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 The Wrong Tendencies [PV]

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↳ Citation : « L'enfer c'est moi. Ce sang qui inonde mes veines, cette chair qui harnache mon squelette, cette cervelle qui s'embrouille. Ces pulsions, désirs impérieux, douloureux, qui commandent mes actes. »
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MessageSujet: The Wrong Tendencies [PV]   Jeu 5 Sep - 15:03

the wrong tendencies
I was in the wrong place at the wrong time. For the wrong reason and the wrong rhyme. On the wrong day of the wrong week. I used the wrong method with the wrong technique.

Semblable à une équilibriste oscillant sur une corde raide. Mal assurée, elle ne faisait que tanguer sur le fil ténu de sa piètre existence. Comme une danseuse ivre, une danseuse absurde. Démente sans cesse en contradiction. En résistant difficilement à l’appel du vide à chaque faux pas. Elle avait tout essayé, pour se défaire de ses vieux démons. Pour vaincre enfin sa peur de l’eau. Mais même le simple bruit du fleuve coulant paisiblement sous un pont avait le don de la mettre mal à l’aise. Des hameçons invisibles se plantaient dans son épiderme affable, lui donnaient la chair de poule. Les mêmes symptômes se répétaient à l’infini, déchirants et invariables. Son cœur semblait palpiter de travers, en proie à un effroi qui refusait de disparaitre. Incapable de s’empêcher de penser à sa jumelle, sans même s’en apercevoir. Chaque jour, chaque minute, chaque seconde. L’automatisme restait profondément ancré en elle, alors qu’il y avait si longtemps qu’Elle était partie. Des siècles et des siècles. L’esprit rempli d’atrocités se répétant à l’infini. Et il lui suffisait de baisser les yeux, pour revoir Son cadavre. Aussi inerte qu’un morceau de bois séché, en train de dériver sur les flots. A l’allure presque paisible, quand elle n’était plus qu’un paquet de nerfs, qu’une boule de terreur. Ni vraiment vivante, ni tout à fait morte. Un long soupir, suivi presque aussitôt d’un second, pour se retenir de craquer. Accoudée au pont métallique, en train de perdre cette énième bataille avec elle-même. A peine arrivée, elle ne songeait déjà plus qu’à repartir. Le plus loin possible. Retourner s’enfoncer dans la profondeur des bois, à l’écart de tout, à l’écart de ce qui avait mené son double à sa perte. A s’enfermer à clef dans son chalet, et à ne plus voir personne avant d’être parvenue à contenir tous ses tremblements. Pour recouvrir ce masque d’assurance dont elle évitait de se départir, ce masque dont elle sentait la cire fondre comme neige au soleil.

D’un mouvement fébrile, elle se décida enfin à enjamber la rambarde de sécurité. Raide comme un piquet, elle d’ordinaire si agile et féline, alors que ses barrières de nacre s’entrechoquaient rudement. Grelottant de plus en plus, à mesure que des filets de sueur froide glissaient contre sa peau endolorie. Dévorée par des mâchoires de glace, si crispée qu’elle n’allait pas tarder à avoir des crampes. Ses azurs clairs ne pouvaient éviter l’eau, la menace que cela représentait pour elle. Soigner le mal par le mal. La méthode avait sans doute fait ses preuves, mais la concernant, elle ne distinguait aucun progrès. La peur lui paraissait toujours aussi viscérale, indomptable. Tétanisée, elle ne pouvait ni se résigner à repasser de l’autre côté, ni se résigner à sauter. Sorte d’entre-deux au sein duquel elle se retrouvait prisonnière, handicapée par de lourdes chaines. Sa démarche lui semblait impensable maintenant qu’elle se retrouvait au bord du gouffre, mais elle ne parvenait pas pour autant à l’effacer de ses pensées. Intimement persuadée que le seul moyen de vaincre ses angoisses, était de se mettre ainsi en danger. De se retrouver obligée de nager de force, pour ne pas couler. Elle se répétait que si elle y arrivait, si elle se sortait de la rivière sans l’aide de qui que ce soit, elle serait guérie de sa phobie. Du moins, en grande partie. Haïssant suffisamment cette faiblesse dérangeante et inacceptable pour tenter quelque chose d’aussi périlleux. Encore fallait-il trouver le courage de plonger, la hauteur à franchir semblant forcément plus considérable pour une aquaphobe que ce n’était le cas en réalité.

D’ordinaire plutôt désert, elle sursauta en entendant son jeune husky grogner. Tranquillement couché de l’autre côté, habitué aux lubies étranges de sa maitresse, l’animal n’avait pas bronché jusqu’ici. Déjà peu sociable, n’aimant pas être dérangé ou pris par surprise, il venait de se redresser sur ses pattes. Elle manqua de trébucher en se tournant légèrement pour voir ce qui avait ainsi attiré son attention, plissa les yeux pour cerner l’ombre qui s’avançait. Reconnaissant rapidement une silhouette connue, dont la présence imprévue la mettait dans l’embarras. Déjà qu’il a tendance à te prendre pour une folle, voilà qui ne risque pas d’arranger ton cas ma pauvre… Elle siffla son chiot pour qu’il délaisse sa posture menaçante, songea à revenir sur la route. Avant d’avoir le malheur de regarder à nouveau en bas, ce qui la pétrifia littéralement. Si d’ordinaire elle ne rechignait pas à lui adresser la parole, pourvue d’une forme d’empathie envers lui, cette fois-ci elle espérait bien qu’il trace sa route en faisant mine de ne pas l’avoir reconnue. Peu d’humeur à s’expliquer, à dialoguer. Et encore moins à se disputer à propos de Lilya, irrésistible harpie qui semblait avoir jeté son dévolu sur ce nouvel agneau.

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MessageSujet: Re: The Wrong Tendencies [PV]   Jeu 5 Sep - 21:57

La nuit ne tarderait pas à tomber. Une nuit noire et obscure. Une nuit qui pouvait abriter des zombies, à ce qu’on disait. On avait un couvre-feu à respecter mais deux heures nous en séparait. C’était le temps nécessaire pour promener Machin, sinon, il ferait encore ses besoins sur mon tapis persan et prendrait sa tête de chien innocent. Et alors, je ne pourrais pas lui reprocher d'avoir uriner à l'intérieur. Je mis la laisse à son collier et le trainais à l’extérieur. Récemment, j’avais fait l’effort d’investir dans quelques objets pour lui. Avec la menace des zombies, je ne voulais pas prendre le risque de perdre ce foutu chien. Une fois dehors, ce fut Machin qui mena la danse. Il m’entraîna jusqu’au sud de la Nouvelle-Orléans, remuant la queue avec fierté. Il adorait les promenades et peut-être aussi montrer qu’il avait un maitre, au contraire de tous les autres chiens dans la rue. En fait, je n’en savais rien. Si ça se trouvait, il était juste content. Les mains dans les poches, je me laissais guider, sachant qu’il faudrait bientôt couper court à la promenade si nous voulions rentrer avant le couvre-feu. Si je n’avais pas eu la magie de mon côté, je n’aurais pas laissé Machin me trainer jusqu’ici. Il n’y avait rien de rassurant. Surtout depuis que des morts-vivants avaient été aperçus. Nous approchions d’un pont que je n’avais vu que deux ou trois fois depuis mon arrivée. Je n’avais pas visité la Nouvelle-Orléans comme je l’aurais voulu. C’était comme si je pouvais retourner à New-York très bientôt. Mais la réalité était toute autre : la Nouvelle-Orléans était ma nouvelle ville. Il serait temps que je m'habitue à ce nouveau décor.

Machin se mit à aboyer et à tirer sur sa laisse. Étrange de sa part. Il était plutôt calme quand on sortait. Un autre chien lui répondit, aboyant encore plus fort. Je tentai de retenir Machin avec un soupir. En me rapprochant, je vis une silhouette sur le bord du pont. Les cheveux bruns volaient autour de sa tête. Elle n’allait quand même pas sauter ? Elle siffla afin de rappeler son chien, tournant la tête dans sa direction. Cora. Je ne savais pas si je devais être effrayé ou être exaspéré de la trouver dans cette situation. Elle avait toujours le don de mettre les choses en scène, je m’en étais aperçu depuis qu’elle croyait dur comme fer qu’Averyl me trompait sur son identité. Mon poing se serra. Elle me tapait vraiment sur les nerfs. J’approchai davantage, faisant fi de son animal de compagnie. J’attendis quelques instants, m’attendant à ce qu’elle quitte le bord du pont afin de me parler. Il suffisait d’une bourrasque de vents pour qu'elle tombe. En avait-elle seulement conscience ? Il me semblait clair qu’elle m’avait reconnu mais elle gardait obstinément la tête tournée vers l’horizon. Si elle croyait que j’allais la laisser là, elle se trompait. Elle n’espérait pas non plus que je la pousse ? Je lâchai la laisse de Machin qui, de toute manière, faisant ami-ami avec le chiot de Cora. Je m’approchai assez afin de retenir la jeune femme si jamais elle perdait l’équilibre.

Elle était pourtant une personne d’honorable. Elle avait beaucoup compté dans ma vie. Elle comptait toujours. Elle avait eu un rôle primordial dans mon deuil. Elle m’avait montré que la vie valait le coût d’être vécue et surtout, elle avait pris soin de Maggie. Elle avait été la dernière à s’occuper d’elle. Notre amitié aurait pu s’arrêter là. Il avait fallu qu’elle apprenne que je fréquentais Averyl. D’ailleurs, je ne savais même pas comment elle s’en était aperçue. Toujours était-il que Cora s’était mis en tête qu’Averyl n’était pas la femme qu’elle disait être. Je ne pouvais pas la croire. Averyl était mon amie depuis longtemps, j’avais une relation amicale et intime avec elle. Jamais elle ne me mentirait. Cela rendait encore plus énervant l’obstination de Cora. Je ne comprenais pas qu’elle besoin elle avait de s’immiscer dans notre relation. Peut-être qu’elle souffrait d’une quelconque jalousie, qu’elle n’appréciait pas le lien qu’il avait avec Averyl ? La raison m’échappait. On avait déjà eu de nombreuses disputes à ce sujet et à chaque fois, je n’avais aucune réponse. Ses accusations étaient blessantes. J’étais certain qu’Averyl ne me mentait mais si c’était le cas, c’était toute une partie de ma vie qui s’effondrerait. Je n’avais pas besoin de ça, Cora devait le savoir. Elle aussi était mon amie. Je posai les mains sur la structure du pont. « Cora ? Qu’est-ce que tu fais ? » Je me sentais dans le rôle du négociateur. Ce n’était franchement pas un rôle que je voulais avoir. Cora ne me laissait pas le choix.

J’avais commencé à lui pardonner ses tentatives. Je me disais qu’elle souhaitait juste me protéger et qu’elle avait cru voir quelque chose. J’essayais de raisonner ma colère. Sauf qu’il y avait des jours comme celui-ci où elle ruinait tous mes efforts. Merde ! Qu’est-ce qu’elle voulait faire en se mettant au bord d’un pont ? Sentir le vent dans ses cheveux ? Se sentir plus vivante ? Découvrir de nouvelles sensations ? Sauter ? Qui avait des idées aussi saugrenues ? Elle m’énervait à ne pas pouvoir être comme les autres. Il fallait toujours qu’elle fasse n’importe quoi. Essayant de garder un ton calme, je lui adressai de nouveau la parole. « Tu peux revenir de l’autre côté du pont, s’il te plait. » Ce n'était pas une question. Elle avait intérêt à obéir, sinon, je le faisais moi-même. Depuis que j’étais devenu père, j’avais gagné en patience. Une patience qui disparaissait quand cela concernait Cora. Elle avait usé tout mon apaisement et ma patience avec ses histoires. Il y avait manifestement quelque chose qui clochait chez cette femme.
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MessageSujet: Re: The Wrong Tendencies [PV]   Sam 7 Sep - 17:43

Comme elle le redoutait tant, le promeneur s’arrêta à sa hauteur. Peu décidé à poursuivre son chemin, en faisant mine que ce genre de scène n’avait rien d’inquiétant ni de troublant. Elle sentait son regard inquisiteur brûler sa nuque, et la question qui transperça ses tympans ne fit qu’aggraver la sensation de malaise qui la gagnait à toute vitesse. Il ne pouvait pas comprendre. Ce qu’elle faisait là, ce qu’elle recherchait en agissant de la sorte. Pour lui, elle n’était sans doute qu’une aliénée suicidaire voire une imbécile complètement immature et inconsciente. Bonne à enfermer. Et le plus difficile à admettre était qu’il n’avait probablement pas à tout à fait tort. Il fallait nécessairement avoir une araignée au plafond pour se retrouver accrochée de l’autre côté de la rambarde d’un pont, sans autre présence que celle d’un chiot, à une heure si avancée de la nuit. Des éclats de verre en travers les lèvres, elle ne parvenait plus à trouver les mots justes. Ses dents voraces se retrouvaient à les mastiquer, à les réduire méthodiquement en bouillie. Pendant que Conrad trépignait, irrité à raison de devoir jouer les garde-fous. Elle tentait de ne pas s’en formaliser, mais au fond cela la blessait. Qu’il ne puisse pas la comprendre, qu’il interprète mal ses intentions. Le vent n’y était pour rien, elle tremblait comme une gamine à l’annonce d’un contrôle, comme une gosse qui vient de commettre une terrible bêtise. Qui appréhende les conséquences, qui préférerait se terrer dans un trou de souris plutôt que d’affronter la réalité boueuse en face. La honte recouvrait son épiderme à la manière d'un filet poisseux. Même si elle cherchait constamment à se prouver le contraire à l’aide de défis grotesques, elle était sans doute née avec le gène de la peur, tant il avait le don de régir sa vie.

« - Je… faisais juste une expérience. »
Souffla-t-elle à contrecœur, sans daigner regarder son interlocuteur. Elle n’était pas d’humeur à se montrer sociable, pas d’humeur à s’expliquer. Sa gorge enflait au point qu’elle avait du mal à respirer. Réveillée avec un mal de crâne à se cogner la tête contre les murs, la moindre présence humaine l’avait éraflée tout au long de la journée. Les nerfs à vif, en charpie. Et puis que pouvait-elle raconter de plus ? Le but de son manège ? Les détails de la mort de sa jumelle ? Qu’elle se sentait en sursis depuis des siècles, à ne pas parvenir entièrement à faire son deuil ? Qu’elle était trop paralysée par l’angoisse pour lui obéir, et trop résignée à en finir avec sa foutue phobie pour renoncer si près ?

« - Tu ne devrais pas être chez toi ? Le couvre-feu, c’est bientôt je crois. »
Une pointe d'énervement s’était immiscée dans ses propos, comme si elle lui reprochait implicitement d’empiéter sur son territoire. Ambiance électrique, animosité palpable... un classique pour eux depuis de longues semaines. Clairement, il la dérangeait. Elle était comme ça. Tantôt envahissante, tantôt plus en retrait que le pire des ermites.  Et elle savait qu’il n’était pas assez proche d’elle pour voir au-delà des paravents derrière lesquels elle se réfugiait. Il ne la croyait déjà pas quand elle le mettait en garde contre Avery. Un papillon captivé par la lumière d’un néon électrique, prêt à s’y brûler les ailes. Pourtant, elle était bien placée pour en parler. Elle aussi avait éprouvé sa douceur, goûté à la chaleur de ses attentions. Un placebo pour tromper sa souffrance, le manque d'Eux. Elle s’était ainsi laissée piéger, comme une parfaite débutante, même si le contexte de Darkness Falls expliquait sa naïveté. Dévorée par les ténèbres, un bloc de métal rutilant enfoncé à la place du cœur. Exister, se résumait pour son ancienne alliée à détruire. Coriace, elle pourrait faire semblant d’être une femme honnête et digne de son intérêt quelques temps encore. Mais une fois qu’il se serait suffisamment attaché, une fois qu’elle aurait fini d’étancher sa soif et de rassasier sa faim, Cora le savait, le sentait au creux de ses tripes endiablées, elle le briserait. Le noierait sous le déluge de supplices qu’il affrontait déjà péniblement depuis le meurtre de sa fille adoptive. Parce qu’elle se souciait vraiment de son ami, la légiste avait voulu le lui épargner. Le préserver d’une atroce désillusion. Sauf qu’elle s’était certainement montrée trop maladroite, en insistant si lourdement. Les trésors de persuasion qu’elle déployait ne servaient qu’à les éloigner davantage l’un de l’autre, à la faire passer pour une jalouse de la pire espèce. Dans ces moments-là, elle comprenait son ainée. Qui redoublait d’arguments acérés pour l’éloigner à tout prix de leur cousin à la morale dissolue, douteuse. Comme un automatisme, elle ne pouvait toutefois pas s’en empêcher.

Franchir à nouveau la barrière métallique. Il ne s’agissait pas là d’une suggestion, ni même d’une supplique. Mais d'un ordre, bref et tranchant. Qui n’appelait pas à la négociation. Un sourire ironique se glissa sur ses traits, alors que ses prunelles azurées se fondaient enfin dans celles du mage. Ce n’était qu’au prix d’un douloureux qu’il gardait son flegme, qu’il n’explosait pas. Elle admirait son calme, autant qu’elle avait envie de le faire exploser en éclats. « - Pourquoi, tu as le vertige ? Je te signale que ça marche dans les deux sens. Tu ne veux pas écouter mes conseils, eh bien moi je n’ai pas besoin d’un saint-bernard non plus, merci. » Ses canines mordirent rudement l’intérieur de sa joue lorsque le venin s’en extirpa. Trop fière pour s’excuser si rapidement, elle regrettait néanmoins amèrement son impudence. Il restait le dernier que l’italienne souhaitait froisser, l’un des rares dont l’amitié n’était pas malsaine et nocive pour elle. Si précieuse qu’elle redoutait sans cesse de la rompre. Trop fragile, précaire et délicate pour une handicapée des sentiments telle qu’elle. Une brise-fer, comme le lui répétait à l'excès son père lorsqu'elle était petite. Tu fais toujours tout de travers, c’est une maladie…

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