si ses gestes ou ses paroles montraient tout le contraire. « - Je ne sais plus ce que tu serais capable de faire. » Ses reproches l’irritaient. Titillaient ses nerfs déjà à vif pour distiller sur sa langue un venin de plus pernicieux. Les mots se pressaient dans son crâne, s’échevelant en un ensemble branlant qui ne demandait qu’à claquer dans l’air et faire cesser les sermons. Sa tendance à faire profil bas s’était effritée au fil du temps. Surtout face à Elle. Il garda le silence un long moment, nuisance fantomatique tout juste troublée par le bruit du dehors et celui des griffes du chiot sur le parquet.

« - Mon imagination… Si tu savais » Lança-t-il avec une certaine ironie. Il n’avait pas besoin d’Elle pour se pervertir l’esprit. Et laisser sa jalousie le posséder jusque dans les tréfonds de son sombre cœur. Il avait beau se convaincre que tout ceci était stupide, fortement déplacé vu ce qui les unissait et sa façon d’agir. Mais rien n’y faisait. « - Je ne le supporte plus, tout ce qu’ils peuvent raconter à ton sujet. Ceux qui te regardent avec cette envie malsaine. Ceux qui te touchent ou ne font que te frôler. Eux et toutes ces images qui me rendent fou. » Il avait gardé les dents serrées, lâchant ses reproches dans un seul souffle pour ne pas flancher. Ses phalanges devenaient douloureuses, les articulations blanchissant dangereusement tant il serrait les poings avec hargne. Il sentait son sang-froid lui glisser entre les doigts, s’échapper de lui à chaque respiration. Chaque battements de cœur, aussi douloureux soient-ils.

« - Tu m’as enchaîné à toi. Quoi que je fasse, ou pense, les choses reviennent au même point. » Un seul murmure, un de plus alors que son regard se perdait dans le vague. Prunelles nébuleuses, égarées pendant un instant, avant de retrouver toute leur dureté. Animée d’une nouvelle lueur et accompagnée d’un froncement de sourcils. « - Mais merde, Anna, ouvre les yeux ! » Sa main se posa rageusement contre le meuble frôlant sa hanche. Il La fusilla du regard. Prunelles ténébreuses ravagées par une souffrance savamment alimentée par la douleur incendiant sa hanche et celle détruisant son cœur. La situation le rendait fou, le détruisait un peu plus à chaque rencontre. Son orgueil lui hurlait de ne pas abandonner maintenant, surtout pas après Lui avoir révélé une de ses faiblesses. Et maintenant qu’il en était arrivé là, il n’avait plus d’autre choix que de le piétiner, ce foutu orgueil.

« - Il faut que ça s’arrête, tout ça. Il faut qu’on arrête avant de le regretter. J’ai besoin de toi, je… » Les trois mots fatidiques restèrent coincés dans sa gorge. Prisonniers de l’étau venu l’enserrer jusqu’à l’assécher. L’amour ne représentait rien pour lui. Privé de cette notion depuis sa plus tendre enfance, il en avait deviné les contours avec sa plus jeune sœur. L’avait vu prendre forme et avait pu le frôler du bout des doigts avec Elle. D’une manière si éphémère qu’il n’était pas sûr qu’il s’agisse bien d’amour. Priver son cœur de la parole dès le début l’avait rendu hermétique à toute forme d’attachement. Le désir physique était la seule chose qui lui restait et qui avait un semblant de sens. Mais quelque part, sous la couche de luxure et de rancœur, tentait de se ranimer la flamme d’un attachement beaucoup plus profond. Plus intense que tout ce qu’il avait pu imaginer et qui le faisait frissonner de délice. « - Je ne veux plus te partager. » Une façon détournée de Lui faire comprendre. De se défaire du poids pesant dans sa poitrine, même si la crainte continuait de le ronger. Tu es d’un ridicule, si tu penses que ça changera quelque chose. Elle ne t'appartient même pas. Enfin, tu auras au moins essayé, c’est déjà ça.

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MessageSujet: Re: Madness {pv.}   Ven 26 Juil - 12:48

Son ainée aurait bondi, s’Il avait eu l’audace de Lui ratiboiser les oreilles avec de tels outrages. D’afficher si clairement cette part affreusement envahissante d’ombre. C’est d’ailleurs ce qu’Il avait dû assurément faire dans ce manoir rutilant, désormais enseveli sous d’extravagantes couches de glace. Elle imaginait parfaitement la scène, les critiques sournoises ayant précédé le déferlement de leurs violences respectives. Même dans le domaine de la mesquinerie, Elle la surpassait face à Lui. Capable de Le faire se tordre de douleur leur cousin, comme une fillette sadique jouerait avec des brins d’herbe. Sans une once d’hésitation, sans la moindre pitié. Quand de son côté, elle perdait toute crédibilité en pansant chacune de Ses blessures, même celles de son propre fait. La faiblesse la rongeait, grignotant avec une application perverse ses plaies. Virulent acide n’ayant de cesse que de les arroser avec perfidie. Le reflet de ses insuffisances lui éclatait au visage en une myriade d’éclats de verre tranchants, chaque fois que leur entente précaire dégénérait trop rudement. Aussi profond qu’un abîme, le trou qu’Il avait creusé dans son palpitant la harcelait constamment. Comme un membre dont elle aurait été amputé, elle sentait la douleur fantôme s’épanouir en elle à chaque battement de cœur. L’insecte pugnace qui s’y était logé la déchiquetait lentement, fermement décidé à se repaitre de son enveloppe jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une coquille vide, sèche. Un amas difforme de pourriture.

Elle s’était pourtant sentie mourir avec sa jumelle, les poumons atrophiés par un horrible manque d’air. Comme si la mort de son double avait annulé sa propre existence. Mais quelque chose avait survécu ce jour-là, ou était né de ses cendres. Quelque chose qui faisait mine d’être encore elle, une piètre réplique recousue et rafistolée avec les moyens du bord. Et cette part d’elle, aussi branlante et rapiécée soit-elle, Lui portait un attachement indéfectible. Entretenait les braises d’une attirance qu’elle ne pouvait pas nier, alors que ses lippes esseulées se scellaient à leurs semblables avidement. Elle se laissa étouffer par Ses bras puissants, se serra davantage pour frôler la sensation grisante de perdre pied. Les tentatrices lui avaient effroyablement manqué, durant toutes ces semaines où elle avait cru en être définitivement privée. Frissonnant de plaisir alors qu’Il renforçait Son étreinte. Elle finit par s’en défaire à contrecœur, inapte à ignorer les interrogations lui fracassant le crâne. Décidée à obtenir des réponses, au risque de se mordre les doigts d’avoir réduit au silence ses pulsions lascives.

« - Me décevoir ? »
Un éclat de rire amer se faufila hors de ses barrières de nacre, résonna atrocement faux tant l’ambiance pesante ne s’y prêtait pas. « - C’est vrai que me laisser croire que j’étais entichée depuis des siècles d’un homme qui ne pourrait jamais me désirer, c’était tellement moins décevant qu’une… panne. C’est trop aimable d’avoir cherché à m’épargner ce genre de désillusion. » L’italienne était consciente qu’elle ne réagissait pas de la manière appropriée. Qu’il aurait été préférable de s’adoucir, de Le rassurer en effaçant sans broncher une couche de l’ardoise maculée de crasse. Mais elle ne parvenait pas à tricher, pas en Sa présence du moins. Elle ne triait rien, aucun des sentiments bruts qui la tenaillaient. L’abject plaisir ou le vif dégout. L’insatiable dévotion et l’éternel ressentiment. Toutes ses émotions, les nobles comme les plus infectes, se heurtaient à Sa séduisante carcasse sans facétie ni concession. « Il valait mieux m’humilier que de t'aventurer sur ce terrain, tu dois avoir raison. » Sa voix vibrait de nuances sarcastiques, cruelles, alors que ses rétines inquisitrices poignardaient les lunes sombres. Sondant Sa silhouette fébrile, en fusion avec l’obscurité régnant dans la pièce. Elle comprenait, en dépit des apparences contraires. Mentir, cacher ce qui fait honte, ressemblait à un jeu dont elle aurait inventé les règles. Se taire pour mieux se tromper soi-même, dissimuler ce qui attise les frustrations et motive les comportements les plus abjects. Pour évacuer ne serait-ce qu’un instant ce qui tord le ventre et bouillonne dans les veines. S’incendier mutuellement de reproches pour rester à la surface, et ne pas couler. On ne leur avait pas appris à nager dans la marée des sentiments, ils faisaient tout l’inverse en se débattant comme des forcenés.

Elle resta pantoise, lorsque Ses aveux troublants vrillèrent ses tympans. Se délectant de Sa jalousie corrosive, de cette folie douloureusement contagieuse. Se rassérénant de Ses paroles en ayant la curieuse sensation qu’elles ne pénétraient pas seulement à l’intérieur de son organe auditif, mais par tous ses pores, se fondant en elle. Elle aurait pu admirer pendant des heures et des heures cette flamme périlleuse danser dans les ténèbres de Ses pupilles. En se mordant l’intérieur de la joue jusqu’au sang pour ne pas retomber si facilement dans ses filets. Elle sursauta lorsqu’Il utilisa le surnom de son enfance, celui qui lui chatouillait délicieusement les oreilles. La sincérité qui semblait émaner de Ses répliques la réchauffait, dévorait ses côtes d'un feu ardent. Il n’avait pas besoin de les prononcer, ces trois mots singuliers restés coincés en travers de Sa trachée. Cette sentence qui ne signifiait que peu de choses en comparaison des preuves, des actes. Ils lui paraissaient infiniment futiles, probablement trop pauvres pour qualifier pleinement le lien étrange et malsain qui l’unissait à Lui. Qui dépassait l’entendement, la rendant dépendante. Elle aurait pu Le rejeter, lui asséner qu’Il arrivait trop tard. Refuser de fouler à son tour sa maudite fierté, alors que la Sienne se retrouvait à ses chevilles. La piétiner sauvagement jusqu’à ce qu’il n’en reste que des lambeaux sanguinolents. Elle en était incapable.

« - Tu crois vraiment que je l’endure plus facilement quand il s’agit de toi ? Tes espèces de groupies en chaleur ne valent guère mieux que les plus vulgaires de mes clients… Et tu es loin d’être en reste lorsqu’il s’agit de faire parler de tes frasques. »
Cracha t’elle, agacée en y songeant. « - Tu ne pourras pas faire taire les racontars. Et à moins de m’enfermer dans une boite à l’abri de la lumière, tu auras toujours envie d’en éborgner un ou d’en amputer un autre... » Sa main attrapa une bouteille d’alcool pour se donner une contenance. Elle se contenta de contempler passivement le liquide ambré s’entrechoquer contre les bords de cristal une fois servi. Presque hypnotisée par les nuances de cuivre et de bronze qui se dévoilaient sous ses prunelles métalliques, mises en relief par les éclairs perforant le ciel. Ses articulations blanchirent dangereusement sous la pression, serrant le verre comme si elle redoutait qu’il s’échappe. Elle en avala finalement l'arsenic d’une traite, s’enivrant de ces vapeurs enivrantes pour se donner du courage.

« - Et ensuite quoi ? Tu arrêteras d’être indécis ? D’osciller comme une girouette aux aiguilles détraquées ? »
Susurra-t-elle avec douceur, en se rapprochant sensiblement. Les accusations valaient également pour elle-même, lunatique oscillant de la haine à la tendresse sans complexe. Un lourd rideau venait de s’abattre sur son esprit en perdition, gommant temporairement ses craintes et ses incertitudes. Ses phalanges se coulèrent dans la noirceur de Sa chevelure, griffèrent Sa nuque pour Le ramener plus près de ses courbes sulfureuses. Sa paume s’appuya contre Son ventre endolori, glissa ensuite vers la vile blessure L’éraflant. Ses ongles s’incrustèrent légèrement au creux de la boursouflure écarlate, écartant les pans de l’entaille. Comme si elle espérait y apposer une marque, une preuve que son esprit dément n’avait pas inventé cette trêve. Avant que les serpents frôlent les perles de pluie disséminées contre Son torse trempé. Ses dents attrapèrent sa lèvre inférieure en un mordillement, en déchirèrent l’armure fragile avec fougue. Ses bras s’enroulèrent autour de son cou, son bassin alla épouser Ses hanches voluptueusement. Son palpitant cognait bruyamment contre les parois de sa cage thoracique, comme s’il espérait bondir hors de sa prison de fer. Et répandre son contenu infect sur le plancher putride.

« - J’ai menti. J’ai toujours été à toi, même quand j’étais supposée appartenir à un autre. Te perdre m’a détruite, et continue de le faire… Cesser les hostilités, ne serait-ce qu’un moment, je ne demande que ça Ezio. »
Ce ne fut qu’un soupir, murmuré avec langueur tout contre Ses lèvres avant qu’une pointe légèrement salée ne vienne se mélanger au miel. Ecorchant son palais.  « - Mais je ne suis pas née de la dernière pluie. Je n’ai jamais suffi à personne. Je ne resterai pas uniquement tienne si tu te frotte à tout ce qui traine. » Elle poussa le vice, s’octroya le luxe de souder Sa bouche suave à la sienne. Affamée. Sa langue se fit plus caressante, titilla sa compagne sadiquement avant de s’y mêler avec ferveur. Pour mieux s’en éloigner. A peine. « - Vautre-toi dans la luxure, traine moi dans la boue comme il l’a fait, et je ferai pire. Ta paranoïa ne sera qu’un aperçu doucereux de la réalité. » Il, ou le déchet qui lui avait servi d'époux. Qui l'avait usée jusqu'à l'os. Si elle préférait se montrer férocement sélective, elle n'hésiterait pas à bafouer ses principes par pur instinct de vengeance. A se salir pour Le tourmenter. Elle resserra néanmoins son étreinte, redoutant qu’Il s’éloigne. L’échine lacérée de tremblements assassins. Les aguicheuses effleurèrent la ligne de Sa machoire, puis parsemèrent de baisers éphèméres la chair offerte de Sa gorge. Entêtées poursuivant leur basse besogne, désireuses de Lui arracher des râles de satisfaction quoi qu'il advienne. Convoitise viscérale teintant le moindre de ses gestes.

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Between Iron And Silver
Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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MessageSujet: Re: Madness {pv.}   Mar 30 Juil - 11:31


Tout avait été dit. Ou du moins la plus grande partie. Son égo balancé à Ses pieds sans la moindre hésitation, prêt à se faire piétiner si telle était Sa volonté. Le plus beau défaut des italiens, ou du moins le plus bel apriori. Coureurs de jupons et trop inquiets de la santé de leur misérable orgueil. Le premier défaut lui collait à la peau, avait forgé une réputation qu’il ne faisait qu’entretenir. Se tenant ainsi à l’abri de toutes les blessures qu’il pourrait en tirer. Craignant les attaches tant que ce qui l’unissait à Elle le mettait au supplice. Il voulait que tout s’arrête, venait de le demander. Mais au fond il craignait que cela soit encore bien pire que de se déchirer sans cesse. S’aimer jusqu’à en crever. Se détester jusqu’à l’agonie pure et dure. Le choix était malgré tout rapidement fait. Marqué depuis longtemps dans sa chair. Trace invisible d’un fer brûlant qui apposait sa cicatrise à chaque fois qu’il croisait Sa route. Que leurs peaux se touchaient. S’il avait voulu rentrer chez lui pendant qu’il creusait la terre humide au dehors, retrouver la froideur et le bruit typique de sa tanière, cette pensée était à présent hors de sa portée. Eloignée par Sa présence et Ses gestes. Soufflée par Ses mots malgré le venin suintant de certain. Elle n’avait pas tort d’une certaine manière. Au lieu de repousser l’échéance, il aurait mieux valu, pour lui comme pour Elle, que tout soit dit avant d’aller trop loin. Il avait trop tiré sur la corde et l’avait vu se rompre entre ses doigts sans pouvoir l’en empêcher. Impuissant, dans tous les sens du terme, il avait assisté à la scène sans avoir la faculté de faire quoi que ce soit. Sa pire crainte exposée devant ses yeux. Et il avait eu beau les fermer, elle ne s’effaçait pas. Il s’était déjà laissé entraîner par ses envies, poussant le vice jusqu’à la limite pour ensuite se dérober. Souvent sous les regards assassins de ses partenaires. D’autres plus interrogateur, quand d’autres encore s’en fichaient royalement. Assassin et interrogateur, il l’avait eu ce regard. Avait vu tant de chose dans la glace de Ses prunelles. Tant de choses qui le mirent mal à l’aise, et qui continuaient de le faire, même maintenant que les explications avaient sonné.

« - Garde tes sarcasmes, je n’en ai pas besoin pour me ronger les sangs et m’accabler de remords. Si tu crois que je t’ai attendu pour me dire tout ça. »  Lâcha-t-il, moqueur. Raillerie répondant à Son éclat de rire et qui sonnait tout aussi déplacée. Si seulement ce n’était qu’une seule  panne. Il se mordit la langue pour ravaler la froideur de sa pensée, l’empêcher de claquer dans l’air. Une révélation par soirée était amplement suffisante. Et celle-là, il s’abstiendrait bien de La lui révéler. La confiance était de mise, il lui avait peut être donné son précieux orgueil en pâture, certaines choses resteraient malgré tout cachées au fin fond de son cœur. Il sentit l’amertume monter sur sa langue. Ravivée par Ses paroles et Ses aveux. Bien plus douloureux que les siens. Il esquissa malgré lui un infime sourire, amusé de voir que sa jalousie était partagée. Aussi malsaine soit-elle.

« - Je n’ai jamais prétendu le contraire. »   Souffla-t-il sans vraiment se démonter, malgré la légère brume de honte venue se coller sur sa nuque. « - C’est vrai, mais si leur source change, ils devraient changer eux aussi. Je continuerais à jouer les psychopathes, jusqu’à ce l’angoisse les dévore et les pousse à réfléchir. »  Il la regarda faire. Attendant la suite tout en s’appuyant contre le meuble derrière lui. Il avait réussi à oublier la douleur sinuant le long de ses flancs. Ankylosant ses entrailles jusqu’à les rendre de plomb. Elle le titillait maintenant qu’il ne bougeait plus. Que l’adrénaline avait abandonné sa carcasse. Remplacée par un calme tant désiré depuis si longtemps.  Un froncement de sourcils suivit de l’ébauche d’un sourire accompagnèrent Ses questions. Arrêter d’être indécis, il serait capable de le faire. Pour Elle. Sa prétendue indécision était venue se greffer à sa raison depuis qu’il avait retrouvé sa peau d’humain. Qu’il avait cru comprendre qu’il était seul à présent. Loin de ses attaches, d’une existence qu’il avait tant voulu voir disparaître et qui lui fit affreusement défaut au début. Tant tout fut différent. Tant le retour à la réalité fut difficile.

« - Tes questions fonctionnent dans les deux sens, tu sais. Qui me dit que ça ne recommencera pas tout ce manège ? »  Souffla-t-il contre Sa bouche alors qu’Elle griffait sa nuque. Des frissons de plaisirs dévorèrent sa peau. Tiraillant ses entrailles pour mieux les incendier quand Ses courbes se heurtèrent à ses hanches. L’invitation lui coupa le souffle, affola son cœur jusqu’à le faire résonner dans les moindres recoins de son crâne. Organe piteux frôlant l’implosion. Il agrippa Son épaule, serra ses doigts contre Sa peau, s’appliquant à retenir le soupir de douleur qui se heurtait à ses dents. Et après tu critiques mes élans de violence, si tu te voyais… Il esquissa malgré lui un sourire, ses phalanges délaissant son épaule pour se heurter contre Ses reins. Etau de fer enlaçant Sa silhouette, sa peau se heurtait à la Sienne pour mieux le faire frissonner de plaisir.

« - Je le croyais mort celui-là… »  Il ne put rien dire de plus. Rien faire de mieux que de se parer de son éternelle répartie supposée légère. Il avait tellement voulu l’entendre. L’avoir, la preuve que cet attachement malsain n’était pas qu’un souvenir enterré sous des tonnes de glace et de venin. Il se laissa provoquer. Broncha juste quand Ses lèvres se heurtèrent contre les siennes, un soupir de plaisir mourant contre Sa langue. Abandonner la guerre pour mieux reprendre les armes durant l’armistice, une telle lutte était loin de lui déplaire. Il en oublia la douleur tiraillant son ventre, remplacée par une autre bien plus agréable. Encore plus dévastatrice. Il agrippa Ses hanches, offrit sa gorge au feu de Sa bouche sans sourciller.

« - Pire ? Tu m’empoisonneras pour me voir crever à petit feu comme tu l’as fait avec lui ? Et admirer le spectacle en sirotant une bonne bouteille ? »  Lâcha-t-il dans un soupir, l’ombre de la moquerie suintant de ses paroles. Il avait eu des doutes, à l’époque. Espérant que ses élucubrations  possédaient une certaine part de réalité. « - Les avertissements ne m’effraient pas, j’ai passé l’âge de trembler à chaque grincement de porte. »  Ses doigts glissèrent dans Son dos, les autres effleurant la courbe de Ses reins, s’aventurant vers d’autres courbes pour La faire revenir se heurter contre lui. Qu’Elle arrête de le rendre fou avec autant d’application.

« - Au moins, on sait à quoi s’en tenir »  Ce ne fut qu’un infime murmure. « - Tu n’as jamais suffi à personne parce qu’ils étaient trop aveugles pour réaliser à quel point les autres peuvent être insignifiantes. »  Il frôla Sa joue du bout des doigts, les laissa se perdre dans la douceur de Ses cheveux. Prunelles assassines revenant se heurter à la glace des Siennes. S’y noyant avec une délectation certaine.

« - T’enfermer dans une boite… ce ne serait pas une si mauvaise idée. »  L’idée effleura le coin de Ses lèvres. Infime caresse s’éternisant contre les tentatrices, les doigts contre Sa gorge y faisant pression pour L’empêcher de se rapprocher. Masochiste jouant une fois de plus avec Ses nerfs et les siens. Entiché de ce genre de torture et de ce qu’elle pouvait lui apporter ensuite. Il en avait presque oublié les raisons qui l’avaient conduit ici. Frissonnant encore malgré tout en repensant à ce qu’il avait pu faire, juste avant. Ce qui continuait de souiller Son parquet. Et ses mains. Traces invisibles rongeant sa peau jusqu’à attaquer muscles et os pour qu’il n’en reste plus rien.

« - Si je passe l’éponge, tu me laisses ton canapé pour la nuit ? »  Lui souffla-t-il, moqueur dans le creux de l’oreille. Autant joindre l’utile à l’agréable. Il ne se voyait pas traverser ces bois dans son état, préférait ne pas prendre le risque. Ils étaient trop loin du centre-ville pour qu’un tel trajet ne l’achève pas. S’il avait pu muter, les choses auraient été bien plus différentes, il avait toujours du mal à s’y faire. A cette nouvelle condition qui l’agaçait au plus haut point, tant cette impression de ne rien contrôler se faisait vivace. Vieux réflexes perdurant sous sa peau sans qu’il ne puisse en user comme bon lui semble. Il laissa ses lèvres embrasser le coin des Siennes, ses doigts lâchèrent Ses cheveux quand il se décida enfin à reculer. A contre cœur pour retourner sur les lieux de sa folie. Grattant l’oreille de la peluche au passage. La réconciliation aussi délicieuse soit-elle lui laissait un arrière-goût amer dans la bouche. Sans qu’il ne sache vraiment pourquoi. Trop habitués à se déchirer pour vraiment profiter d’une absence de lutte peut être.

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Madness {pv.}

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