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 How far your mind is blank? ▬ Kalei

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MessageSujet: How far your mind is blank? ▬ Kalei    Mer 26 Juin - 1:01

Ça allait être une journée chargée pour Cole. Aujourd’hui était la révision des lobotomisés membres des Shadowhunters, une activité qu’il n’attendait avec aucune impatience. Ce serait long, ennuyeux. Ce serait être confronté à tous ces mensonges qu’il se racontait le matin en se levant, observer le blanc des yeux vides de ses êtres cassés, vérifié qu’ils étaient toujours fidèles, qu’ils étaient toujours loyaux, qu’ils étaient toujours des coquilles vides et stériles pour toute germe d’un libre arbitre. Cole leur aurait tous foutu une puce si c’était possible, au lieu de leur effacer leurs réticences et leurs personnalités. Et il aurait fait exploser leur cervelle dans leurs sommeils, sans qu’aucune douleur ne vienne. Ils seraient partis sereins et n’auraient plus à affronter le monde dégénéré, tel qu’il l’était devenu. « Ils sont plus utiles vivants. Ils veulent tous vivre. Ce sont des combattants. Sinon ils se seraient mordus la langue depuis longtemps. » Un mensonge, un autre. Le premier d’une longue journée, le premier d’une longue lignée. Il avait avalé un café trop chaud et s’était enfoncé dans la salle de consultation, prenant son premier patient. Faire passer cela pour une visite médicale était une mascarade grotesque et grossière. Mais ça faisait son effet, rendant les soldats du gouvernement docile à ses questions. Et si tout se passait bien, en 20 minutes, il finissait avec un dossier, pour en prendre un autre.

Les questions étaient basiques. Nom, prénom, date de naissance, numéro, ce qu’ils pensaient du gouvernement, leur dernière mission, s’ils n’avaient pas des problèmes pour dormir la nuit, pour rester attentifs, pour coucher avec un partenaire quelconque, s’ils avaient été en contact avec des zombies dernièrement, montrer les derniers blessures et cicatrisation si présence. Puis venaient les tests physiques, reflexes, réponses réticulaire, pouls, pression artérielle, poids, tests de la vue, sanguin, d’urine, d’audition. On recommençait avec une série de questions, sur ce qu’ils mangeaient, s’ils avaient des problèmes de santé, des cauchemars, des pertes de conscience inopinées, s’ils avaient quelque chose de prévu le soir, leur prochain quart… Des questions étaient répétées pour vérifier la véracité, il touchait leur front pour vérifier l’état mental, passaient un scanner en cas de doute… C’était d’un ennui et fatiguant au possible. Sur le coup de midi, il avait pris une pause d’une demi-heure, avalant un repas peu satisfaisant et fade, avant de retourner dans le local exigu des auscultations. Et tout reprenait, notant toutes les observations qu’il faisait, les détails qu’il remarquait aussi, tremblements, tics, temps de réponse, hésitations, posait une autre volée de questions parfois des plus anodines – couleur préférée – au plus personnelles – la dernière production de fluides corporels – « pardon, vous pouvez-répétez la question ? » Roulement des yeux et explications en terme plus cru  - pour les femmes, la régularité dans leurs menstruations, utilisation de moyens contraceptifs, moyenne des rapports sexuels…

Cole n’aimait pas s’immiscer ainsi dans la vie des gens, mais autant ne se voyait-il pas comme un médecin, il ne percevait pas les Shadowhunters qu’il avait traités par le passé comme des êtres humains. Ce n’était que des carcasses déjà mortes une fois, et c’était lui qui les avait tués, tué leurs âmes, tué leur cœur. Il chassait ce genre de pensée en serrant l’arrête de son nez, et reprenait. C’était plus simple de les voir comme des outils, plus sécuritaire, moins douloureux. On approchait de 15 heure quand il aperçut éventuellement la fin de sa journée. Il ne lui restait plus que quatre soldats surentrainés, et il pourrait rentrer chez lui. Il irait se boire un verre de rhum chez un de ses voisins, ça lui ferait du bien et il oublierait la difficulté du monde un instant. Si le gouvernement actuel vendait du rêve par rapport à son prédécesseur, le fait qu’il vérifiait toujours l’état de ses cher lobotomisé ou ‘remaniement des comportements troubles et à difficultés’ – le nom officiel – prouvait bien que les racines étaient aussi pourries que son ancêtre. Le nouveau monde, meilleur, Cole ne mangeait pas de ce pain-là. Il le vomissait, ou tout du moins, se retenait de le vomir, se racontait un mensonge ou deux, et continuait d’aller au boulot l’air de rien.

Cole fit sortir le Shadowhunter. Plus que trois, pensa-t-il, alors qu’il hélait le répétitif « suivant » tout en jetant un œil sur le nom qu’il avait sur sa fiche Reed K. S. Il se souvenait d’elle, comme il se souvenait de tous les autres, des joies d’avoir une mémoire qui ne souffrait que très peu de défauts. Il ne fit aucun commentaire, parce que ce n’était pas la place d’en faire. « Nom, prénom, date et lieux de naissance, je vous prie. » Il n’oubliait jamais la politesse, qu’importe le taux de fatigue. Il invita miss Reed à s’installer sur la banquette destinée aux soins. « Vous pouvez enlever vos chaussures, pantalon et votre haut. En soi, mettez-vous en sous-vêtement s’il vous plait. » Il n’y avait rien de plus professionnel dans sa voix et dans son regard. Reed n’était qu’un numéro, comme les autres.
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MessageSujet: Re: How far your mind is blank? ▬ Kalei    Ven 28 Juin - 12:20

Exécuter les ordres, c’était son job, et elle était douée pour ça. Obéir aveuglément, sans poser de question, sans ne serait-ce qu’émettre un jugement intérieur, voilà pourquoi Kalei était un tel atout pour les Shadowhunters. Elle ne rechignait jamais à la tâche, et n’avait pas peur de se salir les mains. Travailler dans la zone de décontamination n’était pas son activité de prédilection, mais elle faisait preuve de l’autorité et de la rigueur qui convenait à cette tâche. Kalei était régulièrement balloté entre les différentes fonctions qui pouvaient être dévolues à un chasseur, mais elle ne se considérait pas pour autant comme un bouche-trou, un agent malléable au possible que l’on pouvait mettre n’importe où selon les nécessités, même s’il s’agissait d’opérer des changements au dernier moment. Non, Kalei savait que sa polyvalence venait de ses capacités hors norme. La jeune femme excellait dans tous les travaux qu’on lui confiait. Elle était l’élément sûr, celui sur lequel le gouvernement ne fondait aucune crainte … et pourtant.

Aujourd’hui, elle devait en passer par une visite médicale de routine. Kalei n’était pas du genre à passer son tour, en estimant elle-même être apte à ses fonctions. D’ailleurs, ceux qui agissaient ainsi étaient rapidement repris en main, recadré, et Kalei n’aurait pour rien au monde souhaité être à leur place, et avoir cette verve à toute épreuve qui les menaient directement dans les situations les plus dangereuses, en parfaite adéquation avec leur cran totalement superflu. D’un petit mouvement de tête, la chasseuse rejeta ses cheveux en arrière, et continua à avancer tout en remettant négligemment ses cheveux en place, dans une queue de cheval impeccable. Que serait Kalei sans sa coiffure toujours impeccable, d’où aucune mèche n’osait jamais se rebeller ? Car son allure irréprochable était à l’image de ce qu’elle était. Et si la jeune femme n’émettait aucun jugement sur le gouvernement, elle ne pouvait pas s’empêcher d’agir différemment en ce qui concernait ses collègues. La plupart n’avait, selon elle, pas sa place dans une telle unité d’élite. Soit qu’ils n’aient pas les épaules pour ce qui pourraient leur être demandé, si la situation dérapait – ou du moins si elle devenait plus désastreuses encore qu’elle ne l’était actuellement – soit qu’ils aient été choisis pour leur agressivité et leur cruauté, qui se mêlait très mal avec l’aspect disciplinaire qui entourait les shadowhunters.

Dans les couloirs de l’Hopital, Kalei croisa justement l’un des énergumènes qu’elle estimait trop fragile. Il la salua vaguement, et Kalei ne put pas s’empêcher de froncer les sourcils. Elle percevait dans son regard une ombre qu’elle n’avait pas connu depuis longtemps, mais qu’elle était capable de reconnaître entre mille : le doute. Voilà un homme qui finirait rapidement brisé, soit par les vicissitudes face auxquelles le placerait son métier, soit par le gouvernement lui-même, qui ne tolérait pas les faibles. Kalei s’engouffra dans la salle d’attente. Se présenter à une sombre secrétaire médicale n’avait aucun sens pour les shadowhunters présents. Ils savaient pourquoi ils se trouvaient là, ils savaient ce qu’on attendait d’eux, et il ne leur serait pas venu à l’esprit de discuter les ordres, du moins pour la plupart. Aussi professionnels et férus d’autorité que pouvaient être les membres de cette unité de l’ombre, ils n’appréciaient que très moyennement les formalités en tout genre. Kalei elle-même appréciait que ça aille vite, et détestait les formalités sans fin. Voilà pourquoi, dans l’exercice de ses tâches, elle évitait au maximum de laisser des témoins.

« Suivant » Kalei se leva de sa chaise, tandis que le médecin attendait patiemment dans l’encadrement de la porte. La lassitude se lisait sur son visage. Il aurait été plus avisé de dissimuler ses états d’âmes, face aux soldats surentraînés qu’il faisait défiler dans son bureau. Les rapports allaient vite à circuler au sein du gouvernement, et Kalei elle-même, bien que n’était pas friande des formalités en tous genres, se ferait une joie de rapporter les moindres faits et gestes d’un préposé du gouvernement dès son premier écart.

« Nom, prénom, date et lieux de naissance, je vous prie. » Et sans réellement attendre de réponse, tant il était évident que la chasseuse s’exécuterait, il désigna la banquette à proximité. « Kalei Reed, 07/07/1985, San Diego. » Elle se passait des conjonctions de coordination, elle n’était pas là pour se faire juger, mais ausculter. « Vous pouvez enlever vos chaussures, pantalon et votre haut. En soi, mettez-vous en sous-vêtement s’il vous plait. » Kalei hocha la tête, en parfait soldat qu’elle était. Puis elle entreprit d’enlever ses vêtements. Elle n’avait jamais été du genre timoré, et il semblait normal de se mettre en sous-vêtements devant un médecin. Son regard était professionnel, elle n’en doutait pas une seconde. Aussi s’étonna-t-elle du léger frisson qui lui lécha l’échine lorsque, après s’être défaite de ses chaussures, chaussettes et pantalon, elle retira précautionneusement son-t-shirt. Ses doigts se lièrent alors qu’elle attendait sagement les consignes suivantes. Kalei était une shadowhunter, il en fallait plus pour la déstabiliser. Et pourtant, le médecin face à elle arrivait à la plonger dans un état de stress anormal. Elle était encore loin de trembler, mais elle restait mal à l’aise. L’homme était séduisant, et il était à peine plus vieux qu’elle, du moins en apparence, pour autant qu’elle puisse en juger. Mais là n’était pas la cause de l’état de Kalei. Elle se souvenait de lui. Elle n’aurait pas dû replonger dans ces souvenirs, car ils lui rappelaient trop ses faiblesses et ses angoisses. Mais Kalei ne pouvait faire autrement que se remémorer ses doigts qui frôlaient son menton, et son regard profond. Elle s’était accrochée à lui comme à une bouée, et il avait admirablement rempli son rôle, la sauvant des turpitudes de son âme mise en pièces. Il n’avait pourtant fait que son travail.

« Maintenant que vous avez réussi à me mettre en sous-vêtement, je mérite peut-être de connaître votre prénom. » Car après tout ce qu’il avait fait pour elle, Kalei ignorait tout de son identité. Oh, elle savait qu’elle devait se rendre à une visite médicale, opérée par un dénommé Reever, et elle connaissait son rang de sorcier. Mais elle n’en savait guère plus. La curiosité n’était pas le plus vilain défaut de la jeune femme, d’ordinaire elle se gardait d’exprimer ce genre de questions. Mais cette fois, elle n’avait pas su se contenir. Constatant soudain que sa remarque pouvait mettre le professionnel mal à l’aise, elle eut un sourire amusé. « Détendez-vous, je n’ai pas l’intention de vous draguer, vous n’êtes pas du tout mon type. » Pourquoi devait-elle se montrer soudain désagréable ? C’était sa façon de réagir, de se protéger, remettre les points sur les i n’était jamais agréable pour autrui, mais dans la mesure où elle y trouvait son compte, elle se fichait bien de ses répercussions.
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