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 Devil's Corruption {PV}

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MessageSujet: Devil's Corruption {PV}   Jeu 27 Juin - 21:13



he used to fuck moviestars and sniff coke.

in his dreams a corrupting young mind, at the age of thirteen nigga never had a father.



Un enchaînement de pas sans failles, un haut blanc moulant sublimant ses muscles saillants. Par une après-midi ensoleillée, où le thermomètre affichait trente admiratifs degrés, le ministre après une matinée d'assemblées ennuyeuses à mourir, s'était laissé bercer par le rythme du jazz. Sirotant quelques cocktails alcoolisés, tenant dans sa main gauche un verre à moitié vide, pendant que sa jumelle s'aventurait dans les courbes d'une délicieuse pécheresse. Son sourire malhonnête s'étirait dans un ricanement jouissif, pendant que les mèches rebelles de ses cheveux bruns venaient s'assembler aux crinières dorées de ses partenaires. La Nouvelle-Orléans l'avait accueilli avec ses parfums exotiques et ses créatures sublimées par leur regard malicieux. Leurs prunelles remplies de promesses avaient su le pousser à profiter pleinement d'une vie sans inquiétudes. Se laissant submerger par leurs doigts de fées et l'odeur de leurs petites robes noires. Les rayons de soleil traversaient les stores mal fermés du bar en folie, rappelant sans cesses à ses invités qu'il ne s'était pas encore couché. Les goûtes de sueur descendaient le long des joues du danseur le plus admiré de la piste par ces jolies dames en mal d'amour. Il se déchaînait, les paupières closes, marmonnant les paroles sans vraiment les connaître. Baladant ses phalanges insolentes sur le creux des reins des plus extroverties.

Ses prunelles bleutées jetèrent un regard fuyant à la pendule accrochée au dessus des nombreuses bouteilles d'alcool. Il était l'heure. Plus tôt dans la matinée, le sorcier avait réservé un costard. Un ensemble audacieux pour un rendez-vous plus que galant qu'il comptait imposer à sa destinataire. Il quitta les jeunes femmes, grattouillant en vitesse le numéro de son téléphone sur un petit mouchoir. Le dragueur de pacotille qui arrivait tout de même à ses fins. Après de longs baisers échangés sur leurs visages expérimentés, il quitta le bar le sourire aux lèvres. S'arrêtant devant un fleuriste, il ne put s'empêcher d'acheter un bouquet de roses rouges aux épines aussi aiguisées que la langue qu'il s'apprêtait à déguster.

Sous les auspices d'une agréable soirée, l'ancien flic entama sa course vers les appartements de Roxanne. Plongées dans la pénombre, ses pupilles dilatées brillaient de mille feux. Son regard bleuté vint rencontrer une silhouette féminine assise contre une bâtisse usée. Un frisson le saisit, cette sensation glaciale venait de lui frôler la nuque. Un léger rugissement mourra dans sa gorge. Les esprits malicieux de quelques âmes solitaires partageaient l'allégresse dans laquelle ils se submergeaient lorsqu'un mortel, le visage figé par la frayeur avalait ses cris désespérés. L'ombre frêle qui semblait paralysée n'était autre que le spectre d'une jeune femme. Celle-ci vint à son encontre, les traits de son visage raidis par une colère qu'elle semblait vouloir exprimer à tout prix. Un souffle glacé vint se plaquer contre sa cage thoracique, lui volant un haut-le-cœur. Il cracha des injures, la traitant de satané fantôme en lui ordonnant de retourner en Enfer, avant d'essuyer les manches de sa veste. Quant à la revenante, celle-ci marmonna qu'il n'était qu'un sale type qui venait sûrement de frapper sa femme et lui avait acheté un bouquet de fleurs en guise d'excuses. Wayne haussa les sourcils, victime de la consternation qui venait maintenant bercer son visage défiguré par le mécontentement. Après un long moment à se déhancher sous la chaleur bienveillante de la grande étoile, voilà que le soir même il se faisait insulter par un ectoplasme. Il craignait déjà le comportement de la rebelle, se disant qu'il n'était pas au bout de ses surprises.

Poursuivant son chemin vers l'antre de sa maîtresse, le bel homme fut secoué par les sons incessants des petites rues en pleine fête. Il y s'arrêta quelques instants, observant avec malice les décolletés pulpeux des plus belles danseuses. Un homme l'invita d'un signe de la main à les rejoindre. La tentation était croissante, mais le devoir ne tarda pas à piquer au vif le fêtard, lui remémorant le but initial qu'il s'était fixé en partant de chez lui. Il déclina l'invitation, montrant sa montre à l'inconnu au chapeau peu commun. Traçant sa route sans plus attendre, tombant nez à nez avec la porte qui lui permettrait de pénétrer l'espace vital de sa partenaire de jeux charnels.

Se raclant la gorge, remettant en place sa cravate et serrant les pétales rougeâtres de son bouquet contre sa poitrine, il appuya sur la sonnette, un sourire béat aux lèvres. C'était sans compter sur son culot. Ne pouvant attendre quelques secondes de  plus, il essaya lui-même de franchir le seuil, tirant vers lui la poignée qui le séparait de Roxanne. La cacophonie que l'individu inopportun semblait provoquer, réveilla la voisine du dessus. On a toujours une vieille mégère pour nous rappeler à l'ordre, pensa-t-il en ricanant, amusé par la situation. Les adjectifs malsains glissèrent sous la langue de la dame âgée. Une pluie d'offenses s'abattant sur celui qui ne se gênait pas pour lui tirer la langue comme un gamin qui aurait reçu une éducation des plus mauvaises. Le cliquettement d'une porte qui se déverrouille stoppa l'échange périlleux entre les deux individus. Wayne redevint sage, tentant de retrouver un minimum de crédibilité.

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Dernière édition par Wayne Sudworth le Mer 5 Mar - 21:02, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Devil's Corruption {PV}   Ven 28 Juin - 15:41

Le quartier Est de la Nouvelle Orléans. Un espèce de compromis entre les quartiers démesurément chics, où l'on se croirait pénétrer dans le Bonheur des Dames, modernisé avec des paillettes et des strass lumineux, pour mieux aveugler ces bons, riches, puissants hommes qui déambulent dans les rues, et pour leur faire oublier d'où ils tirent leur affreuse abondance ; et, le Nord de la ville qui ressemblaient davantage à une déchetterie en période post-apocalyptique. L'Est apparaissait alors comme un bon compromis, en effet, surtout qu'elle avait les moyens de se payer un appartement digne de ce nom désormais, avec ce tout nouveau poste qui lui offrait un bon salaire, bon salaire pour mieux massacrer. Un bon salaire pour calmer les petits remords que certains pourraient avoir, pour s'acheter de quoi boire, de quoi se vêtir, pour se vautrer dans la luxure, à s'en oublier les morts de la veille. Si l'argent parvenait aisément à calmer les démons de certains – et encore, certains n'avaient pas de conscience tout court, alors un tel problème ne se posait même pas – Roxanne, elle, était devenue une tour immense où la culpabilité faisait office de ciment, et où les blocs de remords s'accumulaient, comme s'ils rêvaient de rivaliser avec la tour de Babel.
Et elle était là, plantée dans son appartement, sans savoir si elle emménageait ou si elle déménageait. Le strict nécessaire lui suffisait – avoir un véritable endroit pour soi, qu'elle avait elle-même choisi, qui était loin d'être déplaisant n'éveillait aucune excitation, aucune frénésie contre toute attente. Elle ne parvenait pas à planter ses racines, s'y sentant étrangère.

On sonna. Pendant qu'elle se demandait si elle avait véritablement envie d'ouvrir la porte à quelqu'un – et puis de qu'il s'agissait-il de toute façon ? - puis, qu'elle prenne la décision de se lever, pour aller éventuellement claquer la porte au nez à quiconque se trouvant sur son paillasson, elle eut le temps d'entendre des jurons pleuvoir dehors. Elle reconnut la voix et la patience légendaire de Wayne, avant même de lui ouvrir. Elle eut un sourire, aussi étonné que moqueur en voyant sa tenue et sa posture, ne pouvant s'empêcher de lui lancer, alors qu'elle s'écartait de la porte pour le laisser entrer : « Des roses et un costard, rien que ça ? Qu'est-ce qui me vaut cet honneur ? » Il aimait les belles apparences, celles des autres, aussi bien que la sienne, certes. Mais Wayne et Roxanne n'avaient jamais été de ceux qui sortaient le grand jeu pour espérer séduire l'autre – car c'était déjà fait, et ils n'avaient pas besoin de bouts de tissus encombrants et inutiles. Le voir habillé comme ça se révélait donc suspicieux, ou au moins ridicule. Elle attrapa le bouquet, ne sachant vraiment que faire avec lui, refusant d'y fourrer son nez pour lui balancer quelques compliments clichés à propos du parfum enivrant que dégageaient ces si belles fleurs. Elle n'avait pas de vase, et n'étaient pas de celles dont les yeux brillaient dans les très gros bouquets fleuris, aux couleurs et senteurs divers. C'étaient des fleurs, des espèces de trucs qui poussent dans la terre, qu'elle ne trouvait surcroît pas si splendides que ça – en somme, pas de quoi s'extasier. Elle finit par se décider à poser le bouquet sur la table, se retournant vers Wayne qui semblait être bien déterminé à montrer le moins de chair possible, avec sa cravate et son col boutonné jusqu'à l'asphyxie. « J'espère que t'es pas là pour me demander en mariage, car tu sais très bien que ma réponse sera non. Puis même si c'était le cas, j'aurais espéré un peu plus d'originalité de ta part, c'est dépassé et vieillot, ça. » lui dit-elle, finissant avec un large sourire satisfait sur les lèvres.

Wayne promut ministre, de quoi rire au point de s'y étouffer. La nouvelle lui était tombée dessus, sans qu'elle ne sache s'il fallait pleurer ou s'il fallait s'en réjouir. La fonction ne lui allait tellement pas, lui, qui était plus friand d'expériences de la chair que toutes sortes de responsabilités politiques. Mais bon, il fallait croire que la Nouvelle Orléans et son gouvernement voulaient être novateurs, et plein de renversements ; elle était une petite membre du Conseil alors qu'elle n'avait ni la formation nécessaire, ni les opinions adéquates, alors pourquoi pas lui ?
« Ça faisait longtemps, j'imagine que tu croules sous le travail maintenant avec ton nouveau poste. » lui lança-t-elle, plus ironique qu'autre chose – car Wayne restait celui qu'on connaissait tous si bien, peu importe la ville où il se trouvait, les circonstances, la fonction.

La discussion qu'elle semblait entamer lui parut soudainement insensée. Depuis quand est-ce qu'ils s'embarrassaient de mots, de formules de politesse, de cadeaux minables en tout genre ? « Je te manquais trop, c'est ça ? »
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MessageSujet: Re: Devil's Corruption {PV}   Sam 29 Juin - 0:03


Il fit l'oreille sourde, ignorant les insultes grotesques de la vieille mégère. L'envoyant balader d'un geste significatif de la main, se remettant en place, voulant impressionner celle qu'il était réellement venu visiter. La porte s'ouvrit enfin, lui renvoyant une image assez intéressante. La flamboyante Roxanne se tenait devant lui. Ce n'était pas le genre de femme coquette, qui met des heures à se préparer et à prendre soin de son physique, mais sa beauté naturelle étonnait le sorcier. Elle avait cette tension sexuelle qui dégageait de tous les pores de sa peau. Un parfum sauvage qui caractérisait sa personnalité exaltante. Il se plaisait à l'admirer, sa silhouette si fragile n'était que la carapace d'un caractère de feu. Ils avaient ce point en commun. Cette séduction toujours animée entre les deux individus, une ambiance où les flammes charnelles ne s'éteignaient jamais. Quand ils s'abandonnaient l'un à l'autre, leurs ébats bestiaux transpiraient de par leur brutalité, exprimant les railleries sarcastiques qu'ils s'envoyaient avant de débuter une énième partie de jambes en l'air.

Le sourire de la rebelle illumina ses traits, c'était assez rare de la voir sourire honnêtement. D'ailleurs, il doutait. C'était vraiment sincère ou juste un ricanement moqueur ? Il avait ses doutes. Qu'importe, il ne s'était pas gêné pour la ridiculiser implicitement en enfilant un costume des plus élégants, qui lui donnait tout de même une allure de romantique de bas étage. Sans oublier le cliché du bouquet de roses. Il n'aurait pas pu faire mieux. Il aimait tout de même l'odeur de ses fleurs, le contraste entre l'arôme des roses et le parfum de sa partenaire lui faisait rire. Par contre, les épines ne trompaient personne. C'était son petit message codé, un sous-entendu. Derrière ce bouquet, on pouvait apercevoir indiscrètement le vrai fond de leur relation. Une superficie lisse, remplie d'ironies et de sarcasmes.

Il haussa les sourcils, abasourdi. Elle s'écarta directement, l'invitant à rentrer dans son antre. Il en fut ébahi, sans vraiment le savoir pourquoi puisqu'entre eux, les bonnes manières avaient cessé d'être depuis un bon bout de temps. Il y pénétra, curieux, ses prunelles se balançant à gauche et à droite. Un sourire satisfait s'étira sur ses lèvres. Il trouvait l'appartement de bon goût, pas étonnant quand on voyait avec qui elle avait choisit de partager son lit. Il pensait notamment à lui-même, souriant encore plus, amusé de sa pensée narcissique. Par contre, il n'y trouvait pas cet environnement chaleureux qu'il aurait aimé rencontrer. L'endroit était trop glacial à son goût, comme si la maîtresse de maison n'avait fait aucun effort pour recevoir ses invités. En même temps, connaissant la belle, elle n'était pas du genre très sociable. Il était parfois honoré de faire partie de son cercle social.  « Non ! Il ne te plaît pas ? Tu me fais mal au cœur, je l'ai choisi à ton image, rien que pour toi. » Il posa sa main droite sur le cœur, faisant semblant de s'évanouir sous le choc.  « Non, sérieusement, je voulais te faire une surprise. J'ai une grande nouvelle à t'annoncer, tu en seras ravie, j'en suis certain. Et puis je suis sûr que ma tenue attise la passion de tes envies. » Déclara-t-il d'un ton faussement romanesque. La brune prit le bouquet de ses mains, le posant sur la table. Il soupira, un petit peu agacé qu'elle n'y est pas prêté plus d'attention que ça. C'est vrai, il ne s'était pas pris la tête en choisissant ces misérables fleurs, mais quand même, un peu de reconnaissance.

Sa remarque, suivit d'un sourire satisfait, apaisa l'ambiance, qui devint tout de suite plus gracieuse qu'à ses débuts. Il suivit son rire, franchement amusé.  « Te demander en mariage ? Voyons, nous ? Mari et femme ? On serait l'exemple même de l'adultère ! » s'esclaffa-t-il imaginant Roxanne l'attendant sagement à la maison avec un repas chaud soigneusement préparé. Cette pensée lui arracha une grimace. Certainement pas.  « Ne t'en fais pas, comme je te l'ai dis, ma surprise sera si agréable que tu oublieras le manque d'originalité de ma mise en scène. » Il se frotta les mains, l'enchantement se lisant sur son visage, rivalisant avec l'air carnassier qu'il afficha à la suite de sa révélation.  « Oui d'ailleurs, mon poste me donne certains privilèges. » Répond-t-il d'une voix tout autant ironique. La belle était loin d'imaginer qu'il était la source de son nouveau travail. Il craignait le pire, la voyant déjà se jeter sur lui, essayant de lui enfiler le bouquet de roses dans la gorge. Il eut un air dégoûté, il espérait que son aveu n'ait pas trop de répercussions, il n'était pas venu seulement pour faire des confidences.  « Oh oui, tu m'as manqué ! » S'exclama-t-il s'approchant d'elle et la forçant à se serrer contre lui, l'enlaçant fortement contre son torse.

Il lâcha son emprise et défit sa cravate. « Sinon, faudras revoir tes bonnes manières. Je m'attendais à voir un bon café fumant accompagné de ses délicieux muffins au chocolat. » Il regarda autour de lui, examinant la pièce. C'était la première fois qu'il visitait les appartements de Roxanne. Il se rendit dans la pièce voisine.  « Bon, je suppose que je vais devoir faire moi-même le café. Je t'en fais un ? » Cria-t-il depuis la cuisine.  « Au fait, ça va ? Que fais-tu en ce moment ? » L'interrogea-t-il affichant un air innocent. Il l'enduirait en erreur tant qu'il le voudrait, à cet instant-là, il avait toutes les cartes en main.

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MessageSujet: Re: Devil's Corruption {PV}   Sam 29 Juin - 18:40

D'apparence, ils avaient l'air presque affectifs. De bonnes intentions, sans jamais réellement se fâcher, quiconque ne les connaissant pas pourrait aisément les prendre pour un gentil petit couple de banlieue, à s'offrir des fleurs et à s'attendre patiemment à la maison. « Au moins on sera un couple marié sans problème, jamais à se sermonner sur l'infidélité. » ajouta-t-elle, s'esclaffant elle aussi, car elle imaginait à quel point cette situation là aurait été absurde. Ni l'un ni l'autre n'était fait pour cette vie bien rangée, et se projeter dans des rôles pareils était particulièrement grotesque.
Elle afficha une moue perplexe et impatiente lorsqu'il évoqua de nouveau cette fameuse surprise, bien qu'elle ne s'y attarda pas très longtemps : de toute façon, il finirait bien par la lui dévoiler. Et s'agissant de Wayne, elle savait qu'il n'y avait rien de véritablement important. « Ah oui, lesquels ?  Parce que je peux pas en dire autant du mien. Enfin, je peux au moins me payer un appartement qui n'est pas trop mal... Ça change de la zone 4, n'est-ce pas ? » lui demanda-t-elle concernant ses privilèges, avant de se faire engloutir par ses bras. Ce qu'elle ne s'avouerait jamais, était qu'il était sans doute une de ses relations les plus légères – bien que les plus malsaines aussi. Elle le détestait assez pour ne rien prendre au sérieux, pour ne pas se laisser affecter par son comportement puéril et ses remarques désobligeantes, pour ne pas se laisser séduire par ses cadeaux romanesques et ses compliments exagérés. Elle l'enlaça alors de bon cœur, souriante, laissant ses doigts gratter contre sa cravate pour la défaire.

Elle prit un air méprisant, lui faisant comprendre qu'il pouvait toujours rêver avant qu'elle ne l'accueille chez elle avec un café gourmand et un beau sourire en prime. « Tu m'as prise pour ta grand mère, ou pour la pauvre femme au foyer qui pense que tu vas la sortir de son quotidien morose ? Mais puisque c'est toi, tu peux toujours aller acheter tes œufs et ta farine, et faire tes muffins dans ma cuisine. Je te la loue à un prix d'ami. Mais vraiment parce que c'est toi. » Elle cria à son tour, avant de le rejoindre dans la cuisine : « Je veux bien, oui ! », s'asseyant sur le plan de travail, à côté de Wayne qui préparait méticuleusement deux petites tasses de café.
Elle ne sut pas quoi répondre sur le coup, quelque peu décontenancée par sa question. Pourtant, elle était simple, c'était une de ces formules banales qu'on se balançait volontiers à la figure pour prendre des nouvelles de l'autre, de telle sorte à paraître poli. Car soyons honnête, neuf fois sur dix, nous n'avons rien à faire de l'autre. Elle soupira, « Je ramasse et jette les mégots de Nathan, mais s'il continue je pense que je vais les lui faire bouffer. » C'était la seule réponse qu'elle avait trouvée pour ne pas tomber dans le mélodramatique, car elle n'était pas habituée à ces questions-là, et encore moins venant de Wayne. Dans tous les cas, qui avait envie d'entendre Roxanne se plaindre, et pleurer, et hurler de colère ? Personne, même pas elle. Elle préférait rester sur quelque chose de léger, prendre ce qui lui tombait dessus de façon sarcastique pour ne pas se laisser achever. Du moins, c'était ce qu'elle essayait de faire, pour se convaincre qu'elle n'était pas si coupable et sale que ça. « Bah... Je crois que j'ai une touche avec le Gouvernement, je sais pas. Ils s'acharnent à me donner des postes que je ne veux pas. Je monte en grade, bientôt je crois que tu vas m'avoir à tes côtés en tant que ministre ou je ne sais quelle connerie encore ; après l'immense privilège de contrôler des putains de câbles électriques, d'être Juge aux Hunters, on m'offre ce poste au sein du Conseil. » Elle avait prononcé son dernier mot avec exagération, l'enduisant d'un vieil accent britannique de bourgeoise coincée du siècle dernier. « En somme, je suis assise à une table avec des vieux croûtons atteints de Parkinson ou Alzheimer, ou les deux parfois. »

Ses doigts se faufilèrent contre sa manche, grimpant jusqu'à son torse, puis son col, l'attirant de telle sorte à ce qu'il se retrouve bien en face d'elle. Ses jambes se retrouvèrent ainsi de part et d'autre de ses hanches, resserrant alors leur prise, tandis que sa main déboutonnait le haut de sa chemise, avant de glisser sur ses clavicules chaudes, puis remonter le long de sa nuque, en effleurant le lobe de son oreille, la ligne de sa mâchoire. « T'es venu ici pour me demander comment ça allait, et me faire un café ? Bientôt, on fera aussi des après-midis tricot ? » Elle s'était habituée à ce qu'il se jette sur elle, à peine la porte ouverte, avec la chemise davantage déboutonnée que fermée jusqu'en haut. Et même si elle n'irait pas le crier sur tous les toits, elle appréciait énormément cette relation-là. Sans accrochages, sans rancœurs, sans problèmes. Tout était brut entre eux deux, le meilleur comme le pire.
Continuant du bout des doigts ses caresses, elle rajouta : « Qu'est-ce que tu veux, hein ? Et c'est quoi, cette fameuse surprise ? »
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MessageSujet: Re: Devil's Corruption {PV}   Lun 1 Juil - 2:50


Ils étaient venus le voir, la mine boudeuse et les sourcils froncés. Regrettant de le déranger alors qu'il coulait sous le travail. D'ailleurs cette remarque l'avait fait rire. Ils avaient besoin d'une personne pour le Conseil. Au début, Wayne avait haussé les épaules et avait frôlé l'air pathétique en gonflant ses joues en guise de réponse négative. En réalité, il n'en avait que faire. Le petit bonhomme en surpoids et au visage creusé lui avait alors chuchoter à l'oreille que c'était pour le conseil qui jugeait les rebelles. Inutile de vous dire que le visage du sorcier s'illumina. Sans une once d'hésitation, il leur affirma que c'était cause perdue d'en chercher, car il avait la personne idéale pour cette affaire. Le prénom de Roxanne envahit alors son esprit. Entre leurs ébats bestiaux et leurs railleries sarcastiques, il trouvait qu'ils manquaient un peu d'imagination. Elle lui devait bien ça. Après tout, il l'avait couvert alors qu'il était au courant de ses petites aventures nocturnes... oui, le ministre était persuadé que les rebelles agissaient seulement la nuit. La chef de la Résistance qui décide du sort de ses propres acolytes. Il se promit d'assister à chacune de leurs réunions. Ce serait sans doute jouissif.

« Et c'est qui ce Nathan ? Qu'est-ce qu'il te fait pour que tu sois aussi gentille avec lui ? » L'interrogea-t-il faisant allusion aux cigarettes. Une pointe de jalousie se glissa dans ses deux questions. La peur qu'un autre vienne le remplacer et lui vole son précieux passe-temps préféré.

L'image du jeune homme s'échappa vite de ses pensées lorsque la demoiselle se mit à parler de ce qu'elle était devenue. Ses lèvres se entorsèrent, forcées de rester fermées s'il ne voulait pas que Roxanne doute de quelque chose. L'envie oppressante de rire lui provoquait une douleur au ventre qu'il essaya de dissimuler. « Si tu ne veux pas ces postes, pourquoi tu les acceptes alors ? » Questionna-t-il sincèrement curieux. « Tu n'es pas la potiche écervelée de service, ils ont bien du le remarquer... et puis tu me diras, ils ne sont pas au courant des absurdités que tu as pu faire dans le passé et que tu continues à faire très certainement. » Il haussa les épaules, cherchant le sucre, puis il se retourna, indigné.  « J'ai l'air d'un vieux croûton atteint des deux maladies que tu viens de citer ? On n'est pas tous comme ça au Gouvernement. Sois un peu plus indulgente... bien que tu n'ai pas tout à fait tort, ces vieillards font tourner la machine et d'ailleurs c'est grâce à eux que tu payes le loyer. » Il leva les yeux au ciel, déconcerté par le sujet de conversation qu'ils entretenaient et surtout par ce qu'il venait de dire. Il avait l'impression de faire la morale à sa fille.

Roxanne vint mettre un terme à cette idée, l'attirant contre elle et titillant ses nerfs en jouant avec ses doigts. « Je commence à croire que d'entre nous, celui qui a le plus besoin de voir l'autre, c'est toi. » Murmura-t-il d'une voix douce. « Sinon, tu veux du sucre ? » L'illusionniste avait cette habitude irremplaçable de casser l'ambiance. Avec la rebelle il ne s'en préoccupait pas. Leur relation étant trop solide pour qu'une question banale vienne interrompre leurs petites besognes.

Il la prit par la taille et la posa sur le comptoir. Aussi légère qu'une plume, la jeune femme semblait une poupée dans les mains grossières de son interlocuteur. Debout, il se mit en face d'elle, appuyant ses coudes sur ses genoux et approchant son visage du sien avant de lui mordiller la lèvre inférieure. Il refusait de répondre à sa question, effrayé par sa réaction qu'il connaissait déjà. Il ne voulait pas rompre ce moment, cette tension charnelle qui s'établissait entre eux, mais elle ne s'arrêterait pas là. Tant qu'elle n'avait pas eu droit à sa réponse, son esprit serait occupé et leurs échanges stoppés. « Et dis moi... » susurra-t-il, attrapant une mèche de ses cheveux entre ses phalanges. « Quel poste exactement as-tu décroché au sein du Conseil ? » Ses traits empruntèrent ceux d'un enfant de dix ans après avoir fait une ineptie. Sa main se laissa déraper sur la nuque de Roxanne, attirant son visage vers le sien. Il approcha ses lèvres des siennes et lui vola un de ces baisers humides et tièdes à la fois. Un baiser presque furieux de par sa brutalité. Il continua de l'embrasser pendant quelques secondes encore, comme s'il voulait la faire taire. Il retira enfin ses lèvres des siennes et soupira. « Tu ne veux pas attendre un petit peu pour la surprise ? » Il joignit ses mains. « S'il te plaît ? » Il avait presque l'air de la supplier. Espérant que la tempête se déclenche plus tard que prévu.

En attendant une réponse qu'il espérait affirmative, Wayne prit le paquet de cigarettes de sa poche. Il en retira deux, proposant la deuxième à Roxanne et posant les cafés sur la table avant de retourner se coller à ses jambes. Il alluma son bout de nicotine, tirant dessus et crachant la fumée, se grattant le front grâce à son pouce.  « C'est moi qui t'ai nommé au sein du Conseil. » L'ancien flic regrettait dans la seconde ses paroles trop hâtives. Il aurait du attendre un peu. Il s'en fichait, il l'a connaissait. Que pouvait-elle faire après tout ? Dans un premier temps, elle serait capable de s'en prendre à la tasse de café et la lui jeter à la gueule, et puis dans le pire des cas, elle lui ferait manger ses roses, voir même sa cravate. Son état pourrait très bien effleurer l'hystérie. « J'étais obligé ! » Cria-t-il essayant de se justifier, avant même qu'elle ne réagisse. Mensonge, bien évidemment, il avait bien trop peur que la tigresse abatte son courroux sur lui. En plus, il était presque sûr qu'elle serait susceptible de verrouiller la porte d'entrée et cacher la clé, l'empêchant ainsi d'échapper à ses braillements orageux.

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MessageSujet: Re: Devil's Corruption {PV}   Lun 1 Juil - 18:50

Elle se mordit les lèvres, haussant légèrement un sourcil, avant de lui susurrer : « Plein de choses. Plein de choses que tu ne me fais pas. » Elle tenta de garder son calme et un air mystérieux à peine crédible le plus longtemps possible, avant d'éclater de rire, en secouant la tête. Elle avait fini par avoir l'habitude de vivre avec Nathan, comme si elle le connaissait depuis toujours, qu'il ne lui semblait pas nécessaire de préciser qui il était – surtout, qu'en vérité, elle était bien la seule à savoir qui il était. « Fais pas cette tête, il vit avec moi, c'est mon... C'est, comme mon petit frère. T'aimes peut-être les filles qui ont une dizaine d'années de moins que toi, eh bien c'est pas mon cas. Et puis de toute façon, qu'est-ce que ça peut te faire ? Tu sais bien que je suis loin d'être l'incarnation de la fidélité. » Ce qui était d'ailleurs ridicule sortant de sa bouche, compte tenu de la situation dans laquelle elle se trouvait, c'est à dire, un désert sentimental et sexuel si on excluait Wayne. Si on ne considérait que son point de vue, on pourrait presque penser qu'elle s'était engagée dans une relation simple et exclusive avec lui.

Elle se pinça les lèvres, haussant ses épaules en guise de réponse. Pourquoi est-ce qu'elle acceptait ces postes ? Celui où il lui suffisait de contrôler les lignes électriques n'était pas tant une corvée, car elle n'avait pas cette sensation d'avoir les mains sales. Alors elle l'avait accepté, presque de bon cœur, car elle n'avait aucune qualification particulière, et qu'il lui fallait vivre. Et c'était sans doute à partir de là que tout s'était par la suite enchaîné. Être juge aux Hunters était davantage considéré comme un cadeau béni des dieux et du Gouvernement, surtout, que comme une punition – du moins, c'était de cette façon là que ce poste apparaissait à la plupart des gens, et notamment les partisans de la cruelle tyrannie, eux qui ne rêvaient que de poser leurs fesses grasses sur ces sièges et de faire courir leur imagination sadique. Ce n'était pas réellement des propositions qu'ils faisaient, c'étaient des ordres donnés, et Roxanne avait jugé qu'il était plus intelligent de courber l'échine aujourd'hui que de se la voir coupée. Son affectation au Conseil s'était déroulée de manière similaire – et ce n'était pas étonnant lorsqu'on savait que Wayne avait été derrière tout ça. Il avait sans doute exigé qu'elle soit l'unique personne à compléter le Conseil, qu'il ne voulait personne d'autre que cette satanée Delaney. Et puis, il faut être proche de ses amis, et encore plus proche de ses ennemis, disait-on. Elle préférait être celle qui occupait cette place là, plutôt qu'un autre – même si sa première réaction fut évidemment de rejeter le poste comme la peste. « Parce que... tu me connais, j'aime l'argent, et me vautrer dans la luxure. Et ce poste me paie sacrément bien. » Elle préféra jouer celle qu'elle n'était pas, soit la fameuse potiche écervelée, comme il l'appelait ; car s'il ne l'avait pas vendue à ses compatriotes la dernière fois, cela ne lui assurait rien, et il restait un pourri avec lequel on ne parle pas de résistance. Pourtant, ce n'était pas pourtant totalement faux, elle était consciente qu'elle avait besoin d'argent pour vivre, et qu'elle n'irait pas cracher dessus, même si elle avait des principes qui les dépassaient – en théorie. Elle n'était pas mauvaise, et c'était bien pour cette raison que toutes ces condamnations pesaient tant sur elle. Elle aurait craché sur ce travail – bien qu'elle ne le considérait pas comme tel, tant elle se sentait comme le bourreau qui déclenchait la guillotine -, elle aurait vécu dans de pauvres conditions, comme elle l'avait finalement fait depuis toujours, si elle avait vraiment eu le choix. Mais ce n'était pas le cas.
Elle ne releva pas sa remarque concernant la Résistance, préférant passer sous silences les éventuelles discussions désagréables. Elle ne releva pas non plus sa réplique moralisatrice, même si elle crevait d'envie de lui clouer le bec. Elle n'avait pas envie de se lancer dans de longs débats sans issues, car c'était bien le propre de la politique : être sans issue, sans terrains d'entente. Chacun défend son opinion comme s'il s'agissait de sa vie, en rabaissant celle d'en face. Et dans le meilleur des cas, chacun déclarait, en haussant des épaules, et fatigué de l'acharnement donné, que l'autre pouvait bien penser ce qu'il voulait, et que ça lui était égal. La politique, ou l'absurdité incarnée.
« Ne te crois pas si malin, parce que t'es en voie de le devenir. »


Elle porta ses lèvres contre ses pommettes, effleurant sa joue, se consumant au creux de son cou, tandis que ses doigts se réfugièrent dans sa chevelure. « Dit-il, après avoir enfilé un costard et acheté des fleurs qui doivent coûter un bras. Je te rappelle que c'est toi qui es venu frapper à ma porte. » Sa question qui serait aisément passée pour un tue l'amour, lui fut aussi inaperçue et banale qu'elle l'était en réalité. Elle hocha la tête, avant de souffler « Deux. », puis de reprendre ses caresses.
Elle se laissa emporter sans broncher, en enlaçant de nouveau sa taille à l'aide de ses jambes. Elle ne put s'empêcher d'afficher un air agacé lorsqu'il remit sur le tapis cette histoire de Conseil. Si la question concernant le sucre n'était pas un tue l'amour, ce sujet-là l'était. Car c'était morbide d'y penser et d'en parler lorsqu'ils étaient sur le point de s'abandonner à une énième étreinte. Et surtout, elle n'avait pas envie d'aborder le sujet, et encore moins avec Wayne, qui pourrait faire tant de choses pour qu'elle oublie sa culpabilité pesante, qui l'étouffe jour après jour. Elle recula, comme prête à tout arrêter. « Bon. Je vais te laisser choisir. » commença-t-elle, tandis qu'elle recommençait à déboutonner lentement sa chemise. « On peut parler du Conseil, de comment on prétend juger, au nom de la loi, de la Justice, et tout plein de valeurs bafouées, des rebelles qui ont été un danger vis à vis du gouvernement et qui se doivent d'être punis pour leurs actes. Ou... » Elle fit glisser ses doigts sur son torse, pour arriver jusqu'à son bas ventre, et considéra ses baisers comme une réponse. La plus raisonnable, celle qu'elle préférait.

Roxanne finit par acquiescer à ce qui ressemblait de loin à une supplique, acceptant en même temps sa cigarette. Elle lui fit signe de ne pas poser sa tasse et de la lui donner, buvant une gorgée entre deux bouffées de nicotine. Et sans doute au moment où elle s'y attendait le moins, en train de tirer une nouvelle fois sur sa cigarette, la nouvelle, la surprise tomba. Elle ne semblait pas comprendre au début, la bouche légèrement entrouverte, les yeux plissés, tandis qu'elle posait sa tasse à côté d'elle. Les mots s'étaient glissés dans son esprit, la phrase faisait sens et pourtant... Était-ce vraiment son sens ? Elle laissa échapper « Quoi ? », à demi-ton, venant du fond de la gorge, avant de retomber sur ses pieds. « T'étais obligé ? » Elle restait déboussolée, incapable de comprendre pourquoi il avait décidé de lui offrir un tel poste, un tel cadeau empoisonné. Elle ne lui avait jamais rien demandé, jamais supplié de l'aider à faire ceci ou cela, et elle croyait que les choses étaient claires entre eux. « Pourquoi ? » demanda-t-elle, en grimaçant, avant de s'avancer, presque menaçante vers Wayne. « T'es en train de me dire que... c'est grâce à toi, ou plutôt à cause de toi, que j'ai ce poste ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu me ferais un truc pareil ? Parce que t'étais obligé ? Non, J'AI été obligée, c'est moi qu'on a harcelé et menacé afin que j'accepte ce putain de siège dans ce putain de Conseil ! »
Et elle recula, ruminant comme un lion en cage, incapable de tirer les choses au clair. C'était comme apprendre une nouvelle qui donnait à voir sous un angle nouveau une situation incompréhensible. C'était insensé. Alors la seule raison pour laquelle elle était obligée de tenir ce rôle, était Wayne ? Lui, qu'elle croyait hors de toutes ces magouilles ? Elle aurait mieux accusé le coup – car c'était ce qu'elle faisait depuis le début – si l'origine d'un tel poste venait d'ailleurs, si c'était un inconnu qui avait proposé sa candidature, mais savoir qu'elle avait été tout près de celui qui l'avait contrainte à subir ça, lui donnait autant la nausée que la rage. « A quoi ça te sert de m'avoir assise là ? » Pensant d'abord qu'il la voulait en tant que membre du Conseil car il y tirait effectivement des avantages. Mais elle n'avait pas de renseignements à lui donner, pas de rumeurs, pas de petits secrets croustillants ; surtout qu'il était de ceux qui parvenaient à se montrer particulièrement persuasif lorsqu'ils le désiraient, alors qu'en comparaison elle était démunie de tout pouvoir. « Tu savais que j'allais pas le supporter, tu savais ce que j'allais devoir faire, pas vrai ? »
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MessageSujet: Re: Devil's Corruption {PV}   Jeu 5 Sep - 13:32


A cet instant, l'indignation se lisait sur le visage perturbé du sorcier. Un sourire vint s'y plaquer, détendant une atmosphère trop intense. Un déchirement de lèvres qui traduisait les railleries qui traversaient son esprit. « Bien sûr. Je vais te croire. » répondit-il, essayant d'imaginer Roxanne partageant ses appartements avec quelqu'un d'autre. Il trouvait ça étonnant, presque risible. « Je pensais que la seule personne que tu pouvais supporter c'était toi-même. » Avoua-t-il, déconcerté par le mot "fidélité" qui s'était glissé ridiculement dans leur conversation. Un usage fréquent de cet adjectif pour qualifier ces hommes exemplaires. Tout ce qu'il n'était pas. Une règle de bienséance que la société avait implicitement instauré, obligeant les rebelles à se cacher. Une interdiction purement superficielle lorsqu'il se revoyait souillant les draps d'une suite parentale avec l'épouse d'un inconnu. Ressentant cette adrénaline agréable qui le poussait jusqu'à la dérision. Riant, satisfait lorsque ces femmes oubliées par un époux trop occupé, le suppliait de revenir. Il ne revenait jamais, lassé de toujours goûter au même épiderme, s'aventurant dans l'antre d'autres pécheresses. « Oui, j'ai remarqué que tu préfères les hommes mûrs. » Constata-t-il songeant à lui-même. Il se sentit affreusement ridicule, ennuyé par la tournure de leur conversation. S'en fichant pas mal des compagnies de sa partenaire tant que celle-ci répondait à ses désirs. Sentant cette suffisance avec une gêne surprenante. Il balaya d'une main leurs échanges, qu'il trouvait d'une inutilité affligeante.

Une jalousie refoulée qu'il tenta tant bien que mal de faire disparaître de son esprit malsain. Si imbu de lui-même, qu'il serait susceptible de prétendre que nul autre pouvait correspondre aux critères de Roxanne à part lui. Il se retint, non sans une certaine difficulté. Les mots voulant s'échapper de sa gorge, comme des balles assassines visant son interlocutrice qu'il jugeait à cet instant de petite garce. Ce prénom masculin glissé sans aucune retenue, rendait son tempérament brûlant. Lui, qui se plaisait à croire qu'aucun autre homme n'avait assez d'importance aux yeux de celle qu'il s'amusait à imaginer en amazone. Rien de tout ce cirque n'avait de valeur sentimentale. Tout était question d'ébats charnels et d’ego surdimensionné. Une fois que le ministre les avait touchés, il les prenait pour acquises. Hélas, quelques unes d'entre elles ne voyaient pas la situation sous le même angle. Inutile de préciser que la rebelle était excellente en la matière. Toujours prête à lui déballer ses pires pensées sans prendre gare aux conséquences. Sortant ses griffes minutieusement bien aiguisées sans se retenir de les planter là où une vilaine blessure saignait déjà. Pourtant, elle continuait. Persistait dans cette quête vers une vie de débauche. Vers des pratiques nuisibles à sa personne comme à cette âme qu'elle prétendait pure. Elle n'était pas seule. Le sorcier se joignait à elle sans la moindre hésitation. L'embarquant dans des aventures idéalisées par leurs esprits vicieux.

Sa réflexion fut coupée par la délicatesse des phalanges de sa partenaire déboutonnant sa chemise. Il s'essuya le front avec la paume de sa main et ajusta sa cravate qui commençait à lui serrer le gosier. Les perles cristallines de sa transpiration glissaient le long de son visage, resté de marbre pour impressionner la féline. Ignorant ses paroles sur sa vision du gouvernement, les trouvant tout de même assez comiques. Il voulut y répondre, mais les mots restèrent coincés sous sa langue. Ils s'apprêtaient à passer à la vite supérieure. Du moins, le pensait-il. Assez naïf pour croire que sa révélation passerait inaperçue. Elle eut plutôt l'effet d'une bombe. Il observa la jeune femme dont l'expression de ses traits trahissait sa surprise. Les yeux de l'ancien flic suivirent le mouvement de la main de son hôte, posant légèrement la tasse de café sur le plan de travail. Il eut envie de soupirer, comme s'il voulait expulser son angoisse. C'est vrai, il avait eut peur. Effrayé par les répercussions qu'aurait eut ce bout de verre sur sa peau nette.

Il grimaça, se sentant désorienté par la fusée de questions qui venait de tomber, comme les pieds de Roxanne claquant sur le sol. Reculant, il se brûla malencontreusement le bout du doigt avec sa cigarette, laissant échapper un juron. Les traits défigurés de la brune le défiait pendant que celle-ci s'avançait vers lui, hostile. « Je... » Elle ne lui laissa même pas l'occasion de s'exprimer, enchaînant sur un monologue des plus indignés. Affichant un calme étonnant, Wayne posa à son tour sa tasse sur la table. Hélas, la jeune femme semblait déterminée, évacuant ses problèmes d'un air méprisant. La tranquillité fut de courte durée. « Tu vas me laisser parler oui ?! » Cria-t-il, abattant son poing sur la table, versant quelques goûtes du café qui quelques minutes plus tôt avait symbolisé leur antre de paix. Foutaises. Avec eux, rester serein était une épreuve très rude.

Il se mit à rire. Ce rire désagréable, ironique qui rend l'ambiance pesante. « Tu te fous de ma gueule ? Dix minutes plus tôt, tu revendiquais avec enthousiasme ton penchant pour la luxure et maintenant tu te plains ? C'est quoi ton problème ? Elles sont des milliers à vouloir ta place. Tu n'es qu'une petite ingrate. » En exprimant ses paroles, inconsciemment, le sorcier faisait également allusion à la gérante de son club. Si abasourdie au début par ce qu'elle appelait "cadeau empoisonné", mais à présent incapable de s'en défaire.

Ce fut à son tour de s'approcher de Roxanne, saisissant son poignet, la secouant comme s'il aurait voulut qu'elle se réveille une bonne fois pour toutes. Jouant sur le côté innocent alors qu'il avait été le maître de cette supercherie. « A cause de moi ? Tu oses insinuer une chose pareille ? On avait besoin de quelqu'un. Excuse-moi d'avoir songé à toi en premier. Tu devrais plutôt en être flattée au lieu d'exploser comme une hystérique et d'en tirer des conclusions hâtives. Tu sais ce que ça représente ? » Il la lâcha, allumant une deuxième cigarette. « Ecoute. Toi et moi savons très bien dans quel camp tu as décidé de te ranger. Est-ce que tu réalises le danger auquel je m'expose tous les jours à cause de toi ? S'ils apprenaient qu'un ministre, membre du Conseil qui plus est, fricotait avec la chef des rebelles, crois moi ils voudraient sa tête sur un plateau. » Acquiesça-t-il l'air grave. « Je me suis dit que si tu ferais partie du Conseil, ces gros lards ne se douteraient jamais de rien et ma réputation ainsi que mes fesses seraient au chaud pendant un bon moment. » Il haussa les épaules. « Oui, je sais. C'est égoïste, mais ça te coûte quoi ? Au final tout le monde a sa part du gâteau. »

L'illusionniste prit un air offensé. « Mais de quoi tu parles ? » L'interrogea-t-il avant de la saisir par la taille. Ses lèvres vinrent se coller au creux de l'oreille de sa partenaire, fiévreuses. « Allez Roxy... oublies ça. Je serais là pour t'épauler, tu le sais bien. » Chuchota-t-il. Il écrasa le bout de nicotine pour continuer le travail que la demoiselle avait commencé. Déboutonnant entièrement sa chemise et glissant ses deux mains sur sa peau limpide. Il lui caressa le dos espérant encore une fois que ses caresses feraient oublier cette petite pause dispute. S'emparant de sa main, il l'entraîna dans la pièce centrale, s'asseyant sur le canapé et invitant la rebelle d'un regard explicite à venir le rejoindre. Étrangement, quelque chose lui disait que ce n'était pas finit. Il le savait. L'ancien flic n'avait pas mentit, il avait juste maladroitement négligé quelques petits détails.

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MessageSujet: Re: Devil's Corruption {PV}   Dim 15 Sep - 13:09

« Je pensais que la seule personne que tu pouvais supporter c'était toi-même. » Elle grimaça pour souligner l'ironie de ses propos – car c'était sur ce ton là qu'elle le prit, avant de lui répondre : « Tu me connais si mal. Regarde, par exemple, je te supporte très bien. Et on peut pas dire que t'es particulièrement facile à vivre, c'est pour te dire combien je suis ouverte et chaleureuse. »

Le reste s'enchaîna à une vitesse incroyable, car tantôt elle déboutonnait soigneusement la chemise de Wayne, tantôt elle était prête à lui balancer le café qu'elle espérait être brûlant sur sa gueule de sale hypocrite. Chacune de ses paroles lui explosaient à la figure, plantant des débris dans son visage, et la faisant grimacer. Elle ne pouvait croire ce qui lui parvenait à l'oreille, tant cela paraissait absurde. Un alignement aléatoire de mots, qui se révélait faire sens, mais elle aurait aimé que cela ne soit qu'une vulgaire coïncidence. Elle le savait cupide, elle le savait sans principes, sans morale, il incarnait volontiers tout ce qu'elle pouvait détester, et ne plaçait donc pas de confiance particulière à son égard. Leur relation était pourtant très simple : il n'y avait rien, et les deux semblaient se satisfaire de cet arrangement. Elle n'avait jamais douté de ses capacités de stratège, couplé au fait qu'il puisse être machiavélique, mais elle ne voyait pas de raison pour que sa folie s'abatte sur elle – les quelques jours où il l'avait retenue captive, dans le rôle du prisonnier torturé et de l'esclave sexuelle, il y avait son besoin de savoir la vérité – même si ça ne justifiait rien, ni pardonnait. Sans doute était-elle trop naïve. Trop naïve pour avoir cru que l'horreur gratuite ne faisait pas partie des stimulants de Wayne. « Et c'est moi qui me fous de ta gueule ? Mais tu t'entends parler ? Bien sur que non, t'es con comme tes pieds. J'ai une gueule à apprécier ça ? Et tes milliers de candidates potentielles qui rêvent d'avoir ce poste, tu peux aller en choisir une au hasard et le lui refiler. Pas besoin d'être compétente puisque de toute façon le verdict est toujours le même. » Elle ne s'arrêtait plus, et les courtes pauses qu'elle marquait n'étaient là que pour qu'elle avale sa salive, reprenne son souffle, et grimace face à la situation qu'elle trouvait révoltante. « Tu peux aller te faire foutre, Wayne, et te trouver des filles moins ingrates que moi comme tu dis. Tu peux aller te faire foutre avec tes postes du gouvernement, et ton fric. » Elle hurlait par dessus lui, sa voix déraillant régulièrement, forçant toujours davantage sur celle-ci. Le besoin de le faire taire en gueulant plus fort encore, faire plus de bruit alors qu'elle ne désirait que retrouver un silence harmonieux – ou un silence tout court, simplement.
Elle aurait sans doute préféré ne jamais apprendre ça. Elle n'avait pas besoin de savoir d'où venait ce cadeau empoisonné ; elle avait déjà du mal à dormir la nuit avec ce qu'elle savait, et ce qu'elle faisait. Le doux confort de l'ignorance.

Roxanne tenta de se libérer de sa prise, ne faisant ainsi que la renforcer. Son poignet endolori par la poigne de fer de Wayne. Elle remuait, secouée par son geste, et parce qu'elle se débattait comme une forcenée. Ses mots résonnaient et claquaient de part et à d'autre de sa cervelle, mots acides qui lui donnaient la nausée, tant elle les trouvait insupportable. Elle haïssait cette situation. C'était comme ces moments où l'on est convaincu, persuadé d'une chose, que la démonstration que l'on a tient la route, et que le monde s'acharne à vous faire croire que vous vous êtes trompé. Que vous faites fausse route, et que ce n'est pas grave, car l'erreur est humaine. Cette espèce de gentillesse mal placée qui ne passe pas, et qui brûle plus qu'elle n'apaise. « Tu peux les ravaler tes airs désolés et offusqués. Je te connais assez pour savoir à quel point t'es pourri et... » Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase – bien que partie comme ça, ce n'était pas une phrase, mais davantage un roman ou une encyclopédie qui s'annonçait. Il la coupa, reprenant un air plus calme, et allumant une cigarette. Elle se retrouva seule avec son poignet rougi, contrainte d'écouter les absurdités qu'il lui vomissait – avec ce ton insupportable et hypocrite, ce ton qui lui donnait l'impression qu'elle lui vendait son vomi comme du caviar.

Elle grimaça encore, et tenta de le repousser lorsqu'il la saisit par la taille, dégoûtée. Elle détourna la tête lorsque ses lèvres vinrent se glisser contre son oreille, en essayant de balayer son visage d'un geste de la main. « Dégage. » grinça-t-elle entre ses dents, alors qu'il essayait, par une technique qui les représentait si bien, de passer à autre chose. Vaine tentative. Ses mots d'un mielleux à gerber sonnaient affreusement faux, et déplacés. Parce que c'était trop peu comparé à ce qu'il lui avait infligé, et surtout : ce n'était pas vrai. Rien n'était vrai dans ses derniers mots, et elle le savait. Et ce jeu, cette indifférence et ces paroles sans fond lui paraissaient soudainement trop à accepter.
Maigres forces pour résister qui ne suffirent pas, elle ne parvint pas à se défaire de sa prise, ni même à camper dans la cuisine alors qu'il l'entraînait vers le salon. Finalement, il la laissa, tandis qu'il rejoignait le canapé, mine de rien. Une énième invitation, anodine dans la forme, qui fut cependant de trop. Même s'il s'agissait de Wayne, c'était bien trop démesuré.

« ...T'es incroyable. Tu me dis très clairement que si je suis dans une position de merde, c'est à quoi de toi, et tu t'attends à ce que, je passe l'éponge et qu'en plus je te remercie ? » Elle fulminait, et marchait à droite et à gauche, incapable de rester statique. Elle vit alors le bouquet de fleurs qu'elle avait négligemment posé sur la table, faisant les liens – du moins, les liens qui lui paraissaient évidents et logiques – et fulminant d'autant plus. Elle ricana, la nervosité s'y traduisant ; avant d'attraper d'un geste le bouquet et de s'avancer, menaçante vers Wayne. « Et ça, hein ? Tu t'es dit que t'allais m'amadouer avec des putains de fleurs ? » Elle enfonça le bouquet dans sa chair, au niveau de son cou, sans y aller de main morte. S'il venait à s'étouffer avec, elle trouverait peut-être une raison de lui être reconnaissante pour ce cadeau fleuri. « J'espère que t'apprécies tes fleurs que t'as choisies si soigneusement. »
Lâchant finalement les roses, sa main vint agripper le bas de son visage, fermement, tandis que l'autre s'appuyait sur le canapé. Ses doigts s'enfonçaient dans sa mâchoire, et sa paume couvrait sa pomme d'Adam ; et si elle parvenait à lui faire un tant soit peu mal, il était certain que sa prise n'était pas sans douleur pour elle. Elle forçait, et appuyait comme elle pouvait avec ses doigts tout fins, pression qui se retournait finalement contre elle. « T'es le seul gagnant dans l'histoire, alors n'essaie pas de me faire croire le contraire. Et tu vas te bouger le cul pour me sortir de ce Conseil. »
Dans le moment présent, c'était effectivement ce qu'elle voulait : ne plus avoir à faire à toutes ces magouilles de gouvernement, de rebelles punis, de rebelles massacrés. Elle ne voulait pas autant de responsabilité, et aspirait à une conscience tranquille – ou du moins, plus tranquille. Naïvement, elle se disait que sortir du Conseil suffisait à résoudre les trois quarts de ses tracas actuels. Cependant, avec plus de recul, elle aurait bien compris qu'il valait mieux qu'elle soit assise sur ce siège, plutôt qu'un autre. Il valait mieux que ce soit elle, avec ses idéaux, et les idéaux de la Résistance, plutôt qu'un énième lardon pro-gouvernement qui assouvit ses fantasmes de tyran impitoyable.
Mais dans l'état où elle était, cette réflexion là n'était pas possible. Elle n'envisageait pas cette position comme un avantage. « Et pour tout le reste, tu peux simplement dégager. Comme ça tu ne fricoteras plus avec quelqu'un qui ne voue pas un culte à ton connard de gouvernement. »
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MessageSujet: Re: Devil's Corruption {PV}   Mar 8 Oct - 21:30


Qu'allait-il faire maintenant ? Jusqu'à quel point allait-il mener sa petite danse de la victoire ? Il l'a connaissait que trop bien pour douter de ses capacités. Elle n'était pas dupe et loin d'être sotte. Elle y voyait clair dans son petit manège et ça ne l'arrangeait pas du tout. Pas la peine de mettre ses attributs en avant, Roxanne n'en avait que faire. Celle-ci était restée sur ses aveux. Se sentait-elle plutôt indignée ou trahie ? Peut-être les deux. Il ne le cachait pas, affichant un sourire béat. Si ses paroles sonnaient comme une trahison, alors la belle avait accordé plus d'importance à leur relation de ce qu'il avait pu imaginer. Il avait cette manie affligeante de toujours vouloir être celui dont on parlait. Le complimenter ? L'insulter ? Wayne s'en préoccupait peu, à condition que son prénom soit cité. « Je me fous de ta gueule ? Et le loyer, comment tu le payes ? Si je n'étais pas doté d'une gentillesse sans failles, à l'heure qu'il est tu serais en train de papoter avec tes potes mendiants devant la cathédrale ! Ou pire encore ! Tu pourrais même être en train d'offrir tes faveurs à un alcoolique du coin, alors sois mignonne, ne la ramènes pas trop. » Répondit-il en haussant les sourcils. « Tu as bien choisis ta putain de voisine, t'es aussi insupportable que sa vieille gueule de mégère. » Proféra-t-il dans l'espoir que la vieille femme puisse entendre ses propos.

Ce fut le cas. Celle-ci provoqua la chute d'un quelconque objet qui eut l'effet d'un tonerre.  « Oh toi aussi, fermes ta putain de gueule avant que je monte te faire la peau espèce de croûte mal baisée ! » Cria-t-il regardant vers le plafond. « Qu'est-ce que je disais ? Tu as besoin de ce poste. Ton appartement est vraiment très mal isolé. » Haussant les épaules, le sorcier se permit d'allumer une autre cigarette avant d'interroger la jeune femme d'un ton totalement banal. Il avait le don de changer de sujet quand il sentait que ses pieds se baignaient un peu trop dans la merde. « Tu veux un autre café ? Quoique... tu ne devrais pas, ça te rends hystérique. »

De sa main droite, il l'agrippa à nouveau par la taille, espérant cette fois-ci ne pas être repoussé car cette fois, serait la fois de trop. Il n'y avait qu'un pas entre les caresses et les coups. « Chérie, préserve tes cordes vocales. Avec moi, tu n'as pas finit de crier. » Glissa-t-il doucement au creux de son oreille. Ses murmures aux intonations sexuelles devraient attiser l'envie de la jeune rebelle, du moins l'espérait-il. Naïvement peut-être ? Elle revenait à l'attaque. Sacrée féline qui ignorait comment ranger ses griffes. Si elle aurait pu le déchiqueter ou même lancer des flammes rien qu'avec la force de son regard, le ministre serait déjà bien amoché. Elle ressemblait à un lion en cage et étrangement, le sorcier s'en réjouissait. Admirant les fruits de son travail. Cela ne changerait donc jamais. Elle riposterait, usant de son cynisme et finirait accrochée à son cou pour une nouvelle partie de jambes en l'air.

Les yeux azurés de l’illusionniste glissaient de la droite vers la gauche, suivant le mouvement incessant du corps svelte de la jeune femme avant que celle-ci s'empare du bouquet et le pointe en sa direction. Ce fut à cet instant là que Wayne regretta d'avoir hésité entre les roses et les orchidées et d'avoir finalement opté pour les roses. Les épines de celles-ci étaient aussi aiguisées que le choix des mots de sa partenaire. Elle ne lui laissait aucun repos. Lui sautant à la gorge dès qu'elle le pouvait. Elle voulait à tout prix remporter la partie. Avec lui, c'était hors de question. « Ton inconscient te fait dire des choses fausses. » Répondit-il calmement, presque moqueur.

« Position de merde... Bordel, mais t'as vu le poste que tu occupes là ? Avec ce salaire tu peux te faire les couilles en or ! Penses à tous les avantages, tu pourras être au courant des choix du gouvernement et les communiquer à tes stupides moutons. » Rapide vipère qui ne lui laissa pas le temps de réagir. Il l'avait vu venir. Ces épines n'étaient pas anodines. La douleur fut intense. Il serra les dents pour ne pas hurler. La souffrance s’étend sur quelques secondes. Des secondes qui parurent des heures. Sa fierté maladive agissait sur sa force morale, à tel point que l'homme resta de marbre alors que les larmes naturelles dues à une véritable affliction coulaient le long de ses joues.

Il s'empressa de les essuyer avant de déboutonner avec hargne les boutons de sa chemise, manquant de la déchirer. Il se servit du bout de tissu pour effacer les traces de ses propres globules rouges, appuyant sur la blessure et ne pouvant s'empêcher de songer au nouveau costume qu'il porterait au travail. Il se devait de dissimuler les cicatrices, ou dans le pire des cas il se venterait à propos d'une femelle trop excitée. Il lui tourna le dos, prit place sur le canapé pour reprendre ses esprits. Tentant de calmer ses pulsions, envisageant déjà ses phalanges attrapant la fine texture des cheveux de son interlocutrice avant d'enfoncer sa cervelle dans le mur. Ou bien, lui faire avaler les fleurs qu'elle savait si bien manier.

Ce furent ses doigts à elle, à l'apparence si frêles qui vinrent rencontrer la peau satinée du sorcier. Il laissa échapper son regard vers le décolleté de la jeune femme, accompagnant son geste indécent par un petit sourire déplacé. Il pouvait sentir son haleine, si douce, si sauvage. Agitée, car se sentant comme une proie prise entre les filets du ministre. « Tu sors du Conseil et je ne donne même pas une semaine pour retrouver ton cadavre abandonné dans le Mississipi. » Déclara-t-il menaçant. « Je n'hésiterais pas à user de mes informations sur ta petite personne pour te balancer aux fauves. »

Il se dégagea de son emprise.  « Je ne partirais pas et tu ne veux pas que je parte. » L'attrapant par les hanches, il l'allongea sur le canapé, se mettant sur elle, ses lèvres touchant presque les siennes. Ses mains s'entourèrent du cou fragile de la rebelle, il força, augmentant sa pression sans jamais se laisser déstabiliser par ses prunelles chocolatées. « Et si je mettrais fin à tes jours moi-même ? Après tout, tu as dis vouloir quitter le Conseil... tu n'as jamais précisé dans quelles circonstances. »

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MessageSujet: Re: Devil's Corruption {PV}   Dim 20 Oct - 0:25


« Oh, je te remercie d'être si prévoyant. Je dois comprendre que tu m'as donné, que tu m'as offert sur un plateau d'argent, l'occasion de faire tomber un gouvernement que tu chéris tant ? » se moqua-t-elle lorsqu'il lui fit remarquer la position stratégique qu'elle occupait – et pour une fois, il marquait effectivement un point ; Roxanne cependant incapable de voir plus long que le bout de son nez dans son état, et bonne à faire quelques sarcasmes simplement. Que Wayne soit un fervent défenseur d'un tel gouvernement, elle n'y croyait pas tant que ça, en réalité. Il se rangeait de ce côté là par pur plaisir, parce que cela l'avantageait lui, sa petite personne, n'ayant sans doute que faire des idées véhiculées et tout ce qui pouvait en suivre. « Je ne te savais pas si fin stratège. Décidément, j'ai pas fini de te remercier, hein. » poursuivit-elle, la grimace au visage.

Chacune de ses paroles laissait un arrière goût de mort dans ses oreilles, dans sa gorge. Chacun de ses mots étaient teintés de la sentence finale, et elle le sentait, quelque part, d'une quelconque façon, mais la colère venait immobiliser tous ses récepteurs. Bouchés, saturés. Elle n'était plus capable de raisonner, elle avait perdu tout son côté cartésien – si elle en avait vraiment un – pour brûler dans son propre feu. Elle craignait la mort comme tout le monde, comme n'importe qui. Elle était cruellement humaine, cruellement effrayée, elle n'avait pas l'étoffe d'une héroïne prête à braver tous les dangers, prête à se sacrifier pour ses proches, pour les autres, pour la liberté, pour ses idéaux. Elle l'avait vue, elle l'avait vécue, cette mort, ou plutôt ce qu'elle laisse par la suite ; c'est à dire rien, c'est à dire un vide impossible à combler, c'est à dire un vide qui pèse des tonnes et des tonnes. Elle avait toujours été celle qu'on laissait derrière, celle qui venait déposer les fleurs, celle qui portait le deuil. Et l'affreuse mortalité des hommes avait fini par l'attraper, s'insinuant en elle, vicieuse angoisse. Cette fragilité, ce réseau qui ne tenait qu'à un fil.
Son arrogance fut cependant plus puissante encore à ce moment-là. « J'ai cru comprendre que vous étiez plusieurs à vouloir ma tête. » lança-t-elle, faisant référence à Connor qui n'avait pas hésité à la menacer de façon aussi délicate que Wayne, et tous les rebelles qui avaient fini par la voir comme une ennemie, comme une sale petite hypocrite avide, qui n'avait pas hésité deux secondes à accepter ce poste. « Tu sais aussi bien que moi que ce poste ne m'offre aucune immunité, alors tu peux ravaler tes menaces, Wayne. » Ses doigts s'enfonçaient dans sa mâchoire, tandis qu'elle se rapprochait de son visage, se voulant tout aussi menaçante et sûre d'elle, grinçant chaque syllabe entre ses dents serrées. « Alors fais-le, si t'en crèves tant d'envie. »

Il la repoussa brusquement, Roxanne perdant l'équilibre une fraction de seconde, avant de se retrouver allongée et piégée. Changement de rôle peu agréable. Elle tenta évidemment de s'échapper, remuant bras et jambes pour espérer se glisser hors de sa prise, mais en vain. Il la retenait fermement, et ses coups étaient finalement plus douloureux pour elle qu'ils ne l'étaient vis à vis de Wayne. Et la main qui vint se resserrer autour de son cou l'obligea à se calmer d'un coup sec, si elle désirait respirer de cet air si précieux. La respiration se fit effectivement difficile, ses lèvres s'entrouvirent pour aspirer le plus d'oxygène possible, ne sentant cependant que le souffle chaud de son tortionnaire, et lançant cette machinerie vicieuse : elle n'avait théoriquement pas encore de quoi paniquer, les doigts de Wayne ne bloquant pas suffisamment sa gorge, mais la psychologie humaine avait ses travers. Et après quelques instants, elle tenta de retrouver un semblant de calme, car elle savait qu'elle n'allait pas faire long feu dans un état de panique.
Ses doigts se glissèrent jusqu'à la main qui la retenait pour essayer de relâcher la pression. Son arrogance ne disparut pas, stockée dans le fond de sa trachée, incapable de sortir. A ses menaces, elle aurait voulu lui cracher sa haine. Lui dire qu'elle ne craignait rien, et qu'il pouvait toujours essayer de l'étouffer sur le champ si cela lui chantait. Qu'il n'était qu'un beau parleur – Roxanne ignorant ses activités de tueur à temps partiel – et qu'il n'oserait jamais mettre à l’œuvre tout ce qu'il lui disait. Parce qu'elle était déjà passée par là, qu'il avait eu toutes les occasions du monde de mettre fin à ses jours, notamment lorsqu'il l'avait enfermée chez lui, mais qu'il n'avait rien fait. Cela allait de paire avec toutes ses autres menaces, il avait eu l'opportunité de la balancer à quiconque voulait bien l'entendre, que la petite brunette qui se chargeait des lignes électriques n'était rien d'autre qu'un membre actif de la Résistance. Que sous ses airs dociles, elle n'aspirait qu'à voir chuter le gouvernement. Tous ces mots restèrent cependant coincés, sans doute parce qu'à côté de ce discours-là, il restait en elle quelques doutes. Elle était encore vivante parce qu'elle avait craqué, parce qu'elle n'avait pas été assez forte, parce qu'elle avait fini par tout avouer, brisée sous le rythme infernal qu'il lui avait imposé. Elle avait fini par le supplier d'arrêter, parce qu'elle n'en pouvait plus. Elle n'était plus capable d'encaisser davantage, et même si elle croyait dur comme fer à ses idéaux, à ce moment précis, lorsqu'il était sur le point de lui plonger la tête une énième fois dans de l'eau glacée, pour qu'elle s'y noie, pour qu'elle s'y perde, à ce moment précis, elle tenait davantage à sa vie, petite vie, petite égoïste, elle y tenait davantage qu'elle ne croyait à tout le reste.

Et dans le personnage odieux qu'il était, elle espérait que la luxure qui le définissait si bien fut une faille. Son visage resta figé, car c'était finalement le seul compris qu'elle trouva, entre celui où ses traits dégoulinaient sous la panique et le masque de l'arrogance qu'elle n'arrivait pas à bien enfiler. Un visage figé était tout ce qui lui restait, et elle était incapable de simuler autre chose. « Le sexe t'excite plus que le meurtre, Wayne. » tenta-t-elle, priant pour que ce soit une voie de secours. Ses lèvres remuant à chaque mot et venant frôler les siennes, imprimées par l'odeur du tabac froid.
Si elle était incapable d'avoir l'envie brûlant dans ses rétines, elle était encore capable de bouger ses jambes, les enroulant autour de sa taille, alors elle crevait davantage d'envie de lui planter son genou entre ses cuisses. Si la seule idée de partager une nouvelle étreinte avec lui avait la formidable capacité de lui donner la nausée, paradoxalement, sans qu'elle n'en ait conscience, sans même qu'elle puisse se l'imaginer, les accès de violence de Wayne étaient finalement une part importante de leur jeu. Leur jeu sans règle, sans loi, leur monde fait de vices et de plaisirs et de douleurs, leurs fantasmes refoulés et les envies cachées. Avec Wayne, elle pénétrait dans un univers parallèle où la morale et la décence n'existaient pas. Roxanne qui sous cette image bien rangée, n'était pas moins perturbée, pas moins sombre que celle qu'elle prenait plaisir à détester. Faite de construction et de destruction, dans un état de renouvellement perpétuel. Bien plus attirée par ce qu'elle haïssait volontiers qu'elle ne désirait l'avouer.

Mieux l'attirer pour mieux le repousser ; elle tenta de se dégager brusquement.
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MessageSujet: Re: Devil's Corruption {PV}   Jeu 31 Oct - 23:00


Une relation nuisible, néfaste, dégageant cette odeur nauséabonde d'une fin chaotique. Les mots se figèrent dans sa gorge. Incapable d'émettre le moindre son. En avait-il seulement l'envie ? Confusion, perturbations, nervosité envahissaient lentement son esprit. Cette quiétude qu'il rêvait de retrouver en se présentant en ces lieux, s'était évaporée avec les paroles assassines de son interlocutrice. Il ne savait que ressentir véritablement face à une telle situation. Les sentiments apparaissaient, disparaissaient sans laisser de traces. Se dissimulant minutieusement sous leurs langues cracheuses de venin. Devait-il en rire ? En réalité, il ne pouvait tenir en place. Ressentant cette impatience morbide pour une sentence qu'il savait dégradante pour la rebelle. Cela le réjouissait. De plus en plus, alors que la petite vipère ne faisait que bouger sa mâchoire pour en sortir des âneries ridicules. Devait-il se sentir visé, touché, tourmenté par ce qu'elle semblait prendre comme une trahison ? Les rumeurs se propageaient, aussi vite qu'un virus, s'emparant des plus faibles. Il devenait ainsi l'acteur principal de ses commérages sans fin. Le possesseur de ces femmes sans espoir, le meurtrier de ces hommes sans vergogne et le protagoniste de leurs rêves cauchemardesques. « Plusieurs dis-tu ? » L'interrogea-t-il sincèrement curieux. « Je n'ai jamais dit vouloir ta tête. Justement, je t'offre ce poste pour camoufler tes vraies intentions. » Remarqua-t-il désespéré. Ses semblants d'hystérie étaient justes. Peu lui importait le destin de la belle. Lâche et égoïste, il n'agissait que pour assouvir ses propres intérêts, quitte à écraser ceux des autres.

Il n'avait rien à offrir, si ce n'est que misère et duperies. Agissant en individualiste, sans se soucier de l'état d'esprit d'autrui et ne pouvant imaginer les conséquences de ses actes. Les stigmates d'une souffrance abominable lui infligeaient une douleur toujours aussi intense. Il était trop égocentrique pour songer aux maux de son entourage, personne ne pouvait endurer pire affliction. Absolument tout se rapportait à sa misérable petite personne et la scène que les deux amants mettaient en avant ne faisait qu'accentuer son égocentrisme. A force de se voir coller une réputation de mâle exécrable, haineux, imbuvable et infect, le sorcier s'en était finalement imprégné, non sans en éprouver du plaisir. Il s'était trouvé à en tirer un certain profit. Ces vieux bourgeois blancs l'adoptant sans crainte et faisant de lui le plus jeune de la troupe. Le petit protégé vicieux qui trouverait la perle rare pour combler le siège vide à chaque réunion du Conseil. Il ne lui avouerait jamais, mais ses compétences y avait joué un rôle primordial. Le ministre n'aurait jamais risqué sa peau sans être sûr d'avoir ses arrières assurés. « Idiote. J'espère que lors des réunions tu feras bonne figure, t'as une cervelle ? Alors, utilise la. » Cracha-t-il, sentant son sang bouillir à chaque syllabe prononcée. « Tu parles d'immunité... tu devrais te mettre à genoux pour me remercier. » Un cercle infernal déguisé d'injures et d'un rapport de forces départageant le dominant et le dominé. Un pouvoir qui caractérisait une certaine lassitude. Lassés de se voir voler la vedette, avides de la récupérer, la balle ne faisait que toucher les deux camps ne pouvant jamais en élire un gagnant.

Incapables de ressentir la moindre infamie. Deux monstres aux carapaces de glace, sans aucun moyen de les briser. Un lien fielleux, ficelé par leurs personnalités tordues. Spirale endiablée, sans fin, les menant tout droit vers une auto-destruction. Un cataclysme symbolisé par leurs sentiments désastreux. Les phalanges du sorcier intensifiaient cet instinct de dévastation. La pression devenait de plus en plus extrême et aucune once de regret ne s'était imbibé des rétines de l'agresseur. Ses intentions augmentaient en solidité et les grimaces dessinant les traits de sa proie ne faisait qu'approuver le dégoût qu'il pouvait exprimer pour celle-ci. Colère divulguée par la violence de son comportement. Les marques rougeâtres sur son épiderme délicat faisant remonter à la surface des souvenirs déplorables. Ces mêmes doigts grossiers attrapant sans hésitation le cou de ce malheureux, finissant de l'achever avec cette agressivité inquiétante le rendant lui-même le démon de ses rêves tourmentés. Il était loin de ressentir la même avidité meurtrière, mais les sphères foncées de Roxanne le poussait à bout.

Il pouvait sentir cet état de panique, cette peine monstrueuse lorsque l'instinct de survie reprend le dessus. Outré, il se sentit obligé de resserrer l'étreinte. Affreusement indigné par des remerciements inexistants. Possessif à la limite de l'excessif. En la nommant membre du Conseil, il mettait consciemment la chef des rebelles en danger, mais ce cadeau empoisonné n'était en réalité que la représentation d'une confiance non réciproque. Accentuant cette méfiance en la jetant explicitement dans la gueule du loup.

Sa main féminine vint à l'encontre de la sienne, certainement dans l'espoir que le bourreau lâche prise. Persuadée qu'il aurait eu le courage de la supprimer de sa vie. Ignorant son authentique essence. Les innocents retrouvaient la paix face à cet homme qui proclamait sa vision de la justice. Jamais il n'aurait eu le cran de provoquer sa perte. Ce geste ne fut pas sans effet. Wayne prit conscience de la stupidité de son acte. Il se détendit, souriant sarcastiquement. « Que connais-tu du meurtre ma jolie ? » Murmura-t-il, faisant glisser son index sur le creux de ses joues. Rusée, mettant ses atouts en valeur. Dommage, l'humour sauvage n'était pas au rendez-vous. Il se remit debout, repoussant les jambes sveltes de sa partenaire. « Ne me prends pas pour un imbécile ! » cria-t-il pointant un doigt menaçant dans sa direction. Oui, ça s'empirait. Cette sensation bipolaire, cette envie de démolition. Fracasser son petit minois devenait l'une de ses priorités qu'il ne tarda pas à mettre en exécution.

Sa main assassine vint attraper ses mèches chocolatées pendant que sa jumelle s'emparait avec violence de son bras. Tirant de toutes ses forces, il arracha une bonne poignée de ses cheveux, approchant sa figure de la sienne. Ses lèvres se posèrent sur les siennes, un baiser à l'apparence anodin jusqu'à ce que ses canines s'emparent de ses lippes y provoquant une hideuse écorchure. Un échange mélangé d'attirance et d'animosité. Il continua la provocation, lâchant son bras pour s'aventurer sur le creux de ses reins., y faisant glisser la pointe de ses doigts dans l'espoir de lui voler quelques frissons. La distraction fut de courte durée avant que le tortionnaire la traîne derrière lui, l'envoyant balader contre le mur d'en face. Lui tournant le dos, le sorcier alluma une cigarette, crachant la fumée d'un air moqueur. « T'aurais mieux fait de fermer ta putain de grande gueule. Les choses ce serait passées autrement. » Il se retourna vers elle, une grimace déchirant ses traits. Le liquide vermeil qui coulait sur ses lèvres ne l'avantageait pas vraiment. Il s'accroupit en face de la jeune femme, approchant dangereusement le bout de nicotine de son visage. « Tu l'a veux où ? Sur le visage ou plutôt sur le corps ? Je te laisse le choix, je suis mignon comme tout. » L'interrogea-t-il carnassier au possible. Il n'attendit pas de réponse, posant le bout de sa cigarette sur la main de Roxanne.

Il regretterait sa conduite pour une question purement physique car les coups, elle savait comment les rendre. « J'espère que cela te servira de leçon. Tu le savais pourtant qu'il ne fallait pas oser me contrarier, mais tu as l'esprit sadomasochiste. Je suis sûr qu'en fouillant un peu dans tes placards je saurais trouver de quoi nous occuper pendant un petit bout de temps. » Il enfonça encore plus le bout de sa cigarette sur la peau de sa partenaire. S'approchant à nouveau, assez pour sentir son souffle aussi bouillant que les flammes de l'enfer. « Maintenant tu vas la fermer et accepter ce poste. Pour une fois agit comme les potiches écervelées que tu critiques tant. » Le ministre ne faisait rien d'autre que perdre son temps. Dompter Roxanne ? Impossible.

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MessageSujet: Re: Devil's Corruption {PV}   Sam 9 Nov - 20:47


Elle le vit se dégager, presque étonnée. Presque étonnée parce qu'elle était plus ou moins persuadée qu'un début d'étreinte serait suffisant pour lancer la machinerie. Elle n'eut pas le temps de réagir, pas le temps de quoi que ce soit, qu'elle se vit traînée de force vers celui qui venait tantôt de la repousser, renforçant lui-même une embrassade qu'il avait refusée. Roxanne ne put s'empêcher de lâcher un cri lorsqu'il l'attrapa par les cheveux, l'étouffant la seconde suivante lorsqu'il vint brûler ses lèvres sans la moindre délicatesse. Sa bouche happant la sienne, avec la même violence qu'exerçaient ses mains.
Baiser dévastateur. Ce n'était pourtant pas le dégoût qui manquait, elle en avait même des réserves entières, mais c'était là que se révélait tout le paradoxe de leur relation ; lorsque le dégoût venait à se transformer en excitation. Lorsque les deux parvenaient à se contrer parfaitement, prolongeant le contact indécent. Il manquait de subtilité, il manquait de tact, de pudeur. Il manquait de tout. Ses mains avaient pris l'habitude de se balader sur son corps n'importe où et n'importe quand, lorsque ses yeux n'en faisaient pas tout autant, se moquant éperdument de ce que la foule autour pouvait éventuellement penser d'eux. Il était sans la moindre gêne. Elle était devenue sans gêne. Il pouvait la torturer en prenant un plaisir fou, en savourant chaque grimace de douleur et chaque hurlement, et laissait ses mains baladeuses caresser avec une sensualité folle sa peau meurtrie. La douleur et le plaisir se recoupaient, inlassablement. Comme deux bonnes amies qui n'arrivaient jamais à se séparer. Et de ce fait, la limite entre les deux étaient devenue terriblement floue. Presque incapable de discerner ce qui appartenait à la torture et ce qui appartenait à la luxure.
La caresse qui vint se glisser au creux de ses reins eut l'effet escompté, son bassin se plaquant presque machinalement contre le sien, épousant sa forme, arrachant à son échine un premier frisson. Entre la peur et le plaisir, jusqu'à ce que ses dents vinrent mordre sa chair férocement. Un cri s'échappa encore, et mourut dans la maigre distance qui les séparait. Son mouvement de recul spontané ne fit qu'empirer la douleur vive. Elle essuya d'un revers de main les gouttes rubicondes, avant d'être de nouveau traînée de force, comme une moins que rien, comme un vulgaire déchet. Les jurons s'échappaient de sa bouche à un débit fou, hurlant comme une forcenée, et insultant tout et n'importe quoi. Elle perdait en réalité toute sa force dans ses minables cris.
Son dos alla frapper contre le mur, puis elle flancha, se retrouvant à terre. « Va te faire foutre. » fut tout ce qu'elle put marmonner en guise de réponse, encore essoufflée. Tout son corps la meurtrissait, son crâne renfermait un boucan infernal, brouhaha intolérable qui venait grignoter ses tempes, pendant que sa bouche alternait entre une sensation acide vive et anesthésie partielle. Ses poignets endoloris gardaient les traces de leur prise serrée, rougis par la pression exacerbée, tout comme sa gorge s'en rappelait. Et son dos, et ses jambes fatiguées. Court moment de répit pour Roxanne, car son tortionnaire fit mourir cette belle distance qu'il avait instaurée en l'envoyant balader contre le mur opposé.

Sa désinvolture lui donnait la gerbe. Comportement dégueulasse et hautain, la clope au bec. Bientôt sur sa main. Elle n'eut qu'une seule envie, lui cracher à la figure. Elle tenta vainement de se relever, s'aidant de ses mains posées à plat à terre, mais Wayne ne lui laissa nullement l'occasion de se dégager. Tout près, trop près, il écrasa sans regret le feu de sa cigarette sur sa main, arrachant à Roxanne un nouveau cri de douleur, la rendant tout agitée. Elle se débattit pour s'enfuir, pour réduire cette brûlure qui s'étendait sur sa peau, ses mouvements brusques renforçant maladroitement les points d'appuis. Mais il la retenait bien, et elle avait beau taper du pied, et enfoncer le poing qui lui restait dans les épaules de Wayne, contre ses pommettes, il ne lui restait rien d'autre qu'une voix brisée et enrouée, qui vomissait avec souffrance ce qu'il lui faisait subir.
La sensation de brûlure resta encore même lorsqu'il dégagea le bâton fumant. Elle serra ses doigts en un poing, enfonçant ses ongles dans sa propre paume, les paupières refermées et le souffle court. Elle se sentait vulnérable, elle était vulnérable, et détestait ça. Cette fragilité qui était sienne, cette fragilité dont elle ne voulait pas.

Et dans un élan de rage – et d'inconscience, et de folie, et de ce que vous voudrez, car il était clair que cette réaction était la mauvaise – elle profita de sa position accroupie, positionnant ses pieds contre son torse pour le repousser en arrière, en tirant sa force du mur derrière elle. Et parce qu'elle était cette destruction pure, cette colère brute, elle se jeta sur lui, les jambes de part et d'autre de son corps, sa main meurtrie venant retrouver son cou pour lui rendre la pareille. Mais encore faible, elle sentait ses doigts trembler, l'obligeant à rajouter sa seconde main. Les deux venaient appuyer aussi fort que possible sur sa gorge, ses ongles y mettant du leur en s'y enfonçant avec joie. « C'est ça, le nouveau petit jeu que tu nous as trouvé ? » ironie mal placée, mais c'était malheureusement tout ce dont elle était capable pour l'instant.
Elle était déconnectée du monde extérieur : pour cause, elle avait pénétré leur petite sphère, si particulière, si noire. Elle n'entendait que sa respiration saccadée et la pompe infernale qui propulsait du sang à toute allure, elle n'entendait que ses sarcasmes à lui, ses moqueries et ses menaces, et ne sentait que le rythme de son cœur contre ses doigts. Les bruits alentours étaient inexistants, et pourtant, ce n'était pas de main morte que sa voisine frappait contre son parquet dans l'espoir bien vain de faire taire ce boucan. Elle les injuriait dans toutes les langues, mais Roxanne n'en entendait rien. C'était un silence presque absolu qui pesait.
Son visage se rapprocha, sa bouche venant effleurer son oreille, sa lèvre inférieure imprimant une caresse contre son lobe, y laissant une trace rougeâtre. Et arrogante, n'ayant peur de rien, elle articula distinctement : « Le fait est que je ne suis pas une de ces potiches écervelées. Je ne suis pas une petite conne à qui tu donnes des ordres et qui s'exécute comme si de rien n'était. Je ne suis pas un de tes putains de pions que tu places où tu veux, avec lequel tu fais ce que tu veux. »

Leur proximité était dangereuse. Leur violence renfermait toujours une envie latente. Un désir inassouvi, qui ne demandait qu'à être réveillé et rassasié, et qui allait crescendo avec les excès dont chacun faisait preuve. Ces deux-là formeraient sans aucun doutes un très bon couple à étudier sous toutes les coutures, pour connaître les malheureux travers de la psychologie humaine.
La chaleur qui suintait de chacun de ses pores venait chatouiller sa plaie, renforçant l'appui de ses lèvres contre le creux de son cou, tandis qu'une de ses mains relâchait la pression exercée. Sa bouche déviant sur sa mâchoire, pour aller déguster la sienne, pour retrouver sa langue dans un tango sensuel.

Maigre diversion – qui n'en était pas réellement une, à vrai dire, car ce n'était effectivement pas dans le but premier de le duper, cela répondant davantage à une simple pulsion, une fugace envie, aussi déplacée soit-elle. Elle s'éloigna de son visage, se redressa, faisant glisser le bout de ses doigts contre sa peau nue, sur les lignes de ses clavicules, posant sa paume contre son torse. Pause de courte durée, car elle ce qui suivit ne fut pas la suite logique : pas de caresses amoureuses, pas de baisers enflammés sur ses épaules. Elle enfonça son poing dans sa mâchoire, aussi violemment qu'elle le put, avant de se dégager rapidement.
C'était de la provocation pure. Et du suicide pur. C'était jouer avec le feu, se brûler au troisième degré et recommencer avec une fascination morbide. Elle savait ce qui l'attendait, du moins, elle essayait de l'imaginer car Wayne avait cette fabuleuse capacité de l'étonner toujours et encore. Elle savait qu'elle allait le payer dans la seconde même où il se serait relevé, qu'il lui suffirait de l'empoigner sèchement pour l'avoir à sa merci, et pour la voir supplier pour sa vie. Mais encore une fois, il existait un fossé entre toute la théorie et tout le raisonnement logique, et les pulsions qui la prenait. Tiraillée entre deux pôles opposés, elle penchait toujours, avec beaucoup de faiblesse, pour l'appel de la chair – du moins lorsque cela concernait Wayne. Il l'avait à sa façon corrompue.
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MessageSujet: Re: Devil's Corruption {PV}   Sam 30 Nov - 23:55


Dans les mots venant s'échouer contre sa langue, un ton sarcastique faisait dégager toute l'impatience qu'il avait du supporter dès l'instant où il avait mit le pied chez Roxanne. Il aurait recommencé s'il le fallait. Autant de fois qu'il en aurait envie. S'il avait éteint sa cigarette sur sa peau satinée, il aurait pu également l'allumer, tant celle-ci était brûlante. Alarmée par les poils qui se hérissent, les veines qui gonflent et le sang qui devient chaud. Animés par cette haine viscérale qui fait tenir leur relation si macabre. Il le ressentait, cette peur atroce d'un lendemain sans réconfort. Était-il futile ? Non, il n'était tout simplement pas idiot. Si la rebelle refuserait de coopérer, le ministre deviendrait le jouet de ses nouveaux petits copains. La cible préférée de ses vieux bourgeois blancs aussi gras que leurs femmes.

Il n'était plus qu'une coquille vide, avide de pouvoir et de reconnaissance. Sous sa carcasse piétinée, ses sentiments s'opposaient, crachant haine et désespoir. Le sorcier vomissait tout ce qu'il refusait de reconnaître, abattant son courroux sur la malheureuse. Ces femmes perfides, protagonistes de ses propres péchés. Il se plaisait à prétendre qu'il ne ressentait aucune culpabilité, que ses gestes étaient guidés par la seule envie de ses partenaires. Par leur faute. Il arrivait à s'en convaincre lui-même. Il se voyait comme un héros, un justicier des temps modernes. Hélas, il ne savait toujours pas faire la différence entre le bien et le mal, et il l'avait prouvé à maintes reprises. Le sang des innocents avaient coulé sur ses mains grossières. Il avait beau essayer de résister, les passer sous l'eau, mais la marque d'une colère incontrôlable venait le hanter, le rendant fou, fou de rage. Jusqu'à ce qu'il recommence, bercé par les voix des fantômes du passé.

Il était désolé. Désolé pour lui-même, pour sa propre personne, si imbuvable. Elle encaissait les coups, mais elle l'avait su dès le début que la situation allait dégénérer. Roxanne l'avait prévu, en essayant de l'acheter avec ce qu'il aimait si faire: le sexe. Le sorcier n'était donc que le simple jouet servant à assouvir les besoins de ces traîtresses. Il se croyait maître du jeu, en réalité elles savaient comment calmer la bête. Il avait voulu lui démontrer le contraire, repoussant ses avances sans pour autant en éprouver l'envie. Toute l'aversion qu'elle avait contenu jusque là s'était introduite dans ses mots. Une animosité malsaine. Leur lien ne tenait que par un infime fil imaginaire, crée de toutes pièces par leurs chimères audacieuses. Celui-ci pouvait se briser à tout moment, s'écroulant sur leurs corps, comme si ils auraient été de simples marionnettes. L'un n'allait pas sans l'autre. Ils se provoquaient mutuellement comme deux amants maudits, mais l'amour n'avait pas sa place, sentiment trop puissant pour être échangé entre ces deux personnalités que tout attirait, que tout opposait.

« Personne ne t'a appris les bonnes manières ? Sache que tu vas rentrer dans le monde des adultes petite idiote. Commence à te comporter comme tel. » Lâcha-t-il dans un nuage de fumée. Il s'amusait de son infortune. Tous deux étaient époustouflants. Changeants, si téméraires, voire suicidaires. Comme si deux caractères habitaient l'enveloppe de chacun, prenant possession dépendant de la situation. Ils avaient commencé par déguster un expresso ensemble, ils finissaient par s'échanger les coups. « Cela dit, je te retourne le compliment. » Il n'eut pas le temps de tirer une nouvelle fois sur son bâton de nicotine, ne pouvant anticiper le geste de son adversaire. Les pieds de la rebelle vinrent à la rencontre de son torse, appuyant avec hargne sur sa cage thoracique. Son souffle fut coupé, à la fois surpris et abasourdi le sorcier transmit son indignation sur les traits de son visage. Quelle ampleur pouvait avoir sa haine au point d'arriver à abattre le mâle dominant ? Tout s'enchaînait à une vitesse qu'il ne pouvait contrôler. Elle se jeta sur lui, tel un félin, féroce et agressive. Le ministre tenta de se dégager, essayant d'agripper les bras de Roxanne. Impossible, le coup avait été si fort qu'il avait du mal à retrouver une respiration régulière. « Va te faire foutre espèce de catin hystérique ! » Cria-t-il la voix rauque. Il avait eu un mal de chien à prononcer ces quelques paroles, les ongles de celle qui avait été sa proie, s'enfonçant sur la peau lisse de son cou.

Il sentait sa gorge irritée, les mots restèrent coincés, endoloris. L’illusionniste avait honte, submergé par ses rétines chocolatées d'une répulsion qu'il connaissait pourtant si bien. « Ferme ta gueule Roxanne. » Grinça-t-il entre ses dents, lassé d'entendre ses paroles remplies de venin. Vipère rusée à la langue aiguisée, cracheuse de poison, elle le dégoûtait. Sa langue venimeuse vint rencontrer la sienne. Ses canines tentèrent de s'enfoncer dans la langue de son interlocutrice, mais celle-ci fut rapide. Son poing audacieux amochant sa mâchoire. Le ministre voulut crier sa frénésie, mais rien ne sortit. Il serra les poings. « Petite salope. » Dit-il dans un murmure presque inaudible. Cette aversion vint se plaquer sur sa jambe droite, il l'a ramena en arrière. D'un coup de genou il assomma le dos de sa partenaire, profitant pour se retirer de cette mauvaise posture. C'était le moment. Le moment de lui faire vivre son pire cauchemar. Il se massa la nuque, réfléchissant. Il avait l'impression que cette femme ne craignait rien, guerrière des temps modernes à l'armure invisible, mais aussi solide que l'était sa volonté. Il claqua des doigts, l'obscurité rejoignant le silence pesant qui régnait dans la pièce. Il avait tendance à oublier ses talents de sorcier, c'était l'occasion de montrer à l'insolente qu'il ne fallait pas s'y frotter de trop près. Wayne se remit debout, ses sphères bleutées essayant de discerner le moindre mouvement. Elle était résistante et ne se laissait pas impressionner.

Le son d'une voix rauque envahit son esprit. La vieille dame ne cessait de proférer des obscénités, criant blasphème et menaçant de faire intervenir la police. La scène était ridicule, volant un sourire au mage blanc. Bientôt, le silence se fit roi, bercé par la noirceur irréelle du salon. Ses yeux se fermèrent, le décor avait changé. Il ressentit cette puissance, ce lien mystique envahir l'âme de son interlocutrice, l'inondant d'images grotesques. Une mise en scène sublime où elle devenait la protagoniste. Une ambiance tendue, mais luxueuse. Une grande table était placée au milieu de la pièce, habillée d’innombrables feuilles de papier. Des chaises monstrueuses, mais au confort non négligeable étaient occupées par l'élite, des hommes approchant la soixantaine à la carrure imposante, mais au ventre flasque. Ils étaient tous habillés de la même manière, avec leur regard fourbe et leurs mains épaisses. Wayne y était aussi, l'un des plus jeunes, un sourire malveillant déchirant ses lippes. Ces yeux déconcertants étaient tous fixés sur la même cible. Une jeune femme présentable, mais sans grand goût pour les belles choses. Plutôt simple, au regard fuyant et à la grimace facile. La seule femelle du groupe, dominée par leurs pensées hypocrites.

Le ministre ignorait tout du passé de Roxanne, ainsi que son présent, mais grâce à ses expériences, il savait que toute femme avait un jardin secret. Que toute femme gardait en elle un amour inconditionnel pour un homme en particulier. Il ne pouvait voir le visage de celui qui s'apprêtait à être jugé, mais la brune en était capable. Il avait cherché au plus profond de son être pour que cette silhouette soit le reflet de celui qui animait les émotions de la belle. Dans cette illusion, c'était son premier jour, elle devait comme tous les autres juger cet homme suspect de manigancer des attaques contre le gouvernement. C'était simple. Aucune pitié, aucun remord. Soit la prison à vie, soit la mort.

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MessageSujet: Re: Devil's Corruption {PV}   Lun 13 Jan - 10:47

La douleur se personnifiait dans sa bouche, aiguisée et aiguë, sans pitié. Son poing s'abattit sur son dos, faisant céder ses frêles appuis, rapprochant son corps entier du parquet, à bout de souffle. Elle n'y allait pas de main morte, et Wayne non plus. Il n'y avait pas théâtre, de faux prétextes entre eux, tout était réel, tout était concret. Le plaisir comme la douleur, cette douleur qui se propageait dans sa pauvre carcasse. Elle était brûlante, elle était insupportable, et elle ravageait chaque parcelle de son corps, elle incendiait chaque pensée. Tandis qu'elle regagnait le mur le plus proche, pour s'y adosser, Wayne mettait en place en un clin d'oeil son petit tour de magie, et les choses ne faisaient que commencer.

Elle se retrouvait perdue, totalement dépaysée. Trop assommée pour réagir de façon rapide et pour analyser rationnellement les évènements, elle se laissait prendre comme une pauvre débutante au piège de Wayne, passant de chez elle à ce fameux conseil qu'elle occupait quotidiennement et qu'elle détestait tant. Elle jeta un coup d'oeil autour de la table, retrouvant ses collègues habituels, parmi lesquels elle eut l'immense plaisir de reconnaître la face joyeuse et satisfaite, trépignant d'impatience, de son cher, et tendre Wayne. Element qui aurait dû l'alerter, et lui faire comprendre dès les premières secondes que ça ne tenait pas la route, que ce n'était pas sa réalité, qu'il ne s'agissait que d'une vulgaire mise en scène pour la pousser à bout, comme si tous les coups portés n'étaient déjà pas suffisants. Objectivement, tout clochait, et pourtant Roxanne, prise par les sentiments, et dépourvue de toute raison, s'y sentait comme pour de vrai. Un premier jour qu'elle redoutait, petite femme fragile qu'on plaçait au milieu de machos gras et sévères. Elle les sentait déjà, leurs regards méprisants, et s'imaginait sans grand mal les remarques qu'ils avaient à son égard. Elle se sentait comme un petit animal, tombé dans le piège du vilain chasseur, à quelques minutes de se faire achever. Intérieurement, elle paniquait, elle perdait ses moyens, mais ne laissait rien transparaître, se refermant davantage, devenant encore plus froide et adoptant les traits sévères de ses compagnons. C'était son premier jour et donc de façon implicite, elle devait prouver qu'elle était capable d'exercer ; ou du moins, elle devait se salir les mains pour être tout aussi coupables que ceux qui étaient assis autour de cette table, pour ne plus pouvoir s'en sortir indemne.
Elle se saisit du dossier posé devant elle, ces faux dossiers à base d'éléments tirés par les cheveux, aussi vrais que l'était l'ordre de ce gouvernement. Des preuves, de quoi inculper des personnes qu'il qualifiait par les pires noms. Car il fallait un semblant de justice, une raison pour toutes ces condamnations. A peine avait-elle le temps d'ouvrir son dossier, que son nom résonna. Connor Joshua Blackpearl. Elle fronça les sourcils, incapable de croire ce qu'elle avait entendu – et c'était là dedans que résidait tout le pouvoir de Wayne. Il lui suffisait d'une petite étincelle, et le feu brûlait tout seul, sans qu'il n'ait besoin d'y rajouter de l'huile, surtout lorsqu'il s'agissait de Roxanne, si bon combustible qu'elle était. Elle avait sa fascinante particularité de s'enfoncer toute seule, de toucher le fond et de creuser encore avec ses mains nues, jusqu'à s'en arracher les ongles.
A l'entente de son nom, elle sentit son ventre se retourner, et la bile remonter le long de sa gorge. Ses mains se crispèrent contre le feuillet qu'elle tenait encore, jetant un regard paniqué à Wayne, comme si elle essayait vainement de retrouver du confort auprès d'un visage familier. Quel malheur qu'il ne s'agisse que de lui, qui devait jubiler de la trouver dans une situation pareille.

Et tout s'enchaîna, sans aucune logique, et pourtant Roxanne continuait à y croire. On l'avait obligée  à prononcer la sentence, à le condamner à mort, car après une scrupuleuse analyse de son dossier, c'était la seule chose qu'il semblait mériter. Ayant trahi les deux camps, et occupant apparemment un grand rôle dans la mise en place du coup d'état, il était nécessaire, à leur yeux, et vis à vis de leur sens aiguisé de la justice, de lui donner la peine maximale. Que sa mort soit un avertissement à tous les traîtres, et qu'ils tremblent en attendant leur tour venir.
Son imagination la menait à sa perte, toute seule, comme une grande. Se plaçant dans la salle où ils allaient l'exécuter, lui de l'autre côté de la vitre, installé, à prêt à se voir injecté la dose létale, tandis qu'elle était là, vulnérable et impuissante. Et la salle derrière huait – car ils avaient décidé de rendre ça public, réunissant les Résistants et les pro-gouvernement, tous les deux détestant Connor pour des raisons bien différentes, mais similaires dans la forme. Pour sa trahison, pour cette trahison que Roxanne n'avait toujours pas digérée, et qui la consumait sans qu'elle ne veuille l'admettre. Emportée par ce tourbillon d'hurlement et ce silence qui s'installait paradoxalement en elle, paralysée par la peur et asphyxiée par l'horreur. Elle ne le voyait que lui, son regard dur, son regard dans lequel elle lisait de la haine et des reproches. Elle lisait dans ses pupilles tout ce qu'elle se rabâchait constamment elle-même, laissant ses pensées prendre racine dans les yeux dans lesquels elle s'était noyée. Et sans coup de théâtre, sans artifices grandioses, on lui donna sa dose, et il n'était plus là.
Elle se retint de vomir, de recracher tout ce qu'elle avait, sentant sa respiration devenir saccadée, au milieu des applaudissements qui éclataient. Elle se sentait perdre pied, se noyer dans la foule déchaînée, et l'idée d'avoir perdu celui qu'elle aimait autant qu'elle haïssait lui semblait être complètement folle. En se retournant, elle ne vit que des visages inconnus, satisfaits de sa mort, alors qu'elle était dévastée. Ils ne comprenaient pas, ne pensaient pas, se réjouissant de la mort de celui qui les avait trahis, mais ils ne pensaient pas aux personnes qui tenaient à celui qu'on venait de massacrer derrière une vitre bien propre, ils ne pensaient pas... Elle ne pensait pas, elle ne pensait pas avoir à affronter ça un jour, elle avait souffert et plié sous sa culpabilité, à chaque mort ou peine de prison qu'elle avait dû prononcer, mais elle ne savait pas ce que c'était que de perdre quelqu'un qui nous est cher, qui nous est vraiment cher. Elle n'avait jamais su quoi répondre aux mères, aux veuves, aux veufs, aux frères révoltés, aux sœurs dévastées. Elle n'avait jamais su quoi leur répondre, car elle n'était pas position de répondre quoique ce soit, elle ne pouvait que se taire, baisser la tête et les écouter vomir sur elle toute la haine qu'ils renfermaient. Et s'ils venaient à lever la main sur elle, elle ne pouvait rien faire d'autre qu'encaisser sagement, car elle pouvait encore faire ça, car elle était en vie, elle, et pas eux. Mais elle n'avait jamais su, elle n'avait jamais senti jusqu'à l'implosion, ce que c'était que de perdre quelqu'un. Et elle ne comprenait là, dans cette minable illusion, et elle eut l'impression de se noyer dans son propre sang.
Dans la foule, elle ne vit que la silhouette de Wayne, une fois de plus, présent partout. Elle se précipita vers lui, se frayant un chemin tant bien que mal. « Arrête-ça ! Arrête-ça ! » cria-t-elle, faisant davantage allusion à tout ce manège, à ce cirque insupportable. Faisant allusion à sa mort, parce qu'elle était désespérée, et non pas à cette illusion grotesque qu'elle n'avait pas encore démasquée. « Fais-les taire, arrête-ça, arrête ce putain de... » Elle ne trouvait même pas les mots adéquats. « Je t'en prie, faut que tu les arrêtes, il peut pas mourir, il peut pas mourir, PAS A CAUSE DE MOI. » Elle le secouait de ses maigres forces, tapant contre son torse avec ses poings tremblants. Et dans un élan final, comme si elle n'avait rien à perdre, car elle y croyait dur comme fer, elle prononça quelques mots, qui signèrent sans aucun doute sa fin. « Je ferai ce que tu veux mais arrête ça, il peut pas mourir à cause de moi. »

Car Wayne était de ceux qui prenaient les choses au premier degré, et surtout lorsque cela les arrangeait. Entendre Roxanne dire qu'elle serait prête à faire ce qu'il voulait, faisait effectivement partie des choses bien agréables à entendre, et dont il se servirait sans le moindre scrupule.


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