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 Somebody That I Used to Know .}pv

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↳ Citation : There's a battle between two wolves inside us all. One is Evil. It is anger, envy, jealousy, and ego. The other is Good. It is joy, love, hope, and faith. Which wolf wins? The One you feed
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MessageSujet: Somebody That I Used to Know .}pv   Mar 11 Sep - 11:26



somebody that I used to know
« I've made my mistakes. I've seen my heart cave in. I've got my scars. I've been to hell and back again. Born for the blue skies. We'll survive the rain. Born for the sunrise. We'll survive the pain. We've been living up against the crowd. It's not over now. We've been down but we've never been out. We found a way out. The city takes everything it can. But outside the crowds. I can feel my lungs again »


« Hey ! Greyjoy, je te cause ! »
Il ne se retourna pas. A vrai dire, sa nouvelle identité, il lui arrivait de l’oublier. De ne pas réagir quand on prononçait son nom. Un peu comme maintenant. L’autre dû réitéré son appel, plus fortement cette fois pour que Stain s’arrête et fasse volte-face, non sans avoir poussé un soupir d’agacement. Ils avaient fini par s’habituer à sa manie de ne pas répondre tout de suite aux appels. Et vu l’heure, il n’espérait qu’une chose, se tirer de la Capitale et s’enfermer à double tour dans son repère. Le temps de se reposer un peu avant d’entamer sa nuit blanche. Il avait troqué en vitesse l’uniforme des Peacekeepers contre jean, t-shirt et veste en cuir, détalant sans demander son reste. Espérant au fond qu’on arriverait à l’oublier pour ne pas lui gâcher sa soirée. Et voilà que ses espoirs de fuite discrète s’envolaient en fumée, détruit par la simple évocation de son nom. Malgré lui, il se renfrogna, enfonçant ses mains dans les poches de son jean, revenant vers son supérieur en traînant la patte. Une nouvelle mission. A cette heure. Il avait levé un sourcil, regardant le type avec un air interdit, du genre « t’es sérieux ? T’as vu l’heure ? », jetant un coup d’œil à l’horloge fichée au mur au passage pour bien appuyer son mécontentement. L’autre n’en fit rien, se perdant dans des explications que Stain eu du mal à comprendre, se rapprochant un brin du gus, oreille tendue, tout en fronçant les sourcils. Ils l’oubliaient tous, ça aussi. Qu’il était nouveau dans le coin et que s’ils voulaient qu’il comprenne il fallait faire un effort et ar-ti-cu-ler. Un chouia quoi, juste assez pour que les mots sonnent justes dans sa tête. Autant parler à un écureuil, le résultat aurait été le même. Envolée la nuit de débauche, le voilà qui quitte la zone réservée aux Peacekeepers en compagnie d’un autre collègue. Un vieux bourrin, bourru, accro aux chewing-gums à la menthe, aux dognuts et aux t-shirt portés et reportés. Trop de fois pour être humain à vrai dire, le mélange de la menthe, de la sueur, des chaussettes et du vieux type qui n’aspire qu’à rentrer chez lui pour se vautrer devant un bon match de foot, indisposait Stain à tel point qu’il finit par ralentir l’allure, courbant l’échine pour cacher ses oreilles derrière le col de sa veste, et s’éloigner de la source de sa gêne. L’avantage avec ce type, c’est qu’il ne parlait pas. Ou peu. Une aubaine pour Stain, même si le silence venu se glisser entre eux le dérangeait. Quelque chose n’allait pas. La chair de poule sur ses bras et celle glissant le long de son échine le dérangeait, sa main droite lui faisait mal sous le cuir du gant qui la cachait. Plus raide que d’ordinaire. Il avait parfois l’impression de sentir la chaleur des flammes dévorant sa peau. Un vieux fantôme refusant de partir, et de rendre à ses doigts toute leur souplesse.

Il n’avait même pas voulu savoir où l’autre le traînait. Que ça lui plaise ou non, le résultat serait le même. Il fut tenté de lui fausser compagnie, de le planter là, dans les rues sales du Bronx. Ca le fit sourire pendant une mince fraction de seconde. Son air de ravissement s’effaça d’un seul coup, lui donnant l’air d’un pruneau desséché quand la morgue se dressa devant eux. Sombre. Lugubre à souhait. Et il a fallu que ça tombe sur une tritureuse de cadavres. J’aurais préféré une vétérinaire, pour lui demander de me gratter le ventre avant de lui mordre la main. Mais ça… Il se renfrogna encore un peu plus, si tant est que cela fut possible. Les cadavres, il en avait horreur. Ceux qui ne bougent plus comme ceux qui gigotent encore, il en avait assez vue dans sa vie d’avant. Ce que pensait l’autre, il n’en savait rien, son visage étant aussi impassible et vide que celui d’une bouche à incendie. On va bien se marrer pas vrai poto ? Il se garda de le dire tout haut, l’humour, le vieux ça lui passait au-dessus de la tête. La porte ne broncha pas quand il la poussa, les ténèbres régnant à l’intérieur poussèrent les frissons lui rongeant la peau à se faire plus pressants.

« On se sépare »
T’es pas sérieux là ? Il eut juste le temps de se tourner vers son collègue, effaré, pour au final n’en contempler que le dos avant qu’il ne disparaisse à l’angle d’un couloir. Il n’eut d’autre choix que de faire pareil, passant devant des salles tout aussi lugubres que le reste, le ronron de la ventilation triturant ses nerfs comme pourrait le faire un scalpel. Le pire dans tout ça, c’était l’odeur. Un vieux ramassis d'aseptisants, de vieux tissus pourris. De sang. Son ventre se crispa quand les relents ferreux se glissèrent dans ses narines. Il dut s’appuyer contre un mur pendant un instant. Serrant les dents pour refouler le loup dans sa cage. C’est pour ça qu’il passait la plupart de ses soirées dans des clubs douteux. Pour la luxure et les pratiques douloureuses que l’on pouvait lui associer. Le plaisir et la douleur, les meilleures armes pour lutter contre son autre Lui. Un moyen de satisfaire l’homme et le loup. Il s’y contraignait, à rester le plus longtemps dans cette peau. Mais l’autre lui manquait affreusement. Ca le rendait fou, de devoir marcher sur deux pattes, de faire des efforts pour paraître normal. Pour chasser l’animal, sa véritable nature au fond. Au milieu de tout ce ramassis d'odeur écœurantes, il discerna celle de la toubib. Il releva le nez et aperçut de la lumière, quelques mètres plus loin. Il lâcha le mur, tangua légèrement sur ses guiboles engourdies et s’avança à pas feutré, un avantage d’avoir été loup pendant des siècles, il savait la jouer discret. Elle lui tournait le dos, la toubib sadique. Elle ne sembla pas réagir quand il se glissa à l’intérieur. Leste et vif. Sa main gauche se glissa autour de sa gorge, la droite agrippant son poignet pour obliger son bras à se tordre et à se coincer contre son dos. Violence de la prise qui fit craquer quelques os, attisant l’animal, ravissant l’homme. Prisonnière entre sa propre peau et celle de son agresseur venu se coller contre elle. La proximité le grisait, sans qu’il soit capable de déterminer pourquoi. Le troublait aussi. Elle a tenté de se débattre, tigresse abandonnant l’idée quand le cuir crissa contre sa chair, tordant son poignet tandis que les doigts raides de Stain se resserraient contre leur prise. La main valide agrippant plus fortement son petit cou. Il la toisait de toute sa hauteur, laissa sa joue frôler ses cheveux pour rapprocher ses lèvres de son oreille.

« - C’est pas gentil de faire perdre son temps au gouvernement en jetant des morceaux de papier chiotte dans les urnes. »
Qu’elle est vraiment falsifier les jeux, il s’en foutait. Si ça ne tenait qu’à lui, il lui offrirait une médaille pour avoir eu le courage de le faire. L’aiderait à recommencer même. Malgré lui, il lorgna son décolleté, remonta le long de la gorge fragile où palpitait l’artère sous ses doigts avant de contempler son joli profil. Un coup de pied bien placé aurait eu le même effet. Il la lâcha, brusque et gauche, comme si elle venait de le brûler, recula de quelques pas. Manquant trébucher, il dut se rattraper à une table d’acier, envoyant valser les ustensiles métalliques pour finalement se retrouver acculé contre le mur opposé. C’est à ce moment précis que l’autre débarqua, choisissant le meilleur instant pour faire son entrée.

« - En silence Greyjoy, bordel! En silence! »
En silence, de toute façon si elle ne nous entend pas, elle nous voit, crétin. Stain fut incapable de répliquer. Pour une fois, il avait avalé sa langue, se contenant de fixer la légiste sans trop savoir sur quel pied danser, le visage aussi blanc que le pelage de son loup. Comme s’il venait de voir un fantôme. Journée pourrie, soirée pourrie…

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MessageSujet: Re: Somebody That I Used to Know .}pv   Mer 12 Sep - 12:30

La morgue. Mélange subtil de chair aseptisée et de sang transi dans les veines de misérables victimes. Une odeur qui semble vous prendre à la gorge dès que vous vous aventurez à y poser un pied, et qui se colle au tissu de vos vêtements sans se faire prier. Elle aurait du profondément détester cet endroit. Haïr cet étalage poussif et franchement glauque de cadavres livides. Ces carcasses inertes et putrides alignées les unes à côté des autres pour être gentiment découpées. Des visages sans nom, des ombres, des laissés pour compte. Ensevelis sous les décombres d’un monde en ruine, dicté par des règles aussi sanglantes qu’absurdes. Elle l’avait fait au début, elle s’était sentie affreusement écœurée par le spectacle macabre de ces corps en décomposition. Réminiscences abjectes des hérétiques carbonisés sur la place publique, des miséreux anéantis par la peste, des lépreux pointés du doigt. D’Elle surtout, six pieds sous terre, encore imbibée de l’eau âpre et dégueulasse du fleuve qui l’avait fauchée à l’aube de ses quinze ans. Et puis, elle s’était habituée. Elle avait fini par voir les choses autrement. Peut être parce qu’elle était déjà morte, fantôme avant même d’avoir été brûlée vive. Caressant l’idée douteuse qu’elle pouvait changer leur état de putréfaction, les extirper de leur léthargie ne serait-ce que quelques secondes. S’y employant sans relâche, sans rechigner, dans l’espoir vain de réussir à ramener l’autre moitié d’elle-même. Celle qui s’avérait indispensable, et qui en son absence l’anéantissait littéralement. Poupée de chiffon ballotée par les courants de l’infortune, dérivant dans les flots en se heurtant de temps à autre aux récifs escarpés. L’oubli n’était pas permis. Il lui suffisait de lever les yeux dans une glace pour que le souvenir de son double déchu la heurte de plein fouet. Les miroirs brisés ne se comptaient plus. Equivalents à au moins sept siècles emprisonnée à Darkness Falls. Un gouffre sans fond, une fosse qu’elle creusait jour après jour jusqu’à s’en arracher les ongles parce qu’elle s’obstinait à vivre dans le souvenir. Parce qu’elle n’avait pas vraiment le choix non plus à vrai dire.

La légiste n’avait ainsi pas bronché en apprenant qu’elle serait de garde seule toute la nuit, préférant sa chère solitude à une compagnie aussi inutile qu’encombrante. Pas besoin de faire la conversation, pas besoin de prétendre que tout allait bien. Personne à superviser, aucun ordre à suivre non plus. Tout le loisir d’user et d’abuser de ses dons de nécromancienne si ça lui chantait. Croyant à un privilège alors qu’il ne s’agissait finalement que d’un guet-apens programmé. Pas une once de crainte, elle se sentait comme protégée entre ces quatre murs au milieu de ce qui pouvait se transformer en une armée de morts à sa simple volonté. Entamant la découpe d’un énième malheureux, obnubilée par la chair tendre crissant sous l’acier, creusant des sillons pourpres sous son habile tracé. Elle avait gagné en dextérité, faisant parfaitement illusion alors que son diplôme n’était qu’une sombre mascarade. Futile morceau de papier falsifié. Elle n’y allait pas à l’aveuglette pourtant, elle avait passé des siècles à étudier l’anatomie humaine à défaut de pouvoir s’adonner aux sciences occultes.

La sorcière n’entendit rien venir, arrachée aussi subitement que violemment de sa transe lorsque l’intrus posa ses pattes sur elle. Un hoquet de surprise manqua de lui traverser la gorge, alors qu’elle sentait des phalanges étrangères – du moins le croyait-elle à ce moment là – s’enrouler avidement autour de celle-ci. Vaine tentative pour se dégager, soldée par un échec retentissant malgré ses efforts pour lutter. Obligé de lâcher à regret son précieux scalpel, avec lequel elle rêvait déjà de défigurer son agresseur, lorsque son bras fut brutalement retourné contre son dos. Elle s’apprêtait à échapper une ribambelle de jurons, à l’insulter de tous les noms, lorsque le timbre de sa voix la scia sur place. Le palpitant tapi dans sa poitrine frôla la syncope, en apnée tant la surprise était grande. Pétrifiée, tétanisée, elle n’osait même plus faire un mouvement. Raide comme un soldat de plomb. Persuadée de nager en plein cauchemar, tout en redoutant terriblement de se réveiller et de constater qu’Il s’était évaporé en fumée. Que tout ça n’était qu’un stratagème hasardeux élaboré par son esprit détraqué pour tromper le manque et l'oppressante douleur engendrés par son absence. En proie à un mélange de répulsion et d’un plaisir inavouable devant une telle proximité. Prison de fortune qui la fit frissonner, la veine de son cou se crispant alors qu’elle sentait le venin remonter le long de sa trachée. Après la stupéfaction, jaillissait la colère, l’incompréhension. Tentant vaguement d’assembler le brouhaha indéchiffrable ayant percuté son organe auditif, pour donner ne serait-ce qu’un infime sens à cette intrusion brutale. Elle avait beau chercher, elle ne se souvenait pas qu’Il ait déjà fait preuve d’une telle audace par le passé. Davantage du genre à faire profil bas qu’à lui sauter dessus sans même s’annoncer pour lui susurrer des sarcasmes au creux de l’oreille, en la maintenant de surcroit de force contre lui. Ou plus depuis qu’il avait précipité sa jumelle dans les limbes. Elle n’était plus tout à fait sûre que ce soit Lui en fin de compte, et ce simple doute lui permis de reprendre sa respiration avant de virer complètement écarlate. Elle s’apprêtait à reprendre le contrôle de ses membres pour essayer d’envoyer valser son détracteur au loin lorsqu’il s’y employa de lui-même. Reculant comme s’il venait de se prendre une décharge électrique d’une rare intensité. Elle fit aussitôt volte-face, juste le temps de le voir se percuter à une table métallique comme une biche aux abois paniquée devant un redoutable prédateur. Ses prunelles azurées s’écarquillèrent de stupeur, ses tripes s’adonnant simultanément à une danse endiablée tandis qu’elle se heurtait à la froideur de sa table de dissection. Le bruit retentissant des objets tranchants échouant contre le sol immaculé la fit sursauter et elle avala difficilement sa salive. Ses doigts se glissèrent fébrilement contre sa jugulaire, comme pour effacer la trace des serpents l’ayant maltraitée.

Muette, effarée, elle faillit ne pas voir son acolyte entrer. Pupilles d’un bleu troublant, presque turquoise, oscillant de l’un à l’autre sans comprendre. Greyjoy ? Depuis quand on t’appelle comme ça toi ?! Ils étaient venus lui faire la peau. Les urnes, Il avait parlé des urnes. Le fiasco de la dernière édition, qui avait retardé l’Appel dans la zone dont elle s’occupait en tant qu’hôtesse, lorsqu’elle s’était retrouvée à tirer bulletin blanc sur bulletin blanc. Elle n’y était pas pour grand-chose, même si elle l’aurait bien voulu, mais il était apparemment convenu qu’elle se fasse fracasser quand même. C’était bien ce qu’elle pensait. La date sur le calendrier avait changé, les technologies également, mais pas le reste. Et Il se retrouvait toujours du même côté de la barrière. Du côté des lâches, des puissants. Du côté des tortionnaires bêtes et aveugles. Il n’était pas venu pour elle. Une bouffée de haine s’empara de sa cage thoracique et elle toisa son cousin avec un mépris non dissimulé. Retrouvant ses facultés mentales alors qu’elle se décollait de son appui temporaire.

« - Je constate que les vieilles habitudes ne se perdent pas. Tu persistes à attaquer en traitre, Bellinzani ? T’as toujours eu le courage proportionné au néant de ta capacité de discernement de toute manière. »

Aboya-t’elle en italien avant de se baisser furtivement pour ramasser le bistouri abandonné. S’écorchant la paume au passage, laissant s’échapper des gouttes de son cruor tant elle resserrait de plus en plus fort sa prise. Stoïque en dépit de l’affliction suintant de son épiderme, de l’acide gangrénant son myocarde sans se faire prier.

« - Et ensuite… tu comptais seulement regarder cette fois encore ? »


Ses iris fusillèrent l’ancien inquisiteur avec hargne, s’y accrochant longuement avant de daigner contempler le profil de l’autre peacekeeper. Drôle de duo, clairement pas assorti. Retrouvant l’anglais, teinté d’un accent notable, pour leur ordonner sèchement de partir. Malgré le pincement qui lui nouait les entrailles en songeant à Son départ.

« - Je vous conseille de dégager d’ici en quatrième vitesse, yen a qui bossent pendant que vous faites mumuse avec vos flingues en brutes attardées qui se respectent. Et rangez le bordel avant de partir, j’ai tendance à être maniaque. »


Elle aurait pu débiter un pur mensonge, leur assurer qu’un collègue baraqué n’allait pas tarder à revenir pour les calmer manu militari. Mais cela aurait été reconnaitre que sa survie dépendait de quelqu’un d’autre. Et ça, ça lui cisaillait la langue. Elle voulait se montrer confiante, croire en ses chances de les faire décamper, mais il fallait se rendre à l’évidence. Lame argentée contre arme à feu, le calcul était vite fait. Deux contre une aussi, injustice numérique qui allait certainement la mener à sa perte.

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Between Iron And Silver
Twisting and turning, unable to sleep. Will the voices ever stop? My thoughts speak louder the more I resist. And they're driving me insane. Do they ever go? Inside. I'm a danger to myself. I'm a prisoner of my own hell.
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MessageSujet: Re: Somebody That I Used to Know .}pv   Mer 12 Sep - 20:09


Il avait imaginé à peu près tous les profils en franchissant les portes de l’antre des zombies. Le vieux sadique édenté prenant son pied en triturant les orteils des macchabés. La vieille fille tremblotante pas capable de tenir son scalpel sans tracer des zigzags sur la peau blanche. Le toubib charmant-charmeur au sourire Freedent, imbus de sa personne et complètement factice. Tout, sauf ce qu’il avait devant les yeux. Il s’était fracassé les reins contre la table, la douleur continuant de lui serpenter le long de ses vertèbres. Il cilla, plusieurs fois, ouvrant même la bouche pour la refermer aussitôt. Histoire de reprendre son souffle, d’incendier son collège pour qu’il arrête de le prendre pour un abrutit. Mais il en était incapable. Save me Barry, je suis en train de devenir timbré… Il la regarda, des pieds à la tête. Prenant bien le temps de la détailler comme s’il ne l’avait jamais vu. S’attardant sur la finesse de ses traits, avant de prendre le risque de se heurter à ses prunelles. Elles avaient toujours réussi à la mettre mal à l’aise, à le troubler. Ensorcelantes. Maintenant qu’il les revoyait après tout ce temps, elles lui semblaient presque irréelles. Trop bleues. Trop claires. Des frissons mordillèrent sa peau, ses pauvres entrailles se crispant avec tant de force qu’il en eu la nausée. Il l’avait déjà expérimenté, le retour de ses souvenirs. Une bonne claque dans la tronche aurait eu le même effet. Bipède qui se fit mettre K.O par sa propre mémoire, tant la force de son retour avait été violente. L’avoir devant lui était encore pire. De nouveau, il se sentait tiraillé entre deux ressentis totalement opposés. L’attirance, étouffante, viscérale. La haine, ravageuse, brûlante. Ecartelé par sa propre indécision. Tellement douloureux, qu’il en avait oublié sa main et ses pauvres reins. Qu’il en avait oublié l’autre et le déclic de son arme qu’il venait de pointer sur la légiste. Il jura, se redressant du mieux qu’il put, gardant un appui sur la table tandis que sa main gauche venait masser le bas de son dos. Les mots sonnèrent faux dans sa caboche. Au milieu du raffut de son sang se heurtant contre ses tempes, il eut du mal à comprendre. Il avait voulu se persuader qu’il ne comprenait plus rien à l’Italien. Il avait réussi à le faire, à se prendre pour l’un des leurs. Il jeta sa langue maternelle à la poubelle lorsqu’il se forgea sa nouvelle identité, allant jusqu’à effacer les dernières traces d’accent qui pouvaient s’accrocher. Le troquant contre un pouvant ressembler à s’y méprendre à celui d’un anglais en vacances. Il l’avait trouvé marrant, classe aussi. Différent de celui, grossier que ses collègues pouvaient utiliser entre eux. Plus facile à comprendre, du moins pour lui. Il fronça les sourcils, une vague d’hésitation traversant son regard avant qu’il ne lui adresse un sourire désinvolte en haussant les épaules.

« - Tu peux répéter, plus lentement. J’ai pas tout compris. Juste, celui que tu cherches n’existe plus, depuis le temps. » Lâcha-t-il au bout de quelques minutes, en anglais. Il avait senti le regard de Barry, à défaut de retenir son vrai nom il l’avait affublé de ce surnom stupide, peser sur ses épaules quand elle s’était adressée à lui dans une langue qu’il ne comprenait pas. Je le connais pas ce type, je t’assure elle me confond avec quelqu’un d’autre. Le flegme apparent de sa cousine l’impressionnait. Quand lui avait du mal à rester tranquille, à tenir debout sur ses pattes. En plus du trouble causé par ce violent retour en arrière, les gouttes vermeilles qui tachèrent le sol lui broyèrent le gosier. Il ne put s’empêcher de les lorgner, un court instant avant de poser son regard brûlant sur Sa main entaillée. Folle, tu me provoques en plus. La suite, il la comprit cette fois. Il se renfrogna à nouveau, la fusillant du regard sans le moindre ménagement. Perfide, la claque résonna dans le silence de son crâne, attisant les braises de sa rancœur. Il s’en voulait, d’être partit de ce côté. De ne pas avoir collé aux basques de l’autre ventru sur pattes, prétextant une peur du noir ou un truc dans le genre. Peut-être que s’ils n’étaient pas venus de ce côté-ci ils auraient finit par décamper. L’autre retournant à son canapé miteux, lui, partant de son côté pour aller hiberner sous sa couette. Il le ferait, qu’importe la manière dont cela se finirait, il irait se cacher le nez sous ses draps pour ne plus en sortir. Du moins pendant quelques jours. Histoire de digérer tout ça. De se calmer aussi. Se changer en loup et décamper, il en crevait d’envie. Zigouiller l’autre et détaler, c’était peut être la meilleure chose à faire. Ou le zigouiller et rester pour s’expliquer. Bonne idée aussi. Seulement la perspective de se retrouver nu comme un ver face à Elle ne l’enchantait pas trop. Même pendant ses soirées de débauche, il ne lâchait pas son jean. Gêne totalement ridicule et ironique, surtout dans son cas.

« - Surveille ta langue, toubib, t’es pas en position de donner les ordres »
‘Barry’ était la froideur même. Flippant, sérieux au possible. Plus ennuyeux encore qu’un rat mort. Stain lui jeta un bref coup d’œil, reportant son attention sur sa cousine, manquant s’étouffer de rire tant Sa réaction laissait deviner qu’elle se foutait éperdument des menaces de son acolyte. Il se mordit la langue pour retenir son accès d’hilarité, se décollant de la table non sans faire valser le reste des objets métalliques sur le sol. Oups. S’il avait pu le tuer avec un simple regard, Stain serait déjà empaillé.

« - Dit-nous juste que tu t’en veux d’avoir triché. Que c’est pas bien et que tu recommenceras pas, et après on s’en va. Pas vrai Barry ?
- Arrête de m’appeler Barry! »
Arrête de m’appeler Greyjoy, et j’arrêterais. Je ne me suis pas cassé la tête à me trouver un prénom pour qu’on l’oublie sans arrêt. Ils ne partiraient pas. Pas sur de simples aveux valant presque autant que du vent. Ils étaient venus pour lui faire peur, pour la massacrer histoire que son maquillage ait vraiment quelque chose à cacher. Rebuté, au début, une fois les lourdes portes de la morgue franchies, l’envie de jouer le vilain flic s’était faite plus pressante. La violence c’était pas son truc, et pourtant, il avait appris à l’aimer depuis le retour de son humanité. Bouffé par ce nouveau lui, la douleur, les larmes et les râles, c’était devenu son lot quotidien. Sa dose d’héroïne pour tenir pied. Pour ne pas flancher. Mais maintenant qu’il était face à sa cible, il se sentait comme un gosse à qui on vient de piquer son jouet préféré. S’il ne faisait rien, juste ‘regarder’ comme les autres fois, on se méfierait encore un peu plus de lui. S’il agissait, Elle le détesterait encore plus.

« - Tu devrais aller voir s’il n’y en a pas un autre dans le coin. »
L’autre paru hésiter, visiblement peu enclin à laisser un mioche seule avec une coupable. ‘Barry’ finit néanmoins par hocher du chef, quittant la pièce à reculons, son joujou toujours pointer sur la demoiselle pour aller explorer le reste du bâtiment. La porte se ferma dans un souffle lugubre, laissant les deux cousins seuls avec leur souvenir. A bonne distance l’un de l’autre, comme si se rapprocher pourrait se révéler dangereux. Ca le serait, il le savait. La vue et l’odeur du sang titillait ses nerfs, faisaient grouiller de délicieux frissons sous sa peau. Il le voulait pourtant, retrouver ce trouble venu se glisser dans sa carcasse quand il s’était retrouvé contre Elle. Il en avait besoin.

« - Sournoise et manipulatrice, je le savais mais tricheuse, ça m’étonne venant de toi. Depuis quand tu t’inquiètes du sort de gus que tu ne connais même pas ? »
Ou l’art de dire, de façon très détourné certes, ‘je t’en veux toujours pour ce que tu m’as fait. Au passage, ça fait plaisir de te revoir’. Faut dire, après avoir passé sept siècles dans la peau d’une bête, on en oublie les bonnes manières. Il avait toujours eu tendance à en dire trop, tout ce qui lui passait par la tête, sans penser aux conséquences ni au reste. Il s’en foutait de toute façon, qu’on le frappe ou qu’on lui rit au nez, c’était pareil pour lui. Les coups, il n’était plus à ça prêt, depuis le temps. Il espérait que Barry traîne, qu’il se fasse bouffer par un cadavre pas encore tout à fait rongé par la vermine. Qu’il n’y ait pas de caméras aussi, ce serait plus facile pour expliquer pourquoi il était le seul à revenir. Il jeta un bref regard au truc blanchâtre reposant derrière Elle, pour finalement revenir se heurter contre l’azur entêtant de ses prunelles.

« - T’as pas changé… » Souffla-t-il finalement, penchant légèrement la tête de côté tout en laissant l’ombre d’un sourire tendre venir se glisser sur ses lèvres. Tu t’attendais à quoi ? A voir une momie ? T’aurais pu trouver mieux comme approche, c’est franchement pas terrible là.

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MessageSujet: Re: Somebody That I Used to Know .}pv   Jeu 13 Sep - 19:18

Il ne comprenait pas, ou il faisait exprès de ne pas comprendre. Au ton employé, il devait au moins deviner qu’elle n’était pas en train de faire son éloge, mais ça avait l’air de s’arrêter là. Ignorant s’il était sérieux, ou s’il avait trouvé là un moyen inédit d’esquiver les conflits. Elle le regarda se frotter les reins avec une once d’exaspération, remerciant toutefois sa table d’acier de lui avoir infligé un tel traitement. Son sourire désinvolte la fit frémir, interprétant ça comme une moquerie d’un goût particulièrement douteux. Se demandant ce qui la retenait de lui sauter dessus pour le lui faire ravaler en vitesse. De le secouer comme un prunier jusqu’à ce qu’il crache toutes ses dents et ne s’avise plus de les afficher aussi ouvertement. Peut être un semblant de réserve, ou simplement le revolver pointé sur elle susceptible de lui faire exploser la cervelle au moindre mouvement brusque. Elle s’en moquait, qu’Il ait changé de nom, probablement aussi de prénom, et qu’il fasse mine d’être devenu complètement étranger à leur langue maternelle. Quoi qu’il en dise, quoi qu’il ait décidé de jeter aux oubliettes, elle ne voyait qu’Ezio Bellizani devant elle. Ce gamin aussi irritant qu’insupportable, qui lui en avait fait voir de toutes les couleurs avec son sens de l’humour stupide. Celui qui semblait tout prendre à la légère, au point qu’il était souvent difficile de déterminer s’il était sincère ou simplement caustique. C’était ce qui le rendait si attachant, mais aussi ce qui la faisait hésiter à l’encastrer contre un mur en cet instant. Et puis l’ordure, la vermine qui avait ruiné sa misérable existence. Qui l’avait enterrée vivante, rendue incomplète. Et laissé les fauves se repaitre de sa frêle carcasse sans ciller. Elle persista à l’incendier en italien, constatant à la seconde réplique qu’il en avait parfaitement cerné le sens. Qu’il avait fait semblant pour ne pas s’attirer les soupçons de son collègue. Un peu comme dans ce cachot putride, il y a de ça sept siècles. Chacun pour soi, n’est ce pas ? J'ai saisi le message.

La blessure tiraillant sa paume lui arracha des frissons d’affliction, acide corrosif jeté sur les plaies renforcé par le contact métallique frottant sa peau. Entaille profonde qui ne semblait pas le rendre indifférent, Lui non plus. Attisant l’animal en lui, affamé de chair fraiche. Elle n’attendait que ça au fond. Retrouver sa chère création, magnifique loup blanc aux prunelles mordorées. Elle aurait préféré qu’Il se transforme en un animal moins majestueux d’ailleurs, elle n’avait aspiré qu’à le rendre monstrueux en jetant sur lui cette terrible malédiction. Qu’il tente de l’éviscérer sur place au lieu de retenir ses instincts primaires, qu’il se jette férocement sur elle pour qu’elle n’ait d’autre choix que de le taillader en pièces avec son scalpel. Qu’Il ne lui laisse pas l’occasion de céder à ses faiblesses. Elle avait l’impression d’exister bien plus fort qu’elle ne l’aurait dû dans l’obscurité de Ses prunelles, et ça la détruisait. Elle abhorrait cette vague de réconfort qui semblait apaiser les débris de son palpitant en Sa présence, alors qu’elle avait fait tout son possible pour enfin l’oublier. Elle s’était efforcée d’effacer son image de sa mémoire, tout ça pour se la reprendre en pleine face à la manière d’un boomerang meurtrier. Tout ce qu’elle avait cherché à enfouir au plus profond de ses entrailles rejaillissait de plus belle. Elle sentait la haine sinuer dans ses veines, serpenter vicieusement jusqu’à s’enrouler autour de son misérable myocarde. Et l’enflammer pour que son abject contenu se répande en cendres brûlantes sur le lit de ses pauvres poumons.

Les menaces du flic borné lui firent relever les yeux au plafond, tandis qu’elle échappait un soupir éloquent. Qu’elle se tienne à carreau ou non, cela n’y changerait rien de toute façon. Elle s’étonnait presque qu’ils n’aient pas davantage peaufiné leur plan, prévu une cagoule et de la corde pour l’aveugler et la soumettre à leur brutalité. Plutôt que de lui offrir ce ridicule intermède supposé mener à un compromis. L’amusement visible de son cousin n’arrangea rien, la lacérant encore davantage. Comme s’il ne saisissait absolument pas la gravité de la situation. Quelle fine équipe de bras cassés… De son côté, elle n’avait pas franchement envie de rire. Pas alors qu’un 'intrus' venait de lui tordre le poignet et de la plaquer contre son corps beaucoup trop tangible pour n’être qu’un spectre imaginé par sa conscience détraquée. Et encore moins lorsque le reste de ses instruments alla se fracasser contre le sol immaculé, certainement délibérément pour achever de lui cisailler les nerfs. Mission accomplie.

« - C’est qu’il est aimable ton copain, la courtoisie c’est en option ? Frapper avant d’entrer, attendre la réponse, se présenter, tout ça… »


Elle tentait de rester fière, mais elle n’en menait pas vraiment large. La situation, désagréable au possible, lui en rappelait une autre. Tortures abominables qui continuaient de la faire grimacer et cauchemarder encore aujourd’hui. Enveloppe sans défense rouée de coups jusqu’à ce qu’elle supplie. Jusqu’à ce qu’elle trahisse son propre sang. Et Il était là, quelque part à observer sans broncher. Ses pupilles céruléennes le massacrèrent du regard, furibondes. Elle resta silencieuse, ravalant les injures qui lui engluaient la gorge. Contemplant avec un mélange de soulagement et de crainte le soi-disant dénommé ‘Barry’ s’éloigner à reculons, presque comique dans sa manière de procéder. Reportant son attention sur le métamorphe lorsque sa tirade acerbe vrilla ses tympans. Ou comment la traiter de mégère et de sale égoïste dans la même phrase.

« - Je vais m’exprimer dans ta nouvelle langue, puisqu’avec la mienne tu fais mine de n’entendre que ce qui t’arrange. La présomption d’innocence, tu connais ? Non évidemment que non. Vous n’avez pas la moindre preuve. »
Vociféra-t’elle avant d’ajouter abruptement, trahissant de la sorte sa vexation : « - Et fais pas semblant de me connaitre maintenant que l’autre abruti est parti, c’est trop facile. »

Ils ne savaient rien. Ils n’avaient aucune idée de qui était le coupable, sinon ils ne se seraient pas retrouvés dans cette morgue, avec pour impératif de lui faire mordre la poussière. Pour une fois, elle avait l’occasion de se montrer courageuse, d’encaisser les représailles à la place des véritables coupables. Mais elle n’était pas dotée de ce genre d’héroïsme stupide, et sa survie passait inévitablement avant celle d’illustres inconnus. Son sort semblait scellé toutefois. Ils avaient reçu des ordres, et ils étaient supposés les exécuter en vaillants petits soldats qui n’opposent aucune résistance. Qu’elle soit innocente ou non n’y changeait rien finalement, tant qu’elle servait d’exemple et dissuadait les moins téméraires de s’adonner à ce genre de pratique.

S’apprêtant déjà à répliquer à son prochain sarcasme, elle ouvrit et referma la bouche comme une carpe en constatant qu’il avait changé d’intonation. Plus tempéré qu’elle. Il venait de s’exprimer comme s’ils n’étaient que deux tendres amis perdus de vue depuis quelques années, et qui ont le bonheur de se recroiser tout à fait par hasard. Comme si la mort, la traitrise et la répulsion n’étaient jamais venus ternir leur si beau tableau. Pour un témoin de la scène, ils auraient quasiment l’air d’anciens amoureux transis autrefois trop timides pour laisser la passion les consumer, et dont les routes s’étaient finalement séparées pour le mieux. Mais les choses ne s’étaient pas passées comme ça. Ils s’étaient quittés sur une place publique, sous les hurlements d’une foule insensible. Après une vingtaine d’années à se faire mutuellement toutes les crasses possibles, sans jamais parvenir à se retrouver. Ils étaient voués à l’échec. Il la rendait malade, avec cette douceur factice qui semblait dégouliner de ses traits alors qu’elle n’était plus qu’aigreur et révolte intérieure. Avec cette impression dégueulasse qu’il ne souffrait pas à en crever contrairement à elle, qu’Il était mieux conservé qu’elle après tous ces drames. Qu’Il visualisait leur passé uniquement avec nostalgie, alors qu’elle y était encore amarrée, clouée, enfermée, qu’elle ne retrouvait plus la clef. Alors qu’elle, elle l’aimait toujours à s’en damner.

« - Tu te fous de ma gueule ?! Je n’ai pas changé ? C’est quoi ça, un compliment ? C’est supposé être le moment où on se regarde mièvrement dans le blanc des yeux et où on se raconte ce qu’on est devenu depuis tout ce temps ? »


Siffla t’elle après avoir vainement tenté de serrer la mâchoire, de laisser ses barrières de nacre se pulvériser l’une l’autre pour ne plus jeter d’huile sur le feu. L’art des questions rhétoriques. Elle hésita à s’approcher, esquissant un pas vers Lui avant de se rétracter et de tourner autour du cadavre qu’elle était en train de découper joyeusement quelques minutes auparavant.

« - C’est quoi la suite du programme Greyjoy ? Qu’est ce que tu serais déjà en train de m’infliger si tu ne m’avais pas reconnue ? Si je te dis que je ne regrette rien, qu’est ce que tu vas me faire hein ? »

Provocatrice presque mielleuse derrière les reproches cachés sous ses demandes, alors que sa main glissait doucement et dangereusement sur le linceul. S’ils décidaient de s’en prendre à elle, elle allait les occuper avec quelques macchabées plus vifs que prévu...

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MessageSujet: Re: Somebody That I Used to Know .}pv   Ven 14 Sep - 11:11


Le ronron métallique était revenu, se glissant dans la pièce lorsque ‘Barry’ ouvrit la porte. Il détestait ce bruit. La ventilation, le moteur d’un véhicule cahotant sur une route difficilement praticable. Ca le rendait fou. Il serra les dents, levant le nez pour admirer les quatre coins de la pièce, à la recherche d’un quelconque vigile mécanique. Rien. Le même coin qui se répète, la même couleur pisseuse sur les murs. Il en frissonna, soudain mal à l’aise. Au fond, il aurait peut-être préféré que ‘Barry’ reste. Avec lui, il avait l’impression d’être l’un des leurs. Seul, il se retrouvait confronté aux vestiges de sa mémoire. Tailladé par son ancienne existence, et celui qu’il s’était appliqué à fuir depuis qu’il était de nouveau humain. Celui qu’il avait fini par oublier pendant sept siècles. Serpillère, charogne, bouffeur de moutons, Canis lupus arctos, il en avait eu des noms pendant ses années passées dans la peau d’un loup. Achevant son existence dans les cages pourries d’un cirque roumain après s'être échappé d'un zoo. L’Immaculé Sanglant, ça sonnait bien au fond. Fantôme pour finir, quand la petite fille du patron de ce joyeux bordel fit de lui son animal de compagnie, ses petites mains fourrageant sa fourrure tous les soirs, quand elle le faisait sortir de sa prison pour le prendre dans ses petits bras, une peluche dont elle avait besoin pour pouvoir dormir tranquille. Les meilleures années de sa vie, c’est ça qu’il regrettait maintenant qu’il était là. Qu’ils se soient tous fait arrêter et expédier en taule pour avoir eu le malheur de poser leur chapiteau dans la mauvaise ville. Lyla, elle s’appelait. Il avait oublié son visage, en moins de cinq mois, il avait tout perdu. Tout effacé, ses doux souvenirs. Ravagés par d’autres plus douloureux qu’il aurait préféré ne jamais revoir. Et voilà qu’il se prenait une nouvelle claque dans la tronche maintenant qu’il se retrouvait seul face à Elle. J’aurais dû y aller à sa place, 'Barry' est aveugle dans le noir, il va se manger une porte j’en suis sûr…

« - Ah, Barry ? C’est pas son genre de perdre son temps avec ces trucs. C’est pas son vrai nom non plus, mais j’ai du mal à retenir l’autre. Et je doute qu’ils répondent quand on frappe à la porte. » Il avait terminé sa phrase en désignant d’un signe de tête le tas informe devant lequel Elle se tenait, non sans l’avoir gratifié d’une mimique teintée d’un dégoût évident. Ses entrailles jouaient un jeu dangereux, oscillant entre l’envie de le bouffer, ce tas informe. Celle de rendre tripe et boyaux sur le sol immaculé tant les lieux l’indisposaient. Ou encore celle, brûlante, de se jeter sur la légiste pour combler le vide qu’Elle avait pu laisser dans sa misérable carcasse pendant si longtemps. Elle va me jeter si je fais ça. Pas la peine d’être un génie pour le savoir. Après la mort de Chiara, il n’avait même plus cherché à l’approcher, se sentant trop misérable pour seulement oser les yeux sur elle. Au début. Ce fut plus fort que lui, il avait eu besoin de la voir. Même l’apercevoir au bras de son mari de pacotille. Entendre que ce qui l’arrangeait, il aimait bien l’idée. Il se surprit à sourire de nouveau, une fraction de seconde avant de retrouver son sérieux et de s’abîmer dans la contemplation des dalles au sol. Ils ne savaient rien, c’est vrai. Mais ils s’en fichent. Du moment que quelqu’un trinque, ça leur suffit. Du moment qu’un exemple est donné, et qu’il sert à calmer les ardeurs des autres puces prêtent à sautiller, tout va bien. Ces pratiques, il les détestait. Il s’y pliait sans broncher, pactisant avec sa propre soif de violence pour ne pas se plaindre de jouer les tortionnaires. Comme avant. On ne change pas une équipe qui gagne. Perfide jusqu’au bout, il était tombé du mauvais côté. De nouveau. Ca lui arrivait parfois, de coller la trogne sadique de son géniteur sur celle de son supérieur. Un moyen comme un autre de se rappeler de ‘bons’ souvenirs, de nourrir sa haine envers ce nouveau monde qui ne méritait que de se casser les dents sur les marches de sa puissance.

« - Ils n’en ont aucune c’est vrai. Il faut bien un exemple, c’est tombé sur toi. Faut dire vu ton nouveau, boulot, on peut se poser des questions. »
Ou l’art de titiller Ses petits nerfs en dix leçons. Il avait toujours été doué pour ça, pour L’énerver jusqu’à ce qu’Elle ne puisse plus tenir. La pousser dans ses derniers retranchements pour La voir exploser, il adorait ça, quand ils étaient mômes. Il la trouvait d’autant plus jolie aussi, quand Elle lui crachait toute sa haine à la figure, lui n’en pouvant plus de rire. La faire sortir de Ses gonds pour qu’il ne sorte pas des siens. Elle le voyait comme un moucheron irritant bon à être écrasé. Rien de plus. Si Elle savait, ce qui pouvait se cacher sous la surface. Elle verrait peut être, qu’au fond, il est aussi usé et brisé qu’Elle. Ravagé par une existence qui le ronge encore, dès qu’il ferme l’œil. Dès qu’il pose son regard sur quelque chose susceptible de lui rappeler de mauvais moment.

« - C’est mon genre, je l’admets, mais non. On a jamais été doués pour les mièvreries, je vois pas pourquoi ça changerait maintenant. Mais si tu veux on peut toujours essayer. » Lâcha-t-il en haussant les épaules. Il esquissa un pas de recul malgré lui, la voyant déjà lui en coller une pour avoir joué la carte de la légèreté une fois de plus. Il a regarda s’éloigner, tourner autour de Son jouet comme il pouvait le faire autour de sa proie. Un certain malaise se glissa sous sa peau. Il ne saurait dire pourquoi, mais il était de nouveau là. Titillant sa gorge, son échine frissonnant sous le passage des doigts de la sueur. Froide. Glaciale, comme cette pièce. Il tandis l’oreille, essayant de repérer les pas lourds de ‘Barry’. Il crut le faire, mais ce ne fut qu’un bruit étouffé, à peine perceptible pour lui. Caché par les autres sons lugubres de la morgue. Je n’aurais pas dû les rejoindre ce matin. Je le sentais en plus, que quelque chose finirait mal. Instinct à la noix le jetant dans la gueule du loup, pour son plus grand déplaisir. La suite de Ses mots, plus Sa main frôlant le tissu le crispèrent. Elle ne va pas s’y mettre elle aussi… Il avait déjà commencé à perdre de sa bonne humeur, ses traits perdant de leur douceur pour se figer, ses prunelles s’assombrissant encore un peu plus que d’ordinaire. Le retour du sérieux, rare et pourtant.

« - Si je ne t’avais pas reconnu ? Tu baignerais dans ton sang, quelques doigts en moins et de vilaines traces de morsures sur ton joli postérieur. Je suis en train d’y réfléchir »
C’est ce qu’il aurait fait. Croquer la main ayant ramassée les bulletins blancs, mordre la chair jusqu’à ce que le sang roussisse son museau. Jusqu’à ce que l’autre se mette à pleurnicher, appelant sa maman, suppliant de l’épargner. Mission accomplie alors, il aurait détalé sans demander son reste, laissant ‘Barry’ rentrer seul. Maintenant il ne savait plus quoi faire. Qu’Elle le frappe et disparaisse dans un nuage de fumée, se téléporte ou un truc du genre, et il dirait qu’il l’a laissé s’échapper parce que, la garce, elle savait se défendre. Il voulut lui dire, se ravisa au dernier moment, se rappelant sa veine tentative d’évasion et le regard froid et haineux qu’elle avait pu lui lancer cette nuit-là. Elle ne bougerait pas, même s’il la suppliait de le faire. C’était évident. Ce serait tellement plus simple pourtant, pour Elle comme pour lui. Mais la simplicité n’a jamais fait partit de leur vocabulaire.

« - En attendant pour commencer, je vais ramasser tout ça »
A peine la moquerie énoncée que déjà il se baissait, tendant la main droite pour se raviser. Pliant et dépliant les doigts, plusieurs fois. C’était devenu un réflexe, un moyen de s’assurer qu’ils bougeaient encore malgré tout. Il fronça les sourcils, resta un moment immobile à contempler les ustensiles métallique. Livide. Plus reluisants, plus modernes et pourtant. Il en avait déjà vu. Déjà tenu entre ces mêmes doigts. Il s’en était déjà servi. Il secoua la tête, en reposa une partie sur la table en acier avant qu’un coup de feu ne vienne briser le silence. Il tourna immédiatement la tête vers sa cousine, qui n’avait pas bougé. Leste, il se releva, fit quelque pas vers la porte. Il manqua se la prendre dans le nez au moment où un ’Barry’ complètement affolé, pissant le sang fit son entrée. Juste à temps pour qu’il puisse le ramasser avant qu’il ne s’effondre comme un sac de pommes de terre. Ca lui fit mal au cœur, de se retrouver là, genoux à terre, à tenir un ‘Barry’ qui fixait le plafond d’un regard morne. Dans un sale état. Pauvre vieux.

« - Qu’est-ce que tu lui as fait ?! »
Son ton était sans appel, dépourvu de toute chaleur. Il venait de perdre son calme, à la limite de lui crier dessus. Crispé, comme il pouvait l’être, l’odeur et la vue du sang le tiraillait avec force. Manger ‘Barry’… Il secoua la tête, lâchant son partenaire des yeux pour les laisser fusiller la Marry Poppins de service. S’il n’avait éprouvé qu’à son égard qu’une fascination douteuse et des pulsions qui l’étaient tout autant, la rancœur venait de refaire surface. Détruisant tous les bons souvenirs qu’il avait voulu conserver, jetant une couche de crasse et d’horreur pour les rendre futiles et ridicules.

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MessageSujet: Re: Somebody That I Used to Know .}pv   Sam 15 Sep - 19:42

Il lui confirma ce qu’elle savait déjà, sans chercher à nier l’évidence. Son sort était scellé, à cause de l’hardiesse de résistants prêts à tout risquer pour ne plus être que des noms sur de futiles bouts de papier. Manœuvre périlleuse qui n’avait servi à rien, à part à retarder le scrutin de quelques heures et à ridiculiser le gouvernement l’espace d’une petite heure. C’était peut être ça le but ultime d’ailleurs : insuffler un peu d’espoir à la population. Faire souffler un vent de rébellion. Leur prouver qu’on pouvait encore défier les règles en cette période d’oppression. Qu’on pouvait encore quelque chose pour eux. Même si en soit, cela n’avait rien changé. De nouveaux bulletins s’étaient rapidement retrouvés jetés dans les urnes et les quelques-uns qui avaient tenté de s’y opposer avaient terminé dans une mare écarlate. Elle n’avait plus rien à perdre, et pourtant. Elle s’accrochait désespérément à sa piètre et misérable existence, par crainte de retourner pourrir dans les entrailles d’une terre apocalyptique. Elle avait toujours eu une âme de révolutionnaire, mais probablement pas le courage sans failles qui allait avec. Élevée et domestiquée pour se contenter de servir de monnaie d’échange, faire un riche mariage et laisser son père en récolter les fruits. Se plier aux convenances, ne pas se laisser emporter par une fougue dérisoire dans ce monde dominé par les hommes. Elle avait été conditionnée pour rester dans le rang, et en avait lourdement subi les conséquences chaque fois qu’elle s’en était écartée. Elle était de ces criminelles qui injectent le poison en douceur dans les veines, qui vous empoisonnent lentement mais sûrement sans trahir leurs plans. Prenant des gants pour éviter que le sang leur salisse les mains. Elle était lâche.

« - Il faut bien que quelqu’un s’occupe des cadavres que vous empilez. »


Lâcha-t-elle, les dents serrées, non sans Lui avoir épargné une des œillades glaciales dont elle avait le secret. ‘Vous’. Elle l’incluait dans le lot, le rangeant dans le même sac putride que ce gouvernement de pacotille qu’elle exécrait. Quelque soit l’époque, les mêmes actes finissaient par se reproduire. Encore et encore. Tortionnaires au pouvoir ne prenant cette fois pas pour excuse la religion pour tyranniser les foules. Elle avait l’affreuse impression de s’être autrefois trompée sur Son compte, en Le retrouvant une fois de plus à la même place. Elle avait aimé un gamin au sourire désinvolte, pour qu’il devienne en grandissant un bourreau forgé par la démesure et la haine. Surement un peu à cause d’elle. Surement un peu à cause de ce qui était ancré dans Ses gènes. Elle avait fini par se persuader qu’il était pleinement consentant, à l’aube de sa mort. Restes de confiance piétinés par la vue de Sa silhouette immobile, passive dans le fond de la salle de supplice alors qu’elle recrachait ses tripes sur le bitume pourpre. C’était injuste de lui en vouloir pour ça, au fond elle l'admettait. Il n’aurait rien pu faire pour elle, pas tout seul. Le moindre geste salvateur esquissé en sa faveur aurait relevé du tempérament hautement suicidaire, et elle aurait du s’estimer heureuse qu’il s’abstienne de participer aux amères réjouissances.

Malgré elle, elle esquissa un semblant de sourire, presque tendre en songeant que la rancœur n’avait pas toujours fait partie du paysage. Les souvenirs fielleux n’étaient pas le seul vestige de leur passé tumultueux. Elle se rappelait également des délicieux éclats de rire, du plaisir vorace et indécent qui rongeait jusqu’à la plus infime parcelle de sa frêle carcasse en Sa présence. Des disputes éphémères, semblant inventées pour que la colère s’efface lorsqu’Il se glissait contre elle pour se faire pardonner. Il avait suffit d’un misérable défi pour que leur univers entier s’effondre, et que les jeux d’enfants deviennent des jeux sanglants. Il se trompait. Ils avaient été mièvres. Mièvres de croire que le bonheur resterait à leur portée même après l’avoir usé jusqu’à la moelle. C’était écrit, que tôt ou tard tout devrait s’arrêter. C’était écrit, et pourtant… Ils y avaient cru. Et la chute n'en avait été que plus terrible, que plus vertigineuse, que plus destructrice. Naïveté quand tu nous tiens…

« - Merci, ça va aller. En tout cas, je te retourne le compliment. T’as pas changé, t’es toujours un sale cabot dressé pour lécher les bottes des uns et mordre les chevilles des autres. C’est surement ta belle insolence qui te permet de te changer en loup, sinon t’as tout du chien galeux. »


Et vas-y crache-la ta bile, étouffe toi avec. T’es juste bonne à ça de toute manière. Tu ne vaux pas mieux, à faire la potiche sur une estrade, et tu le sais. Truquer l’Appel jamais t’aurais eu l’audace de le faire. T’es rien qu’une poule mouillée qui se noie dans sa propre fosse à purin. En blâmant les témoins de ta déchéance d’y être tombée tête la première.
Ses barrières de nacre vinrent lacérer l’intérieur de sa joue, y creusant la marque acérée de ses canines alors qu’elle regrettait de ne pas avoir su ravaler son venin. Punition corporelle. Remords aussitôt contrebalancés par Ses affirmations cruelles et scandaleuses, la facilité avec laquelle Il avouait Ses penchants pour les atrocités. D’imperceptibles frissons déchirèrent son échine en imaginant la barbarie gratuite de la scène. Sentence absurde pour un affront aux autorités qu’elle n’avait pas commis. Elle sentait que ce n’était pas de l’esbroufe, qu’il était sérieux. Animosité palpable reprenant ses droits en raidissant tous ses muscles simultanément. Ses lèvres se scellèrent, alors que les perles d’acier se contentaient de le poignarder à distance. Se surprenant à Le détailler comme un hypothétique adversaire, alors qu’elle serait incapable de Le blesser grièvement. Elle ne donnerait pas cher de sa peau face à Lui dans l’arène, et pas très cher de son illustre fierté non plus. Mais en attendant, il n’était pas question de se faire tabasser sans la moindre lutte. Tournant autour du cadavre comme un prédateur encercle son gibier. Son futur repas. Celui qu’elle frôlait n’était toutefois pas celui qu’elle avait l’intention de réveiller, pas pour l’instant du moins. Il fallait d’abord s’occuper du plus urgent, du flic revêche qui n’hésiterait pas à exécuter sa mission macabre sans états d’âme.

La nécromancie. Don sordide au possible qui l’avait répugnée les premiers temps. Elle ne voyait pas l’intérêt de remuer la misère, de déranger les morts de leur repos sempiternel pour interrompre l’espace d’un instant leur état de décomposition avancée. Distraction franchement douteuse à laquelle elle s’était promise de ne pas toucher, quelque soit le prétexte. Jusqu’à ce qu’une folle obsession se glisse dans les méandres de son esprit aliéné. Elle s’était mise à espérer La ramener. Même deux misérables secondes, qu’importe. Ce serait suffisant pour que son lancinant chagrin fasse une trêve. Acharnée qui avait à partir de là multiplié les tentatives, s’entrainant sur tous les cadavres à disposition pour atteindre un jour la perfection. Elle en était encore loin, elle n’y arriverait certainement jamais, mais elle se raccrochait désespérément à l’illusion qu’elle finirait par entrevoir Son fantôme. Et peut être aussi un peu à celle qu’Elle excuserait Ezio pour son inconscience, cette témérité dépourvue d’intentions malsaines, puisqu’elle n’y était pas parvenue elle-même jusqu’ici. Obtenir la permission de ne plus taire sa dévotion maladive sans être rongée par la culpabilité. Se berçant de chimères pour atténuer sa souffrance perpétuelle. Douce utopie, tailladée et balayée sans cesse par la tranchante réalité. Une grimace de dégout déforma brièvement ses traits lorsque le pauvre homme s’effondra ensanglanté sur le carrelage étincelant. Avant qu’un ricanement ne s’échappe de sa gorge lorsque Sa question vrilla ses tympans. La présomption d’innocence non décidément, Il y était définitivement étranger.

« - Moi ? Mais rien voyons. Tu as bien vu que je n’ai pas quitté la pièce. »


Susurra-t-elle sur un ton espiègle suffisant à la condamner à lui seul, tant il était évident qu’elle ne faisait que se moquer de Lui. Ses prunelles métalliques restèrent amarrées aux lunes noires, avec une once de défi. Gagnant en assurance, elle s’approcha de son cousin, le scalpel toujours en main. Se baissant légèrement une fois à proximité, un doigt positionné sous Sa mâchoire jusqu’à quasiment entailler la chair affable avec son ongle tandis qu’elle déversait ses menaces au creux de Son organe auditif.

« - Tu ne croyais quand même pas que j’allais vous laisser me dominer et me mutiler sans broncher ? Tu dois les craindre non pourtant les hérétiques pour en avoir tant torturés et envoyés au bûcher ? »


Murmures rêches précédant le baiser fugace de ses lippes effrontées au coin des Siennes. Contact infime et néanmoins suffisant pour faire s’emballer l’infernale machine rouillant au creux de ses côtes depuis des siècles. Myocarde à l’armure de ferraille dont le mécanisme semblait susceptible de dérailler à tout moment, peu habitué à tant d’activité. Réduit au silence depuis que la mort l’avait emportée, enfermé dans un sombre mutisme sans parvenir à trouver la clef. La clef c’est Lui qui l’avait malheureusement, il n’existait pas de double ni de possibilité de la Lui arracher. Elle se redressa vivement, tentant maladroitement de dissimuler son trouble accablant alors qu’elle agrandissait l’embrasure de la porte d’un léger coup de reins. Dévoilant à Sa vue le zombie affamé s’avançant vers eux, laissant ainsi libre au macchabée le passage jusqu’à Lui. Elle n’avait pas l’intention de laisser le monstre Le dévorer, loin de là. Mais elle tenait à ce qu’Il comprenne qu’on ne s’attaquait pas à une sorcière impunément, qu’Il n’aurait pas du tirailler ses nerfs de la sorte.

« - Fais patte blanche et je consentirai peut être à freiner Gustave. »


Nom ridicule inventé au même titre que Barry. Sa ‘création’ était toute proche maintenant, bariolée de l’hémoglobine qu’elle avait avalée juste avant. Elle retomberait sur les dalles du couloir mal éclairé d’ici une poignée de secondes, quelques minutes tout au plus, mais Il n’était pas supposé le savoir.

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MessageSujet: Re: Somebody That I Used to Know .}pv   Dim 16 Sep - 11:43


‘Vous’. Jeté dans le même panier que les autres. De légers frissons glissèrent le long de son échine, la chair de poule revenant grignoter ses bras. Comme s’il avait voulu tout ça. Au final, on revenait toujours au même point. Le choix. Il ne l’avait pas eu il y sept cent ans, contraint de se plier à la volonté de son père sans broncher. Il n’en avait pas la force ce jour-là de toute façon. Forgé par les ustensiles de la haine et des lois jugées inébranlables, il avait fini par agir sans réfléchir. De toute façon c’était totalement inutile dans un ordre aussi borné. Il avait vu la même chose se reproduire, de nouveau du mauvais côté de la barrière sans vraiment oser la franchir. Pour le moment. Il le ferait, c’était certain. Poussé par sa propre volonté et celle de tiers personne du côté des gentils de l’histoire. Gentil, au fond peut être qu’il n’était pas fait pour l’être totalement. Même s’il la contraignait, sa part sombre, elle échapperait à son contrôle. Encore et toujours. Il l’avait vu décamper, son humour dérisoire. Fracassé par Sa mine sombre et ses mots assassins. Si lui avait voulu la jouer sympathique pour éviter de jeter trop d’huile sur le feu, Elle avait décidé e ne pas l’épargner. Elle n’avait pas tort d’une certaine manière, et malgré toutes les blagues qu’i pouvait faire sur sa propre condition, ce qu’elle lui cracher au visage le blessa. Il ne laissa rien transparaître, enfermant son malaise dans un coin de sa carcasse. Il avait l’habitude de filtrer ses émotions, de laisser passer celles qu’il jugeait utiles, celles qui lui permettrait de garder un semblant de contenance. Les autres, il les jetait comme de vulgaires chaussettes, masquées derrière les sourires désinvoltes et sa tendance à se faire remarquer un peu trop facilement.

« - Galeux peut-être, opportuniste aussi, mais au moins ça évite de se faire lapider sur la place publique »
Il les avait craché, ces mots infectes qu’il regretta aussi tôt. Tout le comme le regard sombre et glacial qui put les accompagner. Abrutit, crétin, mord-toi la langue avant de parler. Il aurait bien voulu pouvoir se changer en souris, là, maintenant, tout de suite, trouver un trou dans le mur et s’y glisser pour y crever tranquille. Assassiné par sa honte et ses remords de ne pas avoir réfléchi avant de parler. Une fois encore. Il s’était laissé dominer par la colère sourde qui le rongeait, ses doigts se crispant contre les épaules du pauvre ‘Barry’. Il en tremblait, de rage. Et devait un immense effort pour ne pas lui faire ravaler Ses moqueries et Son air suffisant. Il ne broncha pas cette fois, quand Elle se rapprocha. Crispé, il la laissa le toiser sans desserrer les dents.

« - Et prend-moi pour une taupe en plus. » Souffla-t-il, contraint de relever le museau lorsqu’Elle menaça sa gorge. De nouveaux frissons s’ajoutèrent aux tremblements agitant sa carcasse. Il n’avait compté là-dessus. Ce n’était pas Son genre de toute façon. Quant à craindre ceux qu’il avait malmenés pendant des années. La plupart n’étaient que de simples mortels, des crève-la-faim jetés dans des geôles pour l’exemple. La sorcellerie, il n’y connaissait rien. Ne voulait rien connaître. Il savait juste qu’ils pouvaient changer de pauvre gus en bestioles, en monstres d’un simple claquement de doigts. C’était suffisant pour lui. Qu’elle sache voler sur un balai, parler avec les corbeaux ou se changer en chat noir, ça lui passait au-dessus de la tête. De toute façon, il ne les aimait pas. Ces pseudo-magiciens se cachant derrière leur magie pour ne pas prendre le risque de se salir les mains. Des lâches, rien de plus. Juste capables de faire sortir un lapin blanc d’un chapeau. Et pourtant, face à Elle, il se sentait stupide. Ignorant. Dans le tumulte de sa rage s’était ajoutée l’ombre de la crainte. Ce qui était arrivé à ‘Barry’, il n’en savait rien. Juste qu’Elle l’avait trucidé comme il aurait pu le faire. Il aurait pu le convaincre de laisser tomber, il était buté, mais pas tant que ça. Une soirée de beuverie à rigoler comme des baleines, et l’affaire était réglée. Il s’était figé quand Ses lèvres avaient frôlé les Siennes. Tanguant entre la stupeur, la frustration et la répulsion. Le contact fut trop léger pour qu’il l’apprécie pleinement, son pauvre cœur n’en cogna que plus fort. Encore un peu plus, pour faire pulser le sang dans ses veines. Pour enclencher un mécanisme dangereux. Faire grouiller le venin sous sa peau, attisé par le sang. Sa vue. Son odeur. Par celle de la mort aussi. Il la sentait, juste sous son nez, dans le regard vitreux de ‘Barry’. Et avant même qu’Elle n’est poussé la porte, il sut. Le parfum du cadavre s’approchant lui donna la nausée. Le fit saliver aussi. Le rebuta plus que tout.

« - Qu’elle horreur… Tu es monstrueuse. Anna, tu… » Lâcha-t-il, le souffle court. Le regard qui lui lança ressemblait à s’y méprendre à celui qu’Elle avait pu lui jeter quand ils retrouvèrent le cadavre de Chiara. De l’horreur et un profond dégoût. Avant que la haine et la tristesse ne La dévore. Il le lui avait rendu, le jour où elle le changea en loup, ses prunelles d’or brûlant de cette lueur animant aujourd’hui la noirceur de son regard. Il s’était considéré comme un monstre, au début. Avait fini par s’accepter, par aimer cette autre part de lui. En cet instant, Elle était monstrueuse à ses yeux. A jouer avec la mort. Les réveiller pour Lui obéir comme des chiens. Se faire servir, voir les autres ramper à Ses pieds, au fond elle devait aimer ça. Il n’eut pas le temps de réagir, juste celui de lâcher Barry, plier les genoux pour tenter de se relever, déjà l’autre lui agrippait la gorge. Le contraignant à se remettre sur ses pieds comme s’il n’avait été qu’une poupée de chiffon. Il agrippa le poigné glacé, frissonna de dégoût, tenta de le faire lâcher prise sans succès. Elle n’attendait que ça, me voir courber l’échine. Me faire payer une erreur qui me ronge suffisamment comme ça. Il n’osa le penser, pourtant la moindre parcelle de son être le lui hurlait. Il La déteste. Pour la misère dans laquelle elle le traîne depuis toujours. Pour malmener son pauvre cœur comme elle s’emploie à le faire depuis des siècles. Le fracas du verre qui se brise le tira de ses pensées. Le choc lui coupa le souffle, la douleur lui vrilla le crâne. Au mélange dégoûtant d’hémoglobine pourrie s’ajouta la sienne. Vive, elle lui crispa les entrailles. Il réajusta sa prise sur le bras du monstre, l’attira contre lui pour laisser son genou venir se fracasser entre les cannes du cadavre. Il lâcha prise, recula de quelques pas. Sonné.

« Mort ou pas, tu restes un homme Gusty » Siffla-t-il entre ses dents, ravalant le sang venu lui titiller la langue prenant le temps de balancer sa veste dans un coin de la pièce. Ca coûte un bras ce machin… Avant de se laisser tomber à genoux. Il les avait sentis se briser juste avant que ‘Gustave’ n’envoie son crâne se fracasser dans la porte vitrée d’une armoire. Ils continuaient leur sombre besogne, émettant des craquements lugubres, pour se ressouder sous la forme d’un squelette nouveau. Il frappa du poing contre le sol. Stain venait de perdre le contrôle, ravagé par la douleur, il ne fut capable de serrer les dents, soupirant d’affliction. Ravagé par la tremblote, son dernier râle aurait dû être un cri, il ne fut qu’un soupir qui s’acheva sur un grondement menaçant. Prunelles sombres virant à l’or en fusion, il La fixa un instant, babines retroussées sur ses crocs luisants. Ce ne fut qu’une question de secondes, malgré ses griffes qui glissèrent sur le sol, il se jeta sur sa proie, lui broya le coude. Le choc fit tomber ‘Gustave’ sur ses fesses osseuses, ses doigts miteux agrippant la fourrure jusqu’à en arracher des poignées quand le loup secoua la tête. Si fort, que le bras lui resta dans la gueule. En transe, une frénésie assassine le prit à la gorge, il se lécha le museau, ensanglanté. A peine le temps de tenter de se relever, la créature était de nouveau au sol, une boule blanche agrippée à sa gorge. Les gargouillis lugubres qu’il put émettre furent couverts par les craquements de sa pauvre tête se décrochant du reste de son corps. Masqués en partie par les grognements du loup. Il aurait pu éviter d’en arriver là, il aurait aimé ne pas avoir à lâcher la bête. Surtout s’il avait su que le machin informe allait retourner dans sa tombe tout seul. L’instinct avait tout surpassé.

Et maintenant qu’il surplombait sa victime, il darda ses prunelles sur Sa cousine. Museau dégoutant de sang, il s’avança vers Elle. La vit esquisser un pas en arrière, il battit l’air de sa queue, visiblement satisfait de la voir se déconfire. Même légèrement, l’éclat qui délabra l’assurance de Ses prunelles fit grouiller une vague de délice sur son échine. Quelques pas de plus et il reniflait Sa main blessée. Léchouilles tendres d’abord, il finit par mordre. A peine, suffisamment pour attraper son poignet et la tirer vers le sol, pour qu’Elle tombe à sa hauteur. Suffisamment pour implanter la marque de ses canines dans Sa peau de porcelaine. De la blesser comme il aurait dû le faire. Il tira sa manche, barbouillant la blouse blanche d’écarlate, la déchirant par endroit avant de reculer, tête haute sans la quitter du regard il revint vers le fond de la pièce et y posa son postérieur. Pas pressé de retrouver son autre aspect et de se faire incendier par Sa furie de cousine. Par pressé d’avoir à se creuser la tête pour se justifier. L’avantage de pouvoir se changer en loup, il pouvait fuir les problèmes qui accablaient l’être humain. Faire taire les voix dans sa tête pour profiter du silence. Et ça, bordel, que c’était bon.

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MessageSujet: Re: Somebody That I Used to Know .}pv   Mer 19 Sep - 12:33

Elle ne Lui avait laissé aucune chance. Pas plus qu’aujourd’hui qu’il y a sept siècles. A peine avait-Il franchi le seuil de la morgue, que les dés, truqués, étaient déjà tombés. Chutant inlassablement sur la même face : celle du dégout, de la rancune, de l’amertume. C’était la seule chose qu’elle parvenait encore à lui offrir. Le temps n’avait rien adouci, aggravant au contraire ses plaies béantes. Elle lui manquait toujours autant, à chaque décision qu’elle devait prendre. Qu’elle soit capitale ou non. A chaque regard en arrière posé sur sa misérable existence, et tous ces drames inutiles. Elle aurait pu essayer, ne serait-ce que tenter de fermer les yeux sur son chagrin. Mais elle avait besoin d’un coupable, et il était tout trouvé. La haine avait le don de la rendre encore vivante même avec l’affreuse sensation d’avoir été enterrée six pieds sous terre, avec Elle. Même en sentant d’horribles insectes s’incruster dans ses pores, remuer ses boyaux pour les déchiqueter en minuscules morceaux. Abimée, pourrie de l’intérieur. D’autres griefs étaient venus se coudre au premier, comme s’il n’était pas suffisant pour les séparer irrémédiablement. Le punir lui semblait plus simple que de Lui trouver des excuses. Moins douloureux que de se laisser attendrir en songeant ensuite à ce qu’Il avait fait s’envoler en fumée. Ce n’était pourtant qu’une bêtise d’enfant. L’une de celles qui nous semblaient si anodines sur le moment mais dépourvues de retour en arrière une fois commises. Et cependant, si on y réfléchissait bien, elle L’avait épargné. Elle aurait pu l’épouser, ne pas approuver les conseils insistants d’Azzura. Lui faire payer jour après jour la mort par asphyxie de sa jumelle. L'étouffer à l’usure avec la rancœur viscérale qu’elle pouvait lui porter. Refuser qu’Il la touche même en devenant sa femme, afficher des grimaces d’écœurement au moindre frôlement et lui cracher son venin à la figure du matin au soir. Elle aurait peut être fini par annihiler son aversion à la longue. Elle n’en savait rien, et refusait de se poser la question. Avec des ‘si’, on referait le monde de toute façon.

Ils se ressemblaient au fond, dans leur manière d’entretenir les apparences. De suivre lâchement les ordres pour rester tranquillement tapi dans sa petite coquille, sans risquer d’être dérangé. Elle avait supporté qu’une vermine se vautre entre ses reins, pendant des années, poussant le vice jusqu’à espérer tomber enceinte pour avoir la paix. Il avait traqué et torturé de pauvres gens pour éviter que son père lui tape trop souvent dessus. Il pensait qu’elle était heureuse en ménage, alors qu’il lui fallait une volonté d’acier pour ne pas se trancher les veines en la présence de l’indigent. Elle croyait qu’Il avait rejoint l’Inquisition par choix, alors qu’Il avait été soumis à des faiblesses similaires aux siennes. La sécurité avant le reste, puisque la passion avait été réduite en cendres.

Ce qu’Il pouvait penser d’elle aurait du l’indifférer, voire l’amuser. Réaction habituelle des mortels à l’esprit fermé, qui voient dans le réveil des défunts un honteux blasphème. L’hostilité des êtres humains à l’égard de la sorcellerie, elle avait eu plus que l’occasion de l’endurer. Leurs œillades méprisantes, leur crainte de l’inconnu les poussant à redouter une quelconque malédiction tout en la provoquant par leur dédain salissant. Leur opportunisme douteux, les poussant à quémander ses dons de guérisseuse à la plus infime égratignure. Elle s’y était accoutumée, tentant d’y paraitre insensible alors que leur manque d’estime la tailladait. Ses mots, tranchants comme des lames de rasoir, la firent sursauter. Monstrueuse elle l’était, elle ne cherchait plus à le nier. Son père n’avait cessé de le lui faire comprendre, et son ainée le lui avait suffisamment répété durant leur damnation pour qu’elle l’imprime. Mais venant de Lui, c’était toujours aussi intolérable. Probablement parce qu’Il en était la cause directe. Elle avait souhaité le rendre aussi malsain qu’elle, mais elle ne s’était pas attendue à ce que recevoir Sa répugnance en représailles soit si ignoble. Associé au surnom affectueux dont Il l'affublait autrefois, il n’y avait pas de remarque plus avilissante et tranchante. Ils ne se comprenaient plus depuis longtemps. Ses dents se serrèrent, endiguant le flot d’injures qui pouvaient presser la barrière de ses lèvres alors qu’elle sentait sa gorge devenir sèche. Aride.

« - Tais-toi. Je t’interdis de me juger. Tu te crois mieux peut être ? A hurler à la mort à chaque pleine lune ? »
Siffla t’elle d’un ton acerbe, oubliant l’espace d’un instant qu’elle en était l’unique responsable. Elle l’avait façonné à son image, pour qu’enfin Il comprenne. Ce que ça faisait de ne sentir qu’à moitié humaine, qu’à moitié entière. Dépendante de la partie d’elle-même qu’Il avait détruite. Réduite à assassiner son époux à l’arsenic pour espérer ne pas finir à la rue comme une moins que rien à force de ne pas donner d’héritier. Réduite à se vautrer dans la misère la plus totale pendant qu’Il envoyait de pauvres malheureux au cachot. Elle Le rendait responsable de tous ses maux, en partie parce qu’elle L’avait dans la peau. Ses prunelles, presque aussi claires que l'allure austère d’un iceberg, s’amarrèrent aux Siennes avec violence avant qu’elle ne rajoute : « - Et même sans parler de tes poils il y a de quoi cracher. Tu as tué une des mes sœurs, torturé l’autre… Si j’en avais eu une troisième, t’aurais fait quoi ? Tu l’aurais violée ?! »

Les reproches pleuvaient, sortant tous seuls alors que jusqu’à présent elle s’était contentée d’insinuations perfides, sans l’accuser clairement d’être un tortionnaire et un assassin. L’énoncer à voix haute lui lacéra la poitrine, les mots terribles ayant dépassé sa pensée. Il semblait avoir le don de faire rejaillir tout ce qu’il y avait de pire en elle, tempêtes dévastatrices emportant toutes les bribes de réserve sur leur passage. Elle ne fit toutefois rien pour stopper le zombie ambulant. S’écartant pour lui céder le passage tandis que sa voix tyrannique devenait dangereusement calme, lavée des trémolos qui avaient pu l’entailler légèrement auparavant.

« - Demande-toi qui est le pire… celle qui déterre les cadavres ou celui qui les jette dans leur fosse… »


Spectatrice passive de l’affrontement se déroulant devant ses yeux, elle tenta de rester stoïque. Passive alors que tous ses membres vibraient d’une angoisse sourde, et que son instinct primaire lui hurlait de Lui venir en aide. Se persuadant laborieusement qu’Il méritait son sort, et qu’il n’aurait pas bougé à sa place. Il le lui avait montré par le passé. Les poumons atrophiés, elle ne sentait plus ses terminaisons nerveuses, la panique ayant gagné la moindre parcelle de son être. Dépassée par l’endurance de la dépouille réanimée, et presque fascinée par la barbarie dont fit preuve le loup au moment où Il se transforma. Bestialité absolue qui parvenait toujours à la surprendre, la frénésie meurtrière dont Il pouvait faire preuve n’ayant pas grand-chose en commun avec celui qu’elle avait vu grandir. Même déjà décédée, et vouée à le redevenir, l’enveloppe déchiquetée lui arracha des tremblements d’horreur. Méconnaissable, vulgaire amas de viande n’ayant plus rien de l’apparence d’un homme. Elle recula imperceptiblement lorsque la truffe dégoulinante de sang se leva vers elle. Confiance en elle factice qui n’eut pas besoin de plus pour tomber en lambeaux. Elle ne put s’empêcher de frissonner lorsque l’animal lécha l’entaille perpétrée par sa lame de fortune, parade avant de mordre dans la chair. Échappant un gémissement d’affliction lorsque la mâchoire métallique se referma sur son poignet, contraignant ses genoux à venir mourir sur le plancher. Ses phalanges libres agrippèrent vainement Son cou, tirant tant bien que mal sur le pelage immaculé sans parvenir à le faire lâcher. Les cris n’y changèrent rien, les morsures se multipliant sur son épiderme alors que ses vêtements se changeaient en lambeaux sous Ses assauts voraces.

La douleur était partout, éparse et lancinante par endroits. Respiration haletante peinant à se calmer même lorsque la bête recula, ses vertèbres encaissant contre le carrelage tandis qu’elle restait un moment allongée. Son bras droit se glissa sur son jumeau, nerveusement. Évaluant les dégâts à l’aveuglette avant qu’elle ne s’en serve comme appui vacillant pour se remettre sur ses pieds. Muette, les sphères abyssales qui Le détaillaient avec fureur semblaient soudainement dotées de la parole. Brûlantes, agressives. Flot ardent rugissant à l’intérieur de sa frêle carcasse, entrant en fusion avec ses rétines alors qu’elle ravalait ses larmes de rage. Elle ne prit pas la peine de l’insulter, de se ruer sur le canidé pour le marteler de coups. Concentrée sur la cible de son courroux, elle lui insuffla une illusion bien cruelle. L’affreuse sensation que tous les os se brisent, se délogent et se mélangent pour qu’il ne reste qu’un mollusque condamné à ramper. Chimère plus vraie que nature qu’elle alimenta avec sa colère, ravie de L’entendre couiner et se contorsionner. S’avançant lorsqu’Il se retrouva hors d’état de nuire, tandis qu’elle appuyait sur l’un des boutons commandant l’ouverture d’un des congélateurs mortuaires. Le peu de force qu’elle conservait dans les bras servit à hisser le loup blanc dans l’un des cercueils de glace, avant de l’y emprisonner.

Euphorie machiavélique qui ne dura que quelques secondes. Elle tenta de reprendre son travail comme si de rien n’était, récupérant son scalpel en recommençant à inciser le macchabée abandonné sur son plan de travail. Frémissements intempestifs l’empêchant de faire un tracé net comme d’ordinaire, aussi maladroite qu’une jeune interne en médecine effrayée par la vue de l’hémoglobine. Vagues de remords se fracassant contre sa cage thoracique comme sur des récifs. L'instrument argent ne fit pas long feu, se fracassant sur le sol putride. Elle se précipita affolée vers Sa prison, maudissant les pulsions criminelles qui avaient pu l’amener à faire une telle chose. Retrouvant une bestiole horriblement raide, grelottante. Ses phalanges fébriles se faufilèrent dans Sa fourrure avec un semblant de tendresse, avant qu’elle ne Le ramène à terre. Inapte à tenir correctement sur ses pattes, elle Le garda fermement contre elle, s’agenouillant pour rester à Sa hauteur. Lui dispensant des caresses semblant déplacées après des siècles de guerre froide, tentant de réchauffer Ses muscles endoloris avec son savoir de sorcière. La douceur et la proximité leur étaient depuis longtemps étrangères, et elle ne s’y serait certainement pas risquée s’Il avait été sous sa forme normale. C’était néanmoins à l’état sauvage qu’Il risquait le plus de la dévorer, de la mettre en pièces.

« - Tu l’as quand même bien cherché mon vieux... »

Murmures farouches lancés en poursuivant la guérison accélérée, salissant les beaux poils opalins avec l’écarlate tapissant sa propre peau sans s’en rendre compte. Évitant soigneusement l’or rongeant Ses iris, tant elle redoutait la férocité et le ressentiment devant sans doute s’y consumer.

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MessageSujet: Re: Somebody That I Used to Know .}pv   Ven 21 Sep - 17:35


Ses accusations résonnaient toujours dans sa tête. Même maintenant qu’il la fixait avec ses prunelles d’or. Elles le blessaient. Lui tailladaient la peau, son échine le brûlait. Il secoua la tête, prit le temps de gratouiller la fourrure avec sa patte dans l’espoir de calmer la douleur. Rien n’y fit. Sous les poils, son cœur martelait ses côtes. Trop fortement pour qu’il puisse l’ignorer. Sa respiration aussi n’avait plus rien de calme, saccadée, brisée comme s’il venait de courir pendant des kilomètres derrière un écureuil. Le regard qu’Elle lui jeta fit disparaître l’éclat provocant irradiant son regard, il baissa la tête, prêt à afficher un air penaud avant de disparaitre dans un coin de la pièce. Il n’en eut pas le temps. Silencieuses, Ses insultes et Sa haine le percutèrent de plein fouet. Un couinement sinistre s’échappa de son museau écarlate alors qu’il s’effondrait sur le sol comme une vulgaire carpette. Luttant contre un ennemi invisible, la douleur qui le transperça lui coupa le souffle. Il avait appris à supporter celle accompagnant ses transformation, celle-là était tout simplement intolérable. Un vulgaire pantin, dont les membres ne répondaient plus, juste capables de griffer le sol avec frénésie, avant que les os ne se brisent. Il serra les dents, crevant d’envie de garder le museau fermé pour La priver de sa douleur. Il en fut incapable, couinant comme un chien qu’on serait en train de lapider, abandonnant la lutte épuisante pour rester là, un tas de fourrure vidé de son énergie, privé de son squelette. Il crut pendant un instant, au tout début, que tout ceci n’était qu’un mauvais rêve. Un truc qui viendrait de Sa petite tête pleine de rancœur. Une part de lui continuait de s’y accrocher, l’autre jouant les autruches en se disant qu’Elle ne pouvait pas le détester à ce point. Par pour un accident qui remonte à la nuit des temps. A quelque chose qui le ronge encore, et qui n’était qu’un accident. Par pour les tortures qu’Elle avait subi et dont il avait été spectateur. Il avait tenté de la faire s’enfuir, pour finalement se prendre un magnifique refus en pleine tronche. Par deux fois, il chercha à La sauver. Et pour quoi ? N’obtenir qu’une profonde indifférence de Sa part. Finir de la même manière qu’Elle sous les injures et les rires de la foule. Condamné par son propre père, pour avoir voulu jouer les chevaliers servants. Alors qu’elle s’en fichait. Le choc de la pensée lui fit ouvrir les yeux, il hurla, mais aucun son ne voulut sortir de son gosier. Il la vit se rapprocher du coin de l’œil, tenta de bouger mais rien ne fonctionna comme il le voulait.

Des prisons. Il en avait eu. Une en verre, où des merdeux venaient coller leur nez pour mieux le voir. Une autre rouillée par le mauvais temps et la neige, qu’il grignotait dans l’espoir de pouvoir s’en sortir. Mais ça. Malgré la fourrure, il sentit le froid perforer sa peau comme l’aurait fait des lames chauffées à blanc. Epuisé, il ne chercha même pas à lutter. A part abimer ses griffes contre la porte, il n’aurait pas pu faire grand-chose pour sortir de là. Hurler comme un dératé pour Lui casser les oreilles et la contraindre à ouvrir la porte, il y pensa. Oubliant bien rapidement quand un nuage de vapeur s’échappa de son museau quand il soupira. Je La déteste. Je L’aime. Je La déteste… A défaut d’avoir une marguerite, il laissa sa queue frapper le sol à chaque nouvelle affirmation. Il s’arrêta au bout de quelques instants, grelottant, épuisé, il se roula en boule du mieux qu’il put, son museau enfouit sous la fourrure. Et cette foutue douleur sur sa nuque. Il avait dû se l’entailler quand l’autre l’avait jeté contre la vitre. Le cuir de son tour de cou devait frotter la plaie, l’irriter plus qu’elle ne l’était déjà. Elle s’en fout. Depuis que tu es partie, Chiara, elle s’en fout. Il ferma les yeux, patte avant venant se poser dessus comme s’il cherchait à se cacher. De quoi ? De quoi ? D’Elle ? Sûrement. Une boule était venue se glisser dans sa gorge, le froid lui grignotait les moelles, calmait la folie de son cœur jusqu’à le rendre à peine audible. Avoir passé sept siècles dans la peau d’un loup et mourir dans un congélateur, c’était d’un comique. Il en aurait éclaté de rire, en spectateur ou en supplicié, dans les deux cas il trouvait ça complètement stupide. Là par contre, il ne trouvait pas matière à rire. Tu as tué une de mes sœurs, torturé l’autre… J’ai entendu, change de disque c’est bon.

Un autre soupir et quand il ouvrit les yeux, la lumière l’aveugla. Il se débattit, sans grand succès. Entravé par Sa tortionnaire, il s’arrêta quand son regard affolé croisa l’ombre du Sien. Manger Anna… Pour qu’Elle le lâche avec sa rancœur et retourne moisir sous terre avec Sa sœur. Pour qu’Elle arrête de le hanter. Qu’il arrête enfin de penser à Elle. Ses muscles se détendirent, retrouvant un semblant de calme. Il se surprit à laisser sa tête se reposer contre Ses genoux, enfouissant son museau dans les plis de Ses vêtements. Il frissonna, malgré toute sa rancœur et son envie de L’étriper, Ses doigts dans sa fourrure le calmèrent. Le firent frémir d’un plaisir assassin. Mais pas suffisamment pour qu’il ne prenne pas la mouche en entendant Ses murmures. Il grogna, se tortillant du mieux qu’il put pour se défaire de Son étreinte et se remettre sur ses pattes. Il tangua, les sentit fléchir sous son poids mais il se força à s’éloigner, gagner le coin de la pièce où il avait jeté sa veste pour s’affaler à côté. Il avait la nausée, se sentait affreusement mal. Il se crispa, avant de pousser un lourd soupir, ses doigts cherchèrent à tâtons le manteau pour le glisser sur ses hanches. Sans la fourrure, il eut l’impression d’être congelé. Il grelotta, resta allongé sur le flanc, lui tournant franchement le dos. Il effleura sa nuque, du bout des doigts, gratouillant dans la plaie pour déloger les morceaux de verre venus s’y glisser. Saloperie, je déteste les zombies.

« - Tortionnaire si tu veux, mais tu n’as pas le droit de me traiter d’assassin. Je n’ai jamais voulu Sa mort et tu le sais. » Lança-t-il, butant sur les mots, sa voix enrouée par la colère et le froid l’ayant dévoré lui donna l’impression d’avoir passé toute la nuit à poil dans la neige. Il tremblait, de froid, de colère et d’une peine qui le rongeait. Il hésita un moment, la laisser contempler son dos et les cicatrices blafardes le parsemant était peut être la meilleure chose. Pudeur maladive le poussant à agripper le cuir froid de sa veste, histoire de s’assurer qu’elle était toujours là. Il s’appuya alors sur son bras gauche, endoloris, pour s’assoir et faire volteface, son dos venant se reposer contre le mur. La fraîcheur des carreaux contre sa nuque en feu le fit soupirer de délice.

« - Toi, par contre, tu as voulu tout ce qui est arrivé. C’est toi cherches les ennuis, ma vieille Et demande-toi à cause de qui je suis contraint de hurler à la mort comme un abrutit… Tu deviens aussi aigrie que ta sœur, Chiara ne te reconnaitrait pas. »
Ses derniers mots, il les avait jetés comme s’ils lui avaient brûlé la langue. Il la fusilla du regard un instant, préférant de loin la noirceur de ses prunelles que l’or de celles du loup. Avec celles-là, il avait l’impression de ne rien contrôler. D’être un livre ouvert facile à déchiffrer. Alors qu’avec les autres, c’était tellement plus simple de cacher ce qui devait l’être sous la noirceur. Il avait mal. Partout. Sa peau n’était plus qu’un amas de fourmillement, sa nuque le lançait, et la trace écarlate sur son torse le mettait au supplice. Pénitence qu’il avait choisi de s’infliger, ses penchants masochiste le poussant à garder la marque d’un ancien attachement autour de son cou. Pour ne pas oublier. Pour croire que rien n’avait changé. Pour retrouver ses quatorze ans. Juste le temps de voir l’argent sur sa peau. La brûlure effaçait tout. Permanente et cuisante. L’odeur du sang lui donnait la nausée, l’indisposait. D’un revers de main rageur, il enleva lui qui lui barbouillait le menton. Face à Elle, il se sentait monstrueux. Ignoble, d’avoir cédé aussi facilement à ses pulsions. De L’avoir laissé prendre le contrôle de sa haine sans même chercher à lutter.

« - J’aurais dû les laisser faire sans intervenir. J’aurais dû te laisser pourrir dans ta cellule et te regarder mourir sans rien ressentir. Te jeter dans ta fosse sans sourciller avant de grignoter tes os. » Siffla-t-il entre ses dents. Il aurait dû le faire, tout aurait été tellement plus simple. Elle l’aurait détesté pour de bon, lui aussi. Et basta. Il n’aurait pas eu besoin de se sentir mal, même après autant de temps. D’avoir le ventre en feu à chaque coup d’œil qu’il pouvait lui jeter. Il préféra parcourir la salle du regard, farfouillant dans le moindre recoin pour trouver quelque chose à se mettre sur le dos. A par ‘Barry’, rien ne pourrait lui être utile. Ses lèvres se plissèrent, dégouté à l’idée de devoir se mettre sur le dos les affaires de son ancien collègue. Elles ne m’iront même pas. Trop petit, trop gros. Il ferma les yeux, soupira de lassitude tout en laissant son crâne s’appuyer contre le mur. Il plia et déplia les doigts de sa main droite, plus douloureuse que d’ordinaire à cause du froid avant de la passer sur son torse.

« - Ils reviendront. Pour la tricherie et pour l’assassinat de ‘Barry’. Tu seras la prochaine à sautiller dans l’arène pour rester en vie »
Et moi, je te regarderais lutter en me répétant que c’est bien fait pour toi. Il l’accabla de nouveau de son regard glacial, cherchant à croiser l’azur de Ses prunelles, s’obligeant à conserver un masque de détachement. De figer ses traits dans une expression qu’il avait forgée durant ses premières années dans les rangs de l’Inquisition. Le tortionnaire impassible, qui ne ressent rien si ce n’est une profonde indifférence et un mépris pour ce qui se déroulait sous yeux.

« - Je les laisserai faire. Puisque tu t’en fiches. Comme tu l’as toujours fait. » Souffla-t-il en italien. Il avait buté sur chaque mot, devant se triturer les méninges pour se rappeler. Les assembler pour qu’ils forment un ensemble à peu près cohérent. Ca lui fit tout drôle de s’entendre. Sa belle assurance et sa délicieuse froideur tombèrent en ruines. Utiliser sa langue maternelle fut plus dur qu’il ne le pensait, le replongeant dans un passé qu’il avait tenté de renier. Une simple menace devenait un aveu douloureux. Laissant transparaitre la douleur qui le rongeait depuis leur première séparation, sur les berges d’un fleuve assassin. Il mentira, dira que Barry s’est tué tout seul, comme un grand. Que la légiste lui a botté le cul mais qu’elle se souviendra de sa leçon. Ce sera suffisant pour qu’ils la laissent tranquille. Une fois encore, il risquera sa misérable peau pour Elle, qu’elle s’en fiche ou non. Lui était incapable de renoncer.

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MessageSujet: Re: Somebody That I Used to Know .}pv   Jeu 27 Sep - 18:22

Les remords engluèrent sa misérable carcasse à la vitesse de l’éclair lorsqu’Il parvint à se dégager d’une emprise qui se voulait pourtant aussi vigoureuse que tenace. Futiles reproches échappés mécaniquement de sa bouche corrosive sans qu’elle soit parvenue à en endiguer le flot venimeux. Malgré elle, comme si elle redoutait inconsciemment de se laisser aller à un peu d’affection en abandonnant les piques habituelles. Elle ignorait ce qui lui avait pris. Élan tortionnaire venu d’on ne sait où qui l’avait fait complètement disjoncter. Il avait payé pour tous les autres, pour tous les affronts essuyés. Animosité profonde et viscérale souvent dévolue aux hommes à force de n’être rien d’autre que leur chose. Une poupée de chiffon qu’on peut malmener et piétiner allègrement sans que personne ne s’en offusque. Élevée pour servir, pour obéir. Elle aurait voulu qu’Il reste blotti contre elle, ne serait-ce que quelques infimes secondes de plus. Se rasséréner de Sa chaleur animale et lui offrir la sienne. Pour dissiper les morsures du froid et laver les stigmates de sa folie assassine. Se laisser bercer par cette trêve salvatrice. Oublier tout ce qui pouvait les diviser. Retrouver la chaleur étouffante de sa terre natale. Sentir les brins d’herbe titiller ses jambes délicates et Son crâne reposer sur ses genoux. Admirer les reflets azurés du Tibre, contempler sans bouger le fil de l’eau. Paisibles, limpides. Inoffensifs. Délicieuses réminiscences d’une ère révolue s’achevant inlassablement de la même manière. Par la vue d’un fleuve pourpre, imbibé du cruor de Sa pauvre dépouille. Trempée jusqu’à la moelle, les pupilles si vitreuses que même des siècles après, cette vision lui semblait toujours aussi surréaliste. Elles étaient nées à quelques secondes d’intervalle, elle avait cru qu’elles partiraient ensemble. Ou qu’elle serait au moins la première. La rejoindre, cela avait d’ailleurs été son premier réflexe. Impulsions suicidaires étouffées dans l’œuf à chaque tentative, l’isolement ne se résumant plus qu’à une vulgaire utopie. Sombre paradoxe quand elle avait l’âpre sensation de se noyer dans la solitude depuis Sa perte. Vouloir la paix, et toutefois quémander du réconfort. Aspirer à l’exil et ne plus supporter le silence. Tout et son contraire.

Peu fière d’elle, ses prunelles d’un bleu acéré L’évitèrent soigneusement. Se dispersant et volant en écume contre le carrelage souillé, penaudes. Ses épaules s’étaient sensiblement affaissées, lui donnant un aspect aussi piteux que celui d’une petite fille qui vient de commettre une honteuse bêtise et qui attend fébrilement sa punition. Elle hocha machinalement la tête lorsque Ses affirmations vrillèrent ses tempes. Signal d’abdication furtif qu’Il ne pouvait pas surprendre en lui tournant le dos. Ignorant si elle croyait réellement encore dur comme fer à la thèse de l’accident, ou si la lassitude venait seulement de prendre le dessus sur la rancœur. Qu’Il l’ait voulu ou non, le résultat restait le même. Il l’avait mutilée de la moitié d’elle-même, la meilleure, et amoché la part restante au fil de Ses parjures. Et elle continuait d’osciller, entre la haine primitive et le besoin viscéral de pardonner. Équilibriste soumise au vertige, tétanisée au beau milieu du vide. S’agrippant avec une énergie incroyable à la corde fragile au lieu de chercher à avancer ou de simplement prendre le risque de sauter.

Tranchants comme des lames de rasoir, Ses mots dédaigneux la heurtèrent de plein fouet. Sa mâchoire claqua, les barrières de nacre se rencontrant en un douloureux crissement alors qu’elle le fixait complètement abasourdie. Comme s’Il venait de lui lancer une claque en pleine figure. Elle aurait presque préféré, au moins ça elle y avait été ‘habituée’. Une marque rosée sur la joue, une blessure d’amour propre et des relents de dégout, et c’était terminé. Bien plus expéditif que l’atroce sensation qu’Il tailladait à coup de machette le forcené tapi dans sa poitrine, jusqu’à en faire de la bouillie. Bien moins martyrisant que d’admettre qu’une part de vérité se cachait dans les immondices avec lesquels il venait de l'assommer sans vergogne. Le pire était qu’Il n’affabulait pas. Chiara aurait détesté la voir dans cet état. Lamentablement bouffée par le chagrin. A ressasser de vieilles rancunes comme si elles venaient de se produire la veille. A collaborer pour conserver sa petite routine, en jouant les apprenties sorcières sur des défunts n’ayant rien demandé. Elle l’aurait secouée, elle se serait insurgée contre l’épave qu’elle était devenue. Mais Elle n’était plus là, et c’était justement ça le problème. Je l’ai voulu ?! Mais j’ai voulu quoi hein ? Me faire agresser pour un acte que je n’ai même pas commis ? Se dresser devant eux, c’est comme de pisser dans un violon, j’ai passé l’âge de croire à des causes perdues. Elle garda ses marmonnements pour elle, tentant de se faire violence pour rester stoïque. Elle voulait le laisser terminer Son sermon, espérant se délester d’une part de sa lourde culpabilité en ne bronchant pas. Insolente incapable de suivre très longtemps ses nobles résolutions, lorsque Ses sifflements la transpercèrent.

« - Mais c’est ce que t’as fait justement ! Bordel c’est ce que t’as fait… T’es juste venu dans ma cellule pour te racheter une conscience. Ou peut être parce que t’as soudain eu pitié. J’en sais rien. T’aurais mieux fait de me tuer pour m’empêcher de la dénoncer. T’as pas cillé. »


Il n’était pas seulement le témoin passif de sa déchéance, le complice des tortures dont elle avait été la victime. Il était aussi celui qui l’avait vue renier son ainée. Prête à avouer n’importe quel crime, à trahir n’importe quelle cachette pourvu qu’on la laisse mourir dans son coin. Et ça, c’était certainement le plus terrible à encaisser. Le plus effroyable pour une orgueilleuse comme elle. A quoi bon s’enfuir ? Elle avait scellé sa déchéance à celle d’Azzura en La condamnant à l’immolation publique. Les répliques suivantes, montant crescendo dans l’infamie, la clouèrent sur place. Qu’Il renoue avec l’italien n’arrangea rien, elle éclipsa les notes de tristesse pour buter uniquement sur la vilénie d’un tel serment. Trop stupéfaite pour distinguer à travers la tentative d’intimidation de son cousin autre chose qu’une froide indifférence. Un dangereux vent d’expectative souffla dans la pièce, épée de Damoclès n'attendant que de pouvoir tomber.

« - T’es rien qu’une sale crevure. Un lâche par-dessus le marché… Dégage de là. »

Murmures aux allures de menace énoncés dans sa langue maternelle avant qu’elle ne se redresse. Le détaillant férocement avant de se jeter littéralement sur Lui, agacée par Son manque de vigueur. Ses phalanges agrippèrent hargneusement le lobe de Son oreille, jusqu’à ce qu’Il n’ait d’autre choix que de se relever. Pression étouffante s’accentuant alors qu’elle tentait laborieusement de le trainer dans le couloir. L’aigreur, l’angoisse. La peur ancrée dans sa chair, cisaillant ses artères. Celle de mourir, de retourner en Enfer. Et surtout celle de constater une fois de plus qu’elle n'avait décidément pas l'étoffe d’une héroïne. Réaliser qu’on ne vaut pas mieux que tous ceux qu’on méprise, qu’à bien des égards l’adversité nous rend pire qu’eux. Vile égoïste prête à lutter pour sauver sa peau, à tuer dans l’arène pour s’assurer la victoire. L’instinct de survie poussé à son paroxysme. L’envie impérieuse de continuer à vivre, à survivre même. Ne pas retourner dans l’inconnu, ne pas céder sa place sur terre à un autre, aussi répugnante et abjecte soit-elle. Ne pas devoir supplier pour se faire épargner. Se vautrer auprès de la vermine, subir leurs foudres pour avoir aspiré à moins intolérable. Encaisser leurs moqueries pour s’être cassé les dents sur les marches menant aux hautes sphères du pouvoir. S’apercevoir que cette fois-ci, se relever pourrait s’avérer au dessus de ses maigres forces. Et tout ça pourquoi ? A croire que personne n’y échappait, ou qu’une malédiction ancestrale se perpétrait. Qu’elle se révolte ou qu’elle courbe l’échine, le résultat était le même : elle semblait destinée à monter sur l’échafaud. Vouée à mourir. Vouée à être humiliée. Perspectives sordides suffisantes pour mettre le feu aux poudres, son courroux se répercutant dans le moindre de ses gestes. Elle le relâcha furtivement, s’abaissant pour ramasser un gros débris de verre rescapé de l’armoire. Avant de Le bousculer à nouveau brutalement contre le mur. Le cristal entailla légèrement Sa jugulaire. En altérant la texture diaphane alors qu’elle Le défiait outrageusement du regard. Fourbes serpents empoignant contre toute attente Son poignet, pour y déposer l’arme de fortune et la pointer contre sa propre gorge. Comme si elle voulait qu’Il la lui tranche. Elle s’approcha encore davantage, assez pour ressentir une vive brûlure en travers de sa trachée. Tentant en parallèle de calmer sa respiration capricieuse, l’intrus logé dans son coffre de chair hurlant après sa propriétaire jusqu’à se briser contre les barreaux de sa cage.

« - Si tu tiens tellement à me voir crever, finis-en maintenant. Au lieu de geindre que ce n’est jamais de ta faute. Assume. Salis-toi un peu les mains, au lieu de laisser la basse besogne aux autres. »


Mais non, c’est tellement mieux de se cacher derrière la fourrure étincelante du loup. Avoir un fauve dans le ventre, ça donne toutes les excuses. Combien t’en as dévoré sous cette apparence ? Combien pour le Gouvernement ? Combien par pur plaisir ? Te servir de tes crocs plutôt que d’un couteau n’atténue rien… T’es corrompu jusqu’à l'os. Autant que moi.

« - J’ai pas fait de toi un monstre. Au fond t’en étais déjà un. Et ça, je crois que même Chiara l’avait compris. »


Souvenirs enfouis sous des couches de poussière déterrés par simple méchanceté, ou parce que le doute remontait brusquement cruellement à la surface. Promesses de révélations qui n’avaient jamais pu se concrétiser. Ce qu’Elle tenait tant à lui raconter sur Lui, elle l’ignorait. Elle se serait probablement adoucie, en apprenant que son géniteur pouvait presque être qualifié de père aimant à côté du Sien. Ou elle se serait éloignée, blessée par Son manque de confiance, en comprenant qu’Il portait même un masque avec elle. Elle n’avait pas cherché à gratter sous la surface, à démêler le vrai du faux entre ses interprétations douteuses et l’horrible réalité. Décidée à ne plus rien avoir à faire avec Lui lorsque sa jumelle l’avait abandonnée. Tant de temps après, elle se surprenait à se demander si Elle n’avait finalement pas perçu en Lui l’âme d’Inquisiteur pouvant y sommeiller. Ses doigts se délièrent doucement de Sa main entravée, glissant sur Son avant-bras. Le torrent de lave avait fini par se tarir, laissant sous les décombres de son entêtement à se détruire un champ de ruines. Des cendres encore fumantes, grignotant perfidement le creux de ses entrailles. Elle ne sentait plus que la souffrance, et le vide oppressant qu’Il avait pu laisser dans sa pitoyable existence. Obligée de ramper, de survivre dans ce corps qu’elle abhorrait parfois vivement tant il lui en rappelait un autre. Je te déteste, je te hais de m’avoir laissée te quitter Ezio… Perles céruléennes s’attardant sur Ses lèvres écorchées, mise au supplice de s’interdire de Les effleurer. Se coulant ensuite vers le cuir ornant Son cou. C’était là, devant elle depuis plusieurs minutes, et elle avait été trop aveuglée par la colère pour le remarquer. Ses sourcils se froncèrent imperceptiblement devant l’anneau argenté, et la marque écarlate lacérant Son torse nu. Dérivant vers les cicatrices rehaussant Sa blancheur cadavérique. Comme rongée par l’acide par endroits. Exploration indécente qu’elle interrompit d’elle-même lorsque son regard vacilla plus bas, fixant à nouveau Son visage pour lui laisser un semblant de pudeur. Tremblante et muette, alors que les interrogations affluaient en masse. Aucune ne parvint à sortir.

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MessageSujet: Re: Somebody That I Used to Know .}pv   Ven 28 Sep - 21:14


Laisser la colère grignoter ses entrailles. Se frayer un chemin jusqu’à son crâne pour que le ver dévore le semblant de raison qui pouvait tenter de s’y cacher. Le laisser se repaitre de ses remords, et de toute autre substance gênante sans montrer la moindre envie de le voir s’arrêter. Il avait fini par s’y faire, à cette sensation étrange qui fait fourmiller la moindre parcelle de son être. Enfermant par la même occasion le reste de ses regrets pour ne plus avoir à leur faire face. C’était plus simple au fond, de ne laisser que le plaisir titiller ses nerfs, la rage les dévorer quand quelque chose le dépassait. Faire l’autruche et se cacher le museau sous la fourrure. S’enfermer dans un monde aux couleurs beaucoup plus vives que le sien, pour faire comme si les coups qui pleuvaient sur lui n’existaient pas. La douleur, il avait fini par ne plus la ressentir. Ou du moins à se persuader qu’elle glissait sur lui comme une mauvaise pluie. Après quoi, il avait été contraint de changer de tactique, de se réfugier dans la noirceur, d’apprendre à l’aimer pour en faire sa plus fidèle maîtresse. Même maintenant, au final, il ne lui restait qu’elle. Elle et cette part de lui qu’il aurait aimé ne jamais rencontrer. Ne jamais voir dans le miroir à chaque fois qu’il avait le malheur de s’y regarder. Encaisser et se taire, il était devenu maître dans cet art. Un excellent comédien aussi. Se taire, il aurait aimé pouvoir le faire cette fois aussi. Arrêter de La chercher, de Lui cracher à la figure tout ce qu’il pouvait avoir sur le cœur. Ou du moins une partie. La moins glorieuse, certes mais il fallait bien un début à tout. Ses répliques lui vrillèrent les tympans. Cinglantes, comme les siennes au fond. A trop semer, on finit par se prendre les orties dans la tronche. Et là, ça faisait mal. Il se renfrogna, esquissa même un sombre sourire, bien différent de celui dont il pouvait se parer la plupart du temps. Il le détestait celui-là. Lui et les mauvaises choses qu’il annonçait. Qu’Elle ait dénoncé sa sœur, il s’en foutait. Mais royalement. Elle ne l’avait jamais apprécié, lui non plus. Au final, ils s’étaient bien trouvés. Alors qu’Elle ait cédé et tout révélé, et qu’il n’est pas bronché à ce moment, il ne s’en excuserait pas. Au fond, il avait toujours espéré qu’elle finirait par disparaître, cette grande sœur un peu trop méfiante. Aussi agaçante qu’une puce. Et encore, les puces, il y a toujours moyen de s’en débarrasser sans trop se salir les pattes. Il se mordit la lèvre, jusqu’à sang. Frissonnant lorsque les perles ferreuses se glissèrent sur sa langue. Serrant sa main gauche pour garder un semblant de calme.Faire du yoga, je devrais peut-être y penser. Depuis le retour de son humanité, il était devenu insupportable. Facilement irritable. Tout ce qu’il s’était efforcé à bâtir pendant toute son enfance, il l’avait vu s’envoler en fumée. Réagissant au quart de tour à la moindre provocation, avide d’en découdre. De souffrance. La sienne, comme celle des autres. Une drogue, dont il ne pouvait plus se passer et qui lui laissait un goût âpre en travers du gosier.

« Pas cillé? Tu te fous de moi? Deux fois j'ai tenté de sauver ta peau. Tu m'as tourné le dos la première fois, je me suis fait jeter comme un chien à la seconde tentative. Et pour quoi? Finir condamné à mourir devant des abrutis, tout ça pour tes beaux yeux. Et que tu l'ais dénoncé je m'en fiche. » Elle n’avait pas tort d’une certaine manière. Il l’avait regardé mourir sans rien faire. Il en aurait été incapable. Et à quoi bon se faire remarquer devant toute une populace et une armée d’Inquisiteurs. Il allait finir comme Elle, bien que le bûcher ne fût pas la sentence qui lui était réservée, il en était persuadé. Il avait tout foutu en l’air, et n’avait pas été capable de réparer ses erreurs. Les accumulant même pour finir par étouffer sous le poids de sa propre inconscience. Il aurait volontiers échangé sa place avec la Sienne ce jour-là. Laver Ses fautes, pour qu’on la laisse tranquille. Il aurait préféré finir en éponge blafarde sur les berges du fleuve à la place de Sa sœur. Ne jamais avoir eu cette idée ridicule. Il secoua la tête, refusant d’endosser le mauvais rôle et de la laisser l’accabler sans broncher. Pas cette fois.

« C'est trop facile de rejeter toutes les fautes sur son cousin trop bonne poire pour répliquer, et le jeter une fois qu'il ne sert plus à rien. » Lâcha-t-il en serrant les dents alors qu’Elle se relevait. Il ne chercha même pas à réagir, se levant docilement malgré la douleur qui lui vrilla l’oreille. Le ridicule de la situation le fit rire jaune. J’ai plus huit ans. Et je vais certainement pas sortir les fesses à l’air, ça va pas ma vieille. Il la força à s’arrêter avant d’atteindre la porte, prêt à se rassoir par terre comme il le faisait à l’époque quand Elle le traînait de la sorte. Pose-moi ça, tu vas faire une connerie… Elle ne tarda pas à pointer le bout de son nez, et il la sentit passer. Le froid du carrelage contre son dos lui arracha un violent frisson, un hoquet de surprise s’échappant de sa gorge avant que le verre ne vienne la menacer. Il lui rendit son regard, ses dents se serrant jusqu’à en devenir douloureuses. Qu’elle le fasse, ça lui éviterait de faire le mariol pour leurs jeux à la noix. Qu’Elle le fasse pour qu’il aille croupir en Enfer à côté de son géniteur. Là où il aurait dû être depuis bien longtemps. De victime à bourreau il n’y a qu’un pas, il était bien placé pour le savoir. La main dont les doigts agrippaient le débris de verre trembla. Abîmant la porcelaine de Sa gorge. Il avait beau la détester, Elle avait beau lui taper sur les nerfs, La voir mourir une seconde fois finirait de déconnecter ses derniers neurones encore en état de marche.

« Elles le sont déjà suffisamment. J'ai pas envie d'avoir ta mort sur la conscience, je laisse ce plaisir à quelqu'un d'autre. »
Glacial sur ce coup là, il la fusilla du regard bien que sa gorge ne cessait de se nouer. Que les tremblements grignotant sa main se faisaient plus forts. Qu’il était mal à l’aise, plus brisé que jamais. Détruit de voir qu’Elle le considérait toujours comme un assassin, comme si tous ses choix lui appartenaient. Il avait failli tout lui dire en allant la chercher dans sa prison miteuse. Peut-être que s’il l’avait fait, Elle l’aurait suivi. Au lieu de se murer dans le silence, de jouer les braves alors qu’au fond, il n’en avait pas l’étoffe. Il ne l’avait jamais eu. Il dû blêmir, l’espace d’une seconde. Se figer sous le coup de la stupeur. Ses doigts lâchèrent le verre qui alla s’exploser sur le sol. Le trouble aussi, vint se fracasser dans ses prunelles, éclipsant la colère. Elle savait tout. Elle avait tout vu. Alors qu’il était prêt à abandonner, à retenir ses larmes à chaque fois que le cuir venait lui taillader la peau, il l’avait vu. Elle avait tout entendu. Ces médisances, tout ce qu’il crachait à chaque fois que la colère le submergeait. Qu’il aurait dû mourir comme tous ses autres fils. Qu’il aurait dû égorger sa mère quand il était encore dans son sein. « Tu n’es rien à mes yeux. Je te hais » Il en avait pleuré la première fois, quand il fut assez grand pour comprendre le sens de ces mots. Maintenant, il s’en fichait. Au fond, il avait toujours su qu’il ne faisait pas vraiment partit de cette famille. Qu’en regardant bien, il n’avait hérité de son père que la finesse de ses traits. Son nom. Et sa folie. Tout ce qu’il s’était efforcé de cacher derrière ses sourires, le château de carte qu’il avait bâti autour de l’affreuse réalité s’était effondré. Ce qu’il avait à tout prix voulu éviter, il le vit dans ses yeux. La stupeur, l’horreur et une profonde pitié. « Je t’en supplie. Ne dis rien à Anna » C’est tout ce qu’il fut capable de lui dire quand son tortionnaire le laissa seul. Il ramassa les débris de sa chemise et la planta là, sans lui laisser le temps de répliquer. Ronger par la crainte qu’Elle vienne à l’apprendre. Qu’Elle le regarde avec pitié, il ne l’aurait pas supporté.

« - C’était le critère pour faire partie de notre famille. Avoir un petit monstre dans le ventre. » Murmura-t-il au bout d’un moment, chassant le trouble pour retrouver son masque de désinvolture. Il frissonna lorsque Ses doigts se posèrent sur son bras. Il se plia à Son examen sans broncher, l’embarras qu’il s’était efforcé à chasser revenant au galop. La confusion lui brûla la nuque et bien malgré lui, il regarda ailleurs. Elle doit me prendre pour un malade d’avoir gardé ça…

« Si tu voulais te rincer l'œil, tu aurais pu trouver autre chose que faire sortir un cadavre de son sac poubelle » Souffla-t-il, pour tenter de masquer ses tourments. Sa voix se brisa sur le dernier mot, et le fit se sentir encore plus ridicule. Il se mordit la lèvre et ferma les yeux, histoire de retrouver un semblant de calme. D’apaiser la machinerie battant à tout rompre sous ses côtes. Elle ne fit que s’emballer lorsqu’il retrouva l’azur enivrant de Ses prunelles. Déchirantes, elles le mirent au supplice. Sa main gauche se glissa sur Sa joue, la frôla avec tendresse avant de se glisser contre Sa nuque pour l’attirer contre lui, son autre main se glissant sur Ses reins pour l'emprisonner dans une tendre étreinte, pour calmer Ses tremblements. Il s’en voulait, d’avoir été aussi odieux. De s’être laissé emporter aussi facilement. De ne pas être capable de résister. Il hésita, poussées par le feu dévorant ses reins, ses lèvres se posèrent sur les Siennes. Une simple caresse, confuse, emplie d’une pudeur qui le surprit. C’était tellement plus simple avec les autres, hommes ou femmes, peut importait. Caresses langoureuses, frôlements lascifs et échanges de salive sulfureux, il les adorait, et jamais il n’avait autant hésité. Autant tremblé de se voir repoussé. Il recula, légèrement et entreprit de fixer un point noir incrusté dans le mur immaculé face à lui.

« D'ailleurs, tu aurais pu régler tous les détails avant de me refiler la fourrure... C'est franchement gênant comme situation. »
Le plus gênant dans l’histoire c’est ce qu’il avait pu faire juste avant. Après lui avoir craché son venin à la figure et l’avoir mordu comme un vulgaire morceau de viande, il aurait pu trouver mieux pour parfaire le tableau de sa stupidité que de l’embrasser. Ou au moins faire preuve d’un semblant d’assurance. Mais ça, c’était franchement stupide. Une sale crevure et un lâche, au fond ça te décrit assez bien. Mais franchement quel âge tu as ?

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MessageSujet: Re: Somebody That I Used to Know .}pv   Lun 1 Oct - 18:54

Elle était restée sourde. A ses regrets, à ses explications. Elle avait préféré se mettre des œillères, et foncer tête baissée. En aspirant à aller de l’avant, elle n’était parvenue qu’à rester captive d’un passé sordide. C’était irrationnel de Lui en vouloir autant, pour un simple accident. Pour une idée qu’Il avait eue en premier, mais qu’elle aurait très bien pu avoir également. Pour ne pas avoir maitrisé quelque chose d’aussi imprévisible que le courant, qu’une pierre tranchante dont l’on ne connaissait même pas l’existence. Mais qui peut décemment demander à une adolescente de faire preuve de logique, quand elle vient de perdre quelqu’un d’aussi vital qu’une jumelle ? Elle en voulait à la terre entière de continuer à tourner sans Elle, et à Lui en premier. Le croiser revenait à retourner le couteau dans une plaie à vif. Elle le haïssait pour cette emprunte intemporelle qu’Il avait laissé là en plein milieu de son estomac. Pour cet amour enfantin qu’elle avait raclé jusqu’à la moelle pour qu’il disparaisse, sans réussir à en effacer la trace écarlate. C’était toujours là. Zébré de déchirures, rouillé comme l’épave d’un bateau gangréné par le sel corrosif. Ravagé par l’acide. Souillé de crasse. Mais encore là, ancré solidement à sa chair.

Elle avait toujours su qu’Ils ne se supportaient pas. Cousins régulièrement amenés à se croiser, mais pas à s’apprécier. Petite elle s’en moquait, tant qu’Elle se contentait de désapprouver passivement leur complicité et ne les empêchait pas de se fréquenter. Elle n’écoutait pas les mises en garde, jamais. Gamine indocile trop immature pour réellement voir plus loin que le bout de son nez. Pour se rebeller contre une union programmée dès le plus jeune âge, alors que ses courbes n’étaient même pas encore formées. Préférant voir uniquement ce qui l’arrangeait, repousser à plus tard le temps de la désillusion. Le mariage n’aurait probablement été si idyllique, si la tragédie ne l’avait pas enterré. Ils auraient abandonné le monde de l’enfance pour basculer dans celui âpre et tranchant des adultes. Et depuis, elle avait appris à donner davantage de crédit aux affirmations haineuses de son ainée. Elle s’était surprise à cracher son venin avec Elle, à ressasser les mêmes critiques en boucle pour finir par s’en persuader. Le récit de Ses tortures lui étaient pourtant passé au dessus dans un premier temps. Certaine qu’Elle avait terni volontairement la réalité, qu’elle avait assombri le tableau pour qu’elle daigne enfin L’oublier. Qu’Il puisse posséder une telle cruauté en Lui, elle s’était interdit d’y croire. Certaine qu’en dépit de Leurs différents, il refuserait de faire le moindre mal à une personne de sa famille. Ni à Elle, ni à personne. Pas après ce qui s’était passé au bord du fleuve. Confiance encore aveugle détruite à l’instant même où elle avait compris qu’Il ne lui serait d’aucune aide au milieu de tous ces tortionnaires agissant au nom d’un prétendu dieu. Qu’Il ne la toucherait pas en mémoire du passé, mais qu’Il attendrait avec ses nouveaux acolytes qu’elle tombe d’épuisement et renie son nom.

« - Ah parce qu’il y a eu une seconde tentative ? Et t’as fait quoi, t’es allé pleurer dans les jupes de Papa ? Franchement ne te sens plus obligé de me baratiner comme si les vieux serments étaient encore d’actualité, tu gaspille ta salive. »

Le ton était sec, cassant. Elle s’était pourtant surprise à hésiter l’espace d’un instant. Son instinct premier restait de boire Ses paroles comme du petit lait, et elle refusait de se laisser embobiner comme une idiote niaise et naïve en s’y fiant. Elle ignorait à quel point elle avait visé juste. Qu’Il s’était montré suicidaire pour elle, devant un monstre qui n’en avait que faire. Trop ravagé par la rage et l'amertume pour concéder à son fils autre chose qu’une sordide condamnation à mort. Le suivre cette nuit-là n’aurait fait qu’accélérer son trépas de toute manière, elle en était persuadée. Ils n’auraient même pas atteint la sortie avec les gardes à leurs trousses. Et s’ils y étaient parvenus ? Elle ne visualisait que le néant quand elle tentait de l’imaginer. Survivre avec la peur qui vous tord constamment le ventre. Les tripes en sang et la crasse qui vous colle comme une seconde peau. La culpabilité carnassière qui l’aurait rongée, jusqu’à l’en rendre complètement folle. Elle aurait eu mal à en perdre l’esprit de n’être rien de plus qu’une pestiférée qui a envoyé sa sœur à l’abattoir avant de fuir lâchement avec l’un des responsables de cette boucherie.

« - Evidemment tu t’en fiche que je l’ai dénoncée, j’en doute pas. T’étais bien content non ? Enfin débarrassé de celle qui t’a empêché de faire fortune. »

Elle avait bâti toute une forteresse, érigé des murailles pour protéger son misérable cœur. Dressant un portrait peu élogieux de Sa personne pour se persuader qu’elle ne manquait rien. Qu’Il devienne inquisiteur, ça l’avait presque arrangée au fond. Comme s’Il avait décidé de jeter de l’huile sur le feu au cas où le gigantesque brasier de sa répugnance s’essoufflerait. Il l’avait alimenté, année après année. Elle ne croisait plus qu’un étranger aux exécrables réunions de famille, peinant à reconnaitre l’air distant et impassible qu’Il se donnait. Le revoir l’anéantissait. Ne pas le faire était encore pire, tant elle se demandait sans répit ce qu’Il devenait. Où Il était. Et surtout, avec qui. Elle avait quasiment fini par se laisser convaincre par les grandes théories d’Azzura à force. Ces raisonnements douteux octroyant à un simple adolescent des mœurs plus légères que celles du Diable et un machiavélisme apte à en faire frémir ses disciples. Elle avait tout remis en question. Son attachement y compris, alors qu’elle n’avait autrefois jamais douté qu’il soit réciproque. Et elle continuait, ignorant l’aveu d’affliction pouvant se deviner dans Ses propos.

« - C’est ça, t’es un pauvre malheureux, je te martyrise. T’auras qu’à dire ça aussi à tes maitres quand t’iras leur faire ton petit rapport. » Aboya t’elle rudement.

Sifflements sarcastiques aussi hargneux que la main agrippée à Son oreille comme pour la Lui arracher, dépourvus de compassion. Gouvernée par la colère tyrannique incendiant ses veines, dévastant tout sur son passage. Elle voulait qu’Il disparaisse de sa vue, qu’Il aille crever de froid à l’extérieur. Qu’Il se fasse montrer du doigt et agresser par de petites frappes hantant les bas-fonds de la ville à la recherche de sensations fortes. Qu’Il termine recroquevillé dans le premier ravin venu, et que la fièvre L’emporte aux premières lueurs du jour. Fantasmes meurtriers se percutant à sa frêle carcasse à une ardeur démentielle, brouillant les quelques connexions reliant encore sa raison à son cerveau. Inconsciente allant jusqu’à provoquer Ses instincts meurtriers, forçant la lame à venir égratigner sa gorge diaphane.

« - Depuis quand t’as une conscience ? » Souffla t’elle, un brin moqueuse et cruelle. Aplomb dangereux qui ne s’éternisa pas, brisé en mille morceaux au moment où elle raviva Son douloureux souvenir. Evoquer Chiara restait une épreuve, même des siècles après. Souffrance lancinante décuplée depuis sa libération de Darkness Falls. Maelström de mille couleurs tirant leurs nuances dans les ténèbres et l’écarlate. Du souffre versé en continu ses organes. La réduisant en cendres lentement mais sûrement. Profondément déstabilisée, la déglutition fut difficile, écorchant sa trachée au passage. Elle se sentait impuissante. Inapte à laisser aller sa peine, son envie de pleurer comme une gosse qui voit son monde s’effondrer et qui ne peut rien faire pour l’en empêcher. Dévorant du regard les stigmates nichés sur Son épiderme, jusqu’à dériver vers l’anneau argenté précieusement conservé. Azurs frivoles n’en perdant pas une miette. Elle avait reculé imperceptiblement, muette comme une carpe, sourde face au raffut fracassant son crâne. Chaque pulsation cardiaque l’affectait, la tiraillait, comme si un parasite s’amusait à mutiler son palpitant jusqu’à ce qu’il tombe en lambeaux. Elle ne comprenait pas pourquoi Il avait gardé ça. De surcroit alors qu’il avait été forgé dans une matière créée pour brimer les créatures de Son espèce. Symbole enfantin d’une époque où ils pouvaient encore être qualifiés d’innocents, où ils n’étaient finalement que deux orphelins perdus dans un monde de brutes. Se noyant déjà dans l’inceste sans chercher à se débattre, encouragés par la perversité de patriarches uniquement attirés par le profit. Elle aurait plutôt parié qu’Il l’avait jetée au feu ou que le bijou s’était perdu dans un vieux tiroir à Rome, laissé à l’indifférence la plus totale. Espèce d’idiote…

Son ironie aurait pu la faire sourire dans d’autres circonstances, dédramatiser une situation suffisamment gênante sans avoir à en rajouter. Trop perdue pour y parvenir, elle se contenta d’une grimace alors que Sa voix déraillait à son tour. Elle avait été odieuse depuis qu’Il était entré dans la pièce, elle s’en rendait bien compte. Il l’avait cherché certes, mais l’énergie qu’elle avait déployée pour Le démolir littéralement lui fit soudainement honte. Elle se crispa légèrement lorsque Ses phalanges caressèrent avec délicatesse sa joue, plus tétanisée que lorsque son mari entrait dans des fureurs noires avant de la marteler de coups. Pas parce qu’elle avait peur de lui. Mais parce qu’elle avait peur d’elle-même. De céder. De salir Sa mémoire, de trahir aussi un peu celle qui était toujours en vie. De le regretter, de s’en mordre les doigts jusqu’au sang. D’abandonner la guerre, alors qu’elle ne connaissait plus rien d’autre. Les tremblements intempestifs redoublèrent lorsqu’Il l’obligea à se rapprocher, ses doigts libres venant capturer ses reins. Etreinte salvatrice qu’elle ne songea pas à briser comme d’ordinaire. Escarbilles brûlantes incendiant son ventre, le contact de Son corps nu contre le sien la faisant frissonner d’un plaisir assassin. Elle se sentait ridicule, comme si elle avait à nouveau quinze ans, mise au supplice par ses hormones. Elle crut défaillir lorsque Ses lèvres suaves frôlèrent les siennes, si furtivement qu’elle fut frustrée de ne pas en avoir assez éprouvé la douceur.

« - Tu peux t’entrainer à emprunter la forme du rat, là au moins tes fringues resteront intactes après tes transformations. Ce sera pas bien difficile de te trouver un modèle vu ton métier. »

La raillerie avait fusé toute seule, venant rompre le silence pesant qui avait pu s’installer. Ses dents vinrent mordre férocement sa lippe inférieure pour se punir. T’aurais pu lui épargner ta méchanceté gratuite, ne serait-ce qu’une petite minute. Ne serait-ce qu’une fois…. Elle avança nerveusement d’un pas, les prunelles bleutées lorgnant avidement la sortie. Avant de gommer contre toute attente la vulgaire distance entre eux pour se coller à nouveau contre Lui. Ses doigts se glissèrent sur son front, tentant d’estomper l’infime pli de contrariété qui avait pu s'y former avant d’agripper avec une tendre violence Sa chevelure sombre. Bouche esseulée venant effleurer la Sienne, laissant s’attarder ce manège sensuel avant de venir enfin se lier à sa compagne. S’imprégnant de Son arôme sucré, en redécouvrant la saveur enchanteresse. Mélange d’essences gagnant en ferveur lorsque sa langue s’aventura à venir frôler celle de son cousin. La main qui ne s’accrochait pas à Ses cheveux avec hargne se faufila sur Son torse, redéfinissant les contours de la meurtrissure le rongeant. Cherchant machinalement à en guérir la plaie avec ses dons, en réussissant seulement à en atténuer la boursouflure. Désir interdit la dépassant complètement, au point d’incruster sans s’en rendre compte ses ongles dans Sa chair affable. La rencontre avec le liquide pourpre la fit tressaillir, la poussant à mettre brusquement un terme à l’étreinte passionnée. Reculant jusqu’à se heurter à une table dans son dos. Comme une fillette prise en faute.

« - Pardon je… Je sais pas ce qui m’a pris. C’était stupide. »

L’embrasser pour mieux le jeter ensuite, ça tu peux le dire…

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MessageSujet: Re: Somebody That I Used to Know .}pv   Mar 2 Oct - 20:58


Pisser face au vent et tout se prendre dans la tronche, ou tenter de se justifier, d’une certaine manière cela revenait au même. Il avait beau tourner les choses dans tous les sens, en arranger certaines, en laisser d’autres sous silence pour ne pas s’enfoncer d’avantage de lui-même, le résultat restait le même. Elle ne le croyait pas. Elle ne le croirait jamais. Son sort avait été scellé à cause d’une simple erreur. Il avait donné le premier coup de pelle de sa propre tombe, en avait ajouté quelques-uns avant de laisser la puce machiavélique ajouter les suivantes et lui fracasser la pelle sur la tête pour mieux l’achever. Il serra le poing, le droit cette fois. Grimaça de douleur, il s’en voulu. D’avoir osé braver l’autorité de son géniteur, d’avoir une fois de plus, trop ouvert sa grande gueule. Alors qu’il aurait dû se taire. Il se savait pourtant, que quoi qu’il fasse, ça se finirait de la même manière pour Elle. Peut-être pas pour lui, mais au fond il s’en foutait de continuer à respirer si Elle n’était plus là. Pour le toiser de Son impérieuse froideur à chaque fois qu’ils se croisaient. Pour alimenter ses délires d’adolescent frustré. Entre mourir et passer sept siècles dans la peau d’un loup, il aurait été incapable de dire ce qui était le mieux. Au final, il était bien content d’avoir eu cette ‘seconde’ chance. D’avoir pu oublier pendant tout ce temps son ancienne existence, et tout ce qui lui était tombé sur le bout du museau pendant vingt-quatre ans. Il n’osait imaginer l’étendue des dégâts s’il avait conservé sa peau d’humain. Resté Inquisiteur jusqu’à la fin de ses jours, il en frissonnait encore rien qu’en y repensant. Aigri, pervertit jusqu’à la moelle pour une cause qui était totalement stupide, il serait devenu la parfaite réplique de son père. Insensible, impassible, frigide au possible. Le parfait opposé de ce qu’il pouvait vraiment être. De ce qu’il se forçait à brider pour ne pas faire de nouvelles bourdes. Ou du moins pour les limiter. Il avait serré les dents, qu’Elle tape aussi juste le dérangeant plus qu’il ne l’aurait imaginé. Dit comme ça, ça lui donnait l’impression d’être l’un de ces mômes qui court se réfugier derrière leur père au moindre problème. Alors que lui aurait plutôt eut tendance à vouloir l’éviter à tout prix. N’avoir rien à faire avec lui, rester le plus loin possible, il ne s’en porterait que mieux. La Puce avait fait son œuvre, La rendant amère et sourde à tout ce qui pouvait aller dans le sens inverse de ce qu’Elle pensait. Il aurait dû la grignoter quand il en eut l’occasion. La regarder comme une étrangère, et non pas comme un membre de sa famille. Qu’il détestait certes, mais quand même. Pour ne pas sentir mal quand il fut contraint de la torturer. Dire qu’il ne trouva pas ça un brin jouissif serait mentir. Il regretta presque de pas avoir poussé le vice jusqu’à l’achever, là comme ça, dans un cachot pourrit grouillant de rat. Garder pour lui ses soupirs de douleur, ses insultes. Ne pas les offrir à une foule stupide qui s’en foutait éperdument.

« - Je vois surtout que tu as une image si négative en tête que rien ne pourra l’atténuer ou la faire disparaître. » Les hostilités avaient été lancées dès qu’il était entré dans la pièce, et elles semblaient prêtes à ne pas vouloir s’arrêter. Le venin de ses mots fut glacial, acerbe, comme celui ayant teinté les Siens. Content, d’une certaine manière il le fut. Mais pour les raisons qu’Elle énonça. La fortune il s’en fichait. S’il devait L’épouser, dans sa petite tête c’était tout simplement parce qu’il l’aimait. Et pour rien d’autre. Une finalité logique à un attachement qui les a dévorés depuis leur plus jeune âge. Surtout pas parce que son père en avait décidé ainsi. Contraint de se plier à sa volonté, il aurait fini par négliger sa femme si elle avait été toute autre. A se glisser dans un vice qui lui était parfaitement inconnu à l’époque. A endosser une réputation qui lui collerait à la peau jusqu’à faire de lui la créature la plus sulfureuse des bas-fonds de Rome. En fin de compte, il allait finir par l’avoir cette réputation. Il ne devait plus en être très loin. Si Elle le savait, le tableau de sa décadence serait parfait. La Puce aurait gagné cette fois. Il se mordit la lèvre, parcourant à nouveau la pièce du regard comme s’il cherchait à éviter le Sien. Il fronça les sourcils, un éclair de douleur lui ravagea le crâne, partant directement de la pauvre oreille qu’Elle venait de malmener. Ses doigts la frôlèrent, juste pour s’assurer qu’elle tenait encore et qu’il ne risquait pas de l’avoir dans la main. Et après on dit que je suis violent et imprévisible… A croire que ça aussi c’est de famille. Au fond, je suis peut-être pas aussi bâtard qu'Il le pensait.Il ne put s’empêcher d’esquisser un imperceptible sourire avant qu’Elle ne revienne à la charge. Il répliqua, pas de la façon dont il l’avait voulu mais qu’importe. Malgré la gêne qui rongeait la moindre parcelle de son être, ce simple contact avait suffi pour embraser ses reins. La vague de chaleur déferla dans ses entrailles avec une telle force qu’il en resta interdit. Son geste ne réussit qu’à le frustrer un peu plus. Il regretta presque d’avoir fait preuve d’autant de timidité. De s’être laissé avoir par la crainte et un profond respect qui le dégoûtait tant il ne lui ressemblait pas. Il resta interdit un instant. Les mots brisèrent le silence, qu’il n’avait pas osé rompre. Craignant les reproches ou les insultes. Mais ça. L’éclat de rire franchit le seuil de ses lèvres avant qu’il n’ait eu le temps de réfléchir ou de tenter de conserver son sérieux.

« - J’ai mis sept siècles pour devenir un toutou digne de ce nom, j’ai pas envie de recommencer avec un rat. Tu aurais dû choisir ça de suite, ça aurait évité les problèmes » Lâcha-t-il une fois son hilarité contrôlée. Disparue. Il aurait dû se vexer, répliquer de la même manière qu’Elle. Faire preuve de méchanceté pour lui faire comprendre qu’il lui en voulait. C’était toujours un peu le cas même s’il avait fini par s’y faire, par apprécier cette étrange double personnalité qui le rongeait. L’idée de se changer en rat et le comique de la chose avait réussi à surpasser ses élans assassins, à faire ressortir le môme qui prenait tout, ou presque, à la légère. Malgré tout une certaine contrariété vint se glisser dans ses prunelles, plissant légèrement son front lorsqu’il fronça les sourcils. Il ne saurait dire si ce mécontentement venait de Ses railleries ou de Son infime éloignement. Il crut pendant l’espace d’une brève seconde, qu’il avait fait une erreur. Qu’il avait cédé trop facilement et venait de briser les derniers liens pouvant les relier l’un à l’autre. Un simple frôlement et c’est tout l’édifice qui se brise en mille morceaux. Il se mordit la lève, juste avant qu’Elle ne revienne se glisser contre lui. Ses doigts contre sa peau, agrippant ensuite sa tignasse. Ses lèvres contre les siennes. La vague de chaleur revint se fracasser contre ses reins. Etouffante, impérieuse. Douloureuse tant elle fut violente. Il frissonna, d’un plaisir sans nom, ses doigts revenant se glisser contre la courbure de Ses reins, les autres se perdant dans les boucles brunes. S’y agrippant avec une certaine brusquerie lorsqu’il sentit ses pattes se transformer en cannes de coton. Un râle de satisfaction glissa sur les lèvres de sa cousine, mélange dangereux de deux essences semblables, et pourtant si différentes. Ne pas en oublier la moindre note, la douceur de Ses lèvres et le contact enivrant de Son corps contre le sien, il craignait de le faire. De voir le moment s’envoler en fumée si jamais il allait trop loin. Il avait lancé la première pierre, Elle venait d’apposer la seconde. Avec plus de force. Un simple baiser, brûlant et passionné, et il oublia pendant quelques instants ce qui avait pu se passer auparavant. La douleur qui lui vrillait encore la nuque, celle brûlant son torse. Celle ayant accompagné Ses médisances et autres reproches. De nouveaux frissons, plus intenses cette fois, glissèrent le long de son échine, dévorant sa peau sans le moindre mal lorsque les ongles l’incisèrent. Il esquissa un bref sourire, le fou logé entre ses côtes battant encore plus fortement. Résonnant contre son crâne avec une telle ardeur qu’il en devenait douloureux. Cette douleur-là, il l’aimait. Comme celle qui accompagnait chaque transformation. Les notes ferreuses de sa propre hémoglobine attisèrent la folie de son myocarde, poussant sa langue à venir se coller plus sensuellement contre la Sienne avant qu’Elle ne brise l’étreinte.

Interdit, il rouvrit les yeux. Cilla un moment avant de poser son regard sur Elle. Le soudain éloignement le fit frissonner, la fraicheur de la pièce attaquant de nouveau sa peau nue pour son plus grand déplaisir. Il resta, soyons honnête, con, quand Elle ouvrit finalement la bouche. Il fit pareil, la refermant aussitôt, incapable de trouver quoi que ce soit de cohérent à dire. Stain privé de sa répartie, ça aurait pu être comique sauf que là, c’était gênant. Le silence à nouveau, et celui-là, lui brûla le gosier. Apportant avec lui un vent de tension qu’il détesta aussitôt. Il se racla la gorge, se passa la main sur la nuque avant de reculer ses doigts tacher de rouge. Il l’avait senti, la plaie était en train de se refermer.

« - Au fond, je ne suis peut-être pas si monstrueux que ça. » Lança-t-il finalement, un sourire en coin pétillant de malice vint se poser sur ses lèvres. Et maintenant ? Tu la laisses recommencer à te jeter des fleurs ou tu te jettes sur elle ? La première option était la plus simple. La seconde, il préférait ne même pas y penser. Ses prunelles noires, un brin indécentes la détaillèrent pendant un moment. Brûlantes, trahissant malgré tout son trouble et une certaine tristesse. En désaccord avec le sourire dont il avait fini par se parer. Il resta un moment planté là, attendant que les tremblements cessent de grignoter ses jambes avant de quitter l’appui salvateur du mur pour aller ramasser sa veste. Sa main trembla quand il attrapa le morceau de cuir, douloureuse de nouveau. Il étouffa un juron, agacé de voir qu’elle n’en faisait toujours qu’à sa tête. Irrité d’avoir perdu une part de souplesse pour du flan.

« - Je vais certainement gaspiller ma salive, mais fait attention à toi…»
L’avertissement inutile, murmuré avec une pointe d’amertume. Une tristesse imperceptible brisa sa voix, l’idée de La laisser là après ce qui venait de se passer ne l’enchantait pas vraiment. La douleur lui vrilla le crâne. Cette fois il le sentit vraiment passé. Il faut dire, user de son don deux fois en si peu de temps, il ne l’avait jamais fait. S’il l’appréciait d’ordinaire, cette fois il avait l’affreuse impression d’être écartelé, fracassé de toute part. Quelques instants d’enfer avant de retrouver la chaleur de la fourrure. Veste dans la gueule, il s’avança vers la sortie, non sans avoir pris le temps d’effleurer Sa main du bout du museau. Avec tendresse cette fois. Il ne jeta pas même un regard à la dépouille de ‘Barry’, ni à celle qu’il avait réduit en bouillie. Une fois dans le couloir, il détala sans demander son reste, ouvrant la porte d’un coup d’épaule rageur. Ses foulées le menèrent directement les grilles de la zone 1. Rentrer chez lui et disparaître sous le tas de couette de son lit, il ne rêvait que de ça. S’enivrer de Son odeur sur sa peau, jusqu’à en devenir totalement soul. Il frissonna, secoua la tête. Je la déteste... Je l’aime.

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