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 Jeux félins | Jezebel

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MessageSujet: Jeux félins | Jezebel   Sam 5 Oct - 1:10


Jeux félins

It takes ten times as long to put yourself back together
as it does to fall apart

Il avait finalement sonné. Mon bipeur. Il devait être dix-neuf heures, j’étais emmitouflée dans une couette et j’avais les yeux rivés dessus, mais j’ai failli ne pas le voir. Je ne sais pas ce qui m’a brusquement ramené à la réalité, pas le bruit en tout cas. La sonnerie stridente n’était pas parvenue à percer le brouillard qui m’entourait et me coupait du monde extérieur. Quand j’ai finalement pris conscience de la réalité, j’ai eu un haut-le-cœur terrible qui m’a laissée clouée sur place. J’avais peur. Avondale m’avait fait plus de mal que je ne l’avais imaginé de prime abord. C’était la première fois que mon rôle avait dépassé la simple observation. La première fois que j’avais dévoilé mon visage. Pour finalement retrouver monsieur Kane… juste avant de le perdre. Encore une fois. Sans plus aucun espoir de jamais le revoir, désormais. Quand à madame Kane, je ne voulais même pas y penser.
J’ai finalement réussi à bouger. Lentement, d’abord, comme si le petit gadget eut été une proie qu’il ne me fallait surtout pas effrayer. Je me suis extirpé de ma prison textile, littéralement en apnée. Puis je me suis jetée sur lui, toujours sans un bruit. Mes pieds nus n’ont pas fait le moindre bruit sur le parquet pourtant grinçant. Mes doigts se sont refermés sur le plastique et il a vibré au même moment : je l’ai lâché et je me suis mise à trembler, sans trop savoir pourquoi. J’avais l’impression d’être de retour dans l’imposant hôtel de ville, prise au piège par un tour de garde que je n’avais pas su anticiper. J’étais collée au plafond, tenant à la seule force de mes bras et de mes jambes, à quelques centimètres au-dessus de la tête d’un parfait inconnu qui n’hésiterait pas à me tuer s’il me trouvait ici. La sueur perlait sur mon front, glissait lentement jusqu’au bout de mon nez. Je la voyais, là, juste devant moi, floue et terrible à la fois. Je la voyais osciller pour finalement se lancer dans le vide et s’écraser sur la crosse de son arme. Un fusil aux dimensions monstrueuses, capable de me faucher aussi aisément que je peux faucher un rongeur. Sans sourciller. Heureusement pour moi, il a continué son tour de garde sans rien remarquer. Et mon bipeur, lui aussi, continuait de sonner.
Je l’éteignis d’une simple pression sur le bouton prévu à cet effet. L’objet redevint le boitier inanimé qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être. Inerte et glacé dans ma main. Je levai mon regard troublé vers le ciel et la lune capta soudainement toute mon attention. Je lâchai l’objet de malheur qui rebondit sur le sol dans un bruit sourd et me hissai sur la commode juste devant moi. Le bois gémit légèrement sous mon poids plume, peu habitué qu’il était à supporter plus que quelques livres. Il tint bon. Mes doigts poussèrent la vitre et j’eus tout juste le temps d’apercevoir mon reflet. J’étais nue. Je n’avais pas fait attention, mais ce n’était guère étonnant, cela faisait plusieurs jours que je m’étais vêtue autrement qu’en m’emmitouflant quelque part. Il faudrait que j’arrange ça, pour le lendemain. On s’attendait à me voir propre, les cheveux sec et soyeux, bien habillée et alerte.
Quelques secondes plus tard, un chat quittait mon appartement, partant chasser sous le regard bienveillant de la lune.

« Kat, concentre-toi, veux-tu ! »
Je ne l’aurais sans doute pas entendu si elle n’avait pas accompagné sa remontrance d’un coup du plat de la main juste devant moi. Je sursautai et feulai avant de lui lancer un regard furieux. J’avais le dos vouté contre ma chaise et mes doigts s’étaient agrippés à la table juste devant moi. Elle ne se laissa pas impressionner, pourtant, et ses yeux noirs furent sa seule réponse tant que je ne me calmai pas. Je me détendis donc, tout du moins essayai-je. Elle patienta jusqu’à ce que ma posture lui convînt puis reprit, l’air de rien. Ses yeux ne lâchaient plus les miens.
Ce n’était pas mon employeur habituel, pas celui à qui j’avais été prêtée en tout cas. Ce n’était pas la première fois qu’un tel scénario se produisait, je n’avais pas protesté. Ça ne changeait rien pour moi. Qu’importait qui donnait les ordres, j’étais de toute façon obliger d’obéir. La seule chose à laquelle je pensais, la raison pour laquelle j’avais fini par me déconnecter de la réalité, c’était que je ne voulais pas d’un second Avondale. Alors quand le mot maudit s’était invité dans la conversation, vous pouvez être sûr que je m’étais effondrée. Oh, pas visiblement. J’avais juste fermé les yeux, mais à l’intérieur, je n’étais plus qu’un champ de ruines. Ah ! C’en était presque pitoyable. J’étais considérée comme un élément de valeur, à juste titre sans doute. Pour l’heure, je n’avais jamais échoué à aucune des tâches que l’on m’avait confiées. Mon visage inexpressif m’avait valu une réputation d’agent de terrain, n’ayant pas peur de se salir les mains. N’ayant peur de rien, en fait. C’était pour cela qu’on m’avait envoyée là-bas. Parce qu’on s’était dit que de toute façon, insensible comme j’étais, ça ne me ferait rien. Mais à Avondale, on m’avait maintenu en cage. On m’avait interrogé, inlassablement. J’avais été sous pression chaque seconde que Dieu avait faite. Et puis, il y avait eu monsieur Kane. Son visage venait depuis hanter mes rêves. Je me sentis partir et je crois que la femme le remarqua aussi, car elle claqua dans ses doigts avant de reprendre, impassible.
« Tu n’étais pas la seule sur le coup et si tu as parfaitement rempli ta mission, certains éléments extérieurs sont venus ternir ta performance. » Je la regardais sans vraiment comprendre. M’en voulait-elle ? Ça aurait été surprenant. Tous ceux avec qui j’avais parlé depuis mon retour à la Nouvelle-Orléans m’avait affirmé que j’avais été parfaite dans mon rôle. « Je ne sais pas comment, mais il semblerait qu’une autre troupe de skinchangers se soient introduits dans Avondale un peu au même moment que toi. Leur supérieur essaye de ramener la couverture vers lui, maintenant. »
Et alors ? avais-je envie de lui demander. Ce n’était pas comme si c’était un problème, au fond. L’important, c’était que la cité rebelle était tombée, non ? Mais les raisons sous-jacentes à cette réunion devaient être évidentes, car elle ne prit pas la peine de s’expliquer. Elle m’étala simplement devant moi trois photos, arguant qu’il s’agissait là de trois potentiels métamorphes  appartenant à la « troupe concurrente. » Ma mission ? Les trouver, les suivre, en apprendre le plus possible sur eux et venir faire un rapport. Pas d’infiltration. Juste de l’espionnage. Le sourire que je lui lançai en plein visage sembla la déstabiliser un instant, puis elle secoua la tête en grommelant contre ces « tarés d’animaux. » Elle aurait pu insulter ma mère, dont je n’avais d’ailleurs aucun souvenir, c’eut été pareil. Mon soulagement était trop important pour ne pas se manifester.

En plus des photos, j’avais eu à ma disposition quelques adresses et j’en avais choisi une au hasard. Cela faisait une bonne heure que je tournais dans le quartier à la recherche de détails intéressants. Mes coussinets avalaient les mètres, je sautais partout. Je devais avoir une attitude un peu bizarre pour une chatte, mais c’était plus fort que moi. Je retrouvais mon élément, là où j’étais la meilleure. Je ne pensais plus à Avondale, ni à monsieur Kane, pas plus à madame Kane.
J’avais très vite repéré ma cible, un appartement banal, mais je n’avais pas fait l’erreur de me ruer dessus. Tout banal qu’il fût, ce studio était celui d’une métamorphe, ce qui signifiait que je marchais sur des œufs. Je ne devais pas trop m’exposer, de peur de me faire découvrir. Pour autant, j’avais des devoirs à remplir, ce qui impliquait que je devais obtenir des résultats. Alors je faisais du repérage, je prenais de la hauteur. On avait été incapable de me dire en quels animaux se changeaient mes cibles, mais rien qu’en regardant les photos, je m’étais faite mes idées. Ce n’était pas infaillible, bien entendu et loin s’en fallait, mais avec l’âge on finissait par apprendre deux ou trois trucs.
Finalement, je l’avais repérée. La blonde, la seule femme du lot. Redoublant de prudence, je m’étais encore éloignée, lui tournant autour en prenant bien garde de garder mes distances. Quelques détails m’avaient confirmé mon intuition quant à son jumeau animal, mais certaines de ses réactions m’avaient aussi fait craindre d’être repérée, aussi je n’avais pas insisté plus longtemps. Dix minutes après l’avoir trouvée, j’étais déjà partie. Ce manège dura plusieurs jours, durant lesquels j’apprenais son emploi du temps. Il n’était pas réglé comme du papier à musique, mais on pouvait tout de même dégager des schémas intéressants. Je m’introduisis chez elle cinq jours après l’avoir aperçue la première fois. Je n’y restais que quelques minutes et n’y trouvai rien de très intéressants. Les trois jours suivant, je la laissai tranquille. J’avais d’autres adresses à visiter, de toute façon, et on ne m’avait donné aucune limite de temps pour ce petit travail. Bien entendu, je savais que « aucune limite » voulait simplement dire « pas trop longtemps tout de même » mais c’était déjà une pression en moins.

Deux semaines après mon premier contact, je me décidai à la suivre alors qu’elle partait de chez elle, un matin. La chatte que j’étais connaissais le stress, bien entendu, mais ce n’était pas le même que celui que pouvait connaître une humaine. En l’occurrence, si j’avais encore assez de contrôle pour me montrer discrète, j’étais aussi dans un état second bien assez suffisant pour m’empêcher de craindre de me faire repérer. Nous arrivâmes toutes deux face à un grand bâtiment dans laquelle elle s’engouffra sans un mot. Je ne la suivis pas, pourtant. Là, en refermant la porte derrière elle, il m’avait semblé qu’elle jetait un coup d’œil dans ma direction.
Prise d’un doute, je fis demi-tour. Mais il était peut-être déjà trop tard.
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MessageSujet: Re: Jeux félins | Jezebel   Lun 7 Oct - 11:09

Le debriefing d’Avondale n’avait pas franchement été une partie de plaisir dans un premier temps. Le lieutenant s’était fait engueuler et chacun des membres de l’équipe avait subis un… « entretient » qui n’avait pas été spécialement des plus agréable. Jezebel, égale à elle-même n’en avait pas exactement compris toutes les conséquences et s’en tamponnait l’oreille avec une babouche. Avait suivi quelque jour de tranquillité, le lieutenant leur ayant accordé quelque jour de permission avant de retourner aux entrainements quotidiens et aux descentes et patrouilles occasionnel. Toutefois, le lieutenant semblait préoccupé, son maitre le convoquait de plus en plus souvent et il enjoignait ses troupes à se montrer prudent avec leur supérieur.

Jezebel ne remarqua pas tout de suite que quelqu’un l’observait. En fait ce fut l’odeur inconnu de chat sur ses meubles un soir qui lui mit la puce à l’oreille. L’odeur avait quelque chose de plus qui lui laissait penser que ce n’était peut-être pas qu’un chat. Le fait qu’elle avait entraperçu le même chat plusieurs jour d’affilé, alors qu’elle s’était démerder pour faire comprendre à cette engeance qu’elle n’aimait pas qu’il se balade sur son territoire, n’avait pas vraiment aidé à garder muselé sa paranoïa. Pourtant pendant quelque jour elle ne vit plus le chat et quand il reparut finalement elle n’était même pas certaine qu’il exista vraiment ; l’entrapercevant si fugacement qu’elle n’était pas certaine de ne pas l’avoir imaginé.
La situation commençant à énervé la jeune femme, celle-ci demanda à Chesh de la suivre le matin et d’essayer de repérer si un chat lui collait effectivement aux basques. Cheshire failli rire au nez de la tigresse mais se retint. La connaissant, elle n’avait surement pas inventé des histoires à coucher dehors pour faire son intéressante. Il se plia donc aux exigences de sa camarade et lui servit d’ange gardien. Pendant, plusieurs jours il ne remarqua rien d’anormale. Mais un matin alors qu’elle entrait dans l’un des bâtiments des shadowhunters et qu’elle regardait dehors en refermant la porte il remarqua un chat qui lui semblait assez familier et qui parut plutôt désagréablement surpris d’avoir été remarqué. Il fit un signe de reconnaissance à la tigresse et se changea en panthère des neiges, une sorte de très, très gros chat gris blanc tacheté de noir. Il bondit sur le toit voisin et se laissa tomber juste devant le fouineur dans une rue étroite adjacente et lui envoya un coup de patte dans la tête pour l’assommer avant de l’attraper par la peau du coup et l’amener à Jezebel qui passait juste devant la ruelle. La blonde se saisie du chat par la peau du cou et s'assura que l'odeur correspondait à celle du chat qui s'était introduit chez elle. La tigresse rendit sa proie à la panthère.

-J’ai demandé au Chien de récupérer tes vêtements, fit-elle à l’attention de la panthère des neiges qui laissa un grondement d’assentiment roulé le long de sa gorge. Et toi essaye même pas de te transformer avant que je ne te le dise où il te brise le cou.

La blonde fit un mouvement de tête et la petite troupe se mit en branle vers les salles d’interrogatoire des shadowhunters.

Les humains présents dans le bâtiment jetèrent des regards outrés à la procession et certain lâchèrent des commentaires peu amènes sur les animaux. Jezebel les ignora superbement et surtout n’en compris pas la portée insultante. Ils arrivèrent bientôt dans une salle ne contenant qu’une table vissée au sol et deux chaises.

-Va te rhabiller si tu veux et vérifie que personne n’essai d’écouter notre conversation.

Chesh posa sa proie sur la table sous le regard de la jeune femme qui lui ouvrit la porte sans quitter la chatte des yeux et referma celle-ci dès qu’il fut sortie. Elle débrancha ensuite la caméra dans le coin de la pièce et se retourna vers sa nouvelle amie.

-Je ferais pas ça si j’étais toi,gronda-t-elle, à moins de vouloir une balle dans le crâne. Change, ordonna-t-elle.

Le regard de la blonde était dure et son ton ne laissait place à aucune discussion. Il semblait aussi qu'elle n'aurait aucun état d'âme à supprimer son interlocutrice si elle ne se pliait pas à sa volonté.
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MessageSujet: Re: Jeux félins | Jezebel   Jeu 17 Oct - 23:22



Vous vous êtes déjà retrouvés devant une version dix fois plus grosse que vous ? J’imagine que non, c’est un des nombreux avantages d’être un être humain. Je peux vous dire, pour ceux que ça intéresse, que l’exercice n’est pas du tout agréable et le devient encore moins quand votre vous-géant ne trouve rien de mieux à faire que de vous assommer sommairement.
Quand je parvins à nouveau à additionner deux et deux, je n’étais plus à l’extérieur mais perchée sur une table à devoir supporter le regard courroucé de… et bien, c’était la meilleure ça ! Par un malheureux concours de circonstance, il semblait que je m’étais retrouvée entre les griffes de ma cible ; mon moi-géant devait être l’un de ses collègues. Au temps pour moi, il devenait clair que je m’étais misérablement planté. Ça commençait à faire beaucoup, mais je n’en étais plus vraiment à compter les points. J’étais même à des années lumières de me dire que j’allais encore me faire passer un savon. Je promenai mes yeux autour de moi, cherchant vainement une échappatoire mais j’étais visiblement dans une salle d’interrogatoire ce qui me laissait peu d’espoir de trouver un trou de souris par lequel me faufiler.
Sur le qui-vive, j’observai l’étrange couple s’échanger des banalités à grande force de mots et de grognements. Le fait de me retrouver seule avec ma cible ne me dérangea pas plus que ça, même si mon esprit matou flaira le danger quand cette dernière alla débrancher la caméra. Je doutai en effet que ça soit une bonne chose pour moi. Comme je n’étais pas en mesure de protester, je gardai le silence, m’offrant simplement le luxe de quitter ma position assise pour me dresser sur mes quatre pattes. Une initiative qui ne sembla pas au goût de ma tortionnaire, elle m’intima plus ou moins directement de ne plus bouger avant de me donner un ordre que je ne compris pas tout de suite et qui n’eut pour seul effet visible que de faire pivoter ma petite boîte crânienne. Comme si tourner la tête pouvait m’aider à comprendre, ou une idée dans ce genre-là. Le regard peu amène de ma vis-à-vis poussa néanmoins ma conscience féline à analyser ses paroles, chose qu’elle ne faisait que rarement d’elle-même, et la lumière fut. Parfaitement au fait que je n’avais pas spécialement le choix, je m’exécutai. Dans le feu de l’action, je n’eus même pas la présence d’esprit de ralentir le processus histoire de donner le change, si bien qu’en un temps record, la chatte avait laissé place à la femme paumée que j’étais… réellement, d’une certaine façon. Je n’étais pas encore totalement arrêtée sur ça.
Elle voulait peut-être que je parle ? Après tout, il n’y avait pas grand-chose à gagner à me pousser à adopter deux jambes et deux bras sinon pour profiter de la voix qui venait avec, le miaulement pouvant être très communicatif mais manquant clairement de précision sur ses tournures syntaxiques. Seulement, je n’avais pas grand-chose à lui dire qui pût réellement l’intéresser alors je gardai le silence avant de me rendre compte que je la dominais de toute ma hauteur… avec l’aide de la table, en tout cas. Souplement, je m’asseyais donc histoire de ne vexer personne, pas gênée le moins du monde par ma nudité. Le bois grinça légèrement sous mon poids et je frissonnai malgré moi quand la fraîcheur saisit mes fesses et mes cuisses. Allons bon, ils n’avaient toujours pas allumé le chauffage ? J’aimais bien, le chauffage, je pouvais passer des heures sur un point chaud d’un dispositif au sol et… Oui, bon. La métamorphe blonde.
Elle avait un certain charme, même si elle semblait aussi perdue que moi d’une certaine façon. Pour le reste, sans deviner précisément en quoi elle pouvait se transformer, la proximité me permit de confirmer la plupart de mes doutes et cela n’avait pas vraiment de quoi me réjouir. J’étais un agent de terrain, certes, mais pas de combat. Contre elle, je n’avais aucune chance si l’on en venait aux pattes… ou même aux mains, d’ailleurs. Elle semblait avoir joui d’un entraînement militaire assez poussé.
N’ayant aucune carte intéressante à jouer pour ce tour, je décidai simplement de suivre en silence, papillonnant de grands yeux en attendant ses prochaines instructions.
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MessageSujet: Re: Jeux félins | Jezebel   Lun 21 Oct - 21:59

La chatte ne parut pas comprendre tout de suite ce que lui demandait Jezebel. Elle lui fit même un numéro presque humain d’incompréhension. Finalement, le sens de l’ordre de la blonde parut pénétrer sous le crâne de la petite boule de poile et elle s’exécuta avec un art consommé, faisant preuve d’une promptitude et d’une virtuosité qui surprirent légèrement la tigresse. En effet, celle-ci semblait presque s’attendre à se retrouver en face de quelqu’un de moins doué… au vue des circonstances qui l’avait mené à la trouver. Mais quelque part ce n’était qu’un coup de chance si elle l’avait remarqué et pas tellement le fait de ses propres capacités.
A la fin la blonde se retrouva avec les cuisses de l’autre métamorphe en face des yeux et leva lentement son regard froid sur le visage un peu perdu de son interlocutrice qui la détaillait en retour. La chatte se rendit finalement compte qu’elle surplombait la tigresse et s’assit enfin sur le bord de la table, laissant paraitre un frisson quand sa peau toucha la fraicheur saisissante de la table.
La brune avait le corps musclé de quelqu’un qui bouge souvent mais elle n’avait rien d’une combattante. En plus de ne pas en avoir la carrure, elle n’en avait pas non plus ni la posture ni l’attitude. Elle avait d’ailleurs l’air un peu paumée à papilloter des yeux comme ça mais pour ne pas la laisser seul Jezebel eu elle aussi une crise de papillotement. L’image d’un souvenir vint sournoisement se sur-imprimer à celle de l’autres skinchanger. La vision d’une femme, elle aussi brune, dont les traits lui restaient flou mais qui secoua un peu la blonde, la faisant frissonner et reculer d’un pas. Se ressaisissant, elle expira brutalement, l’air exaspérée et attaqua :

-T’es qui et pourquoi tu me suis ? grogna-t-elle l’air un tantinet énervée.

Cheshire choisit ce moment-là pour entrer en uniforme de chadowhunter, un large sourire moqueur sur les lèvres.

-Alors j’ai raté… quoi ? demanda-t-il en terminant dans un souffle. Wow !

Contrairement à Jezebel le chat du Cheshire était un jeune métamorphe et n’avait pas le même confort avec la nudité que sa collègue blonde qui n’en avait en fait rien à faire, et il venait de remarqué que le chaton était en costume d’Eve. Une vue qui ne semblait pas le laisser indifférent. Il reprit cependant assez vite contenance et son éternel sourire revint se plaquer sur son visage.

-T’as l’air gelée ma belle, fit-il en lui posant la veste de son uniforme à côté d’elle.

Il attrapa l’une des chaises pour la placer devant la vitre teintée et s’assoir les coudes sur le dossier et l’air de s’apprêter à assister à un match intéressant.

-Réponds, exigea plus exaspérée que jamais la blonde.

Elle sentait que ses souvenirs allaient venir lui faire quelques visites non désirées. Ca ne lui plaisait pas du tout.


Dernière édition par Jezebel Redfern le Ven 8 Nov - 19:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jeux félins | Jezebel   Lun 4 Nov - 0:41

Récapitulons. On avait déclaré que j’avais échoué lors de ma précédente mission, ce qui avait fortement déplu à mes supérieurs qui avaient décidé de me féliciter pour mes efforts en me renvoyant directement sur le terrain. Pour remplacer avantageusement ma dernière cible — une troupe de fanatiques qui appartenaient désormais au passé — on m’avait demandé de garder un œil sur une brigade de choc des gouvernementaux composés entièrement de métamorphes, soit les êtres les plus susceptibles de me repérer. Et bien ça n’avait pas loupé ! J’avais désormais les fesses posées sur une table d’interrogatoire, je comprenais à peine ce que l’on me disait et pour couronner le tout, la jolie blonde qui avait constitué ma principale cible ces dernières semaines ne semblaient rien vouloir plus que de me manger… ce dont elle était parfaitement capable, si j’en croyais mon flair. Gé-ni-al.

Cette petite digression ne devrait pas vous tromper : malgré les apparences, je n’étais absolument pas en colère sur le coup. Déboussolée, sur le qui-vive, ça oui. Mais à des kilomètres de la colère. Ce n’était de toute façon pas le moment de perdre mon sang froid, avec toutes ces truffes pour flairer le moindre de mes changements d’humeur.
Il y avait évidemment des questions auxquelles je ne pouvais pas répondre. Ce n’était pas comme si on m’avait autorisé à compromettre mes supérieurs, par exemple. Pour certains points, mes ordres étaient assez flous pour me donner une marge de manœuvre potentiellement salutaire. Par exemple, on ne m’avait pas explicitement interdit de dire que je travaillais moi aussi pour le Gouvernement. J’étais capable de sortir un ou deux mensonges crédibles, mais l’improvisation pouvait ici être piètre conseillère et il valait mieux que j’évite de m’embarquer dans une histoire abracadabrante. Néanmoins, laisser entendre que j’exécutais les quatre volontés de gens puissants pouvaient peut-être me sauver la vie. Ou pas.

L’intervention d’un nouveau protagoniste — en fait, celui-là même qui m’avait mise hors d’état de nuire quelques minutes plus tôt, compris-je — m’offrit quelques secondes de répit. Je saisis le manteau que l’on m’offrait et, après m’être laissée tomber au sol, le passa sur mes épaules histoire de couvrir ma nudité. Pas que l’air frais sur ma peau me dérangeait, mais le regard un brin gourmand du gouvernemental était déjà plus embêtant. Je préférais de loin offrir ce genre de visions à des personnes comme la blonde… même si j’étais bien incapable de mettre des mots sur ces simples vérités. C’était, voilà tout.

Mais il arriva un moment où garder le silence n’était plus possible, parce que c’était le meilleur moyen de s’offrir un allé simple vers la planète sac mortuaire. Aussi me jetai-je à l’eau, dans mon anglais d’immigré comme disait monsieur Kane en son temps. « Kat, commençai-je avant de me dire que cette réponse pouvait être mal interprétée. Kathie Kane, mais le monde appelle Kat. » Seulement voilà, un nom n’était pas un pourquoi aussi ajoutai-je finalement : « J’essaie d’en apprendre plus. Sur toi. Sur lui. » Je désignai mon agresseur d’un mouvement du menton. « La résistance s’intéresse. Le gouvernement aussi. Avondale rend nerveux. »

C’était plus ou moins la vérité. De toute façon, je n’allais pas réussir à leur faire croire que je faisais partie de leur fan club. Pour le moment, la seule chose que je pouvais faire c’était gagner du temps en leur donnant juste assez pour les calmer, mais pas trop pour me laisser une marge de manœuvre le moment venu. Vous avez déjà essayé de jouer les funambules ? Bah c’était un peu la même chose…[/color]


Dernière édition par Kathie Kane le Dim 10 Nov - 4:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jeux félins | Jezebel   Sam 9 Nov - 23:39

Jezebel sentait les effluves d’un parfum oublié. Elles flottaient autour d’elle l’enveloppant telle une couverture trop chaude, étouffante, l’empêchant de sentir quelque odeur que ce soit à part ce fantôme d’un temps oublié. Elle n’avait aucun moyen de savoir si l’autre mentait. Elle était trop loin pour entendre son cœur et son nez était accaparé par une odeur qui n’existait plus. La skinchanger avait l’impression d’être aveugle, de ne plus rien percevoir de valable.

-Kat, commença-t-elle. Kathie Kane, mais le monde appelle Kat. La résistance s’intéresse. Le gouvernement aussi. Avondale rend nerveux.

Anonna le chaton, après s’être enveloppé dans la veste de Chesh. La blonde n’avait pas vraiment compris où voulait en venir l’autre skinchanger, elle ne connaissait pas assez la langue pour faire sens du baragouinage de la chatte. Elle n’était pas non plus aidée par les visions fugitives qui accompagnaient l’odeur doucereuse qui la prenait à la gorge. Elle jeta un coup d’œil à son collègue avec l’air de vouloir le bouffer. Celui-ci reconnaissant les signes avant-coureur soupira.

-J’ai pas compris, siffla la blonde entre ses dents serrées.
-J’avais compris, plaisanta le mâle. Il va falloir être plus précise Kitty. Qui t’envoie et peux-tu nous dire qui est ton maitre ? demanda-t-il avec un sourire charmeur. Je te conseil de ne pas mentir, dit-il l’air vraiment concerné. Elle n'est pas très patiente, souffla-t-il comme s'il lui faisait une confidence, et elle a tendance à savoir quand on lui ment, ajouta-t-il en se tapotant l’arête du nez.

Jezebel ne semblait pas vraiment dans son assiette, adossée au mur les yeux fermés une expression indéchiffrable déformait ses traits. Ce n’était pas son habituel neutralité mais un mélange de temps d’émotions différentes qu’il était impossible de différentier. C’était un mélange de désir, de colère, de plaisir, de souffrance, de surprise et de peur, qui lui déformait les traits de façon assez horrible.
Elle ouvrit toute fois les yeux pour les planter dans ceux du chaton. On pouvait y lire une certaine détermination malgré le marasme immonde d’émotion qui tordait ses traits.

-Réponds, réitéra-t-elle dans un sifflement.

Un gémissement lui échappa, à moitié de souffrance, à moitié un soupir d’aise avant de n’être qu’un soupir exaspéré.


Dernière édition par Jezebel Redfern le Ven 20 Déc - 8:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jeux félins | Jezebel   Mer 18 Déc - 19:53

Kathie regarde tour à tour la blonde et l’esthète, sa tête oscille à chaque fois si bien qu’on pourrait croire qu’elle regarde un match de tennis. Seulement, les deux joueurs ne se renvoient pas la balle, ils la poussent sans cesse dans sa direction. L’un se veut affable, l’autre est sur le point de mordre. Le bon et le mauvais flic, en quelques sortes, mais il y a plus. La femme est troublée, cela se voit. Pas forcément comme un nez au milieu de la figure, mais Kathie sent ce genre de choses. Peut-être parce qu’elle a passé deux milles ans à regarder le visage des humains, elle ne sait pas. Elle s’en moque aussi.

Elle devrait chercher un moyen de s’enfuir, elle le sait. Elle ne peut pas trahir son employeur, ses ordres sont très clairs à ce sujet. Elle peut essayer de mentir, mais son talent dans le domaine reste limité. Parfois, elle parvient à se montrer convaincante et parfois, les gens la regardent avec un sourire désabusé. Et puis, l’avertissement de l’esthète lui reste en tête. La femme peut-elle vraiment savoir quand on lui ment ? Kathie veut bien le croire. La blonde est une métamorphe, comme elle, comme lui. Ils sont sensibles à des choses que les humains ne peuvent même pas imaginer, chacun à leur façon. Elle se souvient d’Avondale, du discours passionné qu’elle avait servi aux rebelles hostiles. Elle avait cru mentir, ce jour-là. Elle en avait été presque fier. Aujourd’hui, elle doute et se demande jusqu’à quel point elle pensait ce qu’elle avait dit.

« Je peux pas, elle répond sans frémir. Pas de détails. On m’a interdit de. »

Elle sait qu’ils ne se satisferont pas de si peu. Peut-être qu’ils la tortureront. Ça ne donnera rien, malheureusement pour eux et surtout pour elle. D’un autre côté, ces deux-là sont des métamorphes. Ils savent ce que c’est d’être lié. Ils ne se fatigueront pas trop. Peut-être qu’ils la tueront, alors, histoire de gagner du temps. Kathie doute qu’on les en empêche, ce n’était pas comme si elle avait des droits. Officiellement, elle n’existe même pas. Elle est juste un chat des rues…

« Mes employeurs. Leurs employeurs, c’est les mêmes que ceux des vôtres, » elle finit par lâcher, dans un éclair de génie. C’est ce qui rend l’usage du lien délicat, les ordres restent sujets à interprétation. Quand ils sont directs et sans ambiguïtés, aucun moyen de louvoyer. Mais il suffit d’une formulation un peu vague pour alléger la chape de plomb.

Toujours assise sur sa table, la veste de l’homme pour seul vêtement, Kathie ne peut plus qu’attendre. La salle d’interrogatoire est sans faille, elle ne s’enfuira pas ici. Mais dès qu’ils la transféreront ailleurs… Elle pourra tenter sa chance.
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MessageSujet: Re: Jeux félins | Jezebel   Lun 30 Déc - 20:47

-Je peux pas. Pas de détails. On m'a interdit de.

Cette déclaration mit Jezebel en rage, état pour le moins inhabituel pour elle. La métamorphe avait tout à fait conscience de la possible incapacité à répondre de Kat, mais la frustration de ne pouvoir avoir de réponse couplé à son calvaire onirique la laissait vulnérable à une certaine perte de contenance. La tigresse fit un pas en avant un grondement bas menaçant et très peu humain roulant le long de sa gorge, une lueur meurtirère dans les yeux. Sa colère l'avait rendu sourde à la dernière remarque de la chatte ce qui aurait pu la faire hésiter et peut-être réfléchir sur ce qu'elle comptait faire.

-Blanche, l'interpella Chesh avec une note de reproche.
-Quoi ? Explosa la jeune femme.
-Si c'est vrai, elle ne pourra de toute façon pas te répondre, répondit doucement le métamorphe.

Elle regarda un instant son collègue sans paraître comprendre, l'air quelque peu perdu. Une lueur de compréhension parut se faire jour dans les yeux de la blonde.

-Oublié, marmonna-t-elle contrite.
-T'es bien la seul qui pourrait oublier ce genre de choses, déclara-t-il l'air un peu amère.

La fureur explosive de la jeune blonde avait été soufflé par la remarque de son collègue et maintenant seul un air interloqué était resté derrière. Elle observa la brune comme si elle la voyait pour la première fois, ce qui en l'occurrence était plus ou moins le cas puisqu'elle venait de complètement l'oublier ainsi que la plupart de ce qu'il s'était passé les semaines précédentes. Elle se demandait d'ailleurs ce que foutait une métamorphe à poile assise sur la table de la salle d'interrogation avec la veste de Chesh sur le dos.

-Au fait, c'est qui ? demanda-t-elle à l'autre skinchanger en pointant la brune du doigt.

Un soupir mi-exaspéré, mi-amusé échappa au jeune homme qui parut prendre à témoin l'autre femme l'air de dire « tu vois ce que je subis ? ».

-Elle c'est Kat' qui t'as d'ailleurs suivi depuis chez toi ce matin. Et que tu m'as demandé de suivre pour pouvoir l'attraper.

La jeune femme blonde le regarda sans comprendre l'air proprement paumée et honnêtement surprise. Elle s'apprêta à protester de son ignorance mais son collègue l'interrompit l'air désabusé.

-Regarde la.

Ce qu'elle fit. Et comme précédemment, ses souvenirs s'invitèrent de façon intempestive. Toutefois, sa colère aveugle l'avait laissé fragilisée émotionnellement et elle ne put garder ceux-ci à distance. Les réminiscences mémorielles les plus torturées de son passé en profitèrent pour la submerger d'émotions qu'elle n'avait aucun moyen de gérer. Des visions qui ne l'auraient pas gênée si elles avaient concerner d'autre sujet la laissèrent en pleure, effondrée, un gémissement silencieux déformant ses traits imprimant une détresse indescriptible sur ceux-ci. Finalement, la métamorphe fit la seule chose qu'elle connaissait pour échapper à ces visions, à cette intime conviction que cet homme et cette femme n'étaient plus et qui lui laissait une sensation de vide immense comme si on lui avait arraché le cœur. Elle fit la seule chose qui repoussait la douleur au loin. Elle changea. Elle voulait retrouver la simplicité émotionnelle qui allait de pair avec sa livrée de fourrure. Le problème c'est qu'elle ne songea qu'à changer et c'est ce qu'elle fit. Toutefois, elle ne retrouva pas les cent cinquante kilos de muscles qu'elle connaissait mais un petit trois kilos cinq. En effet par un étrange hasard alors qu'elle n'avait jamais réussi à changer de forme animale consciemment cette fois-ci comme elle avait simplement voulu morpher et que sa première considération avait surtout été de se cacher, elle avait hérité d'une forme qui lui permettait de faire ce qu'elle avait en tête au moment du changement.
La skinchanger blonde avait été remplacée par une chatte blanche aux yeux d'un bleu presque électrique qui avait l'air un peu surprise et plutôt mal en point. La transformation ayant été très rapide la douleur en avait été décuplée et cela avait laissé la blonde un peu hébété mais au moins la douleur physique ne lui était pas inconnu et elle savait s'en débrouiller.

-Merde alors, elle nous avait jamais fait ça, commenta un Chesh plutôt surpris. Le Chien fait venir le rat je vais avoir besoin d'aide, fit-il en faisant un vague signe de la main en direction de la vitre teintée. Et toi ma chère, on va discuter de ce que tu peux dire ou ne pas dire, ajouta-t-il avec un sourire encourageant. Je suis moins doué qu'elle quand elle est calme, plaisanta-t-il en désignant le chat blanc qui s'extirpait des vêtements de la blonde, mais je me défends quand il s'agit de savoir si on me ment. Alors, réponds honnêtement et tout ira pour le mieux. Qu'est-ce que tu voulais savoir sur elle ?

Sur ces entrefaites un petit homme à l'air chafouin et au faciès de muridé entra dans la pièce en jetant un regard nerveux aux trois skinchanger déjà présent.
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MessageSujet: Re: Jeux félins | Jezebel   Mer 1 Jan - 17:21

La blonde m’a perdue, c’est le moins que l’on puisse dire. Elle a l’air encore plus paumée que moi, ce qui en dit long. Instinctivement, je comprends qu’elle a passé son lot d’années coincée dans sa forme animale. Ça amenuise presque mécaniquement l’animosité que je pourrais nourrir contre elle. Le choc de devoir se balader à deux pattes quand on est habituée à quatre, je connais bien. Ce n’est pas pour rien que je repousse mes limites en permanence pour rester un chat. Grâce à monsieur Kane, néanmoins, j’arrive à ne pas perdre la tête… Une chance que mon amie ne semble pas partager.


Je les regarde tour à tour, mes deux tortionnaires ; je me demande ce qu’ils me réservent pour la suite. Pour le moment, ils s’occupent très bien tout seuls, même si l’homme me lance un ou deux sourires désabusés. J’aimerais bien l’aider, mais je ne suis pas vraiment en position de le faire. Je sais que si j’essaie d’esquisser un mouvement, je risque de passer un sale quart d’heure. Pour faire bonne mesure, je hausse quand même une fois les épaules. C’est une manière comme une autre de lui dire que je suis toujours là ; il peut attendre de me voir intervenir par contre.


La suite nous prend de court tous les deux et nous regardons le mauvais flic en chat dans un miaulement douloureux. Elle sentait bien le félin, mais j’aurais parié sur quelque chose de plus gros. Un tigre peut-être. Un coup d’œil à son partenaire et ses premiers commentaires me confirment que ce n’est pas habituel et mon intérêt pour la blonde double instantanément. Alors comme ça, elle peut se changer en deux formes. Au moins. J’avais déjà entendu des histoires à ce sujet, mais jamais je n’en avais été témoin avant.


Ça s’agite autour de nous. Mon interrogateur reprend sa séance comme si de rien n’était et un nouveau métamorphe complète notre petit zoo. Ce doit être le chien. Je le reconnais, sa photo décore une de mes fiches. Lui et moi, on a peu de chance de s’apprécier et je retiens un regard peu amène en sa direction. Heureusement pour moi, je ne suis pas vraiment du genre provocatrice. « Nothing. Everything. My boss, very curious, » je lui réponds en reportant mon attention sur lui. « Avondale. It’s about Avondale. »


Je ne peux rien dire de plus, mais c’est déjà beaucoup. Franchement, j’aurais aimé ne pas me retrouver mêlée à une petite guerre des chefs. Je risque mes poils dans cette histoire, pendant que mes supérieurs se dorent tranquillement la pilule. En dernier recours, je vais devoir invoquer son nom à elle. Je préfère ne pas songer aux conséquences si ça arrive… Je l’ai déjà vue en colère quelques fois, ce n’est jamais agréable, mais c’est encore pire quand c’est à cause de moi.


« ‘Work for the same guy, you an’me. Mister President, and so on. » Ça n’a pas l’air de le toucher beaucoup, ce qui m’arrache un léger soupir. Je ne vois pas quoi ajouter. « Will you let me? Go, I mean. Can’t help you. »


Je n’y crois pas une seule seconde. Mais bon, ça ne coûte rien de demander.

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MessageSujet: Re: Jeux félins | Jezebel   Lun 20 Jan - 19:23

Le baragouinage maladroit du chaton n'apporta rien de plus au shadowhunter. Il fallait qu'il voit s'il ne pouvait pas trouver une faille dans les ordres du maître de cette fille peut-être qu'il pourrait en tirer quelque chose de plus. Au moins il savait qui l'envoyait, pas de façon précise mais c'était déjà suffisant pour savoir d'où pourrait venir les emmerdes. Son maître et celui du lieutenant pourrait peut-être y faire quelque chose.

-Work for the same guy, you an'me. Mister President, and so on.
-Là t'as pas tord mais le problème c'est que ces couillons adore se tirer dans les pattes... ronchonna Chesh.
-Will you let me ? Go, I mean. Can't help you.

Le skinchanger regarda la jeune femme vêtue simplement de sa veste l'air pensif. Il se leva finalement et sortie sans un mot de la salle pour quelques instants. La blonde en profita pour tourner sur elle même l'air de chercher une position confortable avant de se coucher sur le tas de ses vêtements et de commencer une petite sieste. En revenant le skinchanger jeta un coup d'oeil au Rat et un sourire sournois étira ses lèvres alors qu'il reportait son attention sur sa collègue.

-Ok tu peux rentrer mais avant... Il attrapa par le col le chatte blanche qui se mit à feuler d'indignation. Tu là ramène avec toi. Je suis persuadé que vous allez vous entendre, ajouta-t-il en envoyant sa collègue sur les genoux de la brune.

Le vol plané de Jezebel ne se passa pas dans le silence et son atterrissage ne fut pas des plus glorieux. La zone d'atterrissage n'étant pas des plus plate et comme elle n'était pas tout à fait habituée à son nouveau corps, elle se retrouva à tituber sur les cuisse de l'autre chatte, lui marquant la peau de plusieurs petits point sanglant. La blonde réussi finalement à rejoindre le plat de la table alors qu'elle commença à changer. En quelques instant, la skinchanger se retrouva avec les pattes postérieurs d'un tigre blanc sur sa droite, ses antérieurs sur sa gauche et un rugissement puissant lui raisonna aux oreilles.

-Hey, du calme ma belle. C'est la seule façon de te réveiller, gloussa-t-il.

Un soupir grognon sembla s'échapper de la gorge du tigre.

-Tu vas devenir sa meilleur pote, ajouta-t-il avec un grand sourire. On aimerai parler avec ceux qui t'envoies, enfin notre supérieur aimerai beaucoup.
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MessageSujet: Re: Jeux félins | Jezebel   Mer 19 Fév - 22:38

« Wait… what ? » je demande et mon air interloqué doit parler pour moi. Qu’est-ce qu’il vient juste de dire ? Je me repasse la scène dans ma tête, essayant de voir si j’ai loupé quelque chose. Ça doit être un mot anglais que j’ai mal compris ; il n’a pas pu m’annoncer l’air de rien que je peux… « Leave ? je l’interroge encore. I can leave, really ? »


That was easy, je pense sans vraiment y croire. Je préfère ne pas la ramener pour le moment et lui laisser le loisir de me confirmer la bonne nouvelle avant de vraiment me réjouir. Je dois avouer que je m’attendais à devoir serrer les dents le reste de la journée, voire subir d’autres scénarii partant du désagréable pour filtrer avec le franchement douloureux. Qu’on m’annonce comme ça, l’air de rien, que finalement l’affaire est classée sans suite… C’est un peu comme une mauvaise blague, mais je ne vais pas m’en plaindre.


Mais il semble qu’il n’est pas décidé à me laisser tranquille et voilà que la contrepartie de sa générosité me tombe dessus. Littéralement. Une boule de poils blanche comme neige atterrit sur mes jambes que le manteau ne couvre pas et, bien entendu, la garce me plante ses griffes aussi profondément qu’elle peut. Mon premier réflexe est de vouloir l’envoyer promener, violemment qui plus est, mais je me rappelle juste à temps qu’il ne s’agit pas d’un chat de gouttière ordinaire. Rien de moins qu’une de mes tortionnaires, son collègue peut décider à tout moment de revenir sur son offre. Je la laisse donc rejoindre la table qui me sert de siège en affichant une grimace contrite. Je vais pour me lever quand…


PUTAIN DE BORDEL DE MERDE !


Je ne suis pas spécialement courageuse. Je veux dire, ce n’est pas pour rien qu’on m’utilise comme une espionne et non comme un soldat. Je préfère l’ombre. Je préfère fureter. Certains aiment le combat, le sang, la sueur ; pas moi. Mais je découvre soudainement qu’il y a quelque chose que je déteste plus encore : qu’un tigre lourd de plusieurs centaines de kilogrammes apparaisse sans prévenir dans mon dos et me rugisse aux oreilles.


Je me suis changé un nombre incalculable de fois depuis l’ouverture des Portes. Quand je peux, je prends mon temps, j'adopte ma forme féline sans ressentir la moindre douleur. Il arrive que je n’aie pas ce loisir et je dois faire avec la sensation que mon corps se tord, se déchire, se contorsionne et… il faut bien avouer que c’est le cas.


Mais alors là, je crois que je bats un record. Je ne sais pas si ma transformation est visible à l’œil nu. Le truc c'est que je m’en fous, je ne me rends même pas compte du petit exploit que je viens de réaliser. Mes antérieures atterrissent souplement au sol et déjà je galope… pour me prendre un mur en pleine poire. Mon museau s’écrase contre la surface lisse et le choc me laisse étourdi… l’instant d’après, ma métamorphose inconsidérée me rattrape et j’ai l’impression de recevoir un coup de lapin. Il me faut plusieurs secondes pour émerger, secondes mises à profit par mon tortionnaire pour échanger quelques plaisanteries avec le monstre.


Alors, ma conscience féline comprend tout et je lâche un miaulement accusateur au mauvais farceur ; ce dernier prend un plaisir évident à nous contempler toutes deux. Je rapporte mes iris fendus vers celle dont j’ai officiellement la garde… enfin, quelque chose du genre. Nous nous regardons en chiens de faïence, si on peut me passer l’expression, et je feule très légèrement. Une sorte de mini soupir de chat.


Désormais remise de mes émotions, je décide de jouer le jeu et je m’approche lentement avant de sauter sur la table, atterrissant à quelques centimètres du prédateur. Mon échine me hurle de m’enfuir, mais comme je ne peux pas j’ignore simplement ce que me dit mon instinct. C’est quelque chose que je ne vais pas être capable de faire forcément très longtemps, alors j’en profite. Un nouveau bond me propulse sur le dos de l’animal et j’y enfonce mes griffes, dans une petite vengeance bien inutile, car je n’ai rien qui peut traverser son cuir.


Ainsi hissée sur ma monture improvisée, je ne peux m’empêcher de penser, non sans fatalité : It gonna be a long… very long day.

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MessageSujet: Re: Jeux félins | Jezebel   Jeu 27 Fév - 0:08

Jezebel était contrariée. Elle s’était préparé à faire une longue sieste, l’incident avec Kat’ oublié dès qu’elle avait terminé sa transformation, mais Chesh n’était pas du même avis. Il la balança sur les cuisses d’une autre skinchanger dont elle n’avait aucun souvenir. Malgré tout son odeur lui rappelait quelque chose, mais pour le moment tout ce qu’elle comptait faire c’était exprimer son mécontentement. Le chatte blanche descendit donc des cuisses de la brune, essayant de reprendre ses esprits avant d’exprimer son ire au travers du rugissement puissant de sa forme de tigre. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que la skinchanger aux fragrances félines était une trouillarde de première et avait détalé, sous sa forme poilu, droit dans le mur. Le tigre jeta à peine un coup d’œil à l’exploit qu’avait réalisé sa nouvelle amie, par contre le Rat lâcha un ricanement condescendant et le léopard des neiges suivi par un discret sourire sans pourtant lui accorder plus d’attention, se contentant de réprimander gentiment la blonde en livret de fourrure.
Ils attendirent que la chatte écaille de tortue reprenne ses esprits et Chesh lui demanda de passer un message à son commanditaire. La chatte répond par un miaulement réprobateur auquel Chesh répondit par un large sourire, plutôt content de lui. La chatte reporta son attention sur la tigresse semblant la jauger, la prédatrice lui retourna son regard avec un manque d’intérêt certain. Le petit félin se décida finalement à rejoindre la prédatrice et monta sur son dos.
La vision était pour le moins étrange, si ce n’est cocasse en était le sourire railleur de Chesh qui grata la tigresse sous le menton, récoltant un grognement exaspéré peu convaincant. Le jeune homme rappela aux deux femelles ce qu’elles avaient à faire et d’un geste ordonna au rat d’ouvrir la porte. La tigresse laissa tomber gracieusement au sol se et s’arrêta pour se secouer. Elle n’aimait pas du tout que la chatte soit sur son dos. Elle fit mine de rouler sur le dos pour déloger l’importune mais le chat du Cheshire cueillie le petit félin à la volé pour le reposer sur ses pattes devant la tigresse qui la saisie par la peau du coup. C’est donc dans cette équipage très similaire à celui qu’ils avaient joué à leur entré qu’ils ressortirent dans les rues de la Nouvelles Orléans. La tigresse se laissa guider par Kat’, la dirigeant vers une direction ou une autre à chaque fois qu’il était besoin de confirmer leur route.



[HRP: si t'as des question tu sais où me trouver. Sinon je pense qu'on a fini, on tentera de faire la rencontre avec les commanditaires de Kat']
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