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 Panic at the station (pv)

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MessageSujet: Panic at the station (pv)   Dim 29 Sep - 19:01

Le monstre de métal déboula dans un rugissement sonore, soulevant de son souffle les chevelures des voyageurs amassés devant la station. L’habitude elle-même n’arrivait pas à estomper l’aspect surréaliste de ce moyen de transport. De la grande carcasse métallique se déversait la masse grouillante des usagers, semblable à une horde de fourmis affairées. Si les années passées à New-York avaient fini par faire rentrer l’infernale machine dans son quotidien, sans pour autant lui laisser le loisir de s’habituer vraiment à l’inévitable proximité qu’elle impliquait pour le voyageur. Des coups d’épaules qui vous font chanceler au balancement d’un sac qui vous heurte à la hanche, les contacts humains dans les transports en commun recelaient une brutalité clairement hostile. Et pourtant elle supportait chaque choc avec philosophie. Par expérience, elle savait que ces agressions quotidiennes et mineures lui étaient bien moins néfastes que la peur que ne manquait pas d’éveiller la perspective de conduire sa propre voiture. Inconsciemment, elle avait même fini par adopter cette même violence graduellement en forçant le passage dans une rame déjà bondée car trop pressée pour attendre le suivant, ou bien en repoussant un peu trop brusquement une valise se trouvant sur son passage. Autant de gestes lui conférant un confort artificiel face à une solution peu appropriée à la répulsion consommée que lui inspirait toujours la foule. Elle se raccrochait désespérément aux habitudes et aux manies pour ne pas perdre pied. Il lui était tellement facile de se perdre dans l’inconnu. Il suffisait d’un imprévu pour que tout s’effondre, quelque chose se réveillait alors en elle. Et soudainement c’était comme si elle n’avait plus le contrôle sur ses propres actes, les mots lui échappaient et son corps agissait de son propre chef.

Calquant sa démarche sur le pas pressé et morne de ses concitoyens, la jeune femme s’engouffra à son tour dans le ventre de la bête et s’appuya dos aux parois de la cage thoracique en métal dans un même mouvement automatique. Son regard effleurait à peine les personnes l’entourant tant son esprit s’accrochait à l’aspect routinier de cet acte. Elle ne remarqua donc pas la jolie blonde armée d’un livre au fond de la rame et qui souriait vaguement devant le dernier paragraphe. Tout comme elle ignora superbement l’enfant qui babillait d’adorables inepties du fond de son berceau. Le même pas mécanique la guida vers la porte de sortie, la conduisant par la même occasion droit sur la route d’un individu visiblement pressé. L’épaule de l’homme la heurta de plein fouet, avec une force telle que son sac s’écrasa au sol sous l’impact, déversant son contenu sur le bitume. Il n’en fallait pas plus pour éveiller un instinct purement new-yorkais acquis au prix de nombreuses bousculades de ce genre. Sans un regard pour ses affaires éparpillées sur le sol, elle se saisit de la manche de l’intrus et la secoua suffisamment violemment pour l’arrêter dans sa course, accompagnant sa réponse d’un cri tout à fait disproportionné :

« Hey, vous ne pouvez pas faire attention ?! »

Dans son indignation, Faith s’était agrippée au tissu d’un inconnu sans même le voir vraiment. Au moment où elle levait un regard revêche dans la direction du gêneur, un bref sursaut secoua sa poitrine lorsqu’elle découvrit que ses traits lui étaient familiers. Ses doigts se décrochèrent un par un de la manche de l’homme tandis que la colère laissait place à la surprise dans ses yeux clairs. D’un geste fébrile, la jeune femme replaça une mèche rebelle derrière son oreille avant d’esquisser un sourire gêné à l’intention de cet homme qui n’avait rien d’un inconnu.

« Oh, bonjour Kyran… »
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MessageSujet: Re: Panic at the station (pv)   Ven 4 Oct - 17:20

Jeter un grand coup de pied dans la ruche. Semer une panique monstrueuse. Faire surgir le chaos le plus total en l’espace d’un battement de cil. En emmerdeur professionnel qui se respecte, il adorait ça. Se réveillait même chaque matin en réfléchissant à ce qu’il pourrait accomplir pour y parvenir. Gamin cruel des plus capricieux, il s’évertuait à ne plus voir les êtres l’entourant que comme de vulgaires jouets. Des pions sur son flamboyant échiquier. Juste bons à être brisés. A être tordus comme des brins d’herbe, lorsqu’ils ne lui étaient plus d’aucune utilité. Littéralement obsédé par l’idée de les asservir, d’accroitre son influence jusqu’à ne plus avoir à se cacher des misérables hommes en noir en charge d’éradiquer les monstres de son espèce. Sa dernière lubie en date consistait à les faire passer pour incapables, par n’importe quel moyen. Distiller la terreur, bousculer le troupeau de moutons. Ils lui donnaient la nausée, à se presser dans la bouche du métro, obnubilés par leurs petits vies bien rangées. Ils se fondaient dans la masse, essayaient pour la plupart de ne pas se faire remarquer dans l’espoir vain qu’on les éclipse. Dans la crainte que les jeux macabres reviennent sur le devant de la scène, d’être envoyés à l’abattoir. Ou en prison. Des esclaves du système d'autant plus répugnants qu’ils ressemblaient à s’y méprendre à celui qu’il aurait été, si la maladie n’avait pas fini par emporter les plaies qui lui servaient de parents. Trop peureux et introverti pour faire des vagues. Il serait resté aussi lâche et passif qu’eux, si la protection de son frère n’avait pas renversé l’équation arrivé à l'âge adulte. S’il faisait mine de renier cette part peu glorieuse de son passé, il lui semblait parfois que ses anciens tourments débordaient de son enveloppe pour se répandre sur le plancher putride. A la vue et au su de tous.

Mais en attendant les passants ne se souciaient pas de lui, pas plus qu’il ne voulait se soucier de leur funeste sort. Lequel se rapprochait dangereusement à mesure que les secondes s’égrenaient. Les inconscients bienheureux ne pouvaient pas se douter qu’ils n’allaient pas tarder à se faire cerner et attaquer par des cadavres ambulants. Avides et assoiffés de chair fraiche. Etrangers sacrifiés pour un but plus grand, ils se retrouvaient captifs d’un guet-apens affreusement morbide. Condamnés avant d’avoir pu seulement songer à rebrousser chemin. Au prix d’un douloureux combat, le norvégien s’efforçait pourtant d’ignorer superbement la voix stridente martelant son crâne. Jusqu’à lui infliger une terrible migraine. Traitresse, elle lui intimait de renoncer. Envoyait son palpitant se fracasser contre les récifs acérés, déversait les pires horreurs dans les méandres de son esprit détraqué. Au point qu'il brûlait d'écarter ses côtes pour en expulser l'organe trop encombrant. Son flegme rudement mis à l’épreuve, sa piètre carcasse bouillonnait de l'intérieur. Il n’était plus qu’une masse imposante, doté de cannes en coton susceptibles de s’effondrer au premier faux pas. Inapte à sentir ses terminaisons nerveuses, tant les fourmillements étaient intenses. En face de l’une des rames du métro, un simple signal à distance à l’un de ses sbires donna le coup d’envoi. Avertissant qu’il avait neutralisé les pucerons chargés de la sécurité de son côté, en les réduisant à l’état de zombies voraces. Commandant ainsi la fermeture des portes et le déchainement des enfers. D’ici une poignée de secondes, le massacre prouverait à la population rescapée que l’anarchie était leur seule option.

Le compte à rebours enclenché, il se précipita immédiatement vers l’une des sorties encore accessibles. Pressant le pas autant que possible, jouant des épaules sans la moindre délicatesse pour se frayer un passage dans la foule. Il se heurta violemment à l’une des ombres ralentissant sa course, entendit à peine son cri d’indignation. Cadet de ses soucis, il voulut poursuivre sans lui jeter un regard avant d’être à son tour piégé comme un rat. Ce fut sans compter sur la détermination de sa victime, qui le tira en arrière avec une vigueur surprenante. Il serra la mâchoire jusqu’à la rupture, mastiquant en prévision la bile qui se ruait contre ses barrières de nacre. Bordel, comme si j’avais du temps à perdre avec ce genre de politesses. Ses sphères d’acier fusillèrent son interlocutrice, alors qu’un soupir d’agacement particulièrement sonore s’extirpait de ses lippes scellées. Aussi givrées que deux icebergs, les billes furibondes parvenaient d’ordinaire à glacer le sang des moins téméraires et à dissuader les autres de s’aventurer à lui faire de quelconques reproches. La surprise chassa toutefois vite l’animosité de ses traits de fer, lorsqu’il reconnut enfin la belle brune qui venait de l’alpaguer.

« - Faith… Qu’est ce que… » Bredouilla t’il, décontenancé par sa présence imprévue. Si commanditer un carnage ne lui avait jusqu’ici arraché que des scrupules négligeables, la croiser elle, lui fit l’effet d’une chape de plomb. Sans réfléchir, il agrippa le bras de la jeune femme avec une certaine brutalité pour la tirer vers lui et l’entrainer vers la direction opposée à celle qu’elle empruntait avant de le percuter. « - Faut surtout pas rester là, on doit… » Il ne termina pas son avertissement, coupé dans son élan par un hurlement déchirant à proximité. Suivi de près par d’autres, et la débâcle dans les rangs. Sa prise se resserra comme un étau, froissant la manche de la vétérinaire pour ne pas la lâcher alors qu’il l’entrainait de force à distance des rôdeurs. Les sangsues décérébrées se multipliaient à une vitesse folle, transformant les uns quand elles n’arrachaient pas la carotide des autres. Ils pénétrèrent dans l'un des wagons abandonnés, trouvant là une cachette de fortune, également investie par une brune incendiaire. Sanjana... Son myocarde se serra dans sa poitrine, à l'idée qu'elle soit tout autant en danger qu'eux alors qu'elle aurait du déguerpir des lieux.

« - Mais... T'as pas réussi à t'enfuir ? » Lâcha t'il, les traces d'une surprise et d'une inquiétude certaines se lisant sur son visage. La tournure des évènements lui déplaisait fortement, son plan déraillait alors qu'il croyait avoir tout prévu. Tout sauf ça apparemment...

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MessageSujet: Re: Panic at the station (pv)   Dim 24 Nov - 23:27


    Longtemps, il n'est resté des ténèbres qu'une envie impatiente de partir, de grandir, abandonner l'antre imprégnée de fumée, baignée d'alcool, briser les chaînes du passé, créer l'irréel. Mon idéal viscéral perdu dans les abysses d'une obscurité absolue, ces doux accords dissonants de mélancolie, stridents, exhumèrent mon cadavre de l'ennui. Nue face au monde, l'asphyxie paraît naturelle, artérielle. Et alors il s’est passé quelque chose : je me suis laissé aller dans un total oubli de moi-même, envahie par la nuit, le silence et la plénitude. J’avais trouvé la liberté. Perdre tout espoir, c’était cela la liberté. ;  J'ai décidé de détruire quelqu'un, briser une existence, massacrer un destin, et tout à fait injustement, choisir un innocent, quelqu'un qui pourrait être heureux et en faire une épave dans mon genre.

    « Qui dois-je tuer ? » avais-je demandé de manière désinvolte en m'asseyant négligemment sur un coin du mur, mes yeux s'attardaient de manière furtifs sur le visage de Kyran faisant preuve d'une vivacité inhabituelle ; des cris démoniaques s'élevaient, s'interrompaient, s’emmêlaient pour former une cacophonie cinglante. « Qu'est-ce qui se passe ? » demandais-je à présent, en détournant mon regard sur le jeune homme, pressée par une ardeur insidieuse qui m'envahissait, demeurant agitée. « Personne en particulier. .. C'est le Gouvernement que tu vas devoir détruire » répondit-il. On m’avait expliqué les motivations de ce divertissement sanguinolent qu'ils allaient donner. Oh l'idée était ingénieuse, ma langue claqua sous une irritation palpable. Je ne pouvais pas dissimuler mon impatience grandissante. Je sondais du regard les alentours de la bâtisse  qui constituait la clé d’innombrables semaines de préparation. Non, cette mission ne serait pas une sinécure… il eût fallut être fou pour s’y attaquer tête baissée sans songer aux conséquences.  J’esquisse un rictus amusé. Mon index frémit d’impatience sur la forme longiligne de ma cigarette fumante entre mes doigts, que je caressais lentement, comme pour m’exhorter au calme, tandis que j’ouvrais et claquais de l’autre main le clapet de mon Zippo. L’impatience me rongeait ; elle rugissait en lui telle une bête assoiffée d’action, de cris, de sang, mais je la tenais encore en laisse. Les lieux étaient combles, grouillants de civils de tous âges, pressés, suspicieux. Mais tout cela était loin de m’effrayer, au contraire, cela contribuait à nourrir goulument ma soif : agir, brandir, psalmodier puis tuer. ; Une lueur lubrique illumina mon regard alors que je m’humectais les lèvres sous la satisfaction précoce de mes futures nuisances. ; Apocalypse, me voilà ! Mes longs cheveux fins bruns suivent chaque mouvement de tête comme une couronne asservie à sa reine. Alors que je fume une cigarette, avant d’en recracher la fumée, je foule gracieusement le sol, mes cheveux ondulés d’un brun chocolaté tombent en cascade sur mes épaules qui se soulèvent en une gestuelle presque désarticulée, tel un zombie dans un thriller ancestral. Les yeux injectés de sang roulent avec frénésie dans leur orbite, tandis qu’un rictus moqueur se fend délibérément sur mon visage. Folle furieuse.

    « Rends-toi calmement jusqu’à la station de métro, psalmodiais-je au zombie. Et une fois là-bas, massacre les clients et les employés qui croiseront ta route. Sois sans pitié. » Un hochement de tête plus tard, l’autre s’éloigna tel un automate. Il n’était plus en état de se questionner, réduit à n’être qu’une marionnette sous mes fils de marionnettiste. Il ne serait qu’une diversion, de la chair à baguette, comme tous ceux qui ont été, comme lui, piochés dans la foule au hasard. Des innocents devenus armes, qui revêtiraient un triple intérêt : semer le chaos d’abord, tirer ensuite de l’ombre de potentiels ennemis et, enfin, faire régner la confusion au terme de la bataille. Les pantins constituaient donc la première vague. Après eux venaient les boucliers humains, la défense. Et enfin, les agresseurs.

    Une silhouette gracieuse me frôla légèrement alors que je rebroussais chemin pour quitter ce tombeau mortuaire. Doute. Disgrâce délictueux qu'est la peur lorsque j’aperçus le visage de profil de Faith. Mon visage se crispa alors que je faisais volte-face, dans l’espoir de la rattraper. J’accélérais le pas, mes sens  aux aguets, essayant de déceler la distance qui me séparais de la jolie brune que je suivais depuis qu'elle avait pointé son nez dehors. Sans crainte, sans peur. Sans émotion. Du moins je tentais  de le paraître. Nul n'aurait pu soupçonner mes pensées. Impensable pour des âmes pures et craintives d'imaginer qu'on puisse commettre des crimes sans être marqué par le seau d'un sentiment. Vide. Dénudée d'émotion par le harassement de chacune des atrocités dont j’avais été l'auteur.  Chaque mètre que je parcourais bâtait un rythme régulier par le claquement assourdissant de mes talons en un alliage en fer, pénétré par une plume légère de telle sorte qu'on pouvait y voir des roses, qui embellissait des bottes fines en cuir sur le sol marbré ; et ce malgré des pas léger et souple. Faisant preuve d'une élégance dont moi seule était maîtresse, virtuose dans l'art de plaire. Mon visage à huis clos, tenu à l'écart des regards indésirables de ceux qui m’entouraient était froid, mes yeux hargneux, alors que je foulais le sol en me dirigeant vers Faith.

    Ma bouche fut sur le point de hurler son nom, mais le hurlement assourdissant de la horde de zombie me ramena à une dure réalité : nous étions pris au piège de notre propre attentat. Les yeux envahis par la crainte, je m’engouffrais avec fracas contre un coin dans la rame du métro alors que je croisais le regard ahuri de Kyran. Mon regard se posa littéralement sur Faith, puis sur Kyran.

    « Faut qu’on se casse, merde ! »


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Panic at the station (pv)   Dim 1 Déc - 0:17


Commencer par des choses simples lui avait-on dit. Retrouver petit à petit ses repères et reconstruire un quotidien. « Ce qu’il vous faut, c’est une structure. Une hygiène de vie stricte et un emploi du temps ne laissant place à AUCUNE incertitudes, voilà ce qu’il vous faut. » - avait martelé l’homme, appuyant chacun de ses mots avec un agaçant tapotement de l’index sur la surface de son bureau. A l’expression « hygiène de vie stricte » la jeune femme avait frémit d’une énergie ironique, qu’elle avait bien vite dissimulée derrière une attitude neutre. L’objectif en lui-même semblait d’autant plus dérisoire que la seule idée dépasser le palier de sa chambre d’hôtel miteuse la pétrifiait. Et pourtant elle l’avait fait. Un pas après l’autre, d’une démarche terriblement trainante, elle avait quitté sa chambre, puis ses foulées s’étaient allongées. D’une rue à l’autre ses épaules se redressaient, sa cage thoracique se soulevait de moins en moins frénétiquement, même ses hanches avaient peu à peu repris leur balancement caractéristique. Quelque peu exaltée par son premier bain de foule après des mois de silence et de solitude, elle avait fini par se prendre au jeu et s’imaginer que sa vie reprenait son cours exactement là où elle l’avait laissé. Peut être serait-elle-même meilleure cette fois-ci, comme purgée de tous les troubles et les remords inhérents à son passé. Submergée par cette incroyable vague d’optimisme, la jeune femme avait décidé de prolonger la ballade. Juste pour le plaisir de sentir l’air frais caresser son cou et son visage, de sentir les muscles de ses cuisses doucement s’échauffer face à cette activité devenue si inhabituelle ses dernières semaines. Il avait suffit de tomber sur une bouche de métro au détour d’une rue pour qu’elle se sente à nouveau complètement happée par son ancienne vie. La facilité avec laquelle les trajets si souvent effectués par le passé remontaient à la surface l’émerveillait. Tout comme cette merveilleuse torpeur que des gestes cent fois répétés offraient à son esprit. Faith ne pensait quasiment plus. Tout son être était tendu vers de lointaines réminiscences, enveloppant peu à peu sa conscience dans une réalité décalée où le danger qu’elle représentait pour sa propre personne n’existait plus.

Autrefois source de ses pires cauchemars, la foule semblait la bercer en cet instant. La jeune femme s’emmitouflait avec délice dans ce même comportement grégaire qui, quelques mois plus tôt, l’aurait révoltée. Elle renonçait volontiers à son individualité. Acceptait avec gratitude d’être une personne lambda quittant un point A pour se rendre à un point B comme une multitude d’autres. Mais un simple coup d’épaule avait suffit à détruire cette fugitive harmonie. Brusquement, elle redevint Faith Ziegler, ancienne reine de beauté du sud, ancienne vétérinaire, ancienne nymphomane, ancienne rien du tout. Au premier abord la fêlure était imperceptible, même pour sa propre personne. A vrai dire, surtout pour sa propre personne. Les vilaines habitudes citadines avaient pris le dessus immédiatement, lui donnant encore une fois l’illusion du contrôle. Mais en vérité, tout au fond de son subconscient quelque chose se déplaçait lentement sous la surface. Inconsciente des troubles la guettant, la jeune femme s’enfonça avec délice dans cette comédie du passé en renouant avec le caractère tumultueux autrefois sien. En découvrant le visage du trouble-fête, l’Impétueuse avait laissé place à la Séductrice. Sourire en coin et petit geste pour replacer un mèche derrière son oreille, en l’espace deux secondes, elle était méconnaissable, si concentrée dans son nouveau rôle qu’elle en avait déjà oublié ses maigres possessions étalées sur le bitume.

Mais de nouveau, le droit de s’accrocher à son passé et de s’y installer lui était retiré. Sans même lui donner le temps de protester, c’était au tour de Kyran de l’agripper par la manche et de l’entraîner dans son sillage de sa poigne irrésistible. Une vague inquiétude vint enserrer sa poitrine tandis qu’elle lançait en arrière un regard empli de regret en direction de la sortie qu’elle aurait du emprunter. Puis elle réalisa qu’ils s’éloignaient également de ses affaires éparpillées sur le sol lors du choc et tenta tant bien que mal de résister. « Mais je dois, mais enfin… », bien maigre résistance face à la détermination sans faille de l’homme qui l’entrainait. Ils fendaient la foule tels deux barques à contre-courant, vacillant de temps en temps lorsqu’une épaule ou un coude les heurtaient mais sans jamais s’arrêter. Même les mots de Kyran semblaient happés par la nécessité de fuir. Trop hébétée pour chercher à lutter plus longtemps, elle commençait juste à s’abandonner dans cette folle course lorsqu’un cri déchira l’assourdissant brouhaha de la foule, bientôt suivi par d’autres. Les notes les plus aigus de ces manifestations de désespoir transperçaient sa peau et ses os pour venir enserrer chacun de ses organes dans un étau d’angoisse. Entre deux inspirations chaotiques, son regard effleura le col de veste de Kyran pour ne plus le quitter, s’y accrochant comme une bouée au milieu de cette marée humaine qui hurlait son affolement en les heurtant de plein fouet. Il la poussa sans ménagement dans un wagon quelconque dont les portes béantes et les sièges retournés lui donnait un air de bête éventré. Enfin libérée de l’emprise de l’homme, Faith s’écarta précipitamment, plaquant son dos contre la paroi métallique de leur refuge. Les yeux légèrement écarquillés, elle contempla un instant Kyran avant de perdre son regard dans le vide, écoutant les bruits étouffés du chaos qui régnait au dehors. C’est à cet instant qu’une silhouette s’avança avec une grâce et une agilité digne d’un félin, dessinant peu à peu les traits du visage de Sanjana. Dans cette ambiance apocalyptique, une intuition lui tordit soudainement l’estomac sans qu’elle ne puisse mettre de mots dessus. Pendant de longues et douloureuses minutes, ses lèvres se tordirent sans qu’un son n’en sorte, butant sans cesse sur cette idée qui refusait de prendre forme. Puis enfin sa voix jaillit, légèrement tremblante d’indignation, tandis que son menton pointait en direction de Kyran.

« Tu savais ! Tu savais avant… »

Puis elle se tourna lentement vers Sanjana et la détailla un instant avant de lâcher un ricanement aux accents trop aigus pour être sincère en découvrant exactement la même résolution dans le regard de la compagne du jeune homme. Ses paupières papillonnèrent et le sol sembla valser l’espace d’un instant, elle se rattrapa au dossier d’un siège juste à temps avant de tomber. Elle inspira longuement, vaguement humiliée par ce signe de faiblesse avant de s’appuyer le plus fermement possible contre le mur, les bras croisés sur sa poitrine.
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MessageSujet: Re: Panic at the station (pv)   Sam 14 Déc - 16:19

Les explosions sonores et les grognements effrayants avaient remplacé le brouhaha routinier des habitués du métro. En dépit de tout ce qu’ils avaient pu endurer, tolérer bon gré mal gré sous le joug d’un gouvernement des plus exécrables, ils préféraient tous porter des œillères. Se masser dans ce qui ressemblait désormais à une ville assiégée, comme de vulgaires fourmis prêtes à être écrasées. Il avait la désagréable sensation d’osciller sur le fil du rasoir, comme un funambule débutant repoussant l’inéducable chute. Regrettant soudain de ne pas être resté à diriger les opérations dans son manoir indécent. Il aurait pu se contenter d’aboyer des ordres en sécurité chez lui et aurait déporté la faute sur ses troupes sur place en cas d’échec. Mais non, il avait fallu qu’il se rende sur place, qu’il jongle en personne avec les misérables vies à sacrifier et accessoirement, la sienne. Saisi par l’irrépressible envie de tout contrôler en personne, et de ne pas laisser les rennes lui glisser des doigts. L’exclamation de la tornade furibonde le sortit de sa torpeur, l’amenant à lever ironiquement les yeux au plafond dans ce qui finissait par ressembler à un réflexe. Un ricanement s’échappa de ses lippes et il fit un pas vers elle.

« - Ta logique infaillible m’impressionnera toujours, Sanjana. Heureusement que tu es là, on aurait eu du mal à en arriver à la même déduction autrement. »
Persifla t’il, sans chercher un seul instant à épargner l’indienne de ses sarcasmes. Il n’avait pas employé le surnom affectueux qu’il avait coutume d’utiliser pour la nommer, ne tenait pas à ce que la vétérinaire saisisse d’emblée l’étendue de leur lien singulier. Même si le véritable danger, restait que l’ancienne chaman découvre celui qui se tissait lentement et presque sournoisement avec son amie. Elle ne l’approuverait pas, il le savait, et c’est pourquoi il n’avait cessé d’hésiter là où il se montrait d’ordinaire si direct en matière de séduction. Semblables, probablement beaucoup trop, il se demandait ce qui les dissuadait encore de s’entretuer. Ce qui les empêchait de se concentrer sur cette animosité viscérale qui aurait pu les absorber dès le premier jour, au lieu de faire d’eux des alliés soudés comme les deux facettes d’une même pièce. Sanjana représentait une énigme, un langage qu’il était incapable de parler. Et pourtant, il la connaissait par cœur. Aussi inquiet soit-il pour elle, elle n’était pas la priorité en cet instant et il reporta son attention sur la texane. En proie à un affolement flagrant, il pouvait sentir la panique qui palpitait dans ses veines et la rendait si fébrile. Il esquissa instinctivement un geste vers elle lorsqu’elle trébucha avant de laisser retomber mollement son bras le long de son corps lorsqu’elle parvint à éviter la chute. Il n’était pas franchement doué pour ça. Les paroles tranquillisantes et les bavardages. Ainsi il espérait qu’elle se ressaisisse rapidement. Si possible avant de le contraindre à fouiller dans les cendres de son humanité pour y chercher les mots rassurants qu’il ne maitrisait plus. Quelque chose clochait dans son comportement, il le sentait sans pour autant en avoir la certitude. Comme si l’un des boulons était tombé, et s’apprêtait à détraquer d’un instant à l’autre le reste de la machinerie. Il attendit que sa langue roule dans sa bouche pour y former ce qui avait le goût de l’évidence, et lâcha un soupir sonore et contrarié.

« - Vous vous êtes concertées toutes les deux ? Bordel on n’a pas le temps pour les questions rhétoriques. »
Trancha t’il, peu enclin à partir dans de longues explications sur le but de cette opération suicidaire. Surtout pas pour une femme qui restait au fond une parfaite inconnue. Qui ne lui inspirait qu’un désir coupable et une sympathie indéniable. « - Ni pour les états d’âme. » La précision fut ajoutée en lançant une œillade qui en disait long à son alliée. La remarque s’adressait surtout à elle, parce qu’il redoutait qu’elle se saisisse du prétexte pour lui asséner de nouveaux reproches et remettre en question leur organisation terroriste. Tiraillé par les mêmes doutes, il parvenait à les enterrer profondément en lui, là où l’insurgée avait la fâcheuse tendance de les extérioriser. Le pire était qu’il n’y avait pas d’issues. Le carnage avait été si minutieusement préparé par leurs soins que les mâchoires d’acier de leur piège s’étaient refermées sur eux. Ils n’avaient pas prévu d’échappatoire, ni réellement de plan B. Avaient tout organisé pour que les monstres restent à l’intérieur du métro, ce qui n’offrait pas de porte de sortie à d’éventuels rescapés. Ce qui signifiait qu’ils allaient devoir décimer tous les rôdeurs prêts à les déchiqueter ou trouver une faille dans leur propre système. En somme la chose promettait d’être sacrément compliquée avec la poutre dans l’œil qu’il se trainait, à force de porter un masque de suffisance et de reporter systématiquement ses défaillances sur ses sbires.

Ce fut l’instant que choisirent des affreuses créatures pour entrer dans la rame, littéralement affamée. Sans se laisser impressionner par la laideur du zombie, il sortit la dague de sa ceinture pour la planter en plein dans son crâne. Se fit aussitôt agripper par le compagnon morbide qui le suivait de près, et joua des épaules pour s’en débarrasser et lui infliger le même sort. Il ne tarda pas à retourner auprès de la brune aux prunelles claires, en évitant soigneusement les sphères sombres qui lui vrillaient péniblement la nuque. L’attrapa fermement pour la décoller du mur. « - Allez bouge, sauf si tu préfère finir en steak tartare... » Elle n’avait rien d’une demoiselle en détresse, il en était conscient, mais avait nettement moins confiance en ses capacités au combat qu’en celles de la conceptrice de bombes artisanales. Il se tourna ensuite vers cette dernière, évita de se focaliser sur la brûlure qui incendiait déjà ses délicieuses rétines. « - Une idée à soumettre peut être ? » Suggéra t’il, espérant qu’en lui permettant de donner quelques directives, il esquiverait le drame. Un moyen de détourner la douleur en flattant vaguement son ego. Si tu crois que ça va te sortir du pétrin comme ça, tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu’au trognon mon pauvre ami…

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There's a reckoning a'comin. And it burns beyond the grave. With lead inside my belly. Cause my soul has lost its way.
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