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 Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne

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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Dim 1 Sep - 20:09

Cette comédie ne lui réussissait pas, ce n'était pas elle et ils le voyaient très bien, elle comme lui. Si elle avait paru convaincante dans ce rôle de provocatrice, elle ne l'était qu'aux yeux de Connor ; Roxanne se sentant tout honteuse et préférant ne pas lui faire face. Ce n'était pas la pudeur qui la retenait, c'était l'unique fait que ce soit Connor. Il rendait tout plus difficile, même ses provocations les plus puériles.

« Tu crois pas que c'est un peu tard pour me dire ça ? » répondit-elle sèchement, sans jeter le moindre regard en sa direction, et évitant, pour son propre bien, le sourire qui étirait les lèvres de Connor, qui n'aurait fait que l'irriter encore plus.
Elle finit par se retourner lorsqu'il posa sa main sur son épaule, un peu réticente, mais pas assez pour le laisser transparaître. Elle voulait garder la tête haute, comme toujours – à leur plus grand malheur. Elle releva le sourcil lorsqu'il débuta son bon discours, ses questions sans queue ni tête pour elle, et surtout, déplacées. C'était comme s'excuser platement après avoir commis la pire trahison qui soit – non, en réalité, c'était effectivement ça. Commettre un drame, briser toutes promesses et toutes valeurs, faire une atrocité, et croire, croire naïvement que quelques mots bafouillés feront l'affaire. Ce n'étaient pas des vaines excuses qui allaient changer le cours des choses, et malgré ce que l'on peut croire, ce n'est pas des vaines excuses qui apaiseront quelconques douleurs. Alors le discours que tenait Connor lui sembla dérisoire, parce qu'il avait celui qui avait tout provoqué. Qu'elle s'était fait entraîner dans les rouages, mais qu'il était la raison de tout ce qui leur arrivait. Et donner cette image de celui qui prenait du recul et constatait avec lassitude l'absurdité de leur situation avait le don de l'irriter. « Mais t'as raison, tu bats des records ce soir, jamais eu raison autant de fois en si peu de temps : t'es un crétin. »
Une moue déforma son visage à elle aussi, dégoûtée par les propos qui lui tombait dessus. Comme ces belles paroles toutes faites qu'on ne pense pas, il les lui déversait d'un coup. Elle ne supportait pas sa douceur, pas lorsqu'elle était formulée aussi clairement, pas lorsque des mots étaient posés dessus, car cela lui donnait toujours l'impression d'être moquée. L'impression que quelque chose n'allait pas ; car ce n'était pas comme ça qu'ils fonctionnaient. Chacun de ses paroles, aussi pleines de bons sentiments soient-elles, sonnaient terriblement faux.

Elle l'avait laissé parler, laissé même quelques secondes de silence alors qu'il se vantait de sa merveilleuse capacité à garder un niveau sonore raisonnable. Roxanne refusait d'y croire, refusait catégoriquement ne serait-ce qu'écouter ce qu'il avait à dire, et pourtant une part d'elle savait qu'il avait raison. Mais une fois de plus, ça ne passait pas, pas venant de lui. « C'est du vent, hein. » répéta-t-elle. « C'est du vent, et je ferai mieux de tout plaquer ? Pour sauver ce qui reste de moi, avant qu'il ne soit trop tard, avant que... Que quoi, je vende mon âme au diable, avant que je sois condamnée ? » Elle ricana à fin de ses mots, sans que ça ne soit naturel. « J'aurai toutes les raisons du monde pour plaquer ce que j'ai là, pas vrai ? Parce que c'est du vent, parce que c'est rien. Un beau mensonge, une putain d'illusion. Et toi, hein ? Quand t'as tout plaqué, c'était aussi pour ces mêmes raisons ? T'as tout plaqué parce que c'était du vent ? » La voix étrangement claire et fluide. Elle posa sur lui un regard déterminé, mais également plein de déception. C'était la froideur qui s'était imprimée sur chacun de ses mots et qui enserrait sa gorge. C'était le résultat du calme qu'elle désirait conserver, et cette ambiance faussement reposante qui les enveloppait.
Tout ce qu'il avait fait jusqu'à présent, elle le prenait personnellement. La trahison du groupe, c'était avant tout sa trahison. Elle était devenue fébrile, presque sur le point de lui demander si elle était du vent, au cas où le reste n'avait pas été assez clair. Assez fébrile pour croire qu'elle obtiendrait une réponse, qu'elle espérait salvatrice.

« Tu crois savoir mais... mais c'est faux. Tu ne sais rien, Connor. » Elle secoua lentement la tête pour insister sur ses dernières paroles, se retournant silencieusement pour glisser une nouvelle cigarette entre ses lèvres. Lui faisant de nouveau face, « Je... ». Sur le point de laisser couler un de ses nombreux flots de paroles où elle répétait à quel point elle était ceci ou cela, et loin d'être ceci ou cela encore et encore. Un vieux refrain qu'ils connaissaient par cœur, et qui avait fini par la lasser ce soir, où elle semblait manquer de forces. Alors elle finit par prononcer quelques mots, secs, dépouillés, sans même les cracher avec dédain. Comme une espèce de vérité, un fait qu'elle énonce avec objectivité. « Je ne suis pas toi. »
Et pourtant, vu sous un certain angle, elle n'était pas si loin d'être comme lui. Ce poste au sein du Conseil avait bon dos finalement ; puisqu'elle pouvait charger ce dernier de tous les sacrifices qu'elle se trouvait contrainte de faire. Seulement, jusqu'où cela pouvait-il aller ? Jusqu'où l'excuse tenait ?
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Mer 11 Sep - 15:53

Pas un jour ne se passait sans que Connor n'éprouve des regrets quant à ses actes, sa trahison. Il s'en voulait d'avoir été si faible, d'avoir à ce point trahit ses propres idéaux et si les paroles de Roxanne l'irritaient autant la plupart du temps c'est que malgré qu'elle eu une vision erronées de ce qui l'avait poussé à faire ça, il y avait aussi du vrai. Et cette vérité là, qu'il était un putain de moins que rien pour avoir laissé ses envies de gloire le conduire vers cet arrangement puant, c'était ça le plus douloureux. Sa fierté l'empêchait de faire un mea culpa qui soit plus clair que ces petites allusions dissimulées ça et là dans son discours, mais il savait que l'impétueuse brune le rembarrerait avec tout son cynisme. Pourtant le dire l'aurait peut-être allégé de toute cette merde qu'il traînait comme un boulet. Mais qui se jette dans les flammes doit se laver avec...
Se dire des insanités était devenu la routine pour ces deux là, pour le reste c'était un beau fiasco et les tentatives du garagiste d'établir un dialogue qui ne soit pas celui de deux sourds restaient vaines. Il pouvait se tenir en seul coupable pour ça et il le savait, c'était bien là le pire. Il regardait les conséquences de ses actes bien en face et elles dressaient le majeur bien droit chaque fois qu'il tentait de rétablir un peu une communication plus saine. Rien n'avait jamais été simple entre eux et ça n'était pas maintenant ni demain que ça allait commencer. Cependant ses mises en garde étaient fondées et honnêtes, tant pis si ça sonnait faux aux oreilles de son interlocutrice, peut-être que cela ferait son chemin malgré tout. Elle n'était pas bête et surtout pas dupe, mais en ayant le nez dans la merde c'est souvent difficile d'y voir clair.

Cette fois ne faisait pas exception, une petite partie de jambe en l'air n'arrangeait pas tout voir n'arrangeait rien. Mais peu importe avec quelle verve elle pouvait le renvoyer dans ses vingt deux, Connor avait eu besoin de lui dire cela que ça lui plaise ou non. Ce qu'elle en faisait la regardait et malgré cet air fermé, il savait que dans sa tête la réflexion se menait tambours battant, ne serait-ce que par irritation. Sans qu'il n'ai vraiment à attendre la réplique arrivait, et à chaque mot il comprenait avec quel mépris elle accueillait ses propos. Pas étonnant, il n'était qu'un crétin après tout.
Roxanne avait fait l'effort de l'écouter jusqu'au bout, ce qu'il fit également, du moins jusqu'à ce qu'elle se taise un instant suffisamment long pour pouvoir répondre « Tu peux tout plaquer ou même ne pas le faire. Mais ça servira à rien de te regarder dans le miroir avec dégoût une fois que tout ça aura été trop loin. » il leva les yeux au ciel « Il s'en fout de ton âme, il a déjà ton cul ça le contente pour l'instant. » ces mots amers lui avaient un peu échappé, mais tant pis si elle comprenait de qui il s'agissait et fasse le rapprochement avec son histoire à lui. Il y avait peu de chance vu qu'elle voulait à tout prix éviter qu'ils ne soient dans le même panier.
L'attention du blond était déjà sur cette vague de question qu'elle lui avait balancé. La vérité l'intéressait maintenant ? Il en doutait fortement, ou alors elle même ne savait pas si oui ou non elle voulait entendre une quelconque réponse. Et à la fois il avait déjà tenté à plusieurs reprises d'avoir un semblant d'explications. Il ne voulait pas encore s'entendre dire qu'il pleurnichait ou se donnait bonne conscience, il avait perdu de vu que cela soit possible. Sa démarche était plutôt celle de faire place nette, dire ce qui devait l'être pour tourner la page, même si la suivante demeurait collée à celle-ci. C'était pourtant si difficile de la laisser étaler ses interprétations erronées de ses actes à lui. Il secouait vivement la tête sans pour autant dire un mots sur le moment, affrontant simplement se regard glacé qui se heurtait au sien. Essayant de sonder ce qui pouvait l'être, espérant aussi qu'elle puisse voir que tout ça n'étaient que des conneries. Parce qu'il était incapable de lui dire avec des mots, son regard pouvait peut-être la mettre sur la voie.

C'est Roxanne qui rompait leur contact visuel la première, peut-être dans un signe de faiblesse ou de lassitude... Les deux ? Le résultat était le même, ils n'avançaient pas, ils piétinaient et même si c'était mieux que la provocation ou les menaces de mort, le jeune homme n'y trouvait pas satisfaction. Aucun électrochoc ne serait assez fort pour que quelque chose de positif ne se remette à battre entre eux. Prix à payer pour avoir touché le fond et continué de creuser encore après, Connor pouvait se ronger chaque phalange, rien n'y ferait. L'ancienne chef de la Résistance lui tournait le dos et c'était on ne peut plus représentatif de la situation. Mais c'est sûrement ces derniers mots qui résumaient le mieux à la fois son opinion sur lui et l'idée qu'elle se faisait de ces pseudos conseils qu'il avait pu lui délivrer. C'était douloureux, pour une fois la colère n'accompagnait pas cette sensation et ça en valait presque le coup de ressentir ça. C'est qu'il avançait, qu'il changeait... « Non t'es pas moi. » il marqua un léger silence avant de reprendre « T'es au dessus ça. Plus forte, l'étoffe d'un leader, on pourra pas t'écraser si facilement. Et puis tu as pour toi de ne boire que du jus de fruit et de ne pas goûter à toutes ses cochonneries dont je raffolais. » il y avait un peu de cynisme dans ses paroles, mais c'était simplement l'effet que lui faisait ce constat dit comme cela à voix haute, une forme de résignation, d'acceptation de ce qu'il était à ses yeux notamment. Il reculait de quelques pas, prêt à prendre congé en jugeant qu'ils avaient finalement fait le tour, tout au moins il aurait du mal à en tolérer d'avantage « T'es tenace et bien accrochée, le vent t'emporte pas toi. » un petit rictus accompagna sa dernière remarque, elle comprendrait si elle le voulait. Car s'il y avait eu une chose solide pour lui, bien que cela fût chaotique et violent, c'était elle et les sentiments qu'il nourrissait à son égard. Mais une fois encore il ne pouvait dire les mots tel quel, il ne pouvait pas avouer et surtout pas maintenant en sachant qu'elle n'allait pas en croire un mot.
Tout était mieux ainsi, il repartait avec au moins une certitude la seule de sa petite existence peut-être mais c'était toujours ça. Il lui laissait des réponses imparfaites et inachevées mais il était incapable de mieux, il l'avait mise en garde mais désormais les cartes étaient dans ses mains, tout comme il devrait faire bonne usage des siennes dans ce futur incertain.
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MessageSujet: Re: Un pas en avant, trois pas en arrière... ~ Roxanne   Dim 29 Sep - 19:51

Elle le cherchait, et pourtant chacune de ses réponses l'insupportait. La nonchalance qu'elle semblait percevoir dans ses mots, cet espèce de recul médiocre que simulaient certaines personnes pour vous donner des conseils – inutiles, pour se donner l'air d'avoir du vécu et de savoir de quoi ils parlaient. C'était exactement cette impression là qu'elle eut en l'écoutant, et elle ne put s'empêcher de détourner la tête, fatiguée de ces conseils qu'elle n'avait jamais demandé, selon elle. « J'espère pour toi que t'as pas accroché de miroirs de chez toi. » marmonna-t-elle en guise de réponse. La remarque qui suivit titilla de nouveau son attention, laissant Roxanne perdue. Elle ignorait ce à quoi il faisait allusion, du moins, ce à quoi il faisait réellement allusion. Car tout ce qu'elle comprit fut une énième remarque bouffée par une jalousie qui n'avait pas lieu d'être. Une nouvelle occasion pour sous entendre sans la moindre subtilité que c'était une trahison, trahison comparable à la sienne. Il ne le disait pas, mais ce qu'elle voyait dans ses reproches n'étaient rien d'autres que la très sommaire insulte : tu n'es qu'une pute. Attirée par ces hommes friqués qui ont les moyens, et de te payer, et de te faire jouir, quitte à te traiter comme une moins que rien. Et cela te suffit, parce que c'est ce que tu es, et tu en redemandes encore. Ce qu'elle comprenait, c'était que le problème résidait dans l'acte en lui-même, et non dans la personne choisie. Car c'était ce qui paraissait le plus logique, le plus évident, ce qui allait de soi, dans la mesure où elle ignorait ce pouvait lier les deux hommes. « Et tu le partages avec lui. » déclara-t-elle, sèche.
Elle en avait assez, de ces remarques qui ne menaient à rien, et dont le seul effet était l'usure. Elle en avait assez de l'entendre rabâcher ce fait-là, comme si c'était légitime. Des deux, elle était bien la seule à avoir le droit de se sentir trahie, et en comparaison, elle avait presque l'impression d'être celle qui lançait le moins de reproches – l'impression uniquement.

Elle avait toujours posé la vérité sur un piédestal, cette reine de glace et de feu, au pouvoir absolu. Le mal, le bien. La vérité comme unique croyance, comme unique religion. Quitte à se faire mal, à s'y blesser. Dans la théorie, c'était Roxanne, celle qui n'aimait pas les détours sinueux et les coups bas. Mais lorsqu'il fallait passer à la pratique, tout en devenait chamboulé, car dans le ventre, ce n'était pas ce qu'elle était. Parce que ce qu'elle désirait n'était pas l'exact reflet de ce dont elle était capable, et elle luttait instinctivement contre ça. Parce que la Vérité, grande et belle, était en réalité affreusement terrifiante, et aiguisée, et douloureuse. Et qu'elle en avait marre d'être constamment déçue par quelque chose qu'elle avait tant chéri.

Le compliment qui s’immisça hors de sa bouche eut l'effet d'une bombe. La respiration suspendue pendant que chaque syllabe s'égrenait, doucement, lentement, pour ensuite venir infuser son esprit. Elle fronça les sourcils, se demandant s'il avait réellement prononcé ce qu'elle avait cru entendre. La légère ironie qui vint teinter les paroles suivantes permirent de la ré-enraciner dans leur médiocre réalité. D'abord décontenancée, elle finit par afficher un sourire sur le coin de ses lèvres, préférant prendre ça sur un ton davantage sarcastique qu'autre chose – car autre chose n'était pas envisageable. Il ne complimentait pas, jamais, et encore moins maintenant. Il était tellement plus aisé de ne rien croire et de tout remettre en doute. Voyant avec beaucoup plus de facilité les moqueries qu'il avait glissées, plutôt que l'aspect positif. Elle lui avait volé la place de leader au sein de la Résistance, celle qu'il pensait lui revenir de droit, et il ne l'avait toujours pas digéré. Elle était une pauvre petite hystérique couchant à droite et à gauche, qui n'avait en vérité rien de l'étoffe d'un leader, et sa maigre carrure n'y aidant pas. Elle tentait de donner cette image de femme forte, celle sur qui on pourrait se reposer, celle qui porterait la liberté sur ses frêles épaules, alors qu'elle n'était pas plus qu'une gamine, une gamine parmi tant d'autres, avec des idéaux parmi tant d'autres. Des idées de liberté et d'égalité, comme si elles existaient. Une frêle, une fragile, qui se veut forte, et qui n'a pas cette force. Car il lui était facile de la détruire, il lui était facile de la serrer dans ses grandes mains et de la regarder s'étouffer. Il en avait déjà fait l'expérience, pour la voir misérable et avachie. Il lui tombait dans les mains des choses qu'elle ne méritait pas, qu'il mériterait sans doute beaucoup plus, lui, et son dur labeur. Et son prétendu mode de vie saine à base de jus d'abricot et purée de chou-fleur n'était qu'un ridicule leurre – elle et son paquet de cigarettes quotidien minimum.
« Epargne-moi ça. » grinça-t-elle, ne supportant pas l'autoportrait qui se dressait pitoyablement dans sa tête. Car c'était uniquement dans sa tête que cette affreuse description se matérialisait ; si Connor avait eu l'occasion de voir à quel point elle était peu stable et peu forte, lui parvenait néanmoins à voir quelques aspects positifs dans sa personne, même s'il ne l'avouerait jamais. Au contraire, Roxanne était écrasée par le poids de ses échecs, qui s'imposaient à elle. Tiraillée entre la triste réalité qu'elle voyait, et cet idéal auquel elle aspirait – cet idéal qui demeurait si beau parce qu'il était inatteignable.

Ce qu'il ajouta ne fit qu'amplifier le reste. Évidemment, ce n'était pas l'idée de soutien, ce n'était pas l'aide qu'elle avait pu lui apporter qui lui sauta au visage en entendant ses paroles. Ce n'était pas l'acharnement avec lequel elle avait essayé de l'aider, de le tirer de sa spirale infernale. Elle ne vit dans ces quelques mots que la critique amusée de sa maigreur, et l'aspect têtu de sa personne, car à ses yeux, c'était la seule facette que Connor semblait apercevoir. Elle le pensait aveugle, et pourtant elle l'était sans doute plus.
Et si pour une fois elle l'avait réellement écouté, elle se serait sans doutes sentie plus apaisée. Parce qu'elle crevait pour ces compliments. Elle avait désespérément besoin de l'entendre dire des choses pareilles, l'entendre lui souffler, avec sa voix rauque, combien elle avait tort. Combien elle n'était pas ce qu'elle pensait être, et que si elle ne voyait pas toutes ces belles choses dont elle était capable, c'était décidément parce qu'elle n'était qu'une idiote. Elle espérait, sans vraiment se l'avouer. Parce qu'elle se sentait comme une pauvre gamine maudite, condamnée à voir les autres dépérir autour d'elle, sans être capable d'y faire quoique ce soit. Cette impuissance lui pesait – mais le fait était tel que, elle ne faisait rien, même lorsqu'on lui tendait la main ; la repoussant même avec ardeur.

« Je pense que t'as assez partagé ta sagesse, hein. Je te montre pas la porte pour sortir, t'as pas eu de mal à la trouver tout à l'heure, tu devrais réussir à te débrouiller. » Incapable de faire mieux que ça. Ils dépeignaient un tableau bien risible, là, avec leurs bras ballants, au milieu d'un salon impersonnel, à se lancer tout le contraire de ce qu'ils pouvaient réellement penser. Des capables, des handicapés des mots et de la vie, des machines construites pour faire tout le contraire de ce que des humains sensés feraient. Car au fond d'elle, elle aurait eu envie de lui dire de rester, de rester encore et de tout recommencer – dans un de ces mondes parallèles où, au moment de choisir entre la trahir ou non, il aurait fait le bon choix. Une de ces existences qui avaient pris une route tangente, qui ne croiserait plus jamais la leur. La leur était cette vie ratée, cette accumulation de tous les échecs possibles. Cette probabilité qui était presque nulle, mais qui était bien là.

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