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 Les saints vont en enfer. [PV Isis]

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MessageSujet: Les saints vont en enfer. [PV Isis]   Ven 19 Juil - 4:32

Le soleil est rude au dehors et j'aperçois la rue au travers de la grande baie vitrée. Dans mon loft, la température est fraiche et agréable, grâce à l'air conditionné. C'est donc sans en subir les mauvais cotés que je peux admirer la bleuté du ciel et les rayons du soleil qui dansent au travers des hauts arbres du parc. L'immeuble où je vis est situé dans l'un des plus beaux quartiers de la Nouvelle Orléans. L'avenue est large et de l'autre coté, se situe un très beau parc agrémenté d'arbres centenaires. J'apprécie de rêvasser en admirant cette vue. Mon loft bénéficie de plusieurs baies vitrées qui offrent une belle luminosité et c'est une chose que j'aime beaucoup, je n'aurais pas supporté de vivre dans l'ombre. J'essaie de demeurer serein et pourtant mes tortures intérieures blessent mon âme. Je pousse un léger soupir. Elle sera bientôt là.

Me détachant de la vitre, j'avance au travers de la pièce pour rejoindre le bar, un meuble ancien de bois d'acajou. Je me sers un verre de cognac que je bois d'une traite, fermant les yeux quand l'alcool me brule la gorge. Qui serais-je pour elle aujourd'hui, son psychiatre ? Elle en a cruellement besoin, Isis est si fragile, son équilibre psychologique dépend de moi en grande partie et de la confiance qu'elle me porte. Nous nous voyons depuis longtemps à présent mais nos rapports ont évolués dans un sens que je n'attendais pas. Je me sens à présent dépassé par les sentiments que j'éprouve et ils me troublent au plus haut point. Ce qui m'arrive est incompréhensible, je ne me reconnais plus, moi d'ordinaire si froid et détaché. Que m'arrive-t-il ? Je secoue la tête, m'efforçant de chasser ces difficiles pensées de mon esprit. L'endroit où je vais recevoir Isis est prêt, tout est en ordre pour son arrivée. Un fauteuil confortable l'attend, où elle pourra s'y asseoir aussi confortablement qu'elle le désire. Je serai quant à moi, face à elle, aussi neutre que possible. N'est ce pas ce qu'on attend d'un psychiatre, la neutralité...

Mais soudain, la sonnette musicale retentit dans le loft et je prends une inspiration avant de répondre au parlophone. Un simple « Oui ?» et c'est sa voix légère qui me répond, je ne peux retenir un sourire qui étire mes lèvres. J'appuie donc sur le bouton pour ouvrir les portes sans ajouter un mot, elle connait l'étage, elle en a l'habitude. Le temps d'attente n'est pas long pendant que je la devine en train d'emprunter l’ascenseur pour me rejoindre. J'essaie d'imaginer quelle tenue elle porte et la manière dont ses cheveux sont coiffés aujourd'hui. Moi même, je suis revêtu d'un ensemble classique, veste et pantalon de couleur grise sur une chemise d'un rose pâle. Pas de cravate. J'ouvre déjà la porte qui donne sur le couloir commun, je suis le seul à habiter cet étage puisque mon loft recouvre l'entièreté de la surface. Le mobilier n'est pas surchargé pour privilégier cette impression d'espace et de clarté. Des tableaux modernes ainsi que des photos représentant des vues de grandes villes italiennes décorent les murs. Certains objets de décoration rappellent mon attachement au christianisme comme cette statue de la vierge qui trône sur un buffet, ce portrait en argent ouvragé de St Georges ou encore ce grand crucifix d'ébène et de nacre où le Christ parait presque vivant.

Mais enfin, j'aperçois la cage d’ascenseur s'illuminer avant que la porte s'ouvre et je reste à ma place, cherchant son regard. Dans quel état d'esprit sera-t-elle ? Se sentira-t-elle sereine aujourd'hui, ou accablée par l'état de sa sœur ? Je sais que parfois, les visites qu'elle lui offre à l’hôpital jouent sur son moral, il arrive qu'elle ait besoin d'en parler. Attentif aux expression de son visage, je l'accueille d'un sourire réservé. Je ne me laisse que si rarement aller à de grandes effusions et cette fois encore, une certaine froideur m'habite.


« Bonjour, Isis. Comment vas-tu ? Je t'en prie, entre... »

Sans même la toucher ni m'approcher d'elle, je lui fais signe d'entrer dans l'appartement, m'écartant avec politesse pour qu'elle y pénètre avant moi. Mon regard la caresse au passage, vaguement séducteur.
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MessageSujet: Re: Les saints vont en enfer. [PV Isis]   Ven 19 Juil - 14:21

Je me lève sur les coups de midi. Travailler la nuit possède cette particularité que les réveils ne sont jamais très matinaux. Mais je m'y suis fais depuis longtemps. La nuit est devenue mon domaine de cœur, tandis que la journée je reste sensible à mon âme. Les jours s'écoulent « heureux » à la Nouvelle Orléans. L'espoir se lit sur le visage de chacun, et je me demande où se situe le mensonge. Je me pose juste la question, la réponse ne m'intéresse pas. Je n'y croirai pas de toutes façons. Il fait beau, la ville est pleine de charme, ouvrons les bras et accueillons le bonheur. Voilà tout ce que je peux penser de vraiment mal quand je me promène dans les rues. Quand je joue au cabaret et que je vois des sourires éclairés le visage de chacun. Le passé aussi fictif fut-il n'est plus. Ca me suffit. Je pense même que je n'ai plus besoin d'un psychologue...Mais il pense différemment.

J'ai toujours eu la sensation que mes visites en tant que patiente sont une couverture pour réchauffer nos cœurs et nos corps. Rien que de penser à lui, ça me donne le sourire, ça me chauffe tout mon être et pour la première fois de ma vie, je ne veux partager ça avec personne. Il est à moi, rien qu'à moi...et à Aida. Mes pupilles se dilatent face à l'évocation de son ancienne épouse. Je suis prise d'une furieuse envie de peindre. Je cours dans mon atelier et je prends le premier pinceau qui me tombe sous la main. Mes gestes se font instinctifs. Je déconnecte totalement du monde réel. Mes coups de pinceau sont brutaux, évasifs, je n'ai aucune idée de ce qui se crée peu à peu sous mes yeux. Je perds toute notion du temps et c'est en caressant d'un geste plus lent le visage d'une femme qui me ressemble de manière frappante, que je reviens à moi.

Je n'aime pas ce que je vois. Il y a le portrait, bien sûr, mais il y a aussi l'heure qui s'affiche. Il me reste une demie heure pour me préparer ! Vu la peinture sur mon t-shirt je dois me changer entièrement ainsi que frotter férocement mes doigts. Je commence par ça. Je me regarde dans le miroir et je revois la femme sur le portrait. Suis-je si égocentrique au point de me dessiner moi-même ? J'arrête de m'admirer aussi étrange était cette peinture. Mes doigts ne sont pas parfaits, je remarque encore du bleu sur ma main droite, mais pas le temps d'astiquer ! Je retire mes habits salis et me saisis d'une robe beige. Elle a un style vintage qui ne me déplait pas. Elle laisse mes bras nus, tandis qu'elle forme un triangle attaché par un joli nœud derrière ma nuque. Elle souligne ma taille, puis devient évasive jusqu'à mes genoux. J'enfile des chaussures de la même couleur à talons hauts et gros. Un style assez moderne que j'affectionne.

Je remonte mes boucles en un chignon peu organisé, les laissant cascader autours de mon visage en grande partie. Je mets la touche final avec du rose aux lèvres et du fard à paupière de couleur saumon. Tout ça est très doux. Je ne suis pas toujours comme ça. Mais avec lui j'ai envie de l'être. Lui mon psychologue...Et bien plus encore.

Je me dépêche de dévaler les escaliers et je hèle un taxi, délaissant ma motocyclette. De l'est de la ville, je dois me rendre à l'ouest. C'est le quartier le plus huppé, le plus puissant. Je ne me doutais pas qu'un psy pouvait tant gagner au point d'avoir le meilleur. Au début, j'avais été impressionnée et même mal à l'aise face à tout le luxe qu'il possédait. Pourtant, je venais d'une famille aisée, rien à voir avec les difficultés que certains rencontrent. Pourtant je devais aller voir un psychologue...Car mes parents m'avaient rendu totalement asociale et les premiers temps au lycée étaient tout simplement démentiels.

Le taxi m'arrête face à l'immense building aux baies vitrées. Mon cœur bat la chamade, à l'image d'une mariée qui arrive dans l'église. J'ai des pensées totalement idiote quand il s'agit de lui. Je ne suis même pas pratiquante. Mes parents ont laissés de côté la religion pour que ce soit la musique qui la remplace.

Je m'avance jusqu'à l'interphone. Je dis que je suis là. La sonnerie retentit, les portes du paradis s'ouvrent. Ca me fait toujours cette impression. Je me sens plus légère, ne sachant jamais à quel point il est heureux de me voir. J'emprunte l'ascenseur. La série d'étage me paraît toujours trop longue, et j'en profite pour me regarder à nouveau dans le miroir. Tout semble parfait...A moins que j'aurai du mettre un bijoux ? Je me sens soudainement nue...Puis je remarque à nouveau ces petites tâches bleues. Je fais une moue. Pas le temps de frotter à nouveau, je sors de l'ascenseur.

Je le vois. Un sourire nait sur mon visage. Trop simple de sourire en le voyant. Tant que je ne pense pas à...Mes yeux se portent sur mes mains. Je ne veux pas que mon autisme apparaisse en séance. Car dans le fond, c'est un peu ça que je suis...par moment. Arrivée à son niveau, je lève les yeux vers les siens. Il est comme à son habitude. Pas d'effusion. J'ai toujours l'impression de rentrer dans son bureau pour la première fois.

Il me laisse entrer de manière neutre. Je sais que je dois répondre à sa question. Mais je continue à avancer, sachant pertinemment où est ma place : sur le fauteuil en cuir.

- Bonjour Noah.

Je ne veux plus l'appeler monsieur Meadow. A quoi jouerait-on ?

- Je vais bien.

Je tourne la tête, chercher ses yeux.

- Comme à chaque fois quand je te vois.

Encore un franc sourire. Je plie mes jambes. Je suis plus féminine que je ne le pense. Et à dire vrai, comme souvent, je trouve une assurance en moi quand je le regarde droit dans les yeux. J'oublie la peinture sur mes doigts, je me focalise uniquement sur lui.

Mais on est là pour parler de moi pas vrai ?

- Pose moi tes questions. Toutes tes questions.

Fragile. Peut-être. Mais pas faible. Je sais aussi séduire, cela m'amuse assez. Et avec lui, les frissons sont aussi froids que bouillants.
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MessageSujet: Re: Les saints vont en enfer. [PV Isis]   Mar 23 Juil - 4:52

Lorsque je l'aperçois, un flux d'émotions contradictoires m'envahit et me trouble, bien que je n'en laisse absolument rien paraître. J'aime son sourire, sa manière de prononcer mon prénom, sa façon de marcher. Et toutes ces choses m'atteignent bien plus puissamment que prévu, ce qui me surprend toujours un peu. Lorsqu'elle me dépasse pour pénétrer dans la pièce, mon regard se pose malgré moi sur ses fesses qui ondulent naturellement sous son pas gracieux. Je me mords légèrement les lèvres mais l'expression de mon visage retrouve très vite sa neutralité lorsqu'elle se retourne vers moi. Devant elle, je reste stoïque et imperturbable et c'est à peine si un sourire poli vient répondre au sien. Je ne lui offre aucun commentaire sur sa remarque, me contentant de la regarder s'asseoir, mes yeux plongés dans les siens.

Elle ne semble nullement intimidée et je constate qu'elle a bien changé depuis nos premières entrevues où elle apparaissait comme une créature introvertie et farouche. Sa voix est assurée quand elle me propose de lui poser les questions que je désire et j'incline légèrement la tête. Je referme doucement la porte derrière moi, traversant la pièce pour rejoindre mon fauteuil, lequel possède un dossier bien haut contre lequel je m'appuie. Je me trouve ainsi face à elle sans pour autant la gêner par une proximité trop rapprochée. En effet, la table basse nous sépare et je m'y penche un instant pour ramasser mon carnet de note et mon stylo que j'avais préparé en prévision de notre entrevue.

« Tu sais que tu peux t'installer comme tu le désires. T'allonger dans le canapé, rester assise, me regarder ou perdre ton regard où tu en as envie. Le principal est que tu sois à l'aise et détendue. »

Pourquoi je me sens obligé de lui répéter ces informations qu'elle connait depuis fort longtemps ? Peut-être n'est ce que pour me rassurer moi même et pour donner à cet entretien le plus de sérieux et de professionnalisme que possible. Mais ne suis-je pas en train de me jouer un mensonge à moi-même ? Car finalement à quoi rime encore cette comédie que nous jouons pour l'extérieur ? Mais j'enfouis rapidement ces questions au plus profond de moi, ne voulant même pas y répondre. Je me sens moi-même trop confus en ce qui concerne mes sentiments à son égard et sans doute ais-je besoin de ce cadre pour me permettre de prendre plus de distance. Je ne suis que son psychiatre et rien d'autre en ce moment et je suis impartial et neutre. Autant que je l'étais autrefois dans le confessionnal, n'est ce pas ? Sottises. Je ne suis qu'un monstre et je l'ai toujours été. Mais je cache toujours impeccablement mes émotions, pendant que je cherche la page correspondant au cas de Miss Whitefield dans mon carnet. Ma voix est douce  mais mon ton reste assez froid, comme il est toujours, presque dénué d'humanité.

« Bien. La dernière fois, nous avions parlé de tes difficultés sociales. Comment cela se passe-t-il à présent, t'es tu fait des connaissances ? Et si oui, j'aimerais que tu me parles d'eux et des rapports que vous entretenez. Qu'ils soient amicaux ou... autres. »

Je soutiens un moment son regard avant de croiser les jambes et de m'adosser à mon fauteuil. Je me rend compte en prononçant cette question qu'elle n'est pas anodine. Etait-ce inconscient de ma part ? Je m'aperçois que j'ai très envie qu'elle me parle d'amitiés exclusivement féminines. Que ferais-je si elle évoque la présence d'un autre homme dans sa vie ? Nous ne nous sommes jamais réellement ouvert l'un à l'autre au sujet de nos sentiments qui me paraissent déjà bien confus même pour moi. Sommes-nous un couple dans le véritable sens du terme ? Je ne dirais pas cela, car un couple n'a pas besoin de se cacher au reste du monde. De plus, nous ne nous sommes jamais promis une relation exclusive, tous passionnés soient nos rapports physiques. En somme, notre union est basée sur énormément de flou et de non dits et cette situation est d'autant plus étrange que je suis sensé être le confident de ses secrets les mieux cachés.Mais de son coté, que sait-elle de moi ? Pas grand chose. Je passe négligemment ma main dans ma chevelure, chassant cette ligne soucieuse qui barrait mon front et m'efforçant de lui offrir un visage serein. Mes tortures intérieures ne se liront jamais sur mes traits, jamais.

« Isis, je te rappelle que je suis avant tout ton psychiatre, alors sois sincère et libère toi sans crainte ni embarras. Ton équilibre mental est une priorité sur le reste. »

Une priorité sur ma jalousie ? Certes. Mais Aïda ne m'aurait jamais trompé, ce n'est pas dans son caractère. Non, tu n'es pas comme cela.
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