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 Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne

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MessageSujet: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Sam 13 Juil - 16:32

Peu importe les stigmates qu'avait laissé cette dernière altercation avec Roxanne, peu importe les bâtons qu'on tenterait de lui mettre dans les roues. Connor était déterminé à ce que les choses changent dans une direction que lui même avait déterminé, ses propres choix selon ses propres envies. Peut-être se berçait-il d'illusion en se pensant capable d'aller au bout de ses projets, mais il s'en fichait pas mal car tout ce qui comptait à présent c'était d'essayer pour ne rien regretter. Rien n'était simple même s'il s'efforçait de ne rien montrer à part sa détermination. Le jeu était dangereux, faire cavalier seul pouvait lourdement lui porter préjudice et il en était conscient mais là au moins il ne devrait rien à personne.
Il devait être méticuleux et précis, ne pas se hâter bien que la patience n'ai jamais été son fort. Il savait qu'il allait devoir faire plusieurs repérages, précis et détaillés pour pouvoir réfléchir utilement en élaborant son futur plan. Et c'était pour effectué son tout premier repérage que le garagiste avait pris la décision de ce rendre dans le quartier du Central Business District. Une zone très surveillée, délicate d'accès surtout en sachant que le Gouvernement se méfiait de lui depuis les évènements de New York. Connor était bien conscient d'être parmi tant d'autres, dans leur ligne de mire, mais il avait fait profil bas depuis son arrivée en Lousiane cherchant à tout prix à ne pas attirer l'attention. Il fallait les laisser s'endormir sur son inactivité et se remettre en mouvement une fois le zoom braqué sur quelqu'un d'autre que lui. Malgré tout il lui avait fallu trouver un subterfuge pour ne pas avoir de problème d'entrée dans ce quartier, les Peacekeeper filtraient l'accès et surveillaient avec zèle toute la zone. Quoi de mieux pour pass d'entrée qu'une vraie fausse convocation du Gouvernement? Il était de toute façon connu comme étant une potentielle menace, ça ne surprendrait donc pas qu'il soit convoqué pour répondre de ses actes ou en prévision d'un jugement. Muni de son sésame artisanal il n'avait eu aucun mal à passer le poste de contrôle.

Habillé bien plus classe qu'à son habitude pour sa visite dans ce quartier uppé, il se fondait dans la masse de travailleurs pressés, et de riches dépensiers qui faisaient le beurre des commerçants et des banquiers. C'est donc sous cette couverture qu'il fit son itinéraire de reconnaissance, arpentant les rues, foulant ces trottoirs pour la première mais pas la dernière fois. Il s'imprégnait de l'ambiance que l'on voulait faire croire aseptisée qui régnait ici, alors qu'en réalité tout n'était que tension et méfiance. Ce Gouvernement comme le précédent, renversé dans la grosse pomme, jetait de la poudre aux yeux du peuple. L'amertume assailli le Résistant, parce que oui il se considérait toujours comme tel malgré ce que l'on pouvait lui reprocher. Ah les reproches, il avait eu sa dose quand sa brune hystérique favorite avait pris la peine de se déplacer jusque chez lui... Visite qu'il avait durement encaissé, l'évincer de sa vie était bien la chose la plus complexe à faire pour Connor et cela malgré ce dégoût qu'il ressentait en pensant à sa trahison à elle, certes bien moindre en comparaison à ce qu'il avait pu faire mais bien réelle.
C'était plus fort que lui, le lieu le faisait penser à elle... Et cela ne fit que se renforcer alors qu'au détour d'une rue il aperçu le Government Building. C'était là que chaque jour elle remplissait ses nouvelles fonctions en tant que membre du Conseil. Quelle ironie pour une chef de la Résistance de devoir choisir le sort de ceux qu'elle avait elle même guidée dans la rébellion. Cette pensée arracha un petit rire amer au blond qui continua de fouler le pavé avec tout son sens de l'observation mis à disposition de cette mission personnelle qu'il c'était donné.

Sans doute ne tournait-il pas encore très rond, pourtant il était totalement clean à cet instant, mais il cru voir Roxanne alors qu'il était déjà trois rues plus loin, au sud du siège du Gouvernement. Il pensa que son obsession l'avait fait halluciner et continua de tracer son chemin. Mais une fois encore dans le reflet d'une vitrine il cru la voir à nouveau. Deux hallucinations ? Sa petite tendance à la parano le rendait peut-être moins objectif. Néanmoins il décida de rester plus vigilant, histoire d'en avoir le cœur net. Après plusieurs minutes de marche il changea de direction au coin d'une rue, modifiant son itinéraire et entrant au hasard dans le premier commerce qu'il trouva, un sex shop en l'occurrence... Le hasard fait bien les choses. Il attendit, surveillant la devanture de l'établissement et eu le plaisir de voir celle a qui il avait appris en grande partie les ficelles de la filature passer devant la vitrine visiblement aux aguets. Il patienta un peu qu'elle soit quelques mètres plus loin pour sortir du sex shop et la suivre à son tour, l'observant avec un petit sourire satisfait. Finalement, son arrogance le titillait bien trop et il prit le parti de mettre les pieds dans le plat avec culot. Marchant derrière elle il lâcha un audible « Tu as perdu quelques chose ? » sourire arrogant en prime, il était plutôt content de lui... Il en faut peu.


Dernière édition par Connor J. BlackPearl le Dim 14 Juil - 22:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Dim 14 Juil - 15:33

C'était plus fort qu'elle, bien plus fort. Comme une force dissociée de sa personne, qui exerçait sur elle sa poigne de fer, faisant sienne sa propre volonté – mais ce qui était finalement déplorable, c'était que cette force qu'elle essayait de lutter en vain, venait de ses propres entrailles. Elle s'arrêta presque net lorsqu'elle vit sa silhouette au loin, plissant les yeux tandis que l'ombre noire qu'il représentait s'éloignait petit à petit. Il lui fallut moins de trois secondes pour se décider à changer de route, et le suivre au loin, même si elle savait pertinemment qu'elle faisait une belle erreur. Elle était de celles qui apprenaient vite, pourtant incapable de retenir la leçon après deux confrontations chaotiques, ponctuées de menaces de suicide ou de mort à chaque fois, comme si la seule issue de cette guerre-là était la mort de l'un ou l'autre. Elle accéléra le pas, essayant toutefois de ne pas jurer avec son décor, tentant d'être au plus une employée pressée de rentrer chez elle, ou une pauvre étourdie qui a oublié ses clés dans son bureau. Lorsqu'il s'agissait de Connor, elle perdait les pédales, elle perdait tout. Son sang froid, sa raison, tout. Elle savait à quel point il était insensé de le  suivre, que peu importe ce qu'elle pourrait apprendre, il en résulterait la même chose, c'est à dire la déception, ou la colère, ou les deux ; soit des émotions néfastes pour elle. Mais elle avait tellement, désespérément besoin de ça, d'avoir de quoi s'accrocher à son souvenir qui s'effaçait peu à peu, un radeau pour garder au sec ce qu'ils avaient vécu, et pour faire sécher son espoir qui s'était rouillé sous les pluies acides. Elle aurait voulu le faire déguerpir d'un simple coup de main, et ne plus jamais se retourner à son nom, à son odeur, à sa silhouette, mais la triste vérité était qu'elle tiquait au moindre détail le concernant, l'enveloppant d'un pincement au coeur qui ressemblait davantage à une plaie qui pissait le sang, mais également d'un confort paradoxal.

C'est ainsi qu'elle se mit à le suivre, tentant de garder ses distances, sans pour autant le perdre au détour d'une rue. Incapable d'être véritablement efficace tant elle était obnubilée par l'idée de ne pas le perdre. Elle tentait de se donner bonne conscience en se répétant à tue tête qu'elle faisait au nom de la Résistance, car il était nécessaire de se rappeler que Connor les avait trahis, et que sa présence dans ces quartiers-ci était inhabituelle. Elle pourrait donc couvrir une nouvelle trahison, ou des magouilles à leur égard. En vérité – et elle préférait ignorer cette vérité-là, elle agissait tout simplement comme une femme jalouse qui craint être bernée par son amant. (comme si cela n'avait pas été déjà fait.) Elle l'avait déjà vu avec une autre récemment, et l'apercevoir quelques secondes avait été suffisant pour faire germer dans la tête de Roxanne un bon nombre d'hypothèses. Ce n'était pas tant le fait de le voir avec une autre femme qui l'avait à ce point dérangée – bien qu'un peu, il fallait le reconnaître. C'était surtout voir le sourire qu'il affichait fièrement sur son visage, accompagné du rire qu'elle imaginait, c'était voir qu'il allait bien, qu'il allait foutrement bien alors qu'elle avait l'impression de souffrir comme un rat mort dans un caniveau. Et elle trouvait la situation terriblement injuste, imaginant déjà que Connor avait tourné la page, ou même, qu'elle n'avait jamais été qu'un minable petit pion qu'il avait manipulé depuis le début, tandis qu'elle l'avait dans la peau.

Ses hypothèses ne s'envolèrent pas lorsqu'elle vit entrer dans un sex shop. Tellement absorbée par le fait de le suivre, qu'elle en oubliait la possibilité même qu'il la repère. Elle partait donc du principe qu'il ignorait qu'elle le suivait depuis de nombreux mètres, et son entrée dans une telle boutique firent remonter dans quelques flash lumineux les quelques secondes pendant lesquels elle l'avait aperçu, accompagné d'une petite connasse brune apprêtée jusqu'aux bouts des ongles. Idiote, elle ne s'arrêta pas, traversant la rue pour rejoindre son trottoir, et jetant des coups d'oeil qu'elle pensait discrets à travers la vitrine, dans l'espoir de distinguer sa silhouette parmi les foulards de plumes accrochés ici et là, et les mannequins qui tournaient derrière la vitre. Le repérant apparemment intéressé par des gadgets colorés, elle essaya de prendre sur elle tant bien que mal, et de continuer à avancer, et éventuellement, enfin rentrer chez elle, au lieu de jouer au détective privé chargé de récolter des ragots sur un couple qui bat de l'aile.

Et à peine avait-elle avancé de dix mètres qu'elle entendit sa voix résonner derrière elle. Plantant ses  dents dans sa lèvre inférieur, et levant les yeux au ciel, elle finit par se retourner lentement, mauvaise perdante. Sans bouger, et sans vraiment réfléchir elle lui lança en guise de réponse : « Moi non, ça va, je te remercie. Et toi, t'as perdu ta libido ? » Elle l'imita, lui rendant son sourire cynique avant de se retourner et de presser le pas. Elle se sentait minable, prise comme une bleue en flagrant délit, et elle n'avait pas prévu d'excuses qui tenaient la route pour sauver son honneur – qui était hors de prix à ses yeux. Roxanne se contenta donc d'avancer rapidement pour rejoindre le plus vite possible un arrêt de bus, en espérant semer Connor qu'elle sentait à ses trousses. Mais la patience n'étant pas une vertu qu'elle possédait, et parce qu'elle l'avait véritablement en travers de la gorge, elle se retourna, visiblement agacée. « Arrête de me suivre ; qu'est-ce que tu veux hein ? »
Elle arqua un sourcil, en secouant la tête pour insister sur l'aspect interrogatif et particulièrement dérangeant de sa présence. « Te fais pas d'idées, je suis ici parce que je travaille dans le coin. Maintenant arrête de me coller et dégage. »
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Lun 15 Juil - 15:47

Sur le moment Connor pensa presque qu'elle avait volontairement fait mine de perdre sa trace pour qu'il puisse la voir... Mais cette idée fût vite balayée, parce que Roxanne était tout comme lui bien trop fière pour être prise la main dans le sac. D'autant plus depuis cette dernière altercation où ils avaient franchis des nouvelles limites en matière de gentillesse à se balancer. Mais c'était plus fort qu'eux, quelque chose les faisaient s'attirer l'un vers l'autre... Mais cette « force invisible » les laissait ensuite en charge du reste et c'était souvent là que tout se gâtait ! Deux caractères explosifs, deux cocktails molotov dont ils allumaient mutuellement la mèche. Malgré les brûlures résiduelles de toutes ces discussions qui n'en étaient pas, le destin comme certains peuvent le nommer, les ramenaient sans cesse à se retrouver. Pourtant cette fois Connor était déterminé à tourner la page, la souffrance qui en résultait il la supportait au quotidien et focalisait son attention ailleurs pour essayer de dissiper cette douleur latente qu'il portait en lui. Sortir l'impétueuse brune de sa vie, il avait toujours su que ça serait difficile et cela même s'ils n'étaient plus guère capable de communiquer que par des cris, des paroles blessantes, des actes aux allures désespérées dignes de tragédies Grecque. Le Résistant était dépassé par cette difficulté à la laisser partir, lui claquer la porte au nez, penser les mots horribles qu'il avait pu lui balancer, tout ça ne suffisait pas.
Roi du faux semblant et surtout particulièrement déterminé à ne pas se laisser abattre, croyant dur comme fer qu'avec le temps ça passerait pour n'être plus qu'un lointain souvenir, Connor paraissait être étrangement bien dans sa peau. Détaché et souriant... Une belle masquerade. Et en cela, fréquenter le cabaret de ce même nom lui était d'une grande aide. Sa seule amie, son amante, ils avaient passé un peu de temps ensemble et le jeune homme en avait vu les effets bénéfiques sur sa personne. Parce qu'avec elle tout était simple, parce que pour elle il n'éprouvait pas de sentiments semblables à ceux qu'avait éveillé Roxanne.

Arrogant comme à son habitude et d'avantage dès qu'il était en sa présence, il affichait un sourire satisfait alors qu'elle se retournait lentement. Sans doute avait elle espéré qu'il trace sa route sur un autre chemin mais c'était raté pour cette fois. Il était bien là. Le problème entre eux, c'est que aucun des deux ne lâcherait rien, jamais. Car c'était comme s'avouer vaincu, laisser une petite victoire à l'autre et peu importe qu'ils puissent finalement être profondément attachés, ils arrivaient à se détester autant qu'ils s'aimaient. Ils luttaient l'un contre l'autre mais aussi contre eux même... Rien ne pouvait être simple et il était fort à parier que dans le cas contraire cela ne les animerait plus autant. Qu'importe le mal qu'ils arrivaient à se faire, la force de ces sentiments aussi destructeurs puissent-ils l'être les faisaient se sentir en vie.
La réplique de la jeune femme lui arracha un petit rire moqueur « Bien au contraire. Je veux juste un peu la pimenter... » lâcha-t-il en espérant bien, au fond de lui, que ça allait au moins un peu l'emmerder de l'entendre dire ça. Elle plus que quiconque devait penser qu'il avait définitivement tourné la page. Roxanne s'éloignait déjà d'un pas vif trahissant son agacement et après une seconde d'hésitation le garagiste lui emboîta le pas. Il ne chercha pas un seul instant à être discret, la suivant sans gène aucune comme si c'était tout à fait banal. Elle se stoppa, la coupe était visiblement pleine et il ne lui avait pas fallu grand chose pour que se soit le cas. L’œil mécontent, le visage fermé elle s'adressa à lui avec ce ton plein d'agacement qui lui est propre. Elle jouait la carte de celle qui le prenait de haut, l'informant avec aplomb que sa seule présence n'était dû qu'au fait que son lieu de travail se trouvait dans le quartier. En somme il ne devait pas se faire de film, ils s'étaient croisés par pure coïncidence... Sauf qu'ils savaient tous deux que ça n'était pas le fruit du hasard, que la brune avait juste un peu de mal à encaisser de s'être faite repérer comme une bleue et au fond Connor jubilait presque. Impassible avec un petit sourire qui lui donnait encore un peu plus une tête à claque, il lui répondit platement en montrant un panneau du doigt « L'arrêt de bus. Il n'est pas à ton nom à priori, si ? » certes il mentait et sa seule intention était de l'agacer d'avantage en enfonçant un peu plus le clou. Il haussa les épaules accompagnant on geste d'un soupir parfaitement audible « Quelle paranoïa... » venant de lui c'était bien ironique, c'était plutôt une tendance qui le caractérisait et c'est bien parce qu'il en avait parfaitement conscience que le terme avait été choisit avec soin pour la piquer au vif. « Mais tu t'emmerdes pas en tout cas, c'est plutôt sympa comme coin. » il la regarda attentivement « T'as pas perdu au change. » en comparaison à l'endroit où elle vivait auparavant il aurait de toute façon été difficile de faire pire que la zone 4... Mais là le changement était plus que flagrant, une sacrée montée sur l'échelle sociale et il ne valait mieux pas qu'il pense à qui elle la devait. Malgré qu'il la cherchait, la provoquait, Connor n'avait pas la moindre agressivité dans l'attitude. Au fond il était content de la voir malgré tout.
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Lun 15 Juil - 17:58

Seule sa mâchoire se resserra, lorsqu'il lui répondit, presque moqueur que sa vie sexuelle battait son plein. C'était une nécessité, comme s'il s'agissait de vie ou de mort, que d'afficher sous le nez de l'autre son bonheur, tellement grand, tellement beau, tellement merveilleux, l'agiter dans tous les sens pour montrer à l'autre qu'il était véritable, sous toutes les coutures ; alors que tout ça n'était qu'un leurre. Et même si elle sentait qu'il n'était pas aussi heureux qu'il le prétendait, que ce numéro là n'était qu'un minable leurre qu'il se sentait obligé de faire, elle n'était pas capable de s'en convaincre. Et elle s'en mordait les doigts.
Évidemment, s'en aller n'était pas suffisant. Il fallait qu'il la colle, qu'il la suivre jusqu'à son arrêt de bus pour patienter tout près d'elle, le même bus qu'elle. Elle sentait comme la frustration et la colère bouillaient en elle, tandis qu'elle tentait de se contenir. Mais ses piques n'y aidant pas, elle se tourna vers lui et soupira bruyamment. « Qu'est-ce que tu fous ici, de toute façon ? Tu viens avec ta veste, ta chemise, dit-elle en le regardant de haut en bas, visiblement pas habituée à le voir habillé de la sorte, tu te tapes tout le trajet pour entrer dans un sex shop minable, ressortir les mains vides et retourner chez toi... Mais j'avais oublié, tu adores brasser du vent. » Elle jeta un coup d'oeil rapide au tour d'elle, avant de reprendre : « Mais tu aimes encore plus faire chier le monde. Donc arrête-ça. » grinça-t-elle entre ses dents, désireuse de le voir déguerpir dans les secondes qui suivaient. Sa simple présence lui tapait sur les nerfs.

Elle entendit sa remarque alors qu'elle montait dans le bus, saluant le chauffeur, en affichant un sourire qui se voulait aimable mais qui apparaissait surtout très crispé. Elle le détestait d'avoir choisi un lieu public, car elle se sentait obligée de se contenir, de parler à mi-voix et de modérer ses propos pour ne pas passer pour la folle du quartier. Elle savait bien qu'elle ne parviendrait pas à le semer avant d'arriver chez elle, et de lui claquer toutes les portes qu'elle pourrait trouver sur son passage à la figure. Elle rejoignit un siège libre, déjà agacée à l'idée de devoir subir un tel trajet en sa présence, accompagné de ses remarques aussi désagréables que vicieuses. Et il ne lui laissait aucun répit, commençant par faire ses commentaires vis à vis du quartier qu'ils étaient sur le point de quitter, mais dans lequel elle revenait tous les jours pour condamner ceux qu'elle avait encouragés. Sa propre conscience était un poids assez conséquent à se traîner, et elle n'avait absolument pas besoin des piques assassines d'un traître qui avait davantage pensé à sa petite personne qu'au groupe auquel il prétendait appartenir. Elle prit sa remarque comme un reproche, qui avait touché la bonne cible. Les décisions qu'elle avait dû prendre récemment lui restaient toutes en travers de la gorge, et sa propre culpabilité faisait bien son travail. « Si tu veux me reprocher quoique ce soit, vas-y, mais arrête avec tes insinuations pourries et sois clair. Et garde en tête que si tu veux cracher ton venin parce que t'as absolument rien d'autre à foutre de ta vie, sur moi, ou sur ce que je fais, tu devrais d'abord te regarder. »
C'était comme vendre son âme pour vivre dans la luxure. Se vautrer dans l'or et l'argent, se rouler dans l'excès et le superflu, et s'y habituer. Vivre dans un monde de paillettes et de dentelles, de costume qui coûtent un bras, de loyer qui coûtent deux jambes et un bras, et croire que c'est ce qu'il y a de plus normal. Elle les voyait autour d'elle, ces hommes pressés et ces femmes apprêtées, ces paysages remplis de tours à perte de vue, et ces rues aussi agitées qu'une fourmilière. Pire, elle les côtoyait ; et ce monde là lui donnait la nausée. Oui, c'était comme vendre son âme pour quelques pièces d'or. Elle sentait comme ce travail lui grignotait sa personne, la rendait aigrie et la laissait comme une carcasse vide qu'on jette aux ordures. Elle n'y était pas encore, mais elle sentait comme elle perdait pied – et si ce n'était pas le travail en lui-même qui allait lui bouffer son âme, ce serait sa propre culpabilité.
Louer l'appartement dans lequel elle vivait lui était apparu comme une épreuve supplémentaire. L'est était certes moins dans l'abondance que le quartier qu'elle se devait fréquenter quotidiennement pour massacrer dans la joie et la bonne humeur des rebelles, mais il était tellement, largement plus vivable que la zone 4. Et elle avait l'impression de ne pas mériter toutes ces choses, elle se sentait sale et honteuse d'avoir un toit pareil, lorsqu'elle savait d'où lui venait cet argent. Mais fallait-il qu'elle choisisse le nord délabré et mal fréquenté, alors qu'elle avait les moyens d'avoir un chez-soi digne de ce nom ? (Bien que pour la décoration et le côté cosy, on pourra repasser.) Est-ce que vivre dans des conditions peu supportables calmerait sa conscience déchaînée ?



Arrivant enfin à quelques rues de son immeuble – le trajet lui parut trois fois plus long que d'habitude, elle se dépêcha pour descendre, en priant intérieurement que la porte du bus se fermera avant que Connor n'ait pu se frayer un chemin. Prière visiblement non exaucée, Roxanne reprit le rythme pressé qu'elle avait adopté précédemment, préparant ses clés pour mieux le semer. Elle tenta de l'arrêter dès la porte d'entrée, qu'elle ouvrit à peine afin la fente ne soit pas plus grande que ce dont elle avait besoin pour se faufiler à l'intérieur, et qu'elle essaya de fermer, le corps plaqué contre celle-ci. Cause perdue, elle s'engouffra dans les escaliers, sa main glissant sur la rampe. Elle montait dans une précipitation folle les marches, en sachant pertinemment que la bataille était déjà perdue. Sans véritable espoir, mais avec beaucoup d'acharnement, elle réitéra la médiocre tentative de le bloquer avec la porte de son appartement, augmentant le débit de jurons tandis qu'elle voyait que la fente s'agrandissait sans qu'elle ne puisse y faire quoique ce soit. « Tu me fais chier, putain. » gronda-t-elle, avant de se rapprocher de lui, pour tenter de le faire reculer et si possible, sortir de chez elle – quelques claques se perdant dans la foulée.
Et enfin, elle s'arrêta, pivota, les mains sur la taille et la tête baissée. Elle ferma les yeux pendant deux secondes, le temps de digérer l'insupportable idée qu'elle allait devoir le supporter jusqu'à ce qu'il ait terminé son petit numéro. Lui faisant face, elle lui demanda en articulant : « Qu'est-ce que tu veux ? » Très sérieuse à ce moment-là, espérant presque une réponse qui le soit tout autant, elle reprit rapidement son cynisme habituel. « Tu viens mettre tes menaces de mort à l’œuvre ? Je croyais que la condition était que je te laisse tranquille, que je ne cherche plus à te voir, que je te considère comme mort, pour reprendre tes termes. Et jusqu'à preuve du contraire, j'ai plutôt bien respecté ça... mais c'est vrai, t'as jamais été un homme de parole ; la loyauté, la confiance, des notions vagues à tes yeux, n'est-ce pas ? » Elle ne manquerait aucune occasion. Et s'il n'y en avait pas, elle les inventerait : elle était bien déterminée à lui rabâcher ça aussi longtemps que possible.
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Mar 16 Juil - 23:25

Ah qu'est-ce que ça pouvait être bon de la voir ainsi s'agacer de sa présence, du fait qu'il la suive mais surtout qu'elle ai été prise la main dans le sac en train de l'épier. Connor savourait ce petit moment où l'emmerdeur né qu'il pouvait être y trouvait parfaitement son compte. Son apparente sérénité, ce détachement parfaitement feint, tout ça était une belle supercherie de la part du blond mais il était satisfait de voir que cela avait son petit effet. Et les réactions de Roxanne allant crescendo, bien qu'elle fût obligée de se contenir au vu du contexte public, ne faisaient que l'encourager encore d'avantage. Quelle mouche l'avait piqué ? Lui qui comptait tourner la page, l'oublier totalement une fois la porte claquée derrière elle... Une ultime confrontation ? Non c'était plus vicieux que ça, rester à jouer comme un sale gosse n'était en réalité qu'un moyen d'avoir quelques minutes de plus en sa présence. S'il y a bien quelque chose que Connor connaissait bien, c'était le manque et au fond de lui, il savait pertinemment que son attitude n'était qu'en fait qu'une compensation de cette sensation de vide qu'il avait ressenti à l'instant où la belle brune avait franchi le seuil de sa porte et qu'il l'avait refermé sur leurs mots dégueulasses, leurs paroles effilées comme des lames de rasoirs qui l'avaient profondément tailladé.
Sa tenue vestimentaire fût une perche assez solide pour qu'elle la saisisse, sur un fond de surprise bien perceptible son ton était amer. S'enchaîna une série de répliques dont elle seule a le secret pour être si piquante et lui continua d'afficher ce petit sourire en coin qui, il le savait on ne peut mieux, lui sortait par les yeux. Animé par la force de son arrogance et son désir d'avoir réellement le dessus cette fois-ci, il était déterminé à ne pas la lâcher pour le moment. Une pointe de curiosité se cachait en réalité derrière ce comportement et il espérait bien pouvoir prendre connaissance de la localisation de son domicile. Il haussa nonchalamment les épaules « Si je suis là c'est que j'avais des choses à faire. Je n'ai aucuns comptes à te rendre me semble-t-il. ». Cependant elle avait juste sur un point, il adorait faire chier le monde pour peu que le monde en question ne puisse cacher son irritation.

Il enfonçait le clou en profitant hardiment du fait qu'elle ne pouvait pas partir dans de grands éclats de voix. Appuyant où ça faisait mal en utilisant cet aveux de culpabilité qu'elle ressentait fait durant leur dernière prise de bec. Mais ça n'était pas seulement une provocation, il voulait que comme lui elle sente le poids de la culpabilité lui broyer les épaules. Pour lui faire la moral elle avait été impeccable, l'enfonçant tant et plus dès qu'elle en avait eu l'occasion et bien qu'il fût responsable de cela de part les choix qu'il avait fait, il avait du mal à digérer le comportement qu'elle avait pu avoir à son égard. Connor le pensait en disant qu'elle n'avait pas perdu au change, elle pouvait bien se dégoûter elle même de devoir participer aux jugements de ceux qu'elle avait accompagné auparavant, sa qualité de vie était matériellement dix fois supérieure à ce qu'elle avait connu. C'était bien là tout le paradoxe, son ascension dans ce nouveau contexte politique la poussait à l'opposé de ce pour quoi elle s'était battue... Pire elle était désormais dans l'autre camp, d'un point de vue tout à fait théorique car le garagiste se doutait que ses idées n'avaient pas pour autant changées.
Lui aussi lâcha un soupir, il fallait toujours qu'elle le ramène à ses propres torts avec zèle « Ouais, ouais, ouais je sais... Mais tu peux comprendre que je sois surpris. Comparé à là où tu vivais avant ça change du tout au tout. Tu change. » il eu un petit rire moqueur « Tu vieillis... » Petit pied de nez quasi enfantin, il avait un peu potassé la composition du Conseil et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il avait été plutôt étonné qu'elle se retrouve au milieu de tout ces vieux bedonnants qui radotent mais en sachant qui avait bien pu la placer là, c'était finalement presque compréhensible.

Le plus drôle dans ce petit jeu que Connor improvisait c'était que ça avait littéralement modifié ses plans et qu'il ignorait où ce bus allait le mener. Il avait une vague idée mais ça restait assez peu précis, raison de plus pour continuer de suivre la jeune femme. Roxanne avait bien eu l'audace de venir frapper à sa porte, envahir son espace vital et tenter de l'écraser dans son propre appartement. Pourquoi ne lui rendrait-il pas la monnaie de sa pièce ? Une fois qu'il saurait où elle habitait, qu'il aurait jeté un coup d'oeil au lieu et déterminé si oui ou non ça pouvait lui être utile comme information, alors il pourrait repartir. Bonus parfait, bien que l'ambiance fût électrique il passait un peu de temps en sa présence en s'imprégnant de son attitude revêche et désagréable en espérant que ça le vaccinerait un peu plus contre elle. Oh oui c'était pathétique, il se sentait comme tel mais il n'allait pas renoncer maintenant c'était trop tard pour s'arrêter. « T'as perdu ton savoir vivre... Même pas une invitation à boire un verre, c'est décevant. » lâcha-t-il avec un air blasé alors qu'il descendait du bus à sa suite. Main dans les poches il la suivit, ignorant les regards noirs qu'elle lui lançait et se précipitant dans l'encadrement de la porte de l'immeuble avant qu'elle ne puisse le coincer dehors « Je m'invite, j'ai soif. Tu me laisserais me dé-sécher ? » c'était à peu près sûr qu'après le dernière dispute et sa verbalisation bien claire de le voir mort elle le ferait sans problème. Il monta les marches à pas rapides comme elle prenant un malin plaisir à jouer le poursuivant un peu comme dans les films.
Par des gestes saccadés, se voulant rapide, elle ouvrit la porte de son logement et il l'empêcha de la lui fermer au nez en y glissant le bout de son pied. Repoussant la porte en s'appuyant contre il afficha un petit air victorieux « Je l'aurais mon verre, même si je dois me servir moi-même. ». Elle résista encore, et malgré ses coups mal distribués il réussit à ouvrir la porte et s'engouffrer dans l'appartement de la brune. L'entendre dire qu'il la faisait chier lui fit plaisir, parce que c'était l'aveu de sa réussite et il aurait pu repartir aussitôt si il n'avait pas été si joueur. Son regard parcouru l'environnement et il émit un petit sifflement « Pas mal. » c'était un brin austère mais la décoration n'était pas franchement un passe temps auquel s'adonnait Roxanne.

Elle était dos à lui et il observa sa silhouette en ressentant une certaine amertume, repensant à ce que finalement il avait perdu, laissant son esprit divaguer un instant dans ses souvenirs. Soudain il redoutait que l'image dégueulasse de Wayne et elle ne s'invite, il secoua alors la tête pour chasser cette pensée. Il avait abattu la carte de l'emmerdeur, l'avait provoqué avec arrogance mais maintenant qu'il était là, dans son appartement avec sa pauvre victoire pourrie il se sentait vide. Cette même sensation que quand il repensait à sa décision de ne plus jamais la revoir. Il avait eu la naïveté de se croire capable de tourner la page mais cette rencontre fortuite lui prouvait tout le contraire, car cette chose qui lui prenait les tripes à cet instant n'était pas de la haine quoi qu'il aurait peut-être préféré, c'était du désir. Connor sentait cette douce brûlure s'étendre lentement, il comprit qu'il n'avait rien gagné, qu'il n'y avait pas de victoire... Juste une rechute.
Le regard fixe, l'esprit ailleurs il ne l'entendit que de manière lointaine lui demander ce qu'il voulait. Incapable de lui répondre comme il n'avait pas vraiment écouté la question, il fronça les sourcils et n'eut pas le temps de répondre que déjà elle enchaînait avec un petit discours typiquement de son cru. Ses yeux s'accrochèrent aux siens un bref instant avant de dériver sur ses lèvres, celles-ci même qu'il aurait voulu faire taire à jamais quand elle bavait ses mots assassins il y a de ça quelques temps. Mais la méthode choisie pour qu'elle se taise ne serait pas la même. Malgré lui à ce moment il buvait ses paroles mais se foutait pas mal de ce que la membre du Conseil pouvait encore une fois lui reprocher. Il secoua la tête relevant le regard et avançant d'un pas « Je m'en fout... Je ne suis pas encore mort... » souffla-t-il. Il sentait son rythme cardiaque accéléré, et cette brûlure plus intense le pousser dans une direction qu'il aurait pourtant voulu éviter à tout jamais. L'écart qui restait entre eux ne fût plus qu'un vague souvenir quand les lèvres de Connor rencontrèrent celles de Roxanne dans un élan imprévu, l'une de ses mains se plaquant contre sa nuque. Franc, spontané, délaissant les limites qu'il s'était imposé il laissait son envie s'exprimer. A la question « Qu'est-ce que tu veux ? » la réponse était pour une fois simple et claire, ce qu'il voulait c'était : elle.
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Ven 19 Juil - 14:59

Elle laissa échapper un ricanement à sa remarque, plus exaspérée qu'autre chose. C'était pourtant le genre de remarque à faire tiquer n'importe quelle fille – voire n'importe quel homme aussi, qui plaçait la vieillesse comme une malédiction absolue du haut de sa petite vingtaine d'année, ne réalisant pas qu'elle avait encore toute sa vie devant elle pour devenir vieille, et que peu importe la lutte acharnée qu'elle déclarera aux années, le sort était déjà scellé : elle allait perdre, qu'importe les mesures prises. Le temps n'était pas un guerrier que l'on combattait à coup de chirurgie et bourre-crâne, ce n'était pas un guerrier tout court.
Et Roxanne n'était pas de ceux qui étaient obsédés par l'inexorable égrènement du temps, la remarque de Connor lui paraissait ainsi même pas digne d'intérêt. Cependant, « Tu changes » fit son effet. Elle tentait de ne rien laisser apparaître, dissimulant ses craintes derrière un masque de sourires crispés et moqueurs qu'elle lui adressait sans la moindre retenue. Car elle voyait comme les choses s'accéléraient, devenaient presque hors de contrôle – si jamais elles l'avaient été un jour ; elle voyait comme les opportunités, aussi empoisonnées soient-elles se présentaient à elle, et même si elle était certaine d'oeuvre pour le bien, ou du moins ce qu'elle considérait comme tel, il lui arrivait de se remettre en question. A l'abri des autres, seule – mais déjà trop présente. On n'est jamais seul, toujours avec soi-même, et cela faisait toute la différence. Soi-même était déjà trop parfois pour Roxanne, soi-même était l'incarnation de l'arrogance, de la loyauté, l'exigence de la perfection ou du sommet, soi-même était tout ce à quoi elle aspirait, tout ce qu'elle était, ce qu'elle ne serait jamais, ce qu'elle voudrait être.

« T'as pas besoin de moi pour boire un verre. Puis, t'es plutôt bouteille que je sache. » lui lança-t-elle, sans ralentir, faisant allusion à une de ses très nombreuses addictions. La liste était longue, et au moins elle était sûre de ne pas manquer de ressources ; il fallait savoir prendre les choses du bon côté après tout. Laissant échapper un rire, et hochant la tête, « Oh oui, je viendrai personnellement te conduire dans un désert pour accélérer ta déshydratation. »
La lutte ne donnait pas grand choses, et ses remarques presque légères lui donnaient envie d'enfoncer ses doigts au fond de ses orbites pour les faire recracher ses yeux. Le combat semblait moins insupportable lorsqu'il rivalisait avec les mêmes armes, ou presque, lorsqu'il cherchait volontairement à la blesser sans détours. Là, il avait opté pour celui qui n'en avait rien à faire, un brin taquin – mais extrêmement agaçant à ses yeux.

Elle leva les yeux au ciel, presque prête à lancer une imitation douteuse de Connor, qu'elle pensait parti pour un monologue qui se voulait de fine poésie qui se révélait terriblement médiocre et risible, plein de leçons de morales qui ressemblaient davantage à des jurons, venant de lui. Soupirant d'avance, grattant dans la cervelle pour essayer de trouver une façon de le sortir d'ici, elle s'apprêtait à grimacer en remuant les lèvres ; tandis que les siennes s'abattirent dessus sans crier gare. Mécaniquement – car c'était effectivement de cette façon qu'elle réagit, et pendant une fraction de secondes, elle lui rendit son baiser. C'était comme faire du vélo. Ça ne s'oubliait pas, embrasser Connor était comme faire du vélo. Avec tous les réflexes qui allaient avec. Mais c'était aussi de façon mécanique qu'elle le repoussa, plaquant sa paume contre sa joue pour l'éloigner d'elle, tandis que son corps faisait le mouvement inverse de sa main.
Et elle resta debout, immobile, les traits déformés par l'horreur et le dégoût d'une part, comme s'il venait de lui balancer à la figure une tirade immonde insultant toute sa famille des pires noms trouvés, ou comme si elle venait d'assister à un acte tellement impensable que les mots et le fougue lui avaient échappé ; et d'autre part la surprise. Une menace quelconque – s'il restait encore des choses à menacer, l'aurait presque laissée de marbre en comparaison. Elle s'attendait à tout venant de sa bouche, sauf ça. Et elle aurait préféré qu'il s'abstienne.
En effet, cette guerre qu'ils s'étaient déclarés avait annihilé tout désir à son égard. Elle l'aimait, à en crever, elle le détestait tout autant, mais elle avait fini par ne plus nourrir le moindre désir pour Connor. Trop occupée à être tiraillée entre deux pôles, à s'entre-tuer comme de bons soldats. Trop écœurée par sa personne pour en avoir envie, et les rares rencontres qui se produisaient se soldaient davantage par l'éventuelle mort de l'un que des réconciliations sur l'oreiller. A ce moment-là, elle lui en voulut, l'agaçant encore plus qu'il ne l'avait fait les dernières minutes, et jetant de l'huile sur le feu dans lequel elle l'imaginait brûler tous les soirs. Parce qu'elle n'avait pas envie de lui, qu'elle n'éprouvait aucun désir à son égard depuis des mois et des mois, et qu'il venait de saccager cette absence d'envie qui était finalement une sorte de paix à ses yeux. Parce qu'en l'embrassant, il venait d'ouvrir la porte, aussi petite l'ouverture soit-elle, à tout ce qu'elle avait chassé sans le moindre mal – et elle avait peur de ne pas être capable de le faire à nouveau.
Ses doigts se rabattirent sur sa paume, ses mains se transformant en poings fébriles. Elle déglutit, en relevant le menton, lui lançant un regard plein de rancœur et d'hésitation.

Et finalement elle céda à tout ce contre quoi elle luttait, et tout ce qu'elle finirait par regretter.
Brisant la distance en une enjambée, sa main droite se calant contre son cou, pour glisser vers sa nuque et ses cheveux, l'autre enlaçant ses épaules, tandis que ses lèvres rencontrèrent les siennes dans une hâte à peine dissimulée. Elle s'en voulait presque à ce moment-là, se jugeant affreusement faible. Mais en même temps, c'était ce qu'elle était, petite chose faible qui se laisse réduire à l'esclavage par ses propres pulsions, et maintenant qu'elle était suspendue là, au bout de ses lèvres, elle savait qu'il était trop tard pour faire marche arrière. Parce qu'elle n'en était pas capable, parce qu'elle ne le voulait pas.
Savourant sa bouche et sa langue, cherchant à se fondre toute entière dans la chaleur qui l'entourait. Ses bras retrouvèrent sa taille et ses hanches, comme une étreinte qu'ils n'avaient jamais oublié, ses doigts grimpèrent le long de sa colonne vertébrale pour venir s'échouer, tendus contre ses omoplates. Regagnant son torse, ses épaules et ses clavicules, elle commença à déboutonner sa chemise, pour la faire tomber en même temps que sa veste, avant de l'entraîner vers le couloir.

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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Dim 21 Juil - 23:21

Il était plutôt bouteille, Roxanne avait entièrement raison sur ce point. Et à cet instant c'était justement une de ces belles et rassurantes bouteilles au contenu enivrant qu'il aurait dû être en train d'embrasser. Épousant le goulot de ses lèvres, plutôt que de goûter à celle de la colérique brune. Mais il était incroyablement faible, incapable de lutter contre ce désir qui l'avait envahi comme un poison. Qu'elle réponde à ce baiser le dérouta d'autant plus, n'arrangeant en rien cette perte de contrôle dont il faisait preuve. Par chance elle le repoussa enfin, il ne lutta pas, presque reconnaissant pour une fois qu'elle le rejette. Stoïque, presque hagard, Connor respirait difficilement. Oppressé par des émotions qu'il avait voulu faire taire, des sensations qui battaient leur plein alors que la seule chose qui aurait dû lui tirailler les entrailles était la haine. Sournoise, profonde, qui allait le dévorer à petit feu, oui c'était ça qu'il avait voulu faire de lui, d'elle, d'eux. Mais il n'était qu'un homme, trop faible face à l'exaspération palpable de la membre du Conseil qui l'avait profondément excité.
Le garagiste était à deux doigts de la remercier d'afficher une mine dégoûtée, parce qu'il était plus facile de lutter en sachant avec quelle hargne elle pouvait le détester, le profond dégoût que ce baiser arracher à ses lèvres pincées par la colère avait provoqué. Naïvement il avait pensé en avoir fini avec elle, que ces combats qu'ils menaient inlassablement à grand coups de saloperies qu'ils s'envoyaient et de menaces qu'ils proféraient avait eu raison de son désir, de ses sentiments. Faux, il avait eu tout faux et s'en voulait de n'avoir pu résister alors qu'il était si près du but. Connor resta là, en chien de faïence à la regarder avec une lueur d'incompréhension dans les yeux. Pas de sa réaction à elle, mais de la sienne qui avait été trop spontanée et brutale pour qu'il puisse en faire une quelconque analyse.

Une gifle, un coup de poing, des cris remplis d'insultes, il attendait sa punition celle qu'il jugeait mériter pour autant de stupidité et de faiblesse. Il aurait presque voulu la supplier de lui faire payer le prix fort pour ça... Autant de travail pour la haïr, pour finalement se rendre compte qu'il la désirait encore ardemment malgré tout. Pire que de la détester Connor avait cru pouvoir l'effacer, rassembler la force nécessaire pour l'ignorer lui offrant le pire des mépris pour toute récompense de ces moments, qui il fût un temps, n'avaient pas été si noirs et violents. Mais la rancœur qui animait son regard se mua en hésitation, posant sur lui ses orbes qui reflétaient qu'elle était tout autant secouée par ce qui venait de se passer.
C'est Roxanne qui réduisit la distance qu'elle avait remise entre eux, prise par cette même fougue qui avait bousculé le garagiste vers la brune. Ses mains ne frappaient pas, elles glissèrent sur lui réveillant des sensations enfouies, qu'il souhaitait à cet instant ranimer plus que tout autre chose. Cette fièvre qui fait la hâte, l'intensité de chaque geste montait un peu plus à chaque parcelle de son corps qu'elle touchait, provoquant l'abandon total de toute retenue qu'il avait cherché à s'imposer. Reprendre le contrôle était une illusion dans laquelle il ne se bercerait pas, la volonté lui manquait, incapable de laisser ce pour quoi il était prêt à se faire si mal parfois. Sa bouche se nourrissait de la sienne, satisfaisant cet appétit si puissant qui avait eu raison de lui, de ses efforts. Sa capacité à la réflexion termina de se déconnecter dès lors que seule les sensations des mains de Roxanne sur lui vinrent saturer l'intégralité de ses capacités d'analyses. Ses propres mains agrippées à ses hanches comme s'il craignait que dans un élan de remords elle ne s'esquive à nouveau.

Les premiers vêtements qui touchèrent le sol furent les siens et le blond se laissa entraîner dans le couloir, s'occupant à son tour du sort de ces morceaux de tissus qui faisaient encore barrière entre leurs peaux moites. Les boutons cédèrent aux assauts imprécis de ses doigts, il vint à bout d'une fermeture qui semblait réticente dans la hâte du moment, et enfin comme un trésor cherché depuis trop de temps déjà ses mains retrouvèrent la douce chaleur, la texture de l'épiderme de Roxanne en glissant sur ses courbes. Il prenait sa dose de la pire drogue qu'il lui ai été donné de consommer, son addiction la plus destructrice. Délaissant ses semblables, ses lèvres s'aventurèrent dans son cou, embrassant, mordant parfois sa peau fine et pâle. Porté par la nature brute de cette envie brûlante qui consumait ses tripes, ses sensations devenaient les seules guides de chacun de ses gestes. Il s'enivrait d'elle.
Il n'y avait plus de secondes, de minutes ou d'heure, plus de jour, plus de date, ça n'avait pas d'importance, là maintenant, dans la chaleur du moment. Les cris, la haine mit sur le banc de touche l'espace d'un instant volé à la rancœur et au mépris qu'ils nourrissaient l'un envers l'autre. Quelque chose de plus fort avait pris le contrôle malgré eux, en dépit de ces efforts colossaux qu'ils avaient fait pour se haïr un peu plus à chaque confrontation. Une parenthèse qui ne mènerait à rien une fois refermée mais créait une brèche prouvant qu'ils n'en avaient pas fini.
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Mer 24 Juil - 18:07

L'instant, l'instant unique où on ne sait plus si c'est la chair ou si c'est l'âme qui palpite. Chaque parcelle de peau réclamait ce qui lui avait tant manqué, frémissant de plaisir à chaque caresse, et se consumant dans le bûcher du plaisir au moindre contact. A peine s'était-elle élancée dans ses bras qu'elle s'y était perdue déjà. Elle avait fermé les yeux sur toute leur réalité, sur leurs rancœurs, sur tout ce qui faisait partie d'elle, partie d'eux, pour se laisser guider par les sensations uniquement, et dieu qu'elles étaient agréables ! Tatouée par l'insatiabilité, elle était toujours à la recherche de plus, s'agrippant plus ardemment à ses épaules, nouant plus durement ses jambes huilées par le plaisir autour de sa taille. Elle se sentait flancher, se sentait abandonnée de cette armure de glace et d'arrogance, ce mépris et ce contrôle dans lesquels elle se cachait, auxquels elle s'accrochait comme une forcenée. Et chaque couche s'était volatilisée au fur et à mesure que ses vêtements tombaient, pour la laisser nue, au centre de tout, pour laisser la passion la dévorer alors qu'elle n'avait qu'essayé de la contenir. Pour se laisser piéger dans les griffes acérées de l'Envie, la vilaine, pour se donner toute entière à elle, et abdiquer les deux genoux au sol, et la tête plus bas que terre.
Elle avait désespérément besoin de le sentir là, contre elle, le plus près possible. L'excitation qui lui broyait le bas ventre, tandis qu'elle liait son bassin au sien, sa poitrine contre son torse, une main au creux de ses reins, et l'autre sur son omoplate. Sa bouche libérant un souffle chaud contre son visage, et des gémissements qui mourraient dans sa gorge avait même d'atteindre sa langue ; et sa langue avec laquelle elle s'emmêlait dans une danse lascive.


Oui, ce n'était qu'une parenthèse. Aussitôt ouverte, aussitôt fermée. Il leur avait suffit de séparer leur corps pour que celle-ci trouve sa fin. Encore grisée par le plaisir, bien que secouée par le caractère inattendu de l'acte, Roxanne était restée muette, roulant jusqu'à l'autre bout du lit pour que la distance les séparant soit maximale. Et elle restait allongée sur le dos, les mains posées à plat sur le ventre, les yeux vides qu'elle refermait de temps en temps lorsqu'ils commençaient à la piquer – ou lorsqu'elle semblait prise par un soubresaut de conscience.
Les mots semblaient terriblement vains. Rien n'affluait sur sa langue comme elle en avait pourtant bien l'habitude. Elle ne voulait ni le couvrir d'insultes, ni construire un pont pour faire un semblant de trêve. Elle demeurait là, flottant dans un entre deux flou. La chambre lui avait semblé être un four à chaleur tournante, et là elle sentait comme sa peau refroidissait, reprenait sa température normale, qui lui parut étrangement en dessous de la moyenne. Saisie par un frisson, elle attrapa à l'aide de ses pieds sa couette dans laquelle elle s'enroula, tournant en même temps le dos à Connor.
Elle resta dans cette position là, recroquevillée sur elle-même, feignant de dormir elle qu'elle ne parvenait pas à se laisser tomber dans les bras de Morphée. Elle les cherchait pourtant, ces putains de bras, ce putain de marchand de sable, mais rien. Elle était laissée à l'étroit dans son bout de lit, ne trouvant aucune étreinte si ce n'est que celle de ses draps en coton. Autrefois – car elle avait l'impression que cela faisait une éternité – elle avait encore la consolation de Connor, se glissant entre ses bras pour venir sentir sa confortable chaleur. A présent, elle ne pouvait même plus se tourner vers lui, comme si sa silhouette était déjà un supplice. Épreuve qu'elle ne tentait même pas de passer, préférant garder sa tête tournée vers le côté opposé.

Finalement, elle se releva, sans jeter un regard en sa direction, jouant le numéro de celle qui avait oublié sa présence, alors que son image était gravée sur ses rétines. Elle l'imaginait très bien, pour s'être réveillée des centaines de fois à ses côtés. Elle priait pour qu'il soit endormi, pour qu'elle puisse se glisser au dehors de la chambre sans problème. Après un rapide coup d’œil par terre – de son côté de lit – elle alla attraper dans son armoire une culotte et un large t-shirt qu'elle enfila rapidement, avant de quitter la pièce. Passant par la cuisine pour se servir un verre d'eau, elle s'installa sur le canapé, la cigarette au bec n'attendant plus qu'à être allumée.
L'un des avantages de ce nouvel appartement, outre le fait qu'il soit bien moins miteux que le précédent, était qu'elle n'y avait pas de souvenirs. Elle pouvait regarder chacun de ses murs, chaque coin, chaque meuble, et aucune image ne lui éclatait à la figure. Elle n'avait pas à subir le poids des souvenirs ravivés par la vue ou l'odorat, car il n'y en avait pas ici. Mais depuis son canapé, elle sentait les fantômes trotter devant elle, leur fantôme, Connor et Roxanne il y a quelques heures de ça. Connor et Roxanne qui s'embrassent langoureusement, brûlés par un désir tout juste réveillé.

Et ça lui mordait le ventre, le cœur et la gorge.
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Ven 26 Juil - 19:02

Deux corps affamés l'un de l'autre ils se réclamaient, trouvant un semblant de contentement quand leurs peaux échauffées par le désir se rejoignaient. Une fusion aussi explosive que lorsqu'ils se déchiraient, le seul équilibre qui leur était donné de trouver. Brûlant, Connor sentait les mains de Roxanne s'agripper à sa peau luisante de sueur. Son souffle venait se briser contre son épaule entre deux ballets langoureux. Il oscillait entre la pleine conscience et moment de flottement total. Perdu dans un tourbillons de sensations grisantes, enivrantes il s'imprégnait de chacune d'elles. Vaillant conquérant en quête de la vague tant attendue du plaisir ultime. Elle arriva, inévitable et puissante pour l'emporter en le laissant à la merci des hormones du plaisir qui le plongèrent dans une douce torpeur.
L'endorphine avait saturé les récepteurs de son cerveau, sa respiration reprenait un rythme moins élevé et le garagiste ne prêta aucune attention au corps de Roxanne qui s'éloignait le plus loin possible de lui. Distance pourtant très représentative de ce qui restait d'eux si tant est qu'il y ai eu un « eux » un jour. Morphée lui tendait des bras fort accueillants et il les aurait peut-être rejoint s'il n'avait pas sentit sur son corps un courant d'air froid alors que la couette lui était retiré, il ne tenta même pas de la retenir. Les yeux clos, dans un sommeil feint sa conscience revenait petit à petit. A nouveau ce sentiment de faiblesse le piquait vilement. Ce qui venait de se passer n'aurait pas dû arriver. Il avait fait trop d'efforts afin d'exclure la membre du Conseil de sa vie, pour se laisser stupidement diriger par ses envies aussi brutes et puissantes puissent-elles être. Il perçu du mouvement à côté de lui et ne cilla pas, ouvrant un œil discrètement pour la voir se rhabiller partiellement et quitter la chambre. Pas un regard, ignorant sa présence comme s'il avait été un fantôme. Il ne s'en offusqua pas, sachant pertinemment que cette maigre trêve ne signifiait rien et que les hostilités étaient implicitement rouvertes.

Connor était désormais seul dans le théâtre de cette parenthèse à présent fermée. Est-ce que ça avait vraiment eu lieu ? Avant il aurait pu croire être tellement défoncé qu'il venait d'avoir une hallucination plus vraie que nature, mais ça n'était pas le cas. Non, il s'était bel et bien jeté sur les lèvres de la brune et ça avait été le déclencheur de tout ça. Son regret n'était pas l'acte, comment aurait-il pu regretter de se sentir autant en vie ? S'il regrettait une chose c'était tout simplement d'être le fautif, et plus encore le fait que ça tendait une belle perche à Roxanne pour qu'elle l'étouffe de reproches. Mais ils avaient été deux à perdre le contrôle et ça elle ne pouvait s'en défendre.
Après plusieurs minutes d'immobilité et las d'avoir froid après avoir eu si chaud, il se redressa sur ce lit qui n'était pas le sien. Observant la pièce dont il n'avait pas vraiment regarder grand chose en y entrant, il remarqua l'absence d'appropriation des lieux. Il avait l'impression d'être dans un appartement témoin, sans vie si l'on occultait les vêtements sur le sol et les draps froissés.
Il passa ses mains sur son visage et se leva, cherchant après ses affaires pour se rhabiller. Remettant son boxer, trouvant son pantalon un peu plus loin, cependant c'est dans le couloir qu'il retrouva sa ceinture et s'avança ensuite vers l'entrée pour récupérer sa chemise ainsi que sa veste.
Fallait-il qu'il s'en aille sans un mot ? L'idée était plus que tentante mais porteuse de raisons supplémentaires pour que Roxanne l'accable s'ils venaient à se recroiser. Même si assumer n'était pas son point fort, une fois partiellement rhabillé il s'avança vers le séjour, y trouvant la membre du Conseil en train de consommer une de ses précieuses cigarettes. Comme la chambre cette pièce était neutre, spacieuse et agréable mais vierge de toute décoration qu'aurait pu y apporter la jeune femme. Lorsque son regard eu balayer l'ensemble du lieu il s'arrêta sur son interlocutrice et comme pour reprendre où ils s'en étaient arrêtés ou presque il déclara « Bel appartement, je ne m'étais pas trompé. » c'était inutile comme remarque mais ça ferait office d'amorce. Le sexe ramolli le cerveau des hommes et il en faisait les frais, incapable de lui balancer une pique cinglante qui pourrait faire mouche. Il posa sa veste sur le dossier d'un fauteuil pour bénéficier de ses deux mains afin de terminer de se rhabiller. Boutonnant sa chemise son regard échoua sur les jambes nues de Roxanne et il le détourna presque aussitôt comme s'il craignait de n'avoir une nouvelle rechute. Il eu un petit rire  « Tu y arriverais, à retourner dans la même précarité que tu as connus ? Après avoir goûté à ça ? » il n'insinuait rien qui le concerne lui, c'était de la simple curiosité pour avoir un indice de plus sur la manière dont elle gérait cette nouvelle vie en rapport à celle qu'elle menait avant. Discrètement il comptait évaluer son implication dans ses fonctions, son opinion sur ce monde qui l'avait accueilli au prix de concessions sur les idéaux pour lesquels elle c'était battue fût un temps. Le timing lui semblait opportun, profitant de ce moment de flottement dans lequel ils se trouvaient après le choc inattendu de leur écart de conduite.
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Dim 28 Juil - 18:53

Comme une petite pute. Qui attend sagement d'être payée.
Comme une épouse infidèle. Qui se noie dans ses remords.
Comme un néant, qui vous happe lorsque vous n'avez plus personne, plus rien.

Elle se trouvait perdue, chez elle, dans un salon baigné de bleu, aux fumées dansantes sur le bout de son nez. Elle avait toutes ces sensations-là, brûlantes en elle, sans savoir quoi en faire, sans savoir comment s'en débarrasser. Elle restait assise, comme si elle attendait inconsciemment, ou du moins sans vouloir se l'admettre, le réveil de Connor, en sachant pertinemment que cela ne mènerait à rien, comme ils l'avaient prouvé des milliers de fois déjà. Mais qu'était-elle censée faire, de toute façon ? Fuir, et prier pour qu'il trouve sans trop de difficultés la porte de sortie, puis se cracher dessus et s'insulter cordialement toutes les prochaines fois ? En parallèle, elle était prise de remords envahissants, une espèce de culpabilité la poignardant entre les cotes. La terrible sensation d'avoir fait quelque chose qu'il ne fallait pas – et en même temps, la satisfaction indécente du désir rassasié.
Elle aurait voulu nier, nier qu'elle n'avait pas aimé, nier que ça ne lui avait pas manqué, nier tout ce qu'elle s'échinait à gueuler à haute voix, nier ce qu'elle tentait vainement de se convaincre et de croire. Et dans cette explosion, il y avait cette étrange sensation d'être vidée de tout, de n'être qu'un enchevêtrement de cellules, une carapace vide consciente de son propre vide, et c'était peut-être ça, le pire. En être consciente. Avoir l'intuition, la certitude même, de sentir que quelque chose ne va pas, qu'il peut y avoir plus, qu'il devrait y avoir plus, et être incapable de remplir ce glouton de puits.
Épuisée, et lasse. Elle avait fini par en avoir assez de ces batailles et de cette guerre sans fin, et pourtant, il semblerait que ce soit tout dont elle était faite, tout ce qu'elle connaissait et avait connu. Elle ne savait pas vivre sans, hideuse vérité qu'elle se refusait de considérer ne serait-ce qu'un instant. Ce perpétuel état de conflit, cette recherche insensée et effrénée du tourment, en y mettant autant de force et d'ardeurs qu'une quête de la vérité, que la quête du Saint Graal, c'était peut-être finalement son Graal.
Douteuse personnification du conflit, elle ne pouvait être autrement – elle ne pouvait pas l'admettre, le reconnaître sans se dénaturer.

Elle se contenta d'un regard, presque accusateur, en voyant Connor ramasser ses affaires. Elle préféra l'ignorer, détournant la tête en espérant qu'il disparaisse le plus rapidement possible, continuant de faire fumer le bout de ses lèvres.
Recrachant la nuée blanche, elle se retourna vers lui, perturbée par la banalité de ses propos, qui se révélaient presque risibles. Elle afficha un sourire, hochant la tête avant de retourner à son occupation préférée. Mais évidemment, Connor n'en avait pas fini. Il n'en avait jamais fini – surtout pas lorsqu'elle le voulait.
Un air interrogateur s'étala sur son visage lorsqu'elle entendit sa question. Se demandant si c'était une provocation pour lui faire comprendre qu'il n'y avait pas de trêve, pas de traité de paix, rien. Qu'il la détestait, et qu'il aimait toujours lui faire comprendre qu'elle n'était ni plus ni moins qu'une petite imbécile, reniant tous ses prétendus valeurs et principes pour un peu de pognon. Elle ouvrit la bouche, sur le point de lui répondre sèchement que l'endroit dans lequel elle vivait ne faisait pas d'elle une autre personne, que ça ne la rendait pas comme tous ces gens engraissés dans leur luxe parfait aux décors chics et épurés. Mais elle s'arrêta, sans que le moindre son ne sorte de sa bouche, d'une part parce que répondre par la négative à sa question la rendrait tout aussi hypocrite que toutes ces personnes qu'elle critiquait avec joie et entrain, et d'autre part parce qu'elle voyait dans les traits de Connor que c'était pas tant une nouvelle façon de lui rabâcher son dégoût.
Elle se mit en tailleur, le dos droit, avant de lui répondre le plus légèrement possible, car c'était tout ce qu'elle avait trouvé, et qu'elle était trop fatiguée pour lutter encore une fois. « J'imagine que ça me fera le même effet que toi lorsque t'étais venu chez moi pour la première fois. » Elle haussa les épaules, un bref sourire sur le bout des lèvres. Le fait était que, elle n'en serait pas capable. Elle détestait déjà le taudis dans lequel elle vivait avant la Nouvelle Orléans, cette zone 4 aussi insalubre que sinistre. « Mais on s'y fait, n'est-ce pas ? » Elle avait détesté voir Connor franchir le seuil de sa porte, envahie par un sentiment de honte ; et découvrir quelque chose qu'elle supportait à peine tous les jours ; l'impression que son prétendu chez-soi lui renvoyait toute sa médiocrité dans la figure. Alors non, elle ne serait pas capable de retourner vivre dans la précarité dans laquelle elle se trouvait après avoir goûté à mieux, à tellement mieux, mais elle était à peine capable d'y vivre avant non plus.
Il paraît que l'habitation est un bon reflet de la personne qui y vit. Pour le cas de Roxanne, il était triste d'admettre que c'était plus vrai qu'elle ne l'aurait souhaité. Une gamine venue de nulle part qui essayait, bornée et acharnée, de se sortir de la boue dans laquelle elle avait pataugé depuis toujours. C'était ce qu'elle était après tout, un brouillon, quelque chose que personne ne voulait, que personne ne gardait longtemps. Et aujourd'hui, elle avait volontiers l'apparence d'une femme accomplie, avec un de ces hauts postes au Gouvernement, avec la fausse sensation d'avoir du pouvoir entre ses petites mains. Et son appartement reflétait bien cet aspect-ci ; le décor ascétique se chargeant du reste, du reste qu'elle était devenue. Triste autoportrait qu'elle peignait, et pourtant convaincue qu'elle valait bien mieux que tout ça, qu'elle était bien mieux que tout ça.
« On s'habitue rapidement à l'argent, hein ? La réciproque est difficilement vraie, par contre. Mais t'as pas le droit de me blâmer pour avoir eu envie d'un peu plus. » Elle resta calme, simplement honnête. Ce n'était pas des reproches qu'elle lui lançait, c'était inoffensif et sans la moindre animosité.
Fallait-il qu'elle loue un soit-disant appartement dans le nord de la ville pour réussir à dormir la nuit ? Pour avoir bonne conscience, pour pouvoir se dire qu'elle était toujours la Roxanne qu'elle prétendait être ?
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Sam 10 Aoû - 0:02

La fièvre finie toujours par retomber, qu'elle vienne de la haine ou de l'allégresse. Cette poussée là avait été soudaine et violente, ravivant une flamme qui n'était plus qu'à l'état de charbon dont l'incandescence ne se résumait qu'à vivoter pathétiquement au gré des souffles acides de la rancœur. Et maintenant c'était le flou total, l'inconfort d'une situation dont on ne sait pas quoi faire, sur laquelle on ne sait quoi dire. Occulter ce dérapage restait l'option la plus envisageable aux yeux de Connor qui excellait dans ce domaine. Et repartir sur des banalités lui avait semblé être la solution la plus adéquate bien qu'elle ne le satisfaisait pas. Parler déco et chiffon avec Roxanne ? Depuis quand faisait-il ça ? Jamais. Et ils n'allaient pas commencé maintenant. Tout ça n'était qu'une accroche, un moyen de rétablir un semblant de communication en espérant rester sur une fréquence calme, pour une fois.
Totalement neutre en comparaison à son attitude habituelle, le garagiste essayait de transmettre un semblant de contexte de trêve à son interlocutrice. Parfois maladroit dans le choix des mots et les tournures de phrases, il comptait sur l'absence d'arrogance pour temporiser l'échange. Il cru à un échec cuisant en observant la première réaction de Roxanne à sa question pour le moins inattendue. Il attendait l'assaut de ses mots mais rien ne vint, elle se ravisait de reprendre leur jeu de violence verbale et répondait sur le ton badin de la conversation. C'était presque étrange, comme si mettre le grief de côté était obligatoirement un acte forcé et dénué de toute authenticité. Pourtant s'il voulait un temps soit peu essayer de la comprendre, si tant est que cela soit possible, Connor avait parfaitement conscience qu'il devait faire des efforts sans que ça n'irrite pour autant la jeune femme. Quel caractère de merde elle pouvait avoir ! Trouver le juste équilibre pour trouver la brèche nécessitait qu'il use de son esprit de stratège pour ne pas encore une fois se brûler à un degré où l'on cesse de compter.

Elle était le loup dans la bergerie désormais, occupant une place qui offrait des multiples possibilités. Mais avant de faire un plan de quelque sorte qu'il soit, il devait tâter le terrain et se convaincre lui même que non elle n'avait pas changé. Il bavait bien volontiers l'inverse pour la voir tomber la face, mais au fond il était presque sûr que ses idéaux gardaient une place de choix dans ses priorités. Sauf que comme lui elle se retrouvait les poings liés. Bien entendu il s'abstiendrait de toute comparaison entre eux, c'était tout bonnement exclu s'il ne voulait pas la voir sauter au plafond avant de tenter une extraction à mains nues de ses yeux...
Connor hocha la tête avec une compréhension non feinte. Qui en ce monde préférerait vivre dans le quartier du nord plutôt que dans un appartement comme celui-ci ? Personne, quoi qu'ils puissent en dire. Roxanne ne pu s'empêcher de lui interdire de la blâmer se défendant pour une attaque qu'il n'avait pas porté, anticipant un reproche qu'il pourrait lui faire. Il soupira « Je ne le fais pas. » il avait vu où elle vivait avant dans la zone 4 et si sa condition à lui n'était pas toute rose, elle l'était bien plus que la sienne. Finalement ça n'était même pas si incompréhensible que cela qu'elle se soit plongé tête baissée dans la Résistance, passant plus de temps dans les souterrains abritant leur QG qu'à son propre domicile. C'était du moins l'impression que ça donnait.  
Il était hautement mal placé pour lui reprocher de vouloir plus et il le reconnaissait « Ça serait mal venu de ma part de te jeter la pierre. » ajouta-t-il en enfilant sa veste « Quand les choix que l'ont fait rendent le reflet dans le miroir difficile à regarder, c'est le moment de se poser des questions. » il parlait en connaissance de cause, ne s'attendant pas à ce qu'elle l'excuse ou comprenne, il la mettait simplement en garde sur le poids que cela pouvait représenter quand les choses devenaient trop importantes. Quand l'ambition vous éloigne de ce que vous êtes, vos convictions, vos valeurs. Et ça n'était pas pour rien que l'ancien flic avait très mal digéré que Roxanne ne sous-entende que ses parents ne lui avaient transmis aucunes valeurs, aucun sens moral. Ce terrain là était défendu, elle s'y était aventurée et tout était allé crescendo ensuite.

Tout cela leur échappait, incapable d'avoir le contrôle sur eux, leur haine et leur désir. Passant de l'un à l'autre, déstabilisés par un trop plein d'émotions qu'ils ne pouvaient faire taire. Connor se sentait esclave parfois, de la drogue bien entendu bien qu'il fut sur la bonne voie pour se sevrer, mais plus encore un esclave de cette instabilité émotionnelle qui le rendait si instable. Voulant par moment tout et son contraire il éprouvait des difficultés à se suivre lui-même. Mais là, étrangement il savait où il voulait aller, ce qu'il cherchait à comprendre à travers cette discussion presque cordiale. Car il aurait pu partir directement après cette partie de jambe en l'air improvisée, en refermant d'autant plus solidement la parenthèse qui avait été ouverte. Sauf que cette trame dans son esprit, ce plan qu'il peaufinait comme rarement il l'avait fait auparavant, il y croyait et malgré leur différent la membre du Conseil pouvait être d'une grande utilité... Restait à savoir si cela était envisageable ou non. D'autant plus que ça représenterait une raison comme une autre de ne pas l'exclure totalement de sa vie, dont la première tentative avait été un cuisant échec.
« La fonction que tu occupe c'est bien beau ça te permet de payer ton loyer et de vivre correctement, mais est-ce que tu y trouve ton compte ?... Je veux dire tu t'y sens comment dans ce truc ? » il ne voulait pas donner son aperçu personnel de la fonction qu'elle occupait, il y mettrait sans doute trop de préjugés et elle se sentirait agressée. Il eut un léger rire « Pas que je te pense pas à ta place dans un poste d'importance mais on va pas se mentir tu fais pas vraiment couleur locale à ce Conseil... Ou âge réglementaire devrais-je dire. Alors c'est quoi l'astuce ? » la quête d'informations est un jeu fin où dans le cas présent il avait l'avantage de bien connaître son interlocutrice et le désavantage que la réciproque soit vraie également. Peut-être bien qu'elle même n'avait pas la réponse, à savoir pourquoi elle et pas quelqu'un d'autre qui en plus aurait voulu la place ?
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Sam 10 Aoû - 19:10

Elle ne put s'empêcher de laisser échapper un ricanement lorsqu'il lui dit qu'il n'était certainement pas la personne la mieux placée pour lui jeter la première pierre. « En effet. » Tellement vrai que c'en devenait ridicule à ses yeux. Si elle n'était pas d'humeur à se jeter à sa gorge pour le faire saigner à mort ce soir-là, elle n'en restait pas moins brûlante de haine à son égard, n'ayant toujours pas avalé sa trahison qu'il ne cherchait même pas à cacher. Il n'avait reconnu, comme s'il s'agissait d'une vaillante victoire, et que la réaction qui allait figer ses traits était son fier trophée.
« Ce n'est pas un choix. » lui rétorqua-t-elle, amère. Sous entendant en même temps que lui, lui avait le choix. Lui, était libre de faire ses décisions, et de les trahir ou non. D'abuser de sa confiance, ou non. Là était toute la différence : il n'avait pas connu la contrainte, il avait agi librement, se laissant guider par sa soif démesurée de pouvoir et de reconnaissance au lieu de raisonner et défendre des valeurs qu'il osait prêcher. Elle avait courbé l'échine devant un ultimatum.
Il était tellement plus facile – ou du moins, pour la conscience – que de se blottir dans le rôle de la victime.
« Et se poser des questions est inutile, si l'on ne fait rien par la suite. » Elle économisait ses mots, contrairement à ses habitudes. Elle n'en pensait cependant pas moins, chaque mot économisé se transformant en insultes et reproches silencieux dans sa tête. Ce qu'elle tirait de ses dires, était qu'il savait qu'il faisait fausse route, que cette trahison n'allait pas lui apporter la reconnaissance tant souhaitée. Qu'il avait souffert du reflet décrépi qu'il avait à affronter chaque matin, et chaque fois qu'il passait devant une surface réfléchissante, arrivé à un tel point que se supporter chaque jour était devenu un véritable supplice. Cela n'apaisait pas la large plaie qu'il avait ouverte, au contraire. Elle se fichait éperdument de savoir ce qui l'y avait mené, s'il avait eu des doutes quant à ses actes, s'il avait eu des remords. C'était peut-être pire encore que de se rendre compte de l'erreur commise, et d'y foncer tête baissée en appuyant sur l'accélérateur.

S'il essayait de la caresser dans le sens du poil, il fallait reconnaître qu'il était bien médiocre. Adopter une voix plus calme et douce, et lui épargner quelques menaces, n'était évidemment pas suffisant pour la rendre docile. Elle secoua la tête, un sourire hypocrite collé à ses lèvres. « Comme un poisson dans l'eau. » articula-t-elle. Mais que pouvait-elle lui dire, et quelle réponse pouvait-il espérer obtenir en posant une telle question ? L'évidence ne se trouvait-elle pas là, sous son nez, devant ses yeux ? Comment pouvait-il penser ne serait-ce qu'un instant, qu'elle pouvait lui donner une réponse autre chose : je déteste chaque minute passée dans ce Conseil, et je me sens sale. Je me sens sale, parce que j'ai leur sang sur mes mains, parce que c'est à cause de moi qu'ils sont morts ou en train de pleurer leurs morts. Nos morts, devrais-je dire, mais je n'en suis plus capable – et je n'en ai plus le droit. « T'as vraiment oublié qui j'étais, qui je suis... ? » Car dans le fond, si sa question éveillait la révolte chez elle, elle nourrissait également sa peine et ses craintes. Il était la personne à qui elle s'était le plus ouverte – dans les limites du convenable ; et s'il venait à douter de ses idéaux, ceux qu'il avait partagé, ou du moins ceux qu'il feignait de partager ; alors le temps où le doute s'appliquera à sa propre personne ne tarderait pas à venir. Ce n'était plus qu'une question de temps.

Le ton léger de Connor contrasta fortement avec la mine sévère de Roxanne, qui lui lança un rapide regard noir. D'apparence agressif, celui-ci était davantage une mise en garde. L'astuce, il suffit d'être douée sous le bureau d'un ministre – si possible, du bon. Celui qui vous aimera tellement qu'il désirera vous savoir à ses côtés, même lorsqu'il est censé travailler. Celui qui aspire au pouvoir et au contrôle, non pas dans le commun sens des termes, mais dans l'unique sens qui ait de la valeur à ses yeux. Celui qui vous désire tellement, qui jubile à l'idée de vous voir cambrer sous la torture, pour finalement venir soupirer au creux de vos reins. Celui qui sait, mieux que vous ne savez, que vous vous brûlerez contre lui, encore et encore, consumant une énième étreinte humide ; parce qu'il sait que vous ne valez pas mieux que lui.
En effet, elle avait vu, elle avait senti, suintant de chacun de ses pores, à quel point Connor avait mal réagi lorsqu'elle avait prononcé son nom pour la première fois ; n'hésitant pas à remettre cette histoire qu'elle trouvait bien futile sur le tapis lors de leur dernière confrontation. Pour une raison qu'elle ignorait, il semblait vouer une véritable haine, viscérale, poignante, étouffante même, à l'égard de Wayne.
Si elle était assez bonne et aimante pour tenter de le mettre en garde, bien que cela relevait davantage de l'inconscient que de l'acte pleinement réfléchi ; elle n'était pas assez forte pour lutter contre cette envie, insidieuse, qui lui rongeait les entrailles. Ce vent lui soufflant au creux de l'oreille la vengeance, ou dans une bien moindre mesure, le retour du boomerang – d'un des boomerangs. « Il faut croire que j'ai une une touche avec le Gouvernement. » finit-elle par avouer, adoptant un ton badin similaire au sien. Rythme enjoué qui détonait avec le gris qui avait balayé son visage, à peine une seconde plus tôt. Se contenter de bredouiller un simple ''je ne sais pas'' n'était pas suffisant, il fallait qu'elle en fasse toujours plus, et elle comptait bien saisir chaque opportunité se présentant sous son nez. Elle n'avait certainement pas choisi ses mots au hasard.

Cependant, elle était peu désireuse de se lancer dans la reprise du troisième acte d'une tragédie grecque – du moins, pas celle où elle était vouée à être l'héroïne maudite, dont la mort ou le malheur est écrit dès les premières lignes. « Et toi ? » fit-elle, avec une voix fluette, voulant changer subitement de sujet, pour mieux se centrer sur Connor, qui n'avait pas été le centre de toute attention ces dernières minutes, lui qui pourtant ne vivait que pour ça, précieuse attention et reconnaissance, surtout, dont il a manqué et dont les cicatrices restent douloureuses ; apparemment. « Il faut croire que la Nouvelle-Orléans nous a changé. Regarde-toi, pour commencer tu t'habilles presque bien. » Un sourire vint déchirer sa bouche, honnête pour une fois. Si elle ne croyait pas à la première partie – car ils n'avaient pas changé, elle était la même, se persuadait-elle, et lui n'avait fait que se révéler ; la remarque qui suivait n'était pas entièrement un mensonge. « Et souvent en bonne compagnie, j'ai cru entendre. On se sent encore obligé de me parler de toi, il faut croire qu'ils n'ont pas compris que... » et d'une voix plus basse, elle rajouta, d'une traite : « Que ça n'a plus la moindre importance. » En vérité, personne ne lui parlait de Connor, du moins, pas pour lui rapporter ses escapades nocturnes en compagnie de créatures féminines. Ils venaient se plaindre, à gorge déployée, l'accusant de n'être qu'une sale hypocrite, sauvant préférentiellement ceux qu'elle appréciait, pour laisser les autres crever la bouche ouverte. On disait qu'il fallait être un bon amant pour obtenir ses faveurs.
Pour tout le reste, c'était le destin mal placé qui jouait ses cartes, faisait atterrir Roxanne sur la mauvaise rue au mauvais moment, pour les surprendre sur le trottoir d'en face. « Tu sembles bien t'y plaire, ici. Tu m'en vois ravie, moi qui suis obligée de me taper des collègues qui sont sans doute de la génération de nos parents, si ce n'est nos grand-parents. Alors, c'est quoi l'astuce ? »
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Mar 20 Aoû - 18:38

Le titre d'un livre dit que les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, une différence qui rend la communication entre les XX et les XY compliquée. Était-ce pour ça que ces deux là se déchiraient tant ? A en croire l'équilibre de certains hommes et femmes au sein d'une relation le problème venait d'ailleurs. Gravé en eux comme l'on grave sur une pierre tombale le nom de celui qui repose sous le cailloux, la colère et le désaccord ne les lâchaient plus. Paradoxalement ils subissaient le poids écrasant d'un vide impossible à comblé courant après un bonheur qu'ils ne s'autoriseraient jamais. Connor déplorait cette instabilité sans pour autant arriver à y palier, s'enfonçant d'autant plus à chaque fois qu'il tentait d'argumenter quelque chose, aussitôt tranché à vif par les lames acérées que représentaient les mots de Roxanne. Même dans cette ambiance étonnamment calme à laquelle l'un et l'autre n'étaient plus habitués, le différent planait.
Le garagiste voyait la similitude de leurs situations respectives mais il savait que l'ancienne chef de la Résistance ne voulait en aucun cas être assimilé à lui, ce pauvre traître qu'elle ne pardonnerait jamais et dont elle ne voulait rien entendre sur les raisons de sa faiblesse. Il en avait fini de perdre son temps à parler à un mur, se plaçant dans la peau de l'incompris qui de toute façon lui allait comme un gant. Elle pouvait y aller de ses répliques faussement moralisatrices, il ne faisait que l'avertir sur le vice de l'engrenage dans lequel elle était prise. Ses yeux lui balançait les reproches qu'elle gardait pour elle et c'était bien suffisant pour ce soir. Trop lasse de leurs affrontements incessants, Connor aurait rendu les armes sans même se battre... Dommage que le combat ne s'engageait pas car pour une fois elle en serait ressortie pleinement victorieuse. Mais la victoire l'intéressait-elle vraiment ? Il n'en était pas si sûr.

Son rôle de femme épanouie, le poisson dans l'eau comme elle venait de lui répondre avec une ironie palpable, c'était affligeant de fausseté et elle s'engageait pleinement sur ce terrain avec tout son talent pour lui faire comprendre à quel point il pouvait poser des questions cons. Mais le blond se foutait pas mal de son mépris, il jaugeait ses réactions comme il l'aurait fait il y a longtemps quand il était encore flic et qu'il interrogeait un suspect ou un témoin. Il se contentait de maigre satisfactions et l'entendre lui demander s'il avait vraiment oublié qui elle était lui arracha un léger sourire alors qu'il secouait discrètement la tête, sans pour autant lui offrir de réponse verbale. Le doute devait planer, il fallait la laisser dans une légère incertitude car c'était le meilleur moyen de la faire réagir.
Cependant le bas blessait de son côté aussi, la relation que Roxanne entretenait avec Wayne ne faisait que attiser d'avantage la haine que Connor pouvait vouer au récemment promu Ministre. Pour lui la jeune femme devait penser à de la pure jalousie, sentiment qu'elle ne tolérait pas puisqu'ils ne se devaient rien. Mais les choses allaient bien au delà de ça, à vrai dire elle aurait pu se taper qui elle voulait sauf que c'était le diable en personne qui se glissait entre ses cuisses, et ça ça le rendait malade. Un rictus transpirant l'amertume passa furtivement sur son visage quand elle déclara avoir une touche avec un membre du Gouvernement « Hum une promotion canapé donc... » il voulait en rajouter, la traîner dans la boue avec cette perche tendue mais il se ravisa pour ne pas déclencher des hostilités qu'il ne voulait pas assumer.

Il aurait dû anticiper le changement de sujet, c'était pourtant évident qu'elle n'allait pas le laisser poser ses questions sans en retour y aller de ses petites interrogations. Après tout s'ils jouaient aux gens civilisés ayant une discussion normale autant le faire à fond. Mais la question était vague, et lui quoi ? Que cherchait-elle à savoir ? C'était mal le connaître que de penser qu'il allait s'étendre sur ce qu'était sa vie en ce moment. Oui il avait de l'égo mais ça ne concernait pas sa vie privée, sa recherche de reconnaissance se situant plus sur le domaines professionnel et public. Il haussait nonchalamment les épaules « C'est que le contexte s'y prête d'avantage. » sa nouvelle vision de son futur, sa détermination à se reprendre en main c'était surtout ça les vrais moteurs de son changement. Mais ses occupations de la journée avaient eu d'avantage d'influence sur son style vestimentaire « Visiblement c'était pas pour te déplaire. » il eu un petit sourire en coin « Je m'essayerais à la cravate un jour, au risque que tu ne m'étrangle avec mais on ne sait jamais ça t'excite peut-être. » un petit rire lui échappa « M'étrangler j'entends... Pas que je porte une cravate. » il ironisait sur cette tendance qu'ils avaient à se vouloir plus de mal que de bien. Comme s'ils étaient allergiques à toute forme de douceur à l'égard l'un de l'autre et que seule la douleur et la souffrance leur était permise. Roxanne poursuivit son constat, ramenant sur le tapis qu'on lui parlait de lui alors qu'elle aurait bien aimé qu'on lui foute la paix définitivement avec ça « Ces gens sont si butés, j'en suis désolé. » lâcha-t-il avec légèreté, voulait appuyé le fait que cela n'était pas de son ressort que s'il vivait sa vie et qu'on lui en faisait le rapport détaillé il n'y pouvait rien. Jugeant l'apparente intégration du garagiste à la Nouvelle-Orléans et le bénéfice qu'il avait pu trouver à s'installer ici, elle lui retourna sa question à l'identique. « Je m'adapte. N'est-ce pas ce qu'il faut pour survivre ? S'adapter... C'est comme ça que les espèces perdurent. » il glissait ses mains dans ses poches et la regardait attentivement « La prise de conscience, le recul. Et... » il s'approchait pour lui chuchoter à l'oreille la dernière partie de cette fameuse astuce, simplement pour l'agacer avec cette proximité qu'elle ne souhaitait pas « La liberté. » il reculait aussitôt avec son petit air satisfait sur le visage « Se défaire de certaines chaînes ça aide. » il parlait de la drogue mais espérait que Roxanne pense qu'il sous-entendait que c'était d'elle dont il s'agissait.
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Dim 25 Aoû - 20:30

Promotion canapé, ou comment résumer en deux pauvres mots la raison de sa fulgurante ascension sociale. Elle sentait l'amertume teinter ses mots, et c'était cette même amertume qui se peignait sur son visage, ne sachant lequel des deux réagissait le moins bien à cette idée-là. Elle eut l'impression d'être toute petite, petite et honteuse fille qui était prête à coucher avec n'importe qui, tant qu'elle pouvait en tirer des avantages – et obtenir un tel niveau de vie en comparaison de ce qu'elle avait précédemment connu, et toujours connu d'ailleurs, n'était pas négligeable. Elle n'avait pas la force de nier ce qu'elle savait totalement vrai, et pourtant ce n'était pas de mauvaise foi dont elle manquait. C'était la honte et le massacre qu'elle visualisait d'avance qui lui scellaient les lèvres.

Changer de sujet se révélait donc être la seule solution ; ce que des gens civilisés sans besoin de violence aucun feraient sans doute. Ces doux sourires qu'on affiche fièrement pour mieux cacher les saletés.
Sa remarque lui déplut, n'appréciant pas qu'il revienne sur ce lâcher prise misérable qui fut le leur, et notamment le sien. Elle n'avait pas besoin de lui, pas besoin qu'il lui rabâche qu'il lui avait fallu moins d'une seconde pour oublier toutes ses menaces et s'accrocher à ses lèvres comme une minette pleine d'espoir qui pense recoller les morceaux. Elle n'était pas ça, elle ne voulait pas être ça, elle ne pouvait l'être. Mais le fait d'avoir cédé si facilement lui passait en travers de la gorge, et elle savait que c'était une perche tendue, qu'il n'hésiterait sans doute pas à utiliser les prochaines fois, prenant un plaisir fou à lui susurrer dans l'oreille ; Roxanne, tu te rappelles de cette fois où tu t'es jetée sur moi – éclipsant ainsi le fait qu'il était en réalité le premier à poser les armes -, lorsque tu as glissé tes mains là, et là, et lorsque tu m'as déshabillé en un claquement de doigt, lorsque tu t'accrochais à moi ivre de plaisir, comme une amoureuse, amoureuse que tu étais et que tu es. L'unique pensée le fit frissonner, et elle le détesta pour être la légèreté dont il faisait preuve vis à vis de ce qu'il s'était passé. Car elle n'était pas capable d'en parler, pas capable d'y faire allusion sans crever le poids de la culpabilité. Et il semblerait qu'il s'en soit rendu compte, et jouer sur ce terrain là lui donnait certainement un temps d'avance. Car même si elle en mourrait d'envie de le provoquer à son tour, et de jouer à son jeu, elle savait qu'elle serait la première perdante.

Elle préféra alors ignorer ses remarques, pour essayer de garder la face, enchaînant avec ce qu'elle avait déjà commencé. Intérieurement, elle priait pour que ses réponses soient aussi inutiles que ses questions, elle priait pour qu'il n'essaie pas de nouveau de lui faire mordre la poussière, comme il avait essayé à chaque fois qu'il avait ouvert la bouche lors de leurs dernières rencontres – et il avait misérablement bien réussi, la laissant dévastée à chaque fois, plus faible à chaque fois. Et ce qui la tuait, était que lui semblait demeurer indemne pendant qu'elle se débattait pour mettre un peu d'ordre dans la carcasse rouillée qui était la sienne. « Il y a des espèces qu'il vaudrait mieux éradiquer. La sélection naturelle peut se montrer cruelle parfois. » lui lança-t-elle froidement.

Il ne t'a jamais aimée ma pauvre. Il se joue de toi, comme il l'a toujours fait. Elle avala difficilement sa salive lorsqu'il se rapprocha, pour lui glisser l'ingrédient secret de sa recette du bonheur. Une nouvelle fois, elle tomba dans son piège, mal à l'aise par la proximité qu'il avait instaurée. Un tour qui marchait à tous les coups, et dont il abusait en voyant les résultats que cela donnait. Évidemment, elle prit sa dernière remarque pour elle, lui donnant un sourire pour masquer le temps nécessaire à ce qu'elle encaisse bien le coup. Coup facile, mais efficace ; elle avait presque honte de tomber avec une telle facilité dans tous ses petits pièges dignes d'un pré-pubère faussement amoureux faussement jaloux. Elle prit une dernière bouffée de sa cigarette avant qu'elle n'aille s'écraser dans son cendrier, la tête tournée vers la fenêtre et silencieuse. Elle se sentait perdre, et détestait cette sensation-là. Cette impression de n'être qu'une petite marionnette désarticulée dans les mains grossières et violentes de son manipulateur.
C'était également le signe clair et net qui lui annonçait sans détour que les hostilités étaient loin d'être oubliées, pas même après ce qui venait de se passer. Surtout pas après ça.
Finalement, elle se releva, en essayant de paraître déterminé et sûre, alors qu'au fond elle tremblait comme une feuille. Son ventre se nouait douloureusement tandis qu'elle s'avançait vers Connor, dans l'espoir contrôlé de prendre sa revanche et de le battre à son propre jeu. Parce que s'il en était capable, elle aussi. Et si cela marchait aussi bien sur elle, il n'y avait pas de raison pour que ça ne marche pas sur lui – ce qui, à vrai dire, était paradoxal, puisqu'elle était convaincue que des deux, elle était la seule à aimer. Elle le fit reculer jusqu'à ce qu'il atteigne le mur le plus proche, toujours silencieuse. Réduisant la distance qui les séparait comme il le faisait à chaque fois. Sa main gauche se posa sur sa joue, caressant sa pommette du pouce, tandis que sa bouche se rapprocha de son oreille. « T'avais raison. » Son autre main prit appui sur le mur, et l'autre descendit le long de ses côtes, effleurant sa ceinture pour venir s'arrêter sur la boucle. « Il suffit de s'adapter. » Et ses doigts imprimèrent une lente caresse, remontant jusqu'à son nombril avant de redescendre. « La liberté, oui. La liberté a bon goût, n'est-ce pas ? Ça me réjouit de te savoir si libre, si épanoui, si satisfait de ce que tu es maintenant. » Chaque caresse, chaque seconde passée si près de lui, lui coûtaient. « Tu devrais essayer la cravate, je suis sûre que ça me plaira. » Sa main gauche descendit jusqu'à son entrejambe, ses lèvres encore plus proche de son oreille, et d'une voix aussi sensuelle qu'arrogante, elle articula distinctement : « Et je suis sûre que ça te plaira aussi. »

Puis elle s'éloigna, d'un geste, lançant alors qu'elle se retournait : « J'ai toujours eu un faible pour les hommes en costume. » Elle regagna la table basse, attrapa une autre cigarette qu'elle porta rapidement à ses lèvres, toujours dos à Connor. Enjôleuse qui se voulait aussi chaude que froide, et qui en réalité avalait mal le manège qu'elle venait d'offrir. Roxanne ne se sentait pas à l'aise dans ce jeu-là, mais se faisait violence pour lui tenir tête, ou mieux encore, pour le dépasser. Elle n'osa pas se retourner trop tôt, serrant les dents pour qu'elles ne claquent pas, et aspirant d'un geste nerveux chaque bouffée de nicotine qu'elle accueillit comme un nuage de paradis.


Dernière édition par Roxanne Delaney le Dim 1 Sep - 17:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Jeu 29 Aoû - 17:53

Comment en étaient-ils venus à devenir tous deux aussi sournois l'un envers l'autre ? Passant de l'affrontement brutal et direct à une guerre froide vicieuse. Remettre ce qui c'était passé entre sur le tapis faisant parti du jeu. Mettre sous le nez de Roxanne qu'elle avait cédé donnait l'illusion à Connor de prendre une petite longueur d'avance. Et même si le garagiste n'avait pas envie de prendre les armes, il fût légèrement déçu qu'elle ne profite pas du sujet pour l'assassiner verbalement comme elle savait si bien le faire. A croire qu'elle aussi se désintéressait petit à petit de la souffrance infligée gratuitement à celui qui ne fait que nous renvoyer nos pires faiblesses.
Le répondant de la membre du Conseil ne mit pas longtemps à revenir, faisant comprendre à son interlocuteur que ce truc d'adaptation pour la survie des espèces aurait sans doute dû sauter sa génération... « Si peu de justice, la nature est cruelle c'est vrai. » complétait-il avec nonchalance. Roxanne lui avait déjà fait part de son envie cuisante de le voir mort, il n'était plus à ça près que de s'entendre dire que « son espèce » aurait dû être une victime de la sélection naturelle. La connaissance il aurait pu s'attendre à ce qu'elle ajoute que malheureusement les nuisibles comme lui finissent toujours par s'en sortir.
Et malgré cet air détaché qu'il se forçait d'afficher, Connor se sentait mal et faible face à cette jeune femme qui représentait le pire des poisons pour lui. De l'amour à la haine il n'y a qu'un pas et il se faisait violence pour afficher avec fierté qu'il se trouvait du côté de la haine sans faire ce fameux pas, mais la réalité était tout autre. Il avait pris le parti d'accepter cette souffrance pour ne pas s'en voir infliger d'autres qui pourraient être bien pires. Jouant sur deux tableaux avec une effrayante réussite qui n'allait peut-être pas durer. Garder sa maigre avance était une priorité et ce double sens émit sur le dernier secret de son apparent bonheur, si l'on pouvait nommer ça comme ça, n'était qu'une croche patte de plus pour voir Roxanne mordre la poussière... Évidemment ça ne marcherait que si elle courrait assez vite pour tomber dans le piège.

Petite jubilation passagère, il vit dans le regard de la brune que sa remarque avait fait mouche. Pas longtemps mais juste assez pour qu'il puisse être satisfait de son petit effet, il sentait ses tripes brûler chaque fois qu'une allusion à sa relation avec Wayne était fait, alors il pouvait bien s'enorgueillir de la secouer un peu. Un succès, jusqu'à ce qu'elle se lève et s'avance vers lui avec un air déterminé qui contrastait avec sa position précédente. Stoïque il la laissait faire attendant de voir qu'elle coup elle allait jouer, c'était son tour. Reculant jusqu'au mur il se sentit à sa merci et cela lui déplaisait, il n'avait pas assez d'avance pour la laisser ainsi prendre la main. Elle le prenait à revers, usant d'une attitude qu'il adoptait souvent envers elle, pour l'agacer, la mettre mal à l'aise mais surtout pour ce donner un bon prétexte de se retrouver proche, tout proche d'elle.
Sa déglutition fût plus difficile et il contracta les muscles de son abdomen en sentant sa main aux alentours de son bas ventre « Ça a un prix la liberté... » il se mordait la lèvre pour retenir une nouvelle pulsion qu'il pourrait avoir, mais sa meilleure arme pour lutter se trouvait être son arrogance « Si je suis pas satisfait personne ne le sera pour moi. » répliquait-il non sans une petite difficulté à faire abstraction de cette main vicieuse qui descendait jusqu'à son entrejambe. Une attitude qui ne ressemblait pas vraiment à Roxanne, pas à celle à qui il avait affaire depuis quelques temps déjà. Un frisson parcouru son échine et il serrait les dents pour s'empêcher tout dérapage. Par chance la provocante brune s'éloignait, partant une nouvelle fois en quête de sa précieuse dose de nicotine. Dos à lui, le laissant à son excitation à peine éveillée comme l'aguicheuse qu'elle avait joué de manière convaincante.

L'esprit de Connor ne mordait pas totalement à l'hameçon, sa masculinité en revanche c'était autre chose. Mais ce qui le retenait c'était cette dernière remarque qu'elle avait eu sur les hommes en costards, référence à lui mais aussi et surtout à cet autre qui avait ses faveurs. « Le costard et l'influence... » marmonnait-il avec une certaine amertume. Il décollait son dos du mur, regardant la fine silhouette qui se tenait dos à lui et dont il ne se gênait pas pour imaginer qu'elle ne porte pas ce foutu t-shirt. Silencieux il prenait douloureusement conscience qu'aucun retour arrière était envisageable, que les choses s'étaient trop dégradées pour qu'ils ne réparent quoi que ce soit. Il était largement fautif, il payait ses erreurs et son manque de lucidité. Il avait touché le fond et remontait doucement à la surface mais fallait-il nécessairement qu'il exclu totalement Roxanne de sa vie, qu'il la rejette comme il l'avait fait ? Le doute s’immisçait en lui et ça ne présageait rien de bon... Mais ça c'était sa faute à elle ! Elle remportait cette manche. « Donc c'est ça le plan ? » demandait-il avec une certaine lassitude « On va continuer à se tirer dans les pattes, à se combattre et se provoquer. Ce jeu est débile. Tu es folle et je suis sans nul doute un crétin mais il y a peut-être plus constructif à envisagé non ? » un petit sourire en coin qui apparaissait sur son visage était souvent synonyme d'idée derrière la tête « Pour ça il faudrait que ça soit pas trop tard pour toi... » il balayait son appartement du regard « Que tout ça ne soit pas déjà totalement incrusté. ». Il s'approchait et posait une main sur son épaule pour qu'elle se retourne et le regarde en face. Il prenait sa cigarette pour tirer lui même dessus, faute d'avoir un petit joint sous la main du tabac ferait l'affaire pour le moment « Fais attention à toi Roxanne. Vraiment. » une moue déformait ses traits sous l'effet de ses propres mots « Je sais, tu déteste que je puisse te conseiller quoi que se soit ou... Même que je te parle sérieusement tant tu crois que je bave des inepties, mais pour cette fois laisse moi au moins te dire que t'es dans un vrai guêpier. Ce changement, cette nouvelle vie ici à la Nouvelle-Orléans c'est du vent et tu le sais mieux que quiconque. » il la regardait avec un air désolé qui n'avait rien d'un rôle, pour un bref instant la comédie cessait et il se montrait sincère « Ils te tiennent. Et ça c'est ta cage dorée. ».
Il avait beau lui dire le contraire, s'appliquer à lui faire penser qu'elle n'était plus rien pour lui si ce n'est un boulet du passé ou une occupation dans son existence médiocre. La vérité c'est qu'il tenait à elle plus qu'à quiconque sur cette pauvre terre ravagée, qu'il l'avait encore dans la peau comme jamais personne avant mais qu'il était trop fier pour l'avouer, trop bien caché dans sa carapace d'arrogance et de mépris. Connor avait terminé la cigarette qu'il lui avait prise et l'écrasait dans le cendrier sur la table basse. Son regard se stoppait dans celui de Roxanne « Tu vois que je peux être civilisé, tes voisins n'ont pas eu à subir des décibels outre mesure. », comme quoi avec des efforts ils arrivaient presque à se comporter en adultes raisonnables... Presque.
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Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne

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