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 Lovely 2.C.U. | Aeryn

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MessageSujet: Lovely 2.C.U. | Aeryn   Lun 19 Aoû - 22:58

      Travaughn écrasa violemment la pédale du frein, le camion fit hurler ses pneus dans la boue des routes. Le moteur vrombissait comme il passait au ralenti, et Kane crispa les poings sur le large volant de sa machine. Un barrage, encore un : le troisième sur une douzaine de miles. Les Peacekeepers durcissaient les contrôles à l’approche de la Nouvelle-Orléans. Pas de doute, le Gouvernement ne siégeait plus à New-York, il s’était replié sur la Louisiane.
      Le cœur parti en chamade, et le front perlé de sueur, Kane souffla deux ou trois bouffées profondes pour s’apaiser. Sa gueule de résistant n’était pas encore connue dans les parages de la Nouvelle-Orléans, du moins l’espérait-il. Et puis, n’avait-il pas déjà passé deux contrôles, à peine quelques minutes plus tôt ?
      Les quatre Peacekeppers lui commandèrent d’arrêter le camion. Sans un regard, Travaughn plongea la main dans l’intérieur de sa veste, et en tira quelques papiers badgés de bleu et de rouge. Il avait servi vingt ans dans l’armée, et même porté l’uniforme des Peacekeepers quelques jours : de tout cela, il lui restait un tas de paperasses officielles, estampillées U.S.Army et autres. Il fallait bien que cela lui serve à quelque chose.
      L’officier Peacekeeper jeta un regard à Travaughn, puis d’un signe de tête il désigna le camion.

      « Vide, grogna Kane. Réquisition de l’armée. Ai reçu l’ordre hier. »

      Un Peacekeeper avait soulevé la bâche arrière, il constata que la benne était vide. Le chef jeta un dernier coup d’œil à Travaughn, puis lui rendit ses papiers militaires.

      « Dégagez la route.
      — Aye, aye,
approuva Kane en réfrénant un soupir. »

      Le mécanicien happa ses papiers, salua d’un signe de tête, et enfonça la première vitesse. Trois barrages armés en douze milles. A moins que la Providence ne s’acharne sur lui, Kane avait peu de chances d’en croiser un quatrième : il ne devait plus être loin de la Nouvelle-Orléans, à présent.


      Avachie sur les rives de la Louisiane, Travaughn avait oublié le parfum qui embaumait la capitale. New-Orleans, ou Nawlinz, comme on l’appelait dans le jargon Afro. Il y avait peut-être quatre mois que Kane n’y avait remis les pattes, et c’était avec plaisir qu’il retrouvait ses ruelles gonflées au rythme du jazz. Être Noir ici, c’était la meilleure protection, l’anonymat radical. Parfait, sourit Kane.
      Le camion s’arrêta doucement sur une chaussée défoncée du quartier Est. Là, dans les entrailles des ruelles, on trouvait de tout pour qui savait regarder. Travaughn fila à grandes enjambées parmi les allées achalandées qui bordaient les cafés et les bars : alentour, on vendait de tout, des gris-gris ancestraux bricolés à la va-vite, et des Blue Jeans Denim pillés au hasard des containers, dans les ports fantômes plus loin sur la côte, vers le Nord : Gulfport, Prichard, et au-delà.
      Kane trouva au bout de quelques instants ce qu’il était venu chercher : de la véritable porcelaine de France, qui n’avait de française que le nom. Il y a quelques années encore, on aurait pu dégotter du made in China. Mais la récupération de containers s’était faite plus aléatoire ces derniers temps, aussi Travaughn ne fut pas surpris lorsqu’en grattant du bout de l’ongle un enduit, il découvrit un sceau en cyrillique. Qualité bulgare ou ukrainienne, mais peu importait. Travaugghn lâcha quelques billets pour l’amphore en toc, et rebroussa chemin, retournant vers les rues moins dévoyées d’Eastern Orleans.


      Alors, c’était là ? Travaughn cracha devant la devanture d’une échoppe d’antiquités. Avec sa vitrine proprette et ses lumières en bon état, cela respirait l’honnêteté de façade. Kane avait besoin de nouveaux contacts, et cela semblait être l’endroit idéal pour débuter.
      Le résistant poussa la porte de l’épaule et entra, tandis que sa main droite fouillait les replis de sa veste en cuir. Quelques jours plus tôt, à Avondale, les gars du révérend Mitch Carold avaient pincé un molosse du Gouvernement, un Winston McFerley : et tellement bête qu’il était venu rôder autour du camp des résistants sans même vider ses poches au préalable. Dans les vêtements du gars, Kane avait trouvé des papiers badgés par le Gouvernement, quelques autorisations en tout genre, et une carte flambant neuve des services extérieurs de renseignement.
      Autant dire, au marché noir, il y en avait pour une petite fortune. Et dans les entrailles de la Nouvelle-Orléans, ces faux-papiers étaient le meilleur sésame pour rejoindre les bons réseaux, il suffirait de les bricoler un peu.


      Kane saisit les papiers de McFerley, d’un geste vif il les fourra dans la poterie bulgare ou ukrainienne, puis déposa le tout sur le comptoir de l’antiquaire. Parmi les antiquités précieuses, la poterie faussement vieillie faisait fausse note.
      Pourtant, à mi-voix, Travaughn souffla :

      « Je crois que je peux en demander le prix fort, de ce truc ... Pas vrai ? »
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Lovely 2.C.U. | Aeryn

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