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 Come on... Now what ?! [PV Isis]

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MessageSujet: Come on... Now what ?! [PV Isis]   Mar 23 Juil - 16:35

C'était l'un de ces fameux jours où j'aurais préféré rester cloîtré chez moi, sans voir personne, sans entendre personne. Malheureusement, ça ne tenait pas qu'à moi : je ne pouvais pas me permettre d'appeler le patron du cinéma et lui dire que j'avais décidé de ne pas venir travailler. Ce n'était pas comme ça que ça fonctionnait et ça ne fonctionnerait jamais comme ça. Si j'avais agi de cette façon, j'en aurais perdu mon travail et j'avais beau avoir des mauvais jours, j'aimais ce boulot et ce qu'il m'apportait : un semblant de paix. De la paix parce qu'à défaut de me faire tout oublier, ça me changeait les idées ce qui était déjà bien mieux que rien. Enfin, sauf dans les jours comme aujourd'hui où aucune paix ne m'était possible. J'avais eu la visite de Kyran la veille et comme à chaque fois qu'il faisait son apparition, je me sentais à la fois beaucoup mieux mais également beaucoup plus mal. De plus, depuis l'épisode avec Jilian, je craignais toujours de reperdre le contrôle et de m'en prendre à quelqu'un, que ce soit quelqu'un travaillant au sein du cinéma ou un client. Si au moins j'avais pu me changer les idées en projetant des films dignes de ce nom, le genre de films qui vous font oublier tout le reste mais bon, aujourd'hui, j'avais été bon pour des films niais et à l'eau de rose ou encore des films dramatiques. On m'avait gardé le pire pour la fin en plus : terminer la journée avec un film qui retrace l'histoire d'un type qui tombe malade, s'en sort pour mieux rechuter dans la maladie et finalement mourir avait fini de m'achever. C'était clairement ce que je craignais au quotidien, c'était l'ombre qui planait encore et toujours au-dessus de ma tête : ce foutu cancer. Si on avait fait un film de ma vie ça aurait pu être intéressant si ça n'avait pas été autant désolant et triste. Entre le père malade, les rêves qui tombent à l'eau, les femmes pourries jusqu'à l'os, la maladie et la transformation en monstre : une belle série B oui.

Bref, autant vous dire que quand le mot « fin » apparut à l'écran je fus plutôt soulagé à l'idée que cette journée soit enfin terminée. J'attendis que les gens sortent de la salle et m'apprêtais à arrêter la bobine quand je me rendis compte qu'il y avait toujours quelqu'un dans la salle. Pourquoi ? Pourquoi les gens s'entêtaient-ils à rester jusqu'au générique de fin, spécialement les jours où je voulais qu'ils rentrent chez eux ? C'était une véritable conspiration... Je soupirai et m'accoudai contre le mur, observant par la petite ouverture la personne qui avait décidé de me faire terminer la journée en beauté. Une tête blonde et des cheveux longs : une femme en plus apparemment. Parfait... J'étais cependant tenu d'attendre la fin du générique puisqu'elle avait décidé de rester : tant qu'il y avait un client dans la salle, je devais faire tourner le film jusqu'au bout. Alors que le générique n'était pas terminé, elle se redressa et j'y vis donc une petite lueur d'espoir qui s'éteignit rapidement puisque je la vis commencer à regarder autour d'elle avant de se mettre à genoux par terre. Allons bon, qu'est-ce qu'elle fabriquait celle-ci ? En la voyant s'avancer doucement je soupirai avant d'arrêter la bobine : elle ne regardait plus le générique donc ça ne servait à rien de continuer. Cela dit, j'aurais préféré qu'elle se contente de regarder ce foutu générique plutôt que de perdre quelque chose car il était clair qu'elle cherchait quelque chose. Oh je n'étais pas devin mais quelle autre raison aurait-elle pu avoir pour se mettre à quatre pattes comme ça tout en regardant sous les sièges puis autour d'elle ? Je ne pouvais pas éteindre la salle tant qu'elle serait là et j'avais encore les bobines à ranger et il était hors de question que j'y passe le reste de ma soirée : j'avais trop hâte de rentrer chez moi pour m'éterniser comme ça.

Je sortis donc de mon antre et pris soin de refermer derrière moi avant d'aller jusque dans la salle. Une fois à l'intérieur, je vis la demoiselle toujours en train de regarder sous les sièges. Je m'avançai et m'arrêtai à quelques pas, une distance qui me semblait somme toute assez raisonnable vu la situation : la perte de contrôle, tout ça, mieux valait que je sois le plus prudent possible.

« Bon, qu'est-ce que vous avez perdu ? »

Un ton froid, limite agressif, et pas un bonjour ni rien mais ce n'était pas pour rien que j'étais projectionniste et pas à l'accueil en même temps. La demoiselle releva son regard vers moi et je décidai d'apporter quelques précisions, histoire que les choses soient claires.

« Je suis le projectionniste. Je vous ai vu en train de chercher quelque chose alors, faut que vous me disiez à quoi ça ressemble histoire que je puisse vous aider à chercher. »

Traduction : il faut que vous me disiez à quoi ça ressemble histoire que je puisse vous aider à chercher et que vous foutiez le camp d'ici le plus rapidement possible.
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MessageSujet: Re: Come on... Now what ?! [PV Isis]   Mer 24 Juil - 16:22

Aller au cinéma quand je ne travaillais pas au cabaret était un plaisir que je m'octroyais de temps à autres. Je n'étais pas une grande cinéphile et je me souviens encore de Nathan qui se moquait de moi avec mes films à l'eau de rose. Clairement, c'était le genre de film que j'aimais regarder. Simplement car la violence à la télévision me donnait envie de vomir, et que ces films me permettaient de garder la tête hors de l'eau. Ne pas sombrer. Surtout pas. C'était ça qui comptait avant tout. J'étais loin, aux yeux de mes parents, de posséder une vie parfaite. Avec l'argent qu'ils m'adressaient régulièrement je pourrais prendre un appartement plus classieux. Au lieu de ça, j'avais rapatrié ma sœur de New York. Je sais qu'ils voulaient l'oublier car ça les faisait trop souffrir de ne voir aucun espoir pour leur fille aînée. Mais voir que la cadette préférait un simple job dans un cabaret plutôt que parcourir le monde comme ma mère avant moi les désolaient. Oui, je voulais rester non loin de ma sœur. C'est elle qui m'a donné la vie, plus que ma mère ou mon père. Mais ça je ne le leur dis pas.

J'avais emmené avec moi une boule de cristal que ma sœur m'avait offert lors de l'un de mes anniversaires. Elle m'avait dit qu'en la regardant, je pouvais imaginer l'avenir que je désirai. Quand elle est entrée dans le coma, je me suis prise d'une affection particulière pour cette boule qui représentait désormais l'avenir de ma sœur. Je me disais qu'en l'emmenant partout avec moi, elle verrait ce que je vois au sein de son coma...N'est-ce pas un sommeil très long ? Je suis sûre qu'elle rêve. C'est donc naturellement que je tenais la boule de cristal dans ma main pendant que je regardais le film : A marée basse. J'aurai du m'attendre à quelque chose de dramatique, mais étant donné qu'il n'y avait plus de comédie romantique et que j'avais envie de me changer les idées, je regardais ce film. On passait aisément du rire aux larmes pour finir totalement déprimée face à la mort de cet homme qui avait retenté de prendre sa vie en main sans succès.

Le générique commençait déjà quand une femme me bouscula pour passer à ma hauteur...et le drame – le vrai cette fois – se produisit. La boule tomba et se mit bien entendu à rouler. Je m'agenouillai, l'air désemparé, prenant mon téléphone pour amener de la lumière dans les coins d'ombre. Enfin, la lumière du cinéma se fit, mais je ne voyais toujours pas cette boule qui avait la malchance d'être transparente. Je me redressais et m'apprêtais à courir tout en bas de la salle, vers l'écran, vu la pente elle devait y être, mais un homme m'apostropha. Je levais mes grands yeux bleus vers lui et tentai un fin sourire. Il m'était antipathique, c'était le moins que je puisse dire.

- Je cherche une boule de cristal.

Je l'entendais déjà se moquer de moi. Il était projectionniste, c'était la dernière séance, tout ce qu'il voulait c'était partir d'ici, c'était clair.

Je me dépêchais d'aller là où j'avais le plus de chance de la trouver tout en lui lançant :

- Préparez-vous à partir, je ne vais pas en avoir pour long. Je comprends que vous vouliez rentrer chez vous.

Après tout, moi aussi je voulais rentrer chez moi. Mon regard observait tous les recoins du sol. J'étais assez bonne observatrice, alors il ne fallut pas long pour que je la retrouve et la ramasse. Je l'inspectais rapidement et me sentis rassurée. Aucun impact. Je passais la main sur ma jupe afin d'en lisser les plis et commençais déjà à remonter afin de me diriger vers la sortie :

- Vous devez les connaître par cœur les films à force de les projeter non ?

Je ne pouvais m'empêcher de l'imaginer avachi sur une chaise un magazine dans la main le temps que ça se passe...Un métier pas facile pour les nerfs, mais peut-être qu'il aimait ça.
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