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 Conrad - Sous la lame d'une illusion adorable.

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MessageSujet: Conrad - Sous la lame d'une illusion adorable.   Ven 6 Sep - 2:46





Une larme coulait le long de la soie qui lui servait de peau. Immaculé, elle était l'unique représente d'un intérieur bouleversé. L'image que lui renvoyait le miroir ressemblait à un être de chaire et de sang, qui n'avait connu aucun traumatisme. Un être à l'histoire banale. Une femme qui n'avait pas besoin de cacher ce et qui, elle était. L'image était étincelante de bonté, mais la réalité était entachée. Entaché par l'obsession du pouvoir, entaché par des tortures aux crocs permanent. Entaché par celle qui était née imparfaite et profondément mauvaise. Consciente de ses défauts, consciente de ses faiblesses, elle n'en restait pas moins là. À se regarder comme jamais elle ne l'avait fait depuis son retour. Sous ce costume qui revêtait le prénom, de son ancienne vie. Sous cette apparence qui était une sorte d'espoir.

Cacher sous cette couche de magie, il y avait une sorcière au cœur noir, qui recherchait un lien avec un homme bon. Qui cherchait à se changer les idées de ses complots. Il était son petit oasis privée. Elle s'y rendait en toute tranquillité. Cependant, à la seconde précise où son regard avait croisé son reflet, si différent de son véritable, un remord avait pris vie. Caressant du bout de ses doigts cette peau sans imperfection, elle pouvait presque sentir la trace laisser par la première créature cauchemardesque qu'elle ait croisée.
Sa magie pouvait l’en débarrasser, mais elle n’en restait pas moins monstrueuse, hideuse sous les traits d’une femme séduisante. Qui pouvait vraiment connaître la personne qu’elle cachait sous ses dizaines de centaines de masques différents. Détournant le regard de cette vision aux allures de mensonge, la femme ne jeta aucun regard à son futur défunt mari, sous calmant et profondément endormi, et quitta la pièce.

Elle profita de la noirceur qui s’avançait lentement dans le ciel pour respirer profondément. Elle était libre de toute préoccupation, se concentrant sur les instants qu’elle partagerait avec cet ami qu’elle dupait. Et son chien, machin. Même cette illusion l’enchantait. Comment expliquer ce qu’elle allait chercher auprès de Conrad? Sa propre conscience lui en refusait tous les détails.

À mi-chemin, elle fut prise de fatigue. Ses yeux lui piquèrent, lui rappelant le prix de toutes ses activités. Elle qui n’avait reprise le contrôle de sa vie que depuis peu, devait prendre le temps de se reposer. Mais, elle ne voulait pas, elle ne voulait pas, elle ne le ferait pas. Si, elle rentrait auprès de son tendre, elle ne pourrait pas dormir… Incapable de respirer dans cette cage fait d’argent et de contrats. La politique la tuait. Étrangement, à cette penser une part de sa personne se mit à rire, lui susurrant que ce n’était qu’un état d’âme temporaire, qu’à son réveil demain, Lilya serait de retour.
D'une morsure à la lèvre, elle balaya toute réalité. Se laissant bercer par les bras tendres et envouteur de ce personnage créé pour intégrer la vie de la personne qui l'attendait. Elle se mit réellement en chemin, allant le rejoindre. Comme promis un peu plus tôt. Un œil à sa montre lui appris qu'elle bien en avance sur le couvre-feu. Elle pourrait faire durer la soirée, elle pourrait oublier de rentrer.
Plus légère à chaque pas, elle fini par se trouver devant la porte qui menait à l'appartement de Conrad. Un sourire de gamine lui éclairant le visage, elle s'impatienta à l'instant où, elle signalait sa présence à grand coup rythmé contre le bois brunâtre de cette porte.
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MessageSujet: Re: Conrad - Sous la lame d'une illusion adorable.   Lun 9 Sep - 22:44

Le parfum des pommes de terre et celle du poulet embaumaient la cuisine. Machin ne se trompa pas en pénétrant dans la cuisine, les narines écarquillées. Il avait faim, le chenapan. Je lui donnais l’ordre de quitter la pièce sur le champ. Un chien affamé était un chien dangereux pour le repas. Si je voulais qu’il nous reste quelque chose pour le dîner, j’avais intérêt à tenir éloigné ce ventre sur pattes. Je l’attrapai par le collier et le trainai jusqu’à la salle de bains où il serait confiné le temps de quelques heures. Tout ce dont il avait besoin avait déjà été installés. Bol d’eau, un autre pour les croquettes, son tapis préféré et un os lui tendaient le bras mais le chien préférait la promesse d’un repas cuisiné. Je le laissai là, sachant qu’il reviendrait à la charge d’ici quelques minutes. Il espérait sans doute que j’avais oublié sa première tentative infructueuse et que je sois plus sympathique la deuxième fois. Je retournai derrière les fourneaux. Nous allions enfin avoir notre repas, Averyl et moi. Un dîner en tête à tête, loin de ceux que l’on avait déjà eu dans des restaurants. Je me réjouissais d’avance à l’idée de passer la soirée ensemble. Je secouai les casseroles de légumes et vérifiai la cuisson de la viande avant de m’atteler à la préparation de la table. Autant vous dire que ce repas avait été répété plus de trois fois afin d’être sûr d’offrir quelque chose de potable à Aveyrl. Pour une fois qu’elle venait manger chez moi, je me devais de cuisiner des plats mangeables.

Je posai des assiettes et des couverts, réalisant que cela faisait des lustres que je n’avais pas sorti ma plus belle vaisselle. En fait, je l’avais presque oubliée. Merci papa d’avoir insisté pour que je la prenne avec moi. Lorsque je fus plus ou moins satisfait du rendu final, je repartis dans la cuisine. « Machin ! » lançai-je, désespéré. Il était indomptable, ce chien ! Je poussai un soupir. Il était comme attiré par les aliments, toujours à renifler ici ou là. Si vous aviez le malheur de faire tomber une miette sur votre chemise, elle disparaissait la seconde d’après sous la langue de Machin. Oui oui, il se servait même sur les gens. Combien de fois avais-je couru après ce sale cabot en lui reprochant de m’avoir léché les habits ? Je jetai un coup d’œil à l’horloge et décidai qu’il était temps d’éloigner cet ogre de ma cuisine. J’allai chercher sa laisse fraichement achetée et le trainai à l’extérieur, dans la fraicheur de la nuit tombante. Au bout de quelques minutes, je défis la laisse afin de le laisser gambader à son souhait, enfonçant ainsi mes mains dans les poches. Un chien, qui aurait cru que j’en aurais un, un jour ? J’avais en horreur leurs poils qui tombaient partout, leur langue pendante et leur haleine à faire pâlir une princesse. Mais Machin avait quelque chose dans le regard. Plus les jours passaient et plus il devenait inconcevable de vivre sans lui. Quel crétin, j’étais en train de me faire avoir. C’était comme si je tombais amoureux d’une femme alors que c’était voué à l’échec.

Je rappelai Machin – qui prit son temps pour revenir – et le rattachai. Nous reprîmes le chemin jusqu’à mon appartement. Au pied de l’immeuble, la silhouette d’une femme attendait qu’on lui ouvre. En me rapprochant d’elle, je reconnus la profil de mon invitée. Un sourire s’épanouit presque immédiatement sur mon visage. « Averyl ! » Je lui fis un signe de la main quand elle se tourna vers nous. Elle avait le même sourire que moi. Nous faisions deux beaux imbéciles à être aussi heureux de nous rencontrer. On aurait pu penser que cela faisait des années que nous ne nous étions pas vus alors que cela ne faisait que quelques jours. Je passai une main autour de sa taille le temps de déposer une bise sur sa joue, puis ouvris la porte. « Tu as passé une bonne journée ? » Lorsque nous furent à mon étage, je déverrouillai la porte et laissai Averyl entrer. Je décrochai Machin qui, miracle, s’échappa en direction de la salle de bains. Qui l’eut cru ? Je le regardai faire presque choqué lorsque je me rappelai la présence de mon invitée. Je lui pris ses affaires avant de la conduire dans la salle à manger. « Tu es ravissante comme toujours ! » Je lui demandai de m’excuser et m’absentai quelques instants. Dans la cuisine, je trouvai la bouteille de vin exclusivement réservée pour ce dîner et la ramenai.

Il était temps maintenant de me poser et de m’occuper pleinement de mon invitée. Je m’asseyais sur ma chaise et débouchai la bouteille. J’étais… nerveux. Tel un adolescent à son premier rancard alors qu’il s’agissait d’une amie de longue date. La seule chose qui avait changé était le décor plus personnel du repas. Il y avait l’appréhension du jugement, l’envie de bien faire. Oui, elle était une amie, ce qui rendait son avis encore plus important. Je nous versai un peu de vin. « J’espère que tu as faim parce que je me suis donné du mal pour te cuisiner un plat potable. » j’esquissai un sourire. Il ne manquerait plus que ça sente bon et que ça soit mauvais une fois dans la bouche. J’aurais l’air ridicule.
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